Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Paris : Véronique Vasseur fuit la nuit des longs couteaux 19.03.08

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Véronique Vasseur, candidate UMp dans le 13è, démissionne du Conseil de Paris.

A peine élue, Véronique Vasseur quitte l’arène politique parisienne. Ex-candidate d’ouverture de l’UMP dans le 13e arrondissement de Paris, elle a dénoncé le climat politique au sein de la droite parisienne, dans un entretien au Parisien, publié le mardi 18 mars.

La liste conduite par Mme Vasseur a été sévèrement battue dimanche par celle du maire sortant PS, Jérôme Coumet, par 69,9 % des voix contre 30,1 %. « Je n’aurais pas dû me présenter. Je ne veux pas me battre pour des histoires de crottes de chien ou de réverbères« , ajoute l’ex-médecin-chef de la prison de la Santé, qui quitte son siège au Conseil de Paris.

« NUIT DES LONGS COUTEAUX »
« Les coups de poignard dans le dos j’en ai marre ! On m’a prise pour mon image alors que je ne voulais pas me présenter et on m’a envoyée à l’abattoir« , dénonce-t-elle. « Je suis écœurée par la manière dont on m’a lâchée et par les batailles intestines » à l’UMP à Paris.

Selon elle, la candidate UMP à la Mairie de Paris, Françoise de Panafieu, « a été nulle et a manqué de punch« . « Elle n’a pas été à la hauteur, critique-t-elle. Il fallait un Borloo ou une personnalité d’une trempe nationale. » « C’est une femme courageuse, mais elle est allée au casse-pipe. Elle a été lâchée par tout le monde, y compris par le président de la République« , estime Mme Vasseur.Prévoyant « une série de règlements de compte » dans les prochaines semaines, elle conclut : « La nuit des longs couteaux ne fait que commencer, et je ne veux pas y participer. Je reprends ma liberté. »

 

Fraude électorale confirmée à Perpignan

Des bulletins dans les poches et les chaussettes ?

La municipalité de Perpignan a été dimanche le théâtre d’une rocambolesque affaire de dépouillement. Le président d’un des bureaux de vote de la ville, M. Garcia, électricien à la retraite de 58 ans, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire ce mardi pour fraude électorale. « Il lui est reproché des manipulations et des soustractions de bulletins. Il explique qu’il voulait ainsi rétablir l’équilibre entre le trop grand nombre de bulletins dans l’urne et les votants. Ses explications ne sont pas convaincantes », a déclaré Jean-Pierre Dreno, procureur de la République de Perpignan.

Le prévenu, qui n’est autre que le frère de Manu Garcia, colistier du maire UMP de la ville, Jean-Paul Alduy, réélu dimanche soir, a maintenu la version des faits qu’il a donnée aux enquêteurs lors de sa garde à vue. Selon lui, il avait l’intention de « refaire l’appoint après avoir constaté une erreur de comptage dans le nombre des bulletins déposés dans l’urne ».

La candidate socialiste Jacqueline Amiel-Donat qui l’emportait dans la plupart des bureaux de vote de la ville a déposé une plainte et demande une annulation de l’élection !

Alduy a démenti catégoriquement toute organisation électorale destinée à améliorer son score dans les urnes. Il a dénoncé « l’instrumentation des journalistes dans cette affaire et un mécanisme d’informations surdimensionnées ». Il a invité la presse à « travailler avec une grande circonspection » et va déposer plainte pour diffamation contre sa rivale socialiste, Jacqueline Amiel-Donat. « Je suis totalement élu et totalement serein », a-t-il dit.

« Nous n’avons entrepris encore que le contrôle des procurations », a déclaré Jacqueline Amiel-Donat, agrégée de droit et avocate, aidée dans ses recherches par « 12 juristes ». « Chacun d’entre eux a relevé de 20 à 30 irrégularités », a-t-elle souligné.
« Pour pouvoir mener ce travail », a-t-elle précisé, « il a fallu faire appel à la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) pour que la mairie accepte de nous donner accès aux documents de procuration ».
« Il nous a fallu ensuite diligenter un huissier, et la mairie en a diligenté un autre pour faire pendant », a-t-elle ajouté. « Parmi les cas les plus notables relevés par les juristes qui travaillent avec moi, nous avons trouvé des procurations de personnes décédées, et même celle d’une personne qui n’est pas encore née », a-t-elle indiqué.
La candidate a également indiqué avoir reçu de nombreux témoignages de citoyens, affirmant avoir été témoins d’irrégularités dans les bureaux de vote de la ville.

Il s’agit de nourrir d’ici à vendredi un dossier suffisamment important pour déposer un recours en annulation devant le tribunal administratif de Montpellier et obtenir ainsi l’annulation de l’élection de Jean-Paul Alduy, par 574 voix d’avance sur la liste concurrente. Dans un climat tendu.

M. Garcia, placé en garde à vue dimanche soir, a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer les personnes présentes dans le bureau de vote.

Sources : Afp I Le Figaro I Nouvel Observateur [Merci à David pour la transmission de cette information]

 

Remaniement : et 3 sarko-promesses envolées, 3 ! 18.03.08

GOUVERNEMENT RESSERRÉ

PARITÉ HOMME-FEMME

OUVERTURE

21 membres le 18 mai, 33 au lendemain des législatives de juin, 38 depuis ce mardi. La promesse d’un gouvernement resserré, faite par le candidat Sarkozy durant la campagne présidentielle, est bien loin. Et que dire de la parité : on ne compte que 13 femmes, soit à peine un tiers. Oubliée aussi l’ouverture chère au Président.

En temps de crise, le chef de l’Etat entend mobiliser. Peu importe donc le nombre, le sexe ou le parti des appelés. Une chute de la popularité, un style qui déplaît et une claque aux municipales ont inspiré à Nicolas Sarkozy une liste de six nouveaux entrants au gouvernement :

Hubert Falco, précédemmment sénateur UMP, est nommé secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire.
Christian Blanc, précédemment député du Nouveau Centre, est nommé secrétaire d’Etat au Développement de la « Région Capitale ».
Anne-Marie Idrac, précédemment présidente de la SNCF, est nommée secrétaire d’Etat au Commerce extérieur.
Yves Jégo, précédemment député et porte-parole de l’UMP, est nommé secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.
Nadine Morano, précédemment députée et porte-parole de l’UMP, est nommée secrétaire d’Etat à la Famille.
Alain Joyandet, précédemment député et secrétaire national de l’UMP chargé des fédérations, est nommé secrétaire d’Etat à la Coopération et la Francophonie.

Pour parfaire le dispositif, les attributions de cinq autres membres du gouvernement sont modifiées. Toujours pour éviter que le remaniement ne soit trop ostensible, aucun ministre ne bouge (seuls ceux qui se voient adjoindre un secrétaire d’Etat observent une modification de leurs compétences). Ne sont là encore concernés que des secrétariats d’Etat :

Laurent Wauquiez, précédemment porte-parole du gouvernement, est nommé secrétaire d’Etat à l’Emploi.
Luc Chatel, précédemment secrétaire d’Etat au Tourisme et à la Consommation, est nommé porte-parole du gouvernement et secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation.
Alain Marleix, précédemment secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, est nommé secrétaire d’Etat aux Collectivités territoriales.
Jean-Marie Bockel, précédemment secrétaire d’Etat à la Coopération, est nommé secrétaire d’Etat aux Anciens combattants.
Eric Besson, secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’évaluation des politiques publiques, voit son portefeuille être augmenté par l’Economie numérique.

Au final, au moment de décompter ministres et secrétaires d’Etat, les engagements de Nicolas Sarkozy paraissent avoir fait long feu en matière d’exemplarité gouvernementale :

« Je veux un Etat exemplaire en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et on est encore bien loin du compte. » (discours de Périgueux du 12 octobre 2006)

« Je gouvernerai avec un gouvernement resserré, de quinze ministres, selon une architecture ministérielle totalement renouvelée. » (projet présidentiel du candidat Sarkozy)

Mise de côté également la politique de l’ouverture, dont se targuait le chef de l’Etat pour vanter la « rupture ». Seul un léger pas vers le centre est opéré de nouveau. Avec Anne-Marie Idrac, ancienne députée UDF (1997-2002) des Yvelines. Et Christian Blanc, député du Nouveau Centre, formation qui fait toutefois partie intégrante de la majorité présidentielle.

Pour répondre aux résultats du scrutin municipal (le PS a remporté 34 villes de plus de 30000 habitants supplémentaires par rapport à 2001), Nicolas Sarkozy n’a pas récompensé que les heureux élus (Laurent Wauquiez et Luc Chatel en tête), il a aussi honoré des responsables de la débâcle de l’UMP (Nadine Morano défaite à Toul, ou encore Alain Marleix, pourtant secrétaire national aux élections du parti). Une manière, en tout cas, de calmer les bancs de la majorité à l’Assemblée nationale, échaudés par la surabondance de textes imposés depuis mai dernier et la récente défaite électorale. D’autant qu’il vont devoir bientôt examiner les délicates questions de la réforme des institutions et des propositions de la commission Attali.

Hostiles à l’ouverture et à l’affaiblissement de leur prérogatives, ils ont été été triplement récompensés : aucun socialiste ne fait son entrée au gouvernement, les six entrants ont tous déjà siégé au Palais Bourbon, et François Fillon a promis ce mardi après-midi aux députés d’oeuvrer pour une « coproduction législative ».

Article : Rue89

 

La presse internationale sonne la fin de l’ère « bling-bling » 17.03.08

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Cette photo de Nicolas Sarkozy a été prise dans un bureau de vote du 8e arrondissement de Paris, le 16 mars 2008. Si la Sarkopithèque flèche n’est naturellement pas d’origine, n’hésitons néanmoins pas à voir dans ce doigt présidentiel une métaphore subtile de la considération que le chef de l’État et les membres du gouvernement ont eu pour le vote des Français.

Maintien des réformes, plébiscitées par les Français, et de leur rythme. C’est le message lancé par François Fillon et la majorité après la défaite de la droite aux municipales. Mais, lundi 17 mars, la presse internationale ne fait pas tout à fait la même analyse.

« La droite française mord la poussière » titre ainsi Le Temps. Le quotidien suisse estime que « les déconvenues du pouvoir amènent deux questions ». Il s’interroge sur un éventuel « vent de révolte » à droite. Même s’il est improbable, le quotidien note que « les élus de droite auront sans doute plus de mal à suivre un chef qui les a conduits à la défaite ». L’autre question porte évidemment sur le rythme et la réussite des réformes que le président annonce vouloir mener. Le Temps dresse un bilan bien terne pour Nicolas Sarkozy : « Son image de gagneur, capable de réaliser la « rupture » à vitesse grand V, a été sérieusement écornée. »

Dans sa rubrique Opinions, le Financial Times estime que si Nicolas Sarkozy a lancé quelques chantiers méritant d’être salués, il ne s’agit pas de la rupture annoncée. Le Financial Times raille même le côté « comique » de la commission Attali. Celle-ci ayant plongé dans le travers européen consistant à dresser une liste sans fin de réformes à mener sans toutefois prévoir les détails de leur application. « Les réformes de Sarkozy doivent aller au-delà des licences des taxis », souligne le Financial Times pour qui il ne s’agit pas forcément d’une priorité pour la France. Pas plus que de faire de l’aéroport Charles-de-Gaulle le premier en Europe, devant Heathrow… Le Financial Times vote pour la fin effective des 35 heures et une réforme des « lois archaïques » encadrant les contrats de travail.

NICOLAS SARKOZY, « FASHION VICTIM »

Le conservateur Wall Street Journal affiche quant à lui une photo bizarrement déformée du président français tout sourire, présentant à l’objectif un sac Louis Vuitton. Et d’expliquer que les Français ont été déçus par la rupture annoncée. Celle-ci s’étant traduite par un affichage visiblement peu prisé : « Rolex à 14 000 dollars », « jogging en Ralph Lauren », « bague de fiançailles Christian Dior à 30 000 dollars »… Le journal note que les marques, elles, ont bénéficié de l’effet publicitaire. Mais si les Français aiment la mode, ils ne goûtent pas l’idée que leur président soit un représentant publicitaire, estime le Wall Street Journal. De « bling-bling », le président français est devenu une « fashion victim », conclut le quotidien financier.

Si le cap des réformes sera tenu, le style du président sera revu, parie l’International Herald Tribune. Après « Sarko l’américain » et « le président bling-bling », on s’acheminerait vers un style présidentiel plus traditionnel selon l’International Herald Tribune. Mais il s’agira toujours d’image, selon le quotidien : le président devrait multiplier les voyages en province, au contact de la population et les conseillers élyséens devraient être invités à une plus grande discrétion.

Enfin, la plupart des journaux, comme El Pais ou l’Orient-Le-Jour, notent la défaite du ministre de l’éducation, Xavier Darcos. Pour le quotidien madrilène, l’UMP fait clairement les frais de l’impopularité de Nicolas Sarkozy. La gauche enregistre une large victoire tandis que le parti du président évite de peu une défaite humiliante grâce à sa victoire à Marseille. Mais, pour El Pais, la politique de Nicolas Sarkozy ne devrait pas changer pour autant : après ce résultat, « le gouvernement fait la sourde oreille », note le quotidien espagnol.

Source : Le Monde I Photo © Reuters/Philippe Wojazer

 

Nicolas Sarkozy : « Maintenir le cap et accélérer les réformes »

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À trois jours du premier tour des élections municipales, le président de la République était interrogé par son ami Étienne Mougeotte pour le Figaro. Petit manuel du journalisme de complaisance et de connivence.

INTERVIEW EXCLUSIVE – Le président de la République tiendra compte de « la signification politique » des municipales, mais exclut un remaniement « en profondeur » avant la présidence française de l’UE.

Le Figaro : Nous sommes à trois jours du premier tour des élections municipales, qu’en attendez-vous ?

Nicolas Sarkozy. Les Français vont choisir ceux qui gèrent leur ville et il est bien qu’ils le fassent en pensant d’abord à cette mission. Mais je sais que ce scrutin aura aussi une signification politique que j’entendrai et dont je tiendrai compte. À ce titre, je souhaite que ceux qui veulent que le changement continue, se mobilisent et fassent le choix du candidat qui porte cette stratégie du changement. Je suis élu pour cinq ans. Chaque année, il y aura des élections. Mon devoir est d’envisager les choses dans la durée, avec du recul, du sang-froid. Je n’ai pas l’intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux, régionaux ou européens qui nous attendent. J’ai un cap, je tiendrai ce cap.

Le cap, c’est réhabiliter le travail pour donner à chacun la chance de vivre de son activité, assurer l’autorité de l’État pour protéger les plus faibles, bâtir une justice qui protège les victimes, reconstruire des universités fortes qui soient les meilleures au monde, revenir à une école primaire où l’on enseigne à lire, écrire et compter pour mettre un terme à l’échec scolaire. Ma mission est de faire en sorte que toutes les réformes qui n’ont pas été engagées en France depuis tant d’années soient conduites à leur terme ; mon rendez-vous est clair : c’est la fin du quinquennat, et les résultats concrets que les Français en attendent à juste titre. En tout état de cause, pour moi, comme pour tous les Français, le changement est une ardente obligation.

Entendez-vous réformer au même rythme, quel que soit le résultat des élections ?

Je dis à tous ceux qui m’ont fait confiance que je mènerai cette politique du changement avec la même force, la même envie, le même volontarisme tout au long des quatre prochaines années.

Allez-vous poursuivre l’ouverture ?

Le devoir d’un président de la République est de rassembler, de refuser toute forme de sectarisme. La France a grand besoin de tolérance. J’ai souhaité associer tous les talents à notre action au service de la France. Nous avons clairement gagné les élections présidentielle et législatives. J’ai cependant voulu travailler aussi avec ceux qui n’avaient pas voté pour moi. Je ne le regrette pas. Je dois rassembler. (more…)

 

Les résultats des municipales en un coup d’oeil

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Cette semaine encore, merci à Rue89 pour cette synthèse (et au Monde pour les résultats des villes de Marseille et Paris) :

Les résultats dans les principales villes et des principales personnalités passés au scanner par Rue89.

► Deux villes faisaient figure de test entre les deux tours: Marseille et Toulouse.
Jean-Claude Gaudin (UMP) conserve de peu la mairie de Marseille, malgré l’alliance de son adversaire PS, Jean-Noël Guérini, avec le MoDem.
En revanche, à Toulouse, Pierre Cohen (PS), qui avait fait le choix de refuser toute alliance à sa gauche comme à sa droite, l’emporte contre l’UMP Jean-Luc Moudenc.

► Nombre de grandes villes françaises basculent à gauche (voir ci-dessous). C’est, sans surprise, le cas de Strasbourg, mais aussi de Metz, Reims, Saint-Etienne, Caen, Blois ou Amiens (perdu par l’ancien ministre Gilles de Robien). La droite conserve Le Havre, Orléans, Vannes, Saint-Brieuc et conquiert Calais.

► Parmi les personnalités, le ministre de l’Education Xavier Darcos s’incline à Périgueux. La défaite de François Bayrou à Pau symbolise l’échec du MoDem. La liste sur laquelle était présente Rama Yade perd à Colombes. Dominique Voynet l’emporte à Montreuil contre le communiste Jean-Pierre Brard. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, est réélu de justesse à Mulhouse.

► A Paris, la victoire de Bertrand Delanoë est moins spectaculaire que le premier tour aurait pu le laisser supposer. L’ancien maire Jean Tiberi conserve de justesse le Ve arrondissement, tout comme l’UMP Jean-Pierre Legaret dans le Ier. La défaite est sévère pour Jean-Marie Cavada dans le XIIe. Au total, la gauche ne gagne ni ne perd de mairies d’arrondissement, mais elle remporte 57% des voix contre 50% six ans plus tôt.

Plusieurs duels étaient attendus en région parisienne: L’UMP Manuel Aeschlimann perd à Asnières, Serge Dassault l’emporte de justesse à Corbeil-Essonnes et Jean-Christophe Fromantin, soutenu par l’UMP, remporte Neuilly.

Aix en Provence

Maryse Joissains (UMP) bat Alexandre Medvedowsky (PS) et François-Xavier de Peretti (MoDem)

Amiens

Gilles Demailly (PS) bat Gilles de Robien (UMP) (more…)

 

Sarkozy, Gaudin, Estrosi : l’ombre du Front National 14.03.08

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Pour aider Gaudin et Estrosi, Sarkozy refait campagne contre les immigrés.

Face à la défaite électorale de son parti au premier tour des élections municipales, N. Sarkozy a fait le déplacement à Toulon pour y reprendre son thème fétiche de l’immigration. Au delà du contenu habituel de son discours, c’est la symbolique qui importait. D’abord par le choix de la ville de Toulon, auparavant dirigée par le FN et toujours dominée par une culture de la nostalgie coloniale et militaire ; c’est d’ailleurs à Toulon que Sarkozy prononça le 7 Février 2007 un discours aux accents xénophobes (www.ldh-toulon.net/spip.php?article1838).

La présence à ses côtés de Brice Hortefeux, l’homme aux 25000 expulsions, confirmait cette symbolique.
Il s’agissait aussi pour Sarkozy d’apporter une aide spécifique à deux candidats UMP de la région : Gaudin à Marseille et Estrosi à Nice.
Ceux-ci se présentent aujourd’hui comme des modérés, quasiment centristes mais ils ont une longue pratique de coopération avec le Front National.

JC Gaudin, actuel maire de Marseille a, dès 1986, fait alliance avec le Front National pour être élu à la tête de la région PACA. Il a géré ensemble la région avec le parti d’extrême-droite jusqu’en 1992, à coup de nominations et de désistements réciproques lors des échéances électorales. Cette gestion commune a servi de laboratoire et de « modèle » à d’autres dirigeants régionaux de la droite qui ont finalisé leurs accords avec le FN lors des élections régionales d’avril 1998. En 1998, le même Gaudin organisait la scission de l’UDF car ses instances refusaient l’alliance avec le FN et créait le parti Démocratie Libérale notamment avec Madelin et Raffarin.

Gaudin a ensuite récupéré de nombreux cadres et élus FN locaux, rebaptisés par lui « droite républicaine », sans avoir rien changé de leurs idées et de leurs pratiques.
Un des fleurons de ce recyclage est Daniel Simonpieri, maire de Marignane qu’il a conquis en 1995 sous la bannière FN, intégré à l’UMP par Gaudin en 2004, et dont il a imposé l’investiture au nom de l’UMP pour les municipales de 2008. Le député UMP de la circonscription, Eric Diard, a protesté et rappelé que Simonpieri avait inauguré dans sa ville une stèle en hommage aux généraux putschistes d’Algérie et aux membres de l’OAS.

Ses protestations n’ont pas pesé face au choix de Gaudin qui préside aussi la commission nationale d’investiture de l’UMP. Diard a refusé cette investiture et présenté une liste qui a largement devancé celle de Simonpieri. Ce dernier avait déclaré au lendemain du premier tour de la présidentielle de 2007 : « Beaucoup d’électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile. Parce qu’ils ont cessé de croire à l’accession de Le Pen au pouvoir » ( cité dans Le Canard enchaîné du 25 Avril 2007).

Christian Estrosi quand à lui, se présente comme un grand ami de la communauté juive ; il avait été jusqu’à déclarer en Novembre 2007 que « Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs ». Pourtant en avril 1998 lors de la grande vague d’alliances entre la droite et le FN dans les conseils régionaux, c’est ce même Estrosi qui a mené une bataille dure pour une telle alliance en région PACA, finalement empêchée par la révélation de ces manœuvres et par la résistance de dirigeants locaux de la droite, tel François Léotard . Dans un entretien à Minute du 11 mars 1998, Estrosi avait d’ailleurs annoncé : « Dire « moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d’exercer des responsabilités parce qu’il est xénophobe » ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace ».

Le recyclage des idées et des hommes du Front national est toujours d’actualité à l’UMP.

Source : Mémorial 98, Vendredi 14 mars 2008