Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sans Surprise… 30.09.08

Accusé d’avoir percuté une automobile alors qu’il roulait à scooter, le fils cadet du président de la République et conseiller général des Hauts-de-Seine (UMP), Jean Sarkozy, a été relaxé, lundi 29 septembre, par le tribunal correctionnel de Paris.

En janvier, l’audience avait duré plus de quatre heures. L’accident était survenu le 14 octobre 2005 place de la Concorde à Paris. Un scooter avait percuté une BMW et pris la fuite. Le conducteur de la voiture avait cependant eu le temps de noter la plaque d’immatriculation, correspondant au deux-roues du fils de celui qui était alors ministre de l’intérieur. Lors de l’audience du 25 juin, M. Bellouti et son passager avaient raconté avoir relevé le numéro du deux-roues à l’aide d’un téléphone portable, tout en reconnaissant ne pas avoir été en mesure de reconnaître son conducteur, « un jeune », « imberbe », coiffé d’un casque.

Sa compagnie d’assurance qui demandait 260,13 euros pour les dommages occasionnés n’ayant pas obtenu de réponse, M’Hamed Bellouti, le conducteur de la BMW, avait déposé plainte en février 2006. Il a toujours affirmé ne pas connaître l’identité du propriétaire du scooter avant de débuter cette procédure. Ce que l’avocat de Jean Sarkozy, Me Thierry Herzog, avait mis en doute. Jean Sarkozy, lui, a toujours nié les faits.

Deux expertises ont par ailleurs conclu qu’au vu des dégâts constatés sur les deux véhicules, le choc n’avait pu avoir lieu, du moins tel que décrit par l’automobiliste. Lundi, la justice a finalement donné raison à Jean Sarkozy, les magistrats le déclarant « non coupable des faits qui lui sont reprochés ». Ils ont par contre condamné l’automobiliste, partie civile, à lui verser deux mille euros pour « procédure abusive ».

Article : Le Monde I Illustration : Sebrieu

 

Un blogueur condamné pour diffamation 25.03.08

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Constat déprimant : les gouvernants intolérants qui veulent bâillonner l’internaute sont plus nombreux encore qu’on ne le suppose généralement.

Ainsi, à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne, 17.615 habitants), comme en Chine populaire, quoique par des moyens moins brutaux, on souhaite aujourd’hui faire taire les voix dissidentes qui s’expriment sur le Net. Le député-maire UMP de cette charmante cité balnéaire, Yves Jego, fidèle sarkozyste promu, il y a trois jours, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, a porté plainte pour diffamation, le mois dernier, contre un directeur d’école du nom d’Yves Poey, militant socialiste, qui avait eu le front de le qualifier sur son blog d’« apparatchik ».

Ce mot, passé de longue date dans le vocabulaire des controverses politiques, où il est d’un usage fréquent, désignait, aux temps reculés où le Mur de Berlin coupait le monde en deux, et d’après la définition qu’en donne le Petit Robert, les « membres influents du parti communiste soviétique ».

Yves Jego estime, dans sa plainte, que l’impudent blogueur a « porté atteinte » à son honneur et à sa considération « en assimilant implicitement, par l’emploi du terme péjoratif « apparatchik », le résultat de son parcours d’homme public et de parlementaire au simple résultat de son militantisme au sein d’un parti politique ».

Des méthodes « staliniennes ».

Il est, certes, compréhensible que le député-maire se soit senti blessé par cette référence, mais, problème : lui-même semble parfois s’exonérer, dans le registre justement des allusions à feu l’URSS et sans trop se forcer, de la retenue qu’il réclame pour les autres – comme l’a prouvé le mois dernier sa réaction à l’appel « Pour une vigilance républicaine », lancé par l’hebdomadaire Marianne, et qu’avaient notamment signé François Bayrou, Ségolène Royal et Dominique de Villepin. S’emportant, Yves Jego avait jugé que les signataires voulaient « abattre » Nicolas Sarkozy – ajoutant : « C’est exactement la méthode des procès staliniens ».

Dans son esprit, par conséquent, « apparatchik » est un gros mot, cependant que « stalinien » relève du débat démocratique : faites ce que je dis plutôt que ce que je fais semble être, là, sa philosophie.

Fort de quoi, son avocat, durant l’audience correctionnelle (qui s’est tenue le 13 mars au tribunal de Fontainebleau), a demandé, raconte Yves Poey, que l’usage du Net soit mieux réglementé, et qu’il fallait par conséquent légiférer – car il n’est plus tolérable que des blogueurs subversifs puissent traiter n’importe qui d’apparatchik.

La liberté d’expression ? Oui-da, mais à condition de la consommer avec modération.

Yves Poey, à qui le nouveau secrétaire d’État réclame un euro symbolique, et (tout de même) « 3.000 euros de frais non répétibles », sera fixé sur son sort le 17 avril prochain. Gageons que Nicolas Sarkozy, qui affirme préférer « un excès de caricature à un excès de censure », saura trouver le moyen de lui apporter son soutien.

Article : Bakchich I Illustration © Kerleroux