Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Carla Sarkozy Bruni Dérape À Propos Des Juifs Et De La Shoah 13.02.08

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La très sérieuse association Mémorial 98, qui combat contre le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l’affaire Dreyfus. Peu encline à s’épancher sur l’actualité matrimoniale du chef de l’état, elle en a pourtant été contrainte, devant les propos de la toute nouvelle Première Dame de France.

Encore une banalisation de la persécution des juifs.

Interrogée par l’Express de cette semaine sur la plainte déposée par Nicolas Sarkozy contre le site Internet du Nouvel Obs – qu’il accuse de « faux », Mme Bruni Sarkozy déclare : « La plainte justifiée de mon mari n’est pas contre un organe de presse, bien sûr, mais contre les « nouveaux moyens de désinformation ». Internet peut être la pire et la meilleure des choses. A travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu’en aurait-il été des dénonciations de juifs ?… »
Cette déclaration pourrait n’être qu’une démonstration de narcissisme exacerbé ou une manifestation de l’absence totale du sens de la mesure ainsi qu’un signe de la confusion des esprits car elle ne provoque aucun réaction du journaliste qui réalise l’interview.

Mais il se trouve que Nicolas Sarkozy a commis il y a quelques mois un dérapage semblable, tendant à banaliser la délation envers les juifs sous le régime de Vichy, comparée et assimilée à la dénonciation de délits fiscaux.

Pour défendre la « dépénalisation du droit des affaires » (terme pudique pour l’impunité garantie aux patrons, mêmes voyous) lors de l’université d’été du Medef le 30 août dernier, il avait utilisé la formule suivante :
« A quoi sert-il d’expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c’est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? ». Il avait été applaudi frénétiquement par son auditoire, ravi de cette scabreuse comparaison. (Voir notre article précédent Sarkozy révise l’histoire de Vichy : nouveau dérapage)

Mémorial 98.

 

Nicolas Sarkozy, c’est « Badinguet » ou « Foutriquet » ? 13.11.07

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Une comparaison en vogue fait de Nicolas Sarkozy la projection de Napoléon III, cet autocrate populiste dans le sillage duquel prospéra une bourgeoisie financière avide et qui, par orgueil et bêtise, précipita en 1870 le pays dans le désastre militaire de Sedan. Passons sur le décalage historique : l’appétit d’enrichissement d’une nouvelle classe possédante, avec Guizot en gourou des marchés, est plus à mettre au compte de la Monarchie de Juillet que du Second Empire. En fait, le livre que Georges Valance vient de consacrer à Adolphe Thiers (1) suggère moins d’analogies avec « Badinguet », le surnom de l’empereur, qu’avec « Foutriquet », le sobriquet attribué par les Communards à l’objet de cette captivante biographie.

La figure de Nicolas Sarkozy, 23e président de la République, souvent se superpose dans l’esprit du lecteur à celle du deuxième que fut Adolphe Thiers. Mêmes origines socialement déclassées à cause d’un père défaillant, semblable désir de revanche pour s’imposer aux élites de son temps, commune inclination à la jouissance sans complexes des avantages que procurent l’argent, leurs petites tailles respectives, leurs dandinements nerveux partagés, ne décourageant pas non plus les télescopages d’images. Et quand Henri Heine écrit de Thiers que « par sa familiarité avec des chevaliers d’industrie sans convictions, il s’est lui-même attiré tous les bruits malicieux qui rongent sa réputation« , on se dit que le grand écrivain allemand voit loin. La Revue des deux mondes pourrait republier à l’identique l’article qui décrit Thiers de la sorte : « il se flatte, il se mire, tout part de sa personne, tout y revient aboutir. » (more…)

 

Sarkozy, le [Soft]Nationaliste 02.11.07

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Gérard Noiriel (historien*), à propos du nationalisme selon Nicolas Sarkozy :

« Quand on regarde ses discours, on peut pointer des critères qui nous permettent de parler de nationalisme au sens classique du terme. Le nationalisme, si on prend le sens du dictionnaire, c’est une exaltation de l’identité nationale – c’est à dire du « nous » national – par opposition aux étrangers. Et cette opposition entre « eux » et « nous », on la retrouve dans ses discours de manière tout à fait évidente, et illustrée par l’exemple de l’immigration.

Le deuxième élément qu’on peut pointer, c’est l’une des références – parmi les nombreuses références historiques faites par le candidat – une qui me parait entièrement fondée. C’est la référence à Maurice Barrès. Maurice Barrès est un écrivain qui a été le chef de file du courant anti-dreyfusard, qui affirmait lors du procès de Dreyfus qu’il était persuadé que Dreyfus était coupable en raison de sa race . Quand on se réfère à Maurice Barrès comme l’un des inspirateurs de sa pensée, il faut au moins avoir le courage d’assumer cette affiliation !

Barrès se définissait, lui, comme nationaliste. C’est le père fondateur du nationalisme français. Il se référait à la fois à Jeanne d’Arc et à la Commune de Paris, vous avez ces références droite gauche. Tous ces éléments qui ont été repris à un moment ou un autre dans les discours de Nicolas Sarkozy, sont effectivement empruntés au nationalisme barrésien . Et je dis que c’est un « nationalisme-soft » parce que ce nationalisme aujourd’hui n’a plus les implications qu’il a eu dans le passé.

Barrès a été élu député en 1893 sur la base d’un programme qui était « Non aux Étrangers », uniquement centré sur l’expulsion des étrangers. Dans la définition de l’identité nationale, et l’opposition à l’immigration, on retrouve une constante dans l’histoire contemporaine de la France, et c’est cela qui nous semble extrêmement inquiétant. »

[*Lors de la création du ministère de l’Immigration ET de l’Identité Nationale, il avait – avec d’autres historiens et chercheurs – démissionné de son poste à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (CNHI)♥Là-bas si j’y Suis, France Inter, le 10/10/07]

 

Lucie Aubrac privée d’école 31.10.07

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Sarkozy a inauguré, le 5 octobre, un nouveau collège à Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Enseignants et parents souhaitaient le baptiser du nom de Lucie Aubrac, résistante décédée à Issy. Le Conseil Général a tranché : ni Aubrac ni Guy Môquet, ce sera Georges Mandel, autre résistant, dont Sarko à écrit une bio. Ajoutons que Luie Aubrac s’était mobilisée pour les sans-papiers. L’ouverture a des limites.

Article paru dans le Canard Enchaîné du Mercredi 24 Octobre 2007.

 

Sarkozy et Guy Môquet : La rupture

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Nicolas Sarkozy a donc séché, le 22 octobre, la lecture de la lettre de Guy Môquet. Prétexte invoqué : un emploi du temps trop chargé (il partait pour le Maroc à 15 heures). À l’origine, pourtant, il devait se rendre au lycée Carnot, à Paris, mais, certains profs de cet établissement ayant dénoncé la « récupération politique » de l’Élysée, il a finalement renoncé à son déplacement. SuperSarko avait peur d’être chahuté.

Au milieu de la semaine dernière, des conseillers de Sarko ont été priés de préparer un autre parachutage de leur patron. Ils ont choisi le lycée Filbert, de Chartres, où les enseignants paraissaient beaucoup mieux disposés. Las, l’Élysée a reculé, au dernier moment, craignant, là encore, des manifestations hostiles après les déclarations un peu raides d’Henri Guaino, le 18 octobre, sur RTL, accusant les enseignants récalcitrants d’avoir « une attitude purement politicienne ».

L’année prochaine, l’opération Guy Môquet ne devrait pas être reconduite. le Ministère de l’Éducation réfléchit à une opération plus pédagogique autour du thème de la résistance. Tout ça pour ça !

Article paru dans Le Canard Enchaîné du Mercredi 24 Octobre 2007.

 

Guy Môquet n’est pas mort 24.10.07

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Libération – Rebonds – lundi 22 octobre 2007

Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré.

Par Aline Louangvannasy professeure de philosophie au lycée Rive-Gauche de Toulouse
et secrétaire régionale de la CGT Educ’action Midi-Pyrénées.

Aujourd’hui, le président d’une grande démocratie ira dans un lycée lire la lettre d’adieu d’un jeune condamné à mort, Guy Môquet. Cette lettre l’a, selon ses dires, beaucoup ému. Mais Guy Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré.

Il s’appelle Armen. Armen a 7 ans. Le 25 septembre 2007, le cartable sur le dos, il traversait la cour de son école de Montauban. Il était encadré par deux policiers en uniforme et en armes.

Les parents d’Armen sont étrangers. Le mercredi 10 octobre 2007, Armen a été placé en centre de rétention. Dans un premier temps, le juge des libertés avait prononcé sa remise en liberté, car il ne semble pas que dans notre beau pays les enfants aient leur place en prison. Mais le tribunal de Toulouse a fait appel, et le juge des libertés, le bien mal nommé, a donc émis un nouveau jugement : Armen restera en détention. (more…)

 

La lettre de Guy Môquet analysée par un psychiatre 22.10.07

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Le Monde du 19.10.07

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En tant que responsable du pôle aquitain de l’adolescent au CHU de Bordeaux, que pensez-vous des réactions que pourrait susciter la lettre de Guy Môquet auprès de lycéens ?

En lisant la lettre de Guy Môquet, j’ai été frappé par ses similitudes avec les lettres d’adieu de jeunes qui veulent se suicider ou qui l’ont fait. Aujourd’hui, un adolescent qui voudrait en finir n’écrirait pas autre chose que ce qu’a écrit Guy Môquet.
J’ai moi-même étudié plus de 500 lettres d’adieu de jeunes suicidants ou suicidés. Ils écrivent des lettres extrêmement pathétiques, qui sont rarement accusatrices, contrairement aux lettres d’adultes. Les adolescents essaient d’atténuer la violence de leurs actes. Ils sont conscients de la souffrance qu’ils vont infliger à leurs proches et ils redoublent de mots tendres à leur égard. Ils peuvent très bien utiliser les expressions de Guy Môquet comme « Ma petite maman chérie », demander, comme lui, qu’on embrasse le petit frère, qu’on donne tel objet à telle personne.
C’est pourquoi, ce qui me paraît essentiel, vu la teneur de ce courrier bouleversant, c’est de le restituer impérativement dans son contexte. Il ne faut surtout pas le livrer comme cela sans développer les circonstances qui ont conduit à la mort de ce jeune homme de 17 ans et demi auquel peuvent s’identifier de jeunes lycéens. (more…)