Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy, Gaudin, Estrosi : l’ombre du Front National 14.03.08

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Pour aider Gaudin et Estrosi, Sarkozy refait campagne contre les immigrés.

Face à la défaite électorale de son parti au premier tour des élections municipales, N. Sarkozy a fait le déplacement à Toulon pour y reprendre son thème fétiche de l’immigration. Au delà du contenu habituel de son discours, c’est la symbolique qui importait. D’abord par le choix de la ville de Toulon, auparavant dirigée par le FN et toujours dominée par une culture de la nostalgie coloniale et militaire ; c’est d’ailleurs à Toulon que Sarkozy prononça le 7 Février 2007 un discours aux accents xénophobes (www.ldh-toulon.net/spip.php?article1838).

La présence à ses côtés de Brice Hortefeux, l’homme aux 25000 expulsions, confirmait cette symbolique.
Il s’agissait aussi pour Sarkozy d’apporter une aide spécifique à deux candidats UMP de la région : Gaudin à Marseille et Estrosi à Nice.
Ceux-ci se présentent aujourd’hui comme des modérés, quasiment centristes mais ils ont une longue pratique de coopération avec le Front National.

JC Gaudin, actuel maire de Marseille a, dès 1986, fait alliance avec le Front National pour être élu à la tête de la région PACA. Il a géré ensemble la région avec le parti d’extrême-droite jusqu’en 1992, à coup de nominations et de désistements réciproques lors des échéances électorales. Cette gestion commune a servi de laboratoire et de « modèle » à d’autres dirigeants régionaux de la droite qui ont finalisé leurs accords avec le FN lors des élections régionales d’avril 1998. En 1998, le même Gaudin organisait la scission de l’UDF car ses instances refusaient l’alliance avec le FN et créait le parti Démocratie Libérale notamment avec Madelin et Raffarin.

Gaudin a ensuite récupéré de nombreux cadres et élus FN locaux, rebaptisés par lui « droite républicaine », sans avoir rien changé de leurs idées et de leurs pratiques.
Un des fleurons de ce recyclage est Daniel Simonpieri, maire de Marignane qu’il a conquis en 1995 sous la bannière FN, intégré à l’UMP par Gaudin en 2004, et dont il a imposé l’investiture au nom de l’UMP pour les municipales de 2008. Le député UMP de la circonscription, Eric Diard, a protesté et rappelé que Simonpieri avait inauguré dans sa ville une stèle en hommage aux généraux putschistes d’Algérie et aux membres de l’OAS.

Ses protestations n’ont pas pesé face au choix de Gaudin qui préside aussi la commission nationale d’investiture de l’UMP. Diard a refusé cette investiture et présenté une liste qui a largement devancé celle de Simonpieri. Ce dernier avait déclaré au lendemain du premier tour de la présidentielle de 2007 : « Beaucoup d’électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile. Parce qu’ils ont cessé de croire à l’accession de Le Pen au pouvoir » ( cité dans Le Canard enchaîné du 25 Avril 2007).

Christian Estrosi quand à lui, se présente comme un grand ami de la communauté juive ; il avait été jusqu’à déclarer en Novembre 2007 que « Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs ». Pourtant en avril 1998 lors de la grande vague d’alliances entre la droite et le FN dans les conseils régionaux, c’est ce même Estrosi qui a mené une bataille dure pour une telle alliance en région PACA, finalement empêchée par la révélation de ces manœuvres et par la résistance de dirigeants locaux de la droite, tel François Léotard . Dans un entretien à Minute du 11 mars 1998, Estrosi avait d’ailleurs annoncé : « Dire « moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d’exercer des responsabilités parce qu’il est xénophobe » ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace ».

Le recyclage des idées et des hommes du Front national est toujours d’actualité à l’UMP.

Source : Mémorial 98, Vendredi 14 mars 2008

 

Patrick Devedjian : un passé extrême [Droit] 13.05.07

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Étudiant en droit, Patrick Devedjian devient dans les années 1960 un membre actif du mouvement de la droite radicale Occident, tout comme Gérard Longuet et Alain Madelin.
Dans les années 1970, contrairement à ses derniers, qui soutiennent Valéry Giscard d’Estaing, Patrick Devedjian rejoint les gaullistes, et devient pendant vingt ans l’avocat de Jacques Chirac.
En 1995, il soutient, à la suite de son nouveau protecteur, Nicolas Sarkozy, la candidature présidentielle d’Edouard Balladur. Ministre de 2002 à 2005 dans les gouvernements Raffarin, il a fait depuis 2005 campagne pour son ami Nicolas Sarkozy.

LE GROUPE OCCIDENT

Patrick Devedjian (lunettes noires et gabardine claire), Alain Madelin, surnommé « Mado » au sol, et des comparses anonymes à l’arrière-plan.

A la fin des années 60, l’extrême-droite française tente de se réorganiser après la défaite de la France en Algérie. Dans ce milieu aux contours flous et aux multiples passerelles entre groupes néo-nazis, néo-fascistes, et intégristes chrétiens, deux organisations vont à l’époque se distinguer et illustrer le « renouveau » de l’ultradroite à la française : le mouvement Europe-Action et Occident. Parmi les militants les plus actifs de ces groupuscules figure alors le jeune étudiant en droit, Patrick Devedjian. (more…)

 

Gianfranco Fini : le préfacier post-fasciste de Sarkozy 02.02.07

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Les mots sont importants, leurs auteurs ne le sont pas moins.
Ainsi, l’auteur choisi pour la préface italienne du dernier livre de Nicolas Sarkozy mérite d’être cité puisqu’il s’agit du leader post-fasciste Gianfranco Fini.

J’avoue mon incrédulité lorsque j’ai reçu la couverture de Testimonianza (Témoignage, en VF, sorti il y a quelques semaines en Italie) de la part d’un ami romain.
Pour ceux qui connaissent peu la politique italienne, Gianfranco Fini dirige l’Alliance Nationale.
Son parti est l’héritier du MSI, parti fasciste italien dont il a conservé le logo : une flamme tricolore, qui a aussi inspiré le Front National en France. Et, comme le FN, Alliance Nationale, en quête de respectabilité, se définit désormais comme un parti de « centre-droit ».
Voir préfacer un livre de candidat à la présidentielle par Fini est inquiétant. La pré-campagne a été marquée par des débats un peu futiles sur l’expression « Sarko Facho » (notamment après une chanson de Renaud). Aujourd’hui, les contacts du candidat UMP avec les post-fascistes de l’Alliance Nationale méritent de faire partie du débat public.

Article de Medhi Ouraoui (Libération.fr 02/02/07) I Photo © AFP

https://i2.wp.com/masqueagaz.blogs.nouvelobs.com/images/medium_sarkozyfini.2.jpgL’édition italienne du livre de Nicolas Sarkozy préfacée par Gianfranco Fini.

Sur le plateau de Bourdin And Co, RMC, Philippe Dufresne relaie les questions des auditeurs : « Monsieur Sarkozy, j’aimerais savoir les raisons politiques qui vous ont conduit à faire préfacer votre dernier livre par Monsieur Gianfranco Fini, le leader du parti Alliance Nationale, considéré à Rome comme post-fasciste, issu du fascisme italien. Est-ce que ce n’est pas un soutien gênant pour vous ? »
Réponse : « Non, ce n’est pas exact, Monsieur fini est élu dans le gouvernement de la droite et du centre en Italie. Il a souhaité faire une préface de mon livre. C’est un homme de grand talent, qui est élu en Italie, qui n‘a rien à voir avec le néo-fascisme. Franchement, arrêtons avec ces présupposés sur les uns et sur les autres. C’est d’ailleurs reconnu comme tel : l’un des hommes politiques italiens les plus talentueux ».
Il Secolo d’Italia, le journal de l’Alliance Nationale a dit voir une « quasi-symbiose politique, caractérielle, générationnelle » (1) entre Fini et Sarkozy.

(1) Canard Enchaîné du 5 Mai 2004.