Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Les résultats des municipales en un coup d’oeil 17.03.08

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Cette semaine encore, merci à Rue89 pour cette synthèse (et au Monde pour les résultats des villes de Marseille et Paris) :

Les résultats dans les principales villes et des principales personnalités passés au scanner par Rue89.

► Deux villes faisaient figure de test entre les deux tours: Marseille et Toulouse.
Jean-Claude Gaudin (UMP) conserve de peu la mairie de Marseille, malgré l’alliance de son adversaire PS, Jean-Noël Guérini, avec le MoDem.
En revanche, à Toulouse, Pierre Cohen (PS), qui avait fait le choix de refuser toute alliance à sa gauche comme à sa droite, l’emporte contre l’UMP Jean-Luc Moudenc.

► Nombre de grandes villes françaises basculent à gauche (voir ci-dessous). C’est, sans surprise, le cas de Strasbourg, mais aussi de Metz, Reims, Saint-Etienne, Caen, Blois ou Amiens (perdu par l’ancien ministre Gilles de Robien). La droite conserve Le Havre, Orléans, Vannes, Saint-Brieuc et conquiert Calais.

► Parmi les personnalités, le ministre de l’Education Xavier Darcos s’incline à Périgueux. La défaite de François Bayrou à Pau symbolise l’échec du MoDem. La liste sur laquelle était présente Rama Yade perd à Colombes. Dominique Voynet l’emporte à Montreuil contre le communiste Jean-Pierre Brard. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la coopération, est réélu de justesse à Mulhouse.

► A Paris, la victoire de Bertrand Delanoë est moins spectaculaire que le premier tour aurait pu le laisser supposer. L’ancien maire Jean Tiberi conserve de justesse le Ve arrondissement, tout comme l’UMP Jean-Pierre Legaret dans le Ier. La défaite est sévère pour Jean-Marie Cavada dans le XIIe. Au total, la gauche ne gagne ni ne perd de mairies d’arrondissement, mais elle remporte 57% des voix contre 50% six ans plus tôt.

Plusieurs duels étaient attendus en région parisienne: L’UMP Manuel Aeschlimann perd à Asnières, Serge Dassault l’emporte de justesse à Corbeil-Essonnes et Jean-Christophe Fromantin, soutenu par l’UMP, remporte Neuilly.

Aix en Provence

Maryse Joissains (UMP) bat Alexandre Medvedowsky (PS) et François-Xavier de Peretti (MoDem)

Amiens

Gilles Demailly (PS) bat Gilles de Robien (UMP) (more…)

 

Sarkozy, Gaudin, Estrosi : l’ombre du Front National 14.03.08

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Pour aider Gaudin et Estrosi, Sarkozy refait campagne contre les immigrés.

Face à la défaite électorale de son parti au premier tour des élections municipales, N. Sarkozy a fait le déplacement à Toulon pour y reprendre son thème fétiche de l’immigration. Au delà du contenu habituel de son discours, c’est la symbolique qui importait. D’abord par le choix de la ville de Toulon, auparavant dirigée par le FN et toujours dominée par une culture de la nostalgie coloniale et militaire ; c’est d’ailleurs à Toulon que Sarkozy prononça le 7 Février 2007 un discours aux accents xénophobes (www.ldh-toulon.net/spip.php?article1838).

La présence à ses côtés de Brice Hortefeux, l’homme aux 25000 expulsions, confirmait cette symbolique.
Il s’agissait aussi pour Sarkozy d’apporter une aide spécifique à deux candidats UMP de la région : Gaudin à Marseille et Estrosi à Nice.
Ceux-ci se présentent aujourd’hui comme des modérés, quasiment centristes mais ils ont une longue pratique de coopération avec le Front National.

JC Gaudin, actuel maire de Marseille a, dès 1986, fait alliance avec le Front National pour être élu à la tête de la région PACA. Il a géré ensemble la région avec le parti d’extrême-droite jusqu’en 1992, à coup de nominations et de désistements réciproques lors des échéances électorales. Cette gestion commune a servi de laboratoire et de « modèle » à d’autres dirigeants régionaux de la droite qui ont finalisé leurs accords avec le FN lors des élections régionales d’avril 1998. En 1998, le même Gaudin organisait la scission de l’UDF car ses instances refusaient l’alliance avec le FN et créait le parti Démocratie Libérale notamment avec Madelin et Raffarin.

Gaudin a ensuite récupéré de nombreux cadres et élus FN locaux, rebaptisés par lui « droite républicaine », sans avoir rien changé de leurs idées et de leurs pratiques.
Un des fleurons de ce recyclage est Daniel Simonpieri, maire de Marignane qu’il a conquis en 1995 sous la bannière FN, intégré à l’UMP par Gaudin en 2004, et dont il a imposé l’investiture au nom de l’UMP pour les municipales de 2008. Le député UMP de la circonscription, Eric Diard, a protesté et rappelé que Simonpieri avait inauguré dans sa ville une stèle en hommage aux généraux putschistes d’Algérie et aux membres de l’OAS.

Ses protestations n’ont pas pesé face au choix de Gaudin qui préside aussi la commission nationale d’investiture de l’UMP. Diard a refusé cette investiture et présenté une liste qui a largement devancé celle de Simonpieri. Ce dernier avait déclaré au lendemain du premier tour de la présidentielle de 2007 : « Beaucoup d’électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile. Parce qu’ils ont cessé de croire à l’accession de Le Pen au pouvoir » ( cité dans Le Canard enchaîné du 25 Avril 2007).

Christian Estrosi quand à lui, se présente comme un grand ami de la communauté juive ; il avait été jusqu’à déclarer en Novembre 2007 que « Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs ». Pourtant en avril 1998 lors de la grande vague d’alliances entre la droite et le FN dans les conseils régionaux, c’est ce même Estrosi qui a mené une bataille dure pour une telle alliance en région PACA, finalement empêchée par la révélation de ces manœuvres et par la résistance de dirigeants locaux de la droite, tel François Léotard . Dans un entretien à Minute du 11 mars 1998, Estrosi avait d’ailleurs annoncé : « Dire « moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d’exercer des responsabilités parce qu’il est xénophobe » ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace ».

Le recyclage des idées et des hommes du Front national est toujours d’actualité à l’UMP.

Source : Mémorial 98, Vendredi 14 mars 2008