Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Les liens de Sarkozy avec les médias inquiètent 23.05.07

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Les relations du président Nicolas Sarkozy avec les médias inquiète syndicats, partis politiques de gauche et ONG dont certains dénoncent des « pratiques berlusconiennes » qui menacent la liberté de la presse.

Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat, a rejoint mercredi le groupe Bouygues et sera nommé « en temps voulu » à la direction générale de TF1, la première chaîne de télévision française avec une part d’audience de 31,6% en 2006. Cette nomination intervient après l’arrivée à l’Elysée et à Matignon de deux journalistes, l’une venant du Point et l’autre du Figaro. La CGT a dénoncé « le cynisme absolu » du chef de l’Etat et déploré une « démarche scandaleuse quelques jours seulement après son élection ». « Le geste est culotté et violent », a dit à Reuters Jean-François Pujol, secrétaire général adjoint de la CGT-Culture qui dit craindre « pour la démocratie ». De son côté, la CFDT de la Communication et de la Culture a parlé d’« une nouvelle ère étouffante » pour l’information. Son secrétaire général adjoint Philippe Debruyne prévient qu’« il ne faudra pas se laisser faire ». « L’affaire Solly est particulière, caricaturale et exacerbée », a-t-il dit à Reuters, dénonçant « toutes ces amitiés qui se font désormais d’une manière totalement décomplexée et au grand jour ». « Tout est permis, il n’y a plus à se cacher ». Robert Ménard, président de Reporters sans Frontières (RSF) a appelé les journalistes à « la vigilance » et à « résister aux pressions ». Nicolas Sarkozy « n’est pas le premier politique à être interventionniste. Ils le sont en général beaucoup. Mais lui, il l’est de façon plus ouverte, plus évidente », a-t-il dit à Reuters.

Mercredi, le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a dénoncé une « relation consanguine » avec certains groupes de presse, stigmatisant lui-aussi le groupe Lagardère. La veille, son parti avait déploré une « collusion complètement indécente » et « un mélange des genres ». Pour la Ligue communiste révolutionnaire c’est « un danger » pour la démocratie. Dans un communiqué, la LCR condamne des « pratiques berlusconiennes qui mettent en danger la liberté de la presse et l’indépendance des médias ».

Sources : Reuters – Mercredi 23 mai 2007, 18h11 I Illustration © Aurel

 

de l’Élysée à TF1

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L’arrivée d’un proche de Nicolas Sarkozy à TF1 provoque des remous.

L’arrivée annoncée de Laurent Solly, 36 ans, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à la direction de TF1 (groupe Bouygues), soulève un tollé à gauche et chez plusieurs syndicats de journalistes, qui dénoncent une « berlusconisation » du régime. Le groupe Bouygues a annoncé mardi que Laurent Solly, chef de cabinet de M. Sarkozy jusqu’à son départ du ministère de Intérieur en mars, intégrerait « en temps voulu » la direction générale de TF1. Selon une source proche du dossier, il prendra les fonctions de directeur général adjoint de TF1 dans la deuxième quinzaine de juin aux côtés de Nonce Paolini, nouveau patron de la chaîne.

Cette annonce, précédée par une déclaration en ce sens au quotidien Libération du responsable de la communication de l’Elysée Franck Louvrier, a provoqué de vives réactions du PS et du PCF. Les deux partis avaient déjà dénoncé pendant la campagne la « collusion » entre le candidat de l’UMP et les groupes de médias Bouygues et Lagardère, dirigés par des proches de M. Sarkozy.

« On est vraiment dans la méthode Berlusconi et cette collusion des grands médias et du pouvoir politique est complètement indécente », a estimé mercredi Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l’Egalité du Parti socialiste.

Benoît Hamon, porte-parole du PS, affirme pour sa part que « la parole des socialistes est difficilement audible » car « ce que beaucoup craignaient, la collusion entre certains médias et le pouvoir politique, se révèle une réalité ». Le porte-parole du PCF, Olivier Dartignolles, a fustigé une « présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien » qui « se fixe comme objectif (…) d’anesthésier l’opinion publique en contrôlant les grands moyens d’information ».

Plusieurs syndicats sont montés au créneau. Le syndicat national des médias SNM-CFDT craint une « nouvelle ère étouffante pour l’information », évoquant la nomination de M. Solly à TF1 et « le choix de plusieurs éditorialistes de passer du côté des cabinets ». Trois journalistes, Catherine Pégard (Le Point), Myriam Lévy (Le Figaro), et Georges-Marc Benamou (La Provence et Nice Matin) ont été nommés la semaine dernière conseillers de presse à Matignon et à l’Elysée.
« Concentrée, noyautée, la presse court aujourd’hui le danger de devenir bâillonnée », selon la CFDT, qui « souhaite qu’une intersyndicale puisse se former afin d’exercer une vigilance qui apparaît désormais indispensable ».

La CFDT critique également la perquisition au Canard Enchaîné dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Clearstream, les liens entre le président Sarkozy et l’homme d’affaire Vincent Bolloré, ainsi que le retrait d’un article du Journal du Dimanche, propriété de Lagardère, sur l’abstention de Cécilia Sarkozy. Le JDD avait renoncé, le 13 mai, à publier un article révélant que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté le 6 mai. Dans une lettre ouverte à Arnaud Lagardère, les journalistes avaient dénoncé une « censure inacceptable ».

Pour le SNJ-CGT, la nomination « choquante » de Laurent Solly va « accroître les soupçons de mise au pas de l’information dans une chaîne déjà largement suspecte d’avoir fait la promotion du candidat de la droite ultralibérale ». Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) a estimé lui aussi « extrêmement choquante » la nomination à la direction de TF1 de Laurent Solly, estimant qu’elle « va mettre un peu plus à mal le lien de confiance entre les citoyens et cette chaîne de télévision ».

Article de Juliette Collen (Afp – Mercredi 23 mai 2007)

Laurent Solly, proche de Nicolas Sarkozy, va rejoindre TF1

Laurent Solly, ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, rejoindra à partir de mercredi le groupe Bouygues avant d’aller « en temps voulu » à la direction générale de la chaîne de télévision privée TF1, a annoncé le groupe de BTP et de communication. « Laurent Solly arrive à la holding du groupe Bouygues à compter du 23 mai 2007. Il y effectuera un parcours d’intégration au sein du groupe », lit-on dans un communiqué publié mardi sur le site internet de Bouygues. « En temps voulu, en accord avec Martin Bouygues et Nonce Paolini, il rejoindra TF1 où il deviendra directeur à la direction générale. Ses missions seront définies à ce moment là », poursuit le communiqué.

Le Parti communiste français voit dans cette nomination une « présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien ». « La toile du président de la République ne se tisse plus dans l’ombre, son réseau notamment au sein de grands moyens d’information se construit désormais au grand jour », accuse mardi dans un communiqué Olivier Dartignolles, porte-parole du PCF. A ses yeux, Nicolas Sarkozy « se fixe comme objectif, facilité par la concentration des groupes de communication, d’anesthésier l’opinion publique en contrôlant les grands moyens d’information ».
Laurent Solly, 36 ans, est inspecteur des Finances.

Source : Reuters – Mardi 22 mai 2007

 

Meaux : l’impossible visite 13.04.07

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Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de répéter qu’il n’avait aucun problème à se rendre en banlieue. Si ce n’est justement celui de s’y rendre ! Le vendredi 13 Avril 2007, il va pourtant le faire, en allant à la Cité Beauval de Meaux.

Cet évènement a été filmé par La Télélibre. L’article :

Il fallait absolument que Nicolas Sarkozy fasse un saut en banlieue avant le premier tour. C’est fait, mais ça a failli ne pas se faire. Le vendredi 13 avril 2007, entre 18h30 et 19h30, il s’est rendu une heure à la cité Beauval dans la ville de Meaux pour y rencontrer des associations de jeunes. La rumeur de sa venue circulait depuis de nombreux jours, le Canard Enchaîné avait même fait une brève dans son édition du 11 avril dernier. Un mystérieux informateur se revendiquant être un membre déçu du QG de Nicolas Sarkozy nous avait même envoyé un mail le 12 avril nous demandant de nous rendre là-bas à 15 heures, le vendredi 13, pour assister à la préparation. La venue de Nicolas Sarkozy étant programmée pour 17 heures. Il faut savoir que le candidat de l’UMP avait un meeting avec Jean-François Copé, dans cette même ville de Meaux à 18h30. Nous nous y sommes donc rendus à l’heure dite et effectivement, au regard du nombre de policiers, de tireurs d’élite et d’officiels présents, il se tramait quelque chose.

Notre arrivée sur les lieux a surpris. Nicolas Sarkozy désirait sans doute faire une visite, préparée par Rachida Dati, loin des caméras, tout dérapage pouvant entraîner des conséquences électorales difficiles à évaluer. Mais c’était raté. Du coup, personne ne confirmait son éventuelle venue. Certains membres des associations invitées nous indiquaient même vers 17 heures 30, que Nicolas Sarkozy avait décidé de faire marche arrière pour des raisons de sécurité et en raison de la présence de journalistes. À 17 heures, l’Afp avait été avertie. Finalement, face à la pression des associations, notamment celles de Karim Zéribi, le Président du Parlement des banlieues, et des conséquences d’une reculade, Nicolas Sarkozy est finalement arrivé, visiblement tendu, à 18h30 dans le local des jeunes pour un débat mouvementé d’une heure devant les caméras de latelelibre.fr et de Dimanche+ ( le journaliste avait été averti par des sources locales). Les autres médias étaient à un kilomètre de là et ils ne sont jamais venus.

Nous vous proposons le récit complet de cet après-midi pas comme les autres dans la cité Beauval de Meaux. C’est une exclusivité de LaTeleLibre. Un reportage réalisé par Allan Rothschild, Ludovic Tourte, Bruno Martin et Julie Lalande.

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LA VIDEO DE LA VISITE A LA CITE BEAUVAL

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Pour ceux qui ont un peu de temps à « perdre », ce fichier de grande valeur est très instructif pour saisir la vision réductrice et condescendante que Nicolas Sarkozy a des « quartiers », comme on les appelle désormais.

Vous trouverez ci-dessous le déroulement de la journée ainsi que quelques-unes des remarquables interventions du Président de tous les Français :

À l’extérieur de la salle.

15h30 → Arrivée des tireurs d’élites.
15h45 → Arrivée de Rachida Dati, puis un peu après, de Laurent Solly, chef de cabinet de Nicolas Sarkozy.
17h00 → Arrivée de Jean-François Copé.
17h30 → Karim Zéribi (Président du Parlement des Banlieues), indique que la visite de Nicolas Sarkozy est officielle depuis 72 heures. « Nous ce que nous voulons c’est débattre […] Nous sommes des démocrates et des républicains ». À la question du journaliste « alors pourquoi il n’est pas là ? », il répond « c’est à n’y rien comprendre, c’est une mascarade […] Quand on veut être Président de la République française, on doit s’adresser à l’ensemble des composantes de la société française ».
17h50 → On annonce qu’il n’a jamais été question que Nicolas Sarkozy vienne. Karim Zéribi aux caméras « Je pense que les habitants des quartiers populaires ont le droit d’entendre son projet pour les quartiers. Et puis de nous entendre lui indiquer aussi qu’on n’est pas toujours d’accord avec son projet de société ». « Les gens, ça fait une heure et demie qu’ils attendent ». « Le fait que Nicolas Sarkozy ne vienne pas ce serait une reculade qu’on ne comprendrait pas, encore une fois ». « Il n’y a pas de zone de non-droit dans notre pays ».
18h30 → Arrivée de Nicolas Sarkozy. En fond sonore, un journaliste lui demande « Monsieur Sarkozy vous êtes en retard aujourd’hui. C’est pas votre habitude. Est-ce que vous avez hésité avant de venir ? ».

À l’intérieur de la salle.

« Mesdames et messieurs, d’abord pardon pour mon retard. Je voudrais vous dire combien je suis heureux de venir ici, je suis déjà venu ! À plusieurs reprises. » Un « c’est faux » s’élève dans la salle.

« Je crois que personne, depuis bien longtemps dans la République Française, n’a fait autant que ce que j’ai fait pour que les musulmans puissent vivre leur foi dans la dignité, dans la légalité, et dans l’honnêteté ». « J’ai été de ceux qui ont dit qu’il ne fallait pas confondre des musulmans croyants avec des extrémistes ». « J’ai dit que les problèmes venaient des caves et des garages et pas des mosquées ». « Lorsque vous parlez des juifs de France, vous ne parlez pas de ceux qui vont à la synagogue. Vous parlez de ceux qui sont juifs, non pas pratiquants mais culturellement ».

« Il faut sortir ces quartiers de la mainmise d’un certain nombre de bandes, et du trafic de la drogue. Comment on peut le faire ? J’ai proposé un Plan Marshall 2, je m’en explique très brièvement. Si je suis élu Président de la République dans 3 semaines, je proposerais à chaque jeune de vos quartiers une formation, un contrat, une rémunération, une ouverture en entreprise. Celui qui considère que la société doit l’aider sans se donner du mal, celui-là que les choses soient claires, nous ne le laisserons pas empoisonner la vie du quartier, la vie de sa famille, et la vie de l’immeuble. […] Si il veut pas bosser, il faut bien comprendre que dans les valeurs qui sont les miennes, je ne les laisserais pas rendre la vie impossible dans les quartiers qui sont les nôtres. Parce que là où vous avez raison, c’est que ce n’est pas moi qui habite dans vos quartiers. C’est vous qui y habitez, la peur au ventre, la voiture brûlée, le trafic de drogue, le voyou qui terrorise vos propres enfants, c’est vous qui le vivez, c’est pas moi

« Dernier point sur la police. Toute forme de racisme – et pour moi le racisme ça commence à la familiarité, le tutoiement, la main qui pend à la fenêtre ouverte de la voiture de patrouille – toute forme de racisme ou de manque de respect est inadmissible et scandaleuse. Mais je vous dois la vérité aussi. Quant à la gare du Nord, il y a un multirécidiviste qui ne paye pas son billet, et qui en récompense de ne pas avoir payé son billet, frappe le fonctionnaire qui le contrôlait, et déclenche une émeute, je vais vous dire quelque chose : celui-là il a pas rendu service à nos quartiers. Et celui-là il faut pas me demander de me solidariser avec lui. »

Les gens commencent à réagir (on le ferait pour moins). En disant « tu » (racisme, donc, si j’ai bien suivi), Nicolas Sarkozy répond : « Qui a choisi comme porte-parole une jeune femme d’une famille de 12 enfants qui s’appelle Rachida Dati. Attends, quand on donne ; y comprit quand y a Harry Roselmack qui présente le 20 heures, il vaut mieux ça que rien ».

À 12 minutes du fichier (il ne vous en restera donc plus que 3’40 à visionner), devant tant de stigmatisation, de méconnaissance du quotidien des gens, et de bêtise, la salle commence à réagir plus sérieusement. Certains interviennent, revenant notamment sur le tutoiement, et sur le reste. La consultation de ces minutes est sans doute nécessaire si vous pouvez en trouver le temps.

Juste pour rire (si on en trouve encore le courage), Nicolas Sarkozy Tv (NS TV) a relayé le même événement… à sa manière !