Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy et ces femmes afghanes aux mains coupées 03.05.08

Filed under: < International — eilema @ 10:53
Tags: , ,

LE PARADOXE DU SARKOZYSME.

Au cours de sa dernière intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a justifié l’envoi de troupes en Afghanistan par l’impossibilité de dialoguer avec “des gens qui ont amputé d’une main une femme parce qu’elle avait mis du vernis à ongles“. Une référence à la cruauté des talibans si souvent répétée qu’on ne se soucie plus d’en vérifier l’authenticité, comme si la cruauté des châtiments – de la lapidation des femmes adultères à l’interdiction pour les jeunes filles d’aller à l’école – nous dispensait d’enquêter.

L’histoire circule sur Internet depuis des années dans d’innombrables versions. Parfois la victime est une petite fille de 10 ans. Parfois c’est une femme. Le plus souvent, on rapporte que les talibans se “contentaient”, si l’on ose dire, d’arracher les ongles. Dans la version présidentielle, on a amputé la main.
Il est étrange qu’aucune enquête sérieuse ne soit venue questionner les modes de diffusion d’une telle rumeur. Une source semble en être un rapport d’Amnesty International datant de 1997 dont les conclusions étaient bien plus modestes que les commentaires qu’elle a inspirés. “Dans un cas au moins, écrivait l’organisation humanitaire, les châtiments infligés ont pris la forme d’une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l’extrémité du pouce d’une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette “punition” avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles.”

Sam Gardiner, un colonel de l’armée américaine, qui a enquêté sur la communication de guerre des campagnes en Afghanistan et en Irak, a démontré récemment que “l’histoire des ongles arrachés” avait été choisie par Alastair Campbell, le conseiller de Tony Blair, pour illustrer les violences faites aux femmes par les “étudiants en théologie” et diffusée massivement pour convaincre l’opinion publique et les gouvernements européens qui hésitaient à se joindre à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
La même story fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu’à utiliser les mêmes phrases. Dès novembre 2001, a révélé Sam Gardiner, “l’orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington“. Le 17 novembre 2001, Laura Bush, la première dame des Etats-Unis, déclare : “Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les doigts qui ont les ongles vernis.” Et Cherie Blair, son homologue britannique, d’affirmer (à Londres le lendemain) : “En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés.”

Au cours d’une conférence à l’université de Strathclyde, en Ecosse (7-9 septembre 2007), Gardiner a décrit comment les scénarios quotidiens préparés par le centre d’information de la Maison Blanche étaient en fait alimentés par Alastair Campbell, du 10 Downing Street. Jim Wilkinson, qui travaillait à l’époque au bureau de la communication stratégique à la Maison Blanche, se félicita de l’efficacité de cette campagne, “la meilleure chose que nous ayons faite pour obtenir le soutien de pays où la coalition antiterroriste se heurtait à un grand scepticisme“.

En laissant autant d’influence aux “storytellers politiques“, a estimé le colonel Gardiner, Bush et Blair ont terni la “crédibilité” de leurs pays : “Ce sera un traumatisme plus grand encore peut-être que pour le Vietnam lorsque nous devrons nous retirer d’Irak. (…) Les hommes politiques se heurteront à une opinion qui refusera de les croire même s’ils disent la vérité.” Est-ce le début d’une prise de conscience en Grande-Bretagne des méfaits du storytelling ? Lors d’une visite en Irak en juin 2007, Gordon Brown a promis que les futures analyses de la situation militaire, présentées par les services de renseignement, seraient indépendantes du pouvoir politique.

Ignorant les leçons du blairisme, Nicolas Sarkozy, lui, continue d’imiter le couple Blair-Campbell, jusqu’à reprendre ses méthodes et son langage quand il s’agit de convaincre l’opinion de s’engager davantage en Afghanistan. Comme eux, il récolte les fruits de cette stratégie qui aboutit à faire de l’action gouvernementale une pure entreprise de communication et qui, loin de gagner la confiance des électeurs, généralise l’incrédulité.

Ce diagnostic s’impose en Grande-Bretagne alors que l’on entre dans l’après-Blair. “Bien avant que la brouille due à la guerre en Irak ne ternisse complètement la réputation du gouvernement en matière de vérité, écrit par exemple le spécialiste des médias Raymond Kuhn dans un livre bilan des années Blair (Blair’s Britain sous la direction d’Anthony Seldon), l’une des caractéristiques des années pendant lesquelles Blair a dirigé le New Labour a été aux yeux de nombreux électeurs l’association avec les petites phrases et le spin.” En somme : trop de communication tue la communication.

Vers le milieu du premier mandat de Blair, ajoute Kuhn, les articles critiques envers les tentatives du gouvernement de contrôler l’agenda médiatique ont commencé à remplacer les commentaires qui, jusqu’alors, faisaient l’éloge du professionnalisme de la machine médiatique du New Labour.” Une inflexion qui semble inspirer le changement d’attitude de la presse française à l’égard de M. Sarkozy. Et expliquer sa chute dans les sondages. L’inflation d’histoires ruine la crédibilité du narrateur. L’habileté, à trop s’avouer, se dément. C’est le paradoxe du sarkozysme.

Article de Christian Salmon – écrivain – paru sur LeMonde.fr

 

Sarkozy en Tunisie, ou la Realpolitik décomplexée 02.05.08

Visionner le Télézapping (Le Monde) relatif au voyage officiel de Nicolas Sarkozy en Tunisie ICI

 

La France, mauvaise élève de l’Europe 16.04.08

Filed under: < Europe — eilema @ 12:36
Tags: , , , , , , ,

La France occupe une position « médiane, et parfois médiocre » au regard des objectifs fixés par l’Union européenne à Lisbonne en 2000, selon un rapport remis, mardi 15 avril, au ministère de l’économie. Rédigé par l’avocat Laurent Cohen-Tanugi, le document pointe que « la France n’atteint que trois des quatorze objectifs identifiés par le Conseil européen » pour faire de l’UE l’économie la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010. C’est Christine Lagarde, ministre de l’économie, qui avait confié à M. Cohen-Tanugi, en octobre 2007, une mission sur « l’Europe dans la mondialisation« .

Parmi les 27 pays de l’UE, la France est 18e en termes de taux d’emploi, 19e pour la dette publique, 23e pour la croissance et 24e en ce qui concerne le taux de chômage des jeunes. En outre, la Commission européenne estime « très limitées » les mesures prises par la France pour atteindre les objectifs de Lisbonne. La période 2008-2010 représente « une période d’action critique pour la France« , selon le rapport, après une conjoncture politique « peu propice à des réformes d’envergure » de 2000 à 2005.

M. Cohen-Tanugi fixe les priorités pour éloigner la France du risque de « décrochage » par rapport aux pays les plus avancés et aux pays émergents. Priorité numéro un pour la mission : « combler le retard français » en termes de recherche, d’enseignement supérieur et d’innovation pour sortir du modèle d' »imitation » industrielle.

Le rapport insiste également sur la nécessité de mettre en œuvre une réelle « flexicurité » qui n’a pour l’instant été lancée « ni dans son volet sécurité, ni dans son volet flexibilité« . Il préconise l’amélioration des parcours professionnels ainsi que l’assouplissement de la protection de l’emploi. Pour rattraper ce retard, la France n’a, selon la mission, pas d’autre choix que de « réorienter massivement le budget national », notamment par la diminution des aides publiques aux entreprises et l’arrêt immédiat des politiques de réduction fiscale.

Source : Le Monde

 

Fillon le Va-t-en guerre 15.04.08

À l’heure où le pays dope ses effectifs en Afghanistan, François Fillon a déclaré samedi 12 avril, lors de sa visite au Japon, que la France souhaite la création d’une « force internationale » sous mandat de l’ONU pour lutter contre les actes de piraterie maritime tels que le détournement du Ponant par des pirates somaliens.

« Nous allons demander que, sous mandat de l’ONU, une force internationale, à laquelle la France naturellement est prête à participer, puisse oeuvrer à la sécurité du transit maritime dans cette région du monde, comme dans le détroit de Malacca« , en Asie du sud-est, a déclaré le premier ministre lors d’un discours devant les Français du Japon, sur le navire de guerre français Mistral, en escale à Tokyo. Un texte sera déposé après discussion au Conseil de sécurité des Nations unies.

Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, avait déclaré vendredi à la presse que le président proposait une « initiative internationale » pour lutter contre la piraterie maritime, sans plus de détails. « Au cours des dix années passées, c’est 3 200 marins qui ont été pris en otages, 500 ont été blessés, 160 tués. Donc, c’est un vrai problème de sécurité internationale auquel nous faisons face« , avait-il dit.

Source : Le Monde

 

Nicolas et Carla à Buckingham : Le malaise 23.02.08

sarkobrunibellebete.jpg

Le président, la reine et le cadeau de mariage.

A Buckingham, Carla Bruni chantera-t-elle une chanson ? Et quel présent offrir à ce « jeune couple » tellement kitsch ?
Les 26, 27 et 28 mars prochain [selon Buckingham Palace], lors de la visite d’État de Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle épouse, Carla, en Grande-Bretagne, il faudra à Sa Gracieuse Majesté tous ses talents de diplomate pour les accueillir avec le sourire. Selon un proche de la cour, leur séjour chez les Windsor n’est pas sans inquiéter la famille royale. « Sa Majesté jouera à la perfection son rôle d’hôtesse, comme toujours, mais il est indubitable que certains craignent que nous ne soyons utilisés comme décor d’exception pour le prochain épisode du soap opera du président français », me dit-on. Car les informations venues de France agacent de plus en plus Buckingham.

Dans une interview donnée récemment, Mme Sarkozy a trouvé « grisante » l’idée de sa prochaine rencontre avec la reine, avant de décrire le couple qu’elle forme avec le président français comme vivant « up tempo » [« Les amoureux, on le sait, ont leur propre temps. Le nôtre est up tempo », interview dans L’Express du 13 février 2008].

Dans une autre publication, on apprend par ailleurs qu’elle souhaiterait emporter sa guitare pour jouer à la souveraine une chanson qui dit notamment « Mon monde est meilleur quand tu es avec moi parce que tu es ma reine » . Selon mon informateur, Elisabeth II n’est pas particulièrement enthousiasmée par la récente union de Nicolas Sarkozy et a décidé de ne pas envoyer de cadeau de mariage, ce qui pourrait bien être jugé méprisant, surtout à la veille d’une visite officielle.

Dans le monde de la symbolique royale, on cogite aussi intensément sur ce que pourrait être le cadeau de bienvenue offert au président français. Comme l’explique un porte-parole, « il n’est pas dans les habitudes de la reine d’offrir des cadeaux de mariage lorsqu’elle ne connaît pas personnellement les mariés. Et nous n’avons pas encore décidé de ce que nous offririons au couple présidentiel à son arrivée à Londres. » Le premier jour sera le moment le plus délicat de la visite, la reine devant recevoir le président et la première dame pour un déjeuner privé. Ensuite, le protocole reprendra ses droits pour régir plus strictement le déroulé des événements. Et puis, si Carla finit vraiment par sortir sa guitare, au moins sait-on que Sa Majesté est passée maîtresse dans l’art d’accueillir avec courtoisie les spectacles les plus incongrus.

[Source : Article d’Olivier Marre paru dans The Observer (in Courrier International) I Illustration © Dave Brown / The Independent]