Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sénat : On en prend un autre et on recommence 25.09.08

Gérard Larcher, le très probable successeur de Christian Poncelet à la tête du Sénat, était ce matin l’invité de Jean-Michel Apathie. De l’art de la paraphrase…

Jean-Michel Aphatie : Un livre a rencontré un grand écho durant ces derniers jours : « Le Sénat – Enquête sur les super-privilégiés de la République ». Il est publié aux éditions Du Rocher. Il est écrit par Robert Colonna d’Istria et Yvan Stefanovic. L’avez-vous lu, Gérard Larcher ?

Gérard Larcher : Non, je ne l’ai pas lu. J’ai lu les passages qui me concernaient. Vous savez, les temps qui courent amènent à faire des synthèses.

L’absentéisme est-il un problème au Sénat, Gérard Larcher ? On évalue à un tiers le nombre de sénateurs qui travaillent, un tiers viendrait très irrégulièrement et un tiers ne viendrait pas du tout.

Je ne suis pas tout à fait sûr de ces statistiques. Le président de la commission des Affaires économiques pendant trois ans, j’ai pu voir que mes collègues travaillaient beaucoup en commissions. Je crois que la réforme de notre règlement va nous permettre de rendre aussi plus attractifs à la fois la séance publique et le travail en commission. La capacité,  par exemple, aujourd’hui de travailler à partir du texte de la commission. Des débats sans doute qui doivent être plus courts, plus ramassés, plus vivants, plus inter-actifs. Voilà les conditions, tout simplement, pour faire de la séance publique un vrai lieu d’échanges politiques plutôt que ce qui est parfois un peu une litanie et qui entraine une forme de lassitude.

L’absentéisme est-il un problème aujourd’hui au Sénat, Gérard Larcher ?

Non l’absentéisme n’est pas un problème…

Tout va bien ?

… Si nous savons créer des conditions – j’allais dire – de l’attractivité.

Mais elles ne sont pas créées aujourd’hui. Donc, c’est un problème aujourd’hui ?

Mais nous allons les créer puisque nous pouvons changer le règlement.

Il existe dans les assemblées françaises, cette pratique absolument rétrograde de la réserve parlementaire et qui permet de distribuer, dit-on parce qu’on n’en sait rien, près de 300 millions d’euros dans des conditions tout à fait opaques. Souhaiteriez-vous mettre fin, Gérard Larcher, au nom d’une certaine modernité comme il a été mis fin au fonds secrets dans les ministères, il y a quelques années, à cette pratique de la réserve parlementaire ?

Mais la réserve parlementaire n’est pas ce qu’on décrit : une espèce de magot opaque qui serait distribué. C’est un levier et un levier d’ailleurs pour l’aménagement du territoire. Les conditions simplement de son affectation…

Pourquoi fait-on disparaître les fonds secrets des ministères. On les justifiait, il y a quelques années, exactement comme vous venez de le faire ?

Ca n’a rien de fonds secrets. Je vais prendre des exemples. Je pense au réaménagement d’une église qui malheureusement n’était pas classée mais d’une grande qualité dans un village de mon département, eh bien ceci a contribué pour un tout petit village rural à permettre de restaurer tout simplement le plus beau bâtiment de ce village.

On a appris à l’occasion de ce renouvellement sénatorial que le Sénat avait acheté un appartement de 200 mètres carrés dans le VIe arrondissement de Paris et que le président sortant, Christian Poncelet, aurait le droit, après la fin de ses fonctions, d’occuper à vie cet appartement. Cela vous semble-t-il normal, Gérard Larcher ?

Je crois que sur ce sujet, le Sénat, hier, au travers du groupe UMP a donné une image de clarté, de transparence et de démocratie. Ces sujets-là, le président élu aura à les examiner. Je n’instruis pas à charge, ni à décharge avant d’avoir la responsabilité de président du Sénat. Ceci nous l’examinerons  sereinement et tranquillement. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que les choses seront extrêmement claires.

Excusez-moi, je n’ai pas compris votre réponse. Etes-vous choqué par le fait qu’une personnalité, Christian Poncelet, puisse occuper à vie un appartement que lui paye la République ?

Mais je pense que la notion de « à vie » n’a pas de sens. Voilà pourquoi j’examinerai toutes ces choses-là avec ceux qui auront la responsabilité au bureau de gérer le Sénat.

Si la notion de « à vie » n’a pas de sens, ça veut dire que vous pensez pouvoir remettre en cause ce fait-là, Gérard Larcher ?

Tout sera examiné. Tout.

Et donc vous pourriez le remettre en cause ?

Tout sans exception.

Lire la totalité de l’entretien. I Lire aussi : Le Toutou de Poncelet Sauvé de son Vertige I Photo © Martin Bureau / AFP.

 

Feu d’artifice 17.05.07

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Julien Dray au micro de Jean-Michel Aphatie le 17 Mai 2007 : « Dans un feu d’artifice, il y a ce qu’on appelle le bouquet final. A la fin. Ça flambe de partout. Nicolas Sarkozy il a inventé une technique qui est très simple : le bouquet final c’est au début. En général d’ailleurs il y a toujours un sondage après qui dit que le bouquet final est très beau. Derrière, en général ça ne suit pas. […] Je sais que dans ses premières semaines et dans ses premiers mois on va avoir droit au bouquet final avec une multiplication de sondages qui vont nous dire que tout change, que tout bouge ».

 

canal + : interdit de débat ? 27.04.07

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Interview de François Bayrou par Jean-Michel Aphatie le vendredi 27 avril.

« Lorsque j’ai tenu une conférence de presse, mercredi, j’ai parlé, de la part de Nicolas Sarkozy, d’intimidation et de menace. C’est exactement là qu’on en est. Ce débat qui avait été organisé à la demande de Canal+, nous avions décidé. J’avais été invité à un débat par Ségolène Royal. J’ai accepté. Et j’avais dit que si Nicolas Sarkozy m’invitait à un débat, j’accepterais aussi. […]

Ce débat avait été organisé par Canal+, à la demande de la chaîne, et puis s’y était joint un certain nombre d’autres télévisions et radios. Il se trouve que ce débat a été annulé en arguant ou en prétendant qu’il y avait des règles du CSA et une demande du CSA qui empêcherait la tenue du débat, ceci est absolument faux. […]

Parce que j’ai vérifié auprès du CSA ce qu’il en était. Et parce que si jamais, il y avait eu une intervention du CSA, elle aurait été susceptible de recours devant le Conseil d’Etat en référé, c’est-à-dire d’heure à heure et que nous aurions ainsi sans aucun doute, obtenu le respect de cette liberté. Il s’agit, Jean-Michel Aphatie, d’une liberté fondamentale des Français et une part des enjeux de cette élection présidentielle, c’est le respect des libertés fondamentales des Français. Ici, par toute une série de réseaux que nous connaissons tous, qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, sont faites auprès des chaînes de manière que l’information se trouve verrouillée. Je n’accepterai jamais que dans mon pays, on verrouille l’information. On est en train de choisir le chemin d’une régression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés et songez que Nicolas Sarkozy n’est pas encore élu ! Alors, qu’en sera-t-il s’il est élu ! […]

Ce que je dis là, Jean-Michel Aphatie, tout le monde le sait. Il n’y a pas dans ce Studio une personne qui ignore ce que je suis en train de raconter là… […]

Je dis avec certitude qu’il y a dans l’organisation de Nicolas Sarkozy depuis longtemps une tentative de verrouiller l’information, que ceci passe par des puissances très importantes que j’ai tout au long de la campagne électorale désignée comme étant un problème pour la France. Ce réseau qui fait que se rapprochent de très grandes puissances financières, de très grandes puissances médiatiques et la puissance politique que Nicolas Sarkozy représente, il faut que vos auditeurs sachent que c’est un extraordinaire frein au progrès du pays. Un pays ne peut pas avancer s’il n’a pas l’information libre qui permet à chacun des citoyens de se faire une idée de son avenir. Et donc, je dis avec certitude que je ne peux pas accepter que cela se fasse. […]

Au lieu d’aller dans le sens d’une correction de la Ve république avec des règles démocratiques mieux respectées, Nicolas Sarkozy, dans sa pratique de tous les jours que nous avons sous les yeux à l’occasion du débat, il va au contraire dans le sens d’un manque aggravé de respect de ces règles. C’est la raison pour laquelle, j’ai dit l’autre jour qu’en effet, il représentait pour moi un risque pour la France, j’ai dit le risque de Nicolas Sarkozy, c’est : il ne respecte pas l’équilibre des Pouvoirs et il risque de briser la société française ; et le risque de Ségolène Royal, c’est son Programme économique et sa vision de l’Etat. […]

Je dis que l’un est un risque d’urgence sur la vie de notre pays ; l’autre est un risque de moyen terme avec des choix économiques qui ne sont pas justes. Et je l’ai dit depuis le début ».