Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

L’état, c’est Carla et Valéria 14.10.08

L’Etat, c’est Carla et Valeria.
Pour le quotidien de centre gauche romain Il Riformista, le rôle des sœurs Bruni dans le refus de Nicolas Sarkozy d’extrader l’ancienne terroriste Marina Petrella relève de l’absolutisme.

Article du journal Il Reformista, relayé dans Courrier International :

Depuis trois lustres, la vulgate antiberlusconienne attribue au Cavaliere et à sa cour les pires dérives, y compris celle d’un népotisme élargi aux maîtresses présumées hissées au pouvoir. Et pourtant, dans la galerie des lieux communs à l’encontre le chef du gouvernement italien, les critiques du berlusconisme ne trouveront jamais une scène qui puisse rappeler, même de loin, celle à laquelle on a assisté dimanche dernier en France lorsque la femme d’un président de la République rend visite à une terroriste malade pour lui annoncer joyeusement : « J’ai un message de la part de mon mari, vous ne serez pas extradée. » Oui, il s’agit de la soudaine volte-face transalpine au sujet de l’extradition de Marina Petrella, membre des Brigades rouges, dû aux pressions exercées sur Nicolas Sarkozy par son épouse Carla Bruni et sa belle-sœur Valeria. Un revirement sans précédent dans les relations entre les deux pays, voire dans l’ensemble du droit international, et qui autorise dorénavant les sœurs Bruni – pardon, la famille Bruni, y compris la maman qui suit sa fille dans les voyages officiels – à prononcer solennellement : L’Etat, c’est nous*. La reine Carla ou le Roi-Soleil.

Pour convaincre Nicolas Sarkozy, la famille Bruni a utilisé des raisons humanitaires. « On ne pouvait pas laisser mourir cette femme« , a-t-on pu entendre. Olga D’Antona, veuve d’un juriste assassiné par les Brigades rouges en 1999 et militante de gauche, a répondu justement que c’est « une décision d’autant plus inacceptable que l’Etat italien ne torture personne« . Certes, les pressions morales de la famille italienne arrivée à l’Elysée trouvent leurs racines dans la doctrine Mitterrand. [En 1985, le président François Mitterrand s’engagea à ne pas extrader les anciens activistes et terroristes italiens d’extrême gauche ayant rompu avec leurs engagements pris lors des « années de plomb ».] Mais ce qui s’est passé le 12 octobre va au-delà. Une décision prise entre deux Etats souverains (l’extradition de Marina Petrella) a été remise en cause par la femme du président. Où est donc la grandeur* française ? Avec cette volte-face, la France se précipite dans une petitesse digne d’une monarchie absolue. En définitive, Nicolas Sarkozy, au lieu de se comporter en président, s’est comporté en mari.

* En français dans le texte.

 

Carla, Valéria et Marina

Il suffit de lire les Appels à soutien du Réseau Éducation Sans Frontières pour constater que chaque jour sont expulsés de France des personnes menacées de mort ou de représailles dans leur pays d’origine. Le devenir de ceux-là importe peu à notre dirigeant, à sa femme « de gauche », et au ministre de la rafle et du drapeau. Ce ne fut pas le cas en ce qui concerne Marina Petrella, comme nous le révèle Libération.

Carla Bruni-Sarkozy raconte à Libération qu’accompagnée de sa soeur la réalisatrice Valéria Bruni-Tedeschi, elle est allée prévenir dès mercredi après-midi Marina Petrella qu’elle ne serait pas extradée.

Carla Bruni-Sarkozy parle « d’un message de la part de mon mari », celui qu’elle est allée porter avec sa soeur, l’actrice et réalisatrice Valéria Bruni-Tedeschi, à Marina Petrella, à l’hôpital Sainte-Anne, mercredi dernier vers 16h30. Le message est simple mais lourd de sens : « Vous ne serez pas extradée vers l’Italie », sont venues dire la première dame et sa soeur, à l’ancienne activiste italienne, « très affaiblie, mais très calme », confie Carla Bruni à Libération.

Le rendez-vous aurait duré une demi-heure. « A la fin de notre entrevue, je lui ai demandé d’essayer de se réalimenter, au moins d’essayer de recommencer à boire », raconte Carla Bruni-Sarkozy, qui se dit « contente » de la décision officialisée aujourd’hui par l’Elysée. « On ne pouvait pas laisser cette femme mourir, ajoute-t-elle. La situation était devenue intolérable, dangereuse ». Et Carla Bruni-Sarkozy de préciser que la décision de Nicolas Sarkozy, prise en vertue de la clause humanitaire de la convention d’extradition européenne de 1957, « ne se soustrait pas à la justice italienne ».

Selon le récit de Carla Bruni-Sarkozy, le chef de l’Etat, qui a à plusieurs reprises rencontré le médecin psychiatre et l’avocate de Marina Petrella, a pris sa décision après s’être aperçu que même sortie de prison, « elle ne guérissait pas ». La dernière rencontre entre le chef de l’Etat et le médecin de Marina Petrella remonterait selon Carla Bruni-Sarkozy à « une dizaine de jours ».

A part ce rôle de messagère de bonne nouvelle, la première dame de France, dont la famille avait quitté l’Italie à l’époque « des années de plomb », confie avoir eu au téléphone une des filles de l’ex-activiste, il y a une dizaine de jours et hier samedi pour lui confirmer l’annulation de la procédure d’extradition. Mais c’est « à la pugnacité » de sa soeur Valeria, qui « tout au long de ces deux derniers mois a fréquemment parlé de ce sujet avec mon mari », qu’elle attribue le rôle « d’alerte » joué auprès du Président.

Article : Libération