Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

La prison, ce n’est pas l’hôtel 17.09.08

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Ne craignons pas de le répéter : les prisons françaises sont un scandale de la République. Un scandale dont les pouvoirs publics semblent s’accommoder, en dépit de multiples commissions d’enquête et des mises en garde incessantes sur les dangers de la surpopulation carcérale. Le meurtre d’un jeune homme, égorgé par son codétenu à la maison d’arrêt de Rouen, dans la nuit du 10 au 11 septembre, en témoigne une nouvelle fois.

Qu’on en juge. Un garçon de 26 ans, qui encourait une peine légère (récidive de conduite en état d’ébriété et port d’armes blanches), a été mis en cellule avec un homme impliqué dans une affaire d’homicide, atteint de troubles du comportement et qui avait été placé à l’isolement en raison d’un comportement agressif envers ses codétenus. Malgré ses antécédents et sa dangerosité, la principale prise en charge de ce détenu a consisté à le placer dans le huis clos d’une cellule avec un autre jeune homme, qui est devenu sa victime. Le fait que le malheureux ait été d’accord ne change rien à l’affaire.

Il faut le redire. La peine subie par un condamné est l’enfermement, la privation de liberté. Dans une démocratie moderne, les autres droits d’un détenu, et d’abord celui à son intégrité physique, doivent être garantis par l’Etat. Les prisons ne doivent être ni un pourrissoir ni un endroit où un délinquant mineur peut être mis au contact de criminels. Et encore moins risquer sa vie dans un lieu qui, plus que d’autres, est placé sous la responsabilité de l’Etat.

Il faudrait le rappeler à la ministre de la justice, qui semble l’ignorer. Le 29 août, lors d’une visite à la prison de Metz-Queuleu, Rachida Dati a répondu avec une étonnante désinvolture à un détenu qui se plaignait du manque d’intimité en cellule : « Tenez-vous à carreau et vous serez chez vous, libre, avec une chambre et des toilettes séparées. La prison ce n’est pas l’hôtel. » Mme Dati n’ignore sans doute pas que le meurtre de Rouen porte à trois le nombre de détenus décédés de mort violente depuis le début de l’année dans les prisons françaises. Pour reprendre l’expression qu’elle a jugé bon d’utiliser : à la prison de Rouen, dans la nuit du 10 au 11 septembre, assurément, ce n’était pas l’hôtel.

Article : Le Monde, Edito du 14.09.08 I Illustration © Luz.

 

Le Lion n’est pas mort 26.07.08

Depuis le début de son règne, Nicolas Sarkozy n’a pas lésiné en matière de fréquentation avec les grands tyrans de ce monde. La venue du dirigeant syrien était une insulte supplémentaire aux droits de l’homme ; le drame de Saydnaya n’étant qu’un exemple – au milieu de tant d’autres – des agissements de celui qu’on nomme « Le Lion ».

Révélations sur le massacre de la prison de Saydnaya :
Plusieurs détenus politiques auraient été tués lors d’une mutinerie de trois jours dans une des prisons les plus infâmes du pays. Et la censure a empêché toute information de filtrer.


Quelles qu’aient été les circonstances exactes et quel qu’en ait été le responsable, on ne peut pas faire comme si de rien n’était après le massacre qui a eu lieu début juillet dans une localité située à 40 kilomètres de Damas, lors de la mutinerie dans la prison militaire de Saydnaya*. Le gouvernement a fait venir des bulldozers et aligné des fusils d’assaut, puis des jours et des jours ont passé sans qu’on sache combien il y a eu de morts et de blessés. Trois jours durant, on s’est demandé si les gardiens pris en otages par les prisonniers avaient été libérés ou non. Trois jours durant, les prisonniers se sont réfugiés sur le toit avec leurs otages, sous le soleil brûlant, sans eau ni nourriture. Pendant ce temps, leurs familles n’ont pas fermé l’œil parce qu’elles erraient dans les rues à la recherche de la moindre information et se demandaient si leurs fils étaient morts ou vivants. C’est ainsi que les choses se passent au royaume du mutisme. Le gouvernement a mis vingt-quatre heures avant de publier un premier communiqué laconique, mais sans répondre à aucune des questions que se posaient les familles. Au lieu de leur donner des nouvelles sur le sort des otages, il se bornait à condamner l’action de “terroristes extrémistes”.

Et encore, cela constitue un progrès, puisque c’est peut-être la première fois que le gouvernement reconnaît des événements à caractère sécuritaire dans le pays. Habituellement, ce genre d’incidents est purement et simplement passé sous silence. Le pouvoir n’avait dit mot des violences qui s’étaient produites dans la prison d’Adra il y a moins d’un an, ni de l’énorme incendie qui s’était déclenché dans la même prison de Saydnaya il y a environ deux mois. A l’époque, il s’était contenté de suspendre le droit de visite. Cette fois-ci encore, il aurait probablement fait de même si les prisonniers ne l’avaient pris de court en laissant les otages parler aux médias par téléphone portable. Son embarras apparaissait clairement dans le ton hésitant du communiqué, qui n’était signé d’aucune instance officielle et dont la seule particularité officielle était d’avoir été publié par l’agence de presse gouvernementale.

Les autorités persistent à créer du brouillard

Les familles des victimes suivaient les événements dans les médias et entendaient les annonces sur le nombre croissant de morts et de blessés arrivant à l’hôpital militaire. Elles sont donc descendues dans la rue et se sont dirigées vers la prison, mais les forces de l’ordre les ont tenues à l’écart, à plus de 2 kilomètres, afin de les empêcher d’entendre quoi que ce soit, ni cris ni coups de feu. Pis, elles n’ont pas tardé à recevoir des coups de matraque, jusqu’à ce que des mères de famille gisent à terre. D’autres personnes se sont dirigées vers l’hôpital, mais n’ont pas pu y entrer. Elles ont demandé la liste des victimes, mais c’était oublier qu’elles vivent dans le royaume du silence et de l’opacité. La seule réponse a été une raclée, jusqu’à ce qu’elles aussi tombent à terre. Ce genre de traitement est normal dans la Syrie du “Lion” [traduction d’“Assad”, le nom du président]. Les familles se sont à nouveau réunies devant le siège de la police militaire pour obtenir des autorisations de visite à la prison ou à l’hôpital. La police leur a tout d’abord demandé de ne pas bloquer l’entrée principale afin de ne pas empêcher la circulation. Quand elles ont fait ce qu’on leur avait demandé, elles ont été récompensées par tout ce que la police sait faire en matière de coups de trique ou de matraque et par l’arrestation de quelques jeunes qui tentaient de résister.

Ensuite, ces familles ont été priées de se rendre près du centre-ville, sous le pont du Président, un endroit à l’écart des regards. On leur a promis de leur envoyer des journalistes qui les écouteraient et qui rapporteraient leurs récits à l’opinion publique. Mais ce sont des policiers qui les ont accueillies, et un des journalistes, qui était venu avec une caméra, a été sauvagement battu avant d’être emmené vers un endroit inconnu.

Un minimum de transparence dans la gestion de cette crise aurait permis d’en réduire la gravité de moitié. Un communiqué indiquant le nombre et les noms des victimes aurait calmé les familles, et la restitution des corps des martyrs aurait été mille fois préférable à leur retenue pour autopsie. Mais les autorités persistent à créer du brouillard et il est plus que probable que, après la fin officielle de la crise, elles interdiront les visites à la prison afin que personne ne sache jamais le nombre exact des victimes et les circonstances dans lesquelles la crise s’est déclenchée.

Les proches des victimes originaires de Homs ont organisé des sit-in nocturnes et ont été tabassés. Puis la chose s’est propagée à Lattaquié [ville portuaire, à l’ouest], où d’autres familles ont demandé des nouvelles de leurs enfants. Le lendemain, on a entendu parler de manifestations de citoyens, qui, de plus en plus en colère, sont venus des quatre coins du pays pour se retrouver à Damas. Allez savoir comment les autorités les auront traités.

* Saydnaya est aussi un haut lieu de pèlerinage pour les chrétiens syriens.

Article : Mohamed Ali Al-Abdallah pour Al Mustaqbal (Relayé par Courrier International N° 925) I Illustration © Astromujoff pour La Vanguardia (Barcelone).

 

Prisons : Convention inédite entre Bouygues et l’État 12.03.08

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Annoncé en décembre 2004 par Dominique Perben pour une ouverture programmée en 2007, le projet de construction d’un centre pénitentiaire à Annoeullin, devrait bel et bien voir le jour. Malgré la saisie du Conseil d’État par les membres de l’association Pas de prison à Annoeullin, qui s’opposent depuis le début au projet, Rachida Dati, Garde des Sceaux, a en effet signé aujourd’hui un contrat de partenariat d’un nouveau genre avec Bouygues pour la conception, le financement, la construction, mais aussi l’exploitation, de trois prisons en France d’ici 2011, dont celle d’Annoeullin.

La construction de cette prison de 688 places ne restera donc pas lettre morte. L’établissement, qui devait initialement ouvrir en 2007, puis 2009, devrait finalement ouvrir d’ici 2011, a déclaré hier la ministre de la Justice, Rachida Dati, au cours d’une conférence de presse destinée à présenter le lancement de trois projets dans l’Hexagone, grâce à la signature d’une convention inédite entre l’État et le groupe Bouygues.
Pour la première fois en France, un groupe privé aura en effet en charge la conception, la construction, le financement mais aussi l’exploitation de ces trois nouveaux centres pénitentiaires qui seront érigés à Nantes (570 places), à Réau, en Ile-de-France (798 places), et à Annoeullin (688 places, soit deux quartiers de détention de 210 places chacun, un quartier longues peines de 28 places, une maison d’arrêt de 150 places, un quartier d’accueil de 50 places, et enfin un service médico-psychologique de 40 places).

« Cette signature est le symbole de la modernisation de notre système pénitentiaire », a déclaré Rachida Dati, qui initie à travers ce partenariat public-privé une nouvelle façon de procéder pour le ministère de la Justice, après la mise en place récente d’un système de location avec option d’achat utilisé pour les prisons de Béziers et Nancy, qui ouvriront en 2009.
Dans le cas du contrat présent, l’État paiera un loyer de 48 millions d’euros par an pour les trois établissements, dont il deviendra propriétaire après 27 ans (soit un coût total de 1,8 milliards €), tout en déléguant à Bouygues l’exploitation des prisons.
En clair, Bouygues assurera la maintenance des établissements, la fourniture des énergies, la propreté et l’hygiène des locaux et des espaces extérieurs, la gestion des déchets, le travail des détenus au sein de l’établissement, leur formation professionnelle, la restauration, l’hôtellerie et la buanderie, la cantine (services aux détenus), la mise à disposition de véhicules, et l’accueil des familles. Autant de domaines d’intervention traditionnellement assurés par des agents de l’État, qui créeront « de l’emploi localement, car les entreprises peuvent recruter sur place », a assuré la Garde des Sceaux.

Sources : La Voix Du Nord I La Voix Éco

 

Pourquoi ils ne voteront pas Sarkozy 01.04.07

À la demande du site AntiSarko, de nombreux scientifiques, journalistes, artistes, professeurs, économistes, ont accepté d’expliquer leur choix de ne pas voter Sarkozy. Dans ces interviews, ils expriment leurs inquiétudes et exposent leurs convictions.

Interview de Jean-Pierre Azema. Historien, Enseignant à Sciences-Po Paris. Autour des thèmes : Clivage gauche-droite I Valeurs de la République I Atlantisme I Pseudo rupture.

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Interview de Florence Bellivier. Professeur de droit, Secrétaire générale adjointe de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. Autour des thèmes : Autonomie des universités I Vision répressive de la société I Loi Perben I Justice I Rhétorique de Sarkozy I Laïcité I Alternance.

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Interview de Philippe Besson. Ecrivain. Autour des thèmes : Libéralisme I Marketing Politique I Politique étrangère I Fichage I Le Pen

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Interview de Patrice Chéreau. Réalisateur et metteur en scène. Autour des thèmes : Rhétorique de Sarkozy I Fracture sociale I Culture

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Interview de Françoise Cotta. Avocate. Autour des thèmes : Fracture sociale I Libertés bafouées

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Interview d’Erell Delesvaux. Militante syndicale. Autour des thèmes : Bilan I Expulsions I Répression des manifestations anti-CPE I Immigration

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Interview de Marie Dosé. Avocate. Autour des thèmes : Le Tout-répressif I Montée de la violence dans les prisons I Populisme pénal I Jouer sur la peur

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Interview de Guillaume Duval. Rédacteur en chef d’Alternatives économiques. Autour des thèmes : Démagogie I Fracture sociale I Libéralisme autoritaire I Répression I Fiscalité

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Interview de Christophe Grébert. Blogueur (monputeaux.com). Autour des thèmes : Hauts-de-Seine I Services publics I Logements sociaux

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Interview de Michel Konitz. Avocat. Autour des thèmes : Démagogie I Communication I Illusionnisme I Égoïsme I Solidarité I Libéralisme

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Interview de Christine Lazerges. Professeur de droit pénal à l’Université de Paris I. Autour des thèmes : Prostitution I Loi Perben I Libertés Individuelles I Immigration I Pauvreté I Bilan

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Interview d’Ariane Mnouchkine. Metteur en scène, réalisatrice et scénariste. Autour des thèmes : Alternance I Droite sombre I Immigration I Gestuelle

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Interview de Sibeth N’Diaye, Militante mutualiste. Autour des thèmes : Division I Double discours I Discrimination I Division

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Interview de Thierry Pech, Secrétaire général de La République des Idées. Autour des thèmes : Démocratie I Cohésion sociale I Institutions I Indépendance de la justice I Bourgeoisie I Double discours I Soif de pouvoir I Césarisme

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Interview de Thomas Piketty, Economiste. Autour des thèmes : Revanchardise I Soif de pouvoir I Thatcherisme I Rupture I Fiscalité

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Interview d’Alain Piriou, Porte-parole de l’inter-LGBT (Lesbiennes Gay Bi Trans). Autour des thèmes : Revanchardise I Pensée unique I Stigmatisation I Laïcité I Communautarisme I Homosexualité I Discrimination

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Interview d’Edwy Plenel, Journaliste – ancien directeur de la rédaction du Monde. Autour des thèmes : Communautarisme I Cohésion sociale I Politique internationale I Liberté et indépendance de la presse I Mensonge

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Interview de Poul Nyrup Rasmussen, Président du Parti Socialiste Européen. Autour des thèmes : Exclusion I Nationalisme I Immigration I Compétitivité entre états. Note : Problème de qualité de son sur ce fichier.

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Interview d’Agnès Salvadori, Association d’éducation populaire. Autour des thèmes : Exclusion I Banlieues I Méritocratie I Expulsions

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Interview de Loic Wacquant, Sociologue – Professeur à l’Université de Californie à Berkeley. Autour des thèmes : Paquet fiscal I Inégalités I Atlantisme I Répression I Mineurs et justice

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Interview de Patrick Weil, Chercheur. Autour des thèmes : Immigration I Droit d’asile I Regroupement familial I Institutions

 

Jurisprudence ? 05.01.07

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Un jeune de 21 ans a été condamné à un mois de prison ferme pour avoir insulté le Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Il l’avait pris à parti lors de sa visite à Strasbourg.

Photo © Antoine Krujit