Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy en visite à l’isle Adam : interdiction de sortir ! 04.02.09

chvivefrance

Nicolas Sarkozy est actuellement en visite à L’isle Adam où il est « venu donner un «coup de pouce» à la batellerie »(1). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Préfet du Val d’Oise a mis toutes les chances de son côté pour ne pas subir le même sort que celui de Saint-Lo. Sur le répondeur de Là-Bas si j’y suis (France Inter) le 03 février 2009, une auditrice déclare : « J’habite dans un lotissement. J’ai voulu sortir sortir, simplement pour me promener, pour faire mes courses. Et nous avons interdiction formelle de bouger de chez nous de 10 heures à 11 heures du matin. Il y a un gendarme posté à chaque rue, et nous somme tous cloîtrés chez nous : interdiction formelle de bouger ! »

Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat général de la police Force Ouvrière détaille le dispositif sur RMC : « Plusieurs centaines de policiers ont été mobilisés ce matin à l’Isle-Adam : 320 CRS sont en place depuis 7h, ainsi que quelques dizaines d’effectifs départementaux, des policiers des brigades anti-criminalité en civil… » C’est tout ?

(1) Le Figaro I Illustration : Gébé

 

Police et CRS : de nouveaux moyens de riposte 20.09.08

Ce sont deux documents confidentiels, qui ne circulent qu’au plus haut niveau de la Police nationale. Deux rapports, deux synthèses, deux « ReTex » comme dit le jargon policier. « ReTex », comme REtours d’EXpérience. L’un émane de la Direction centrale de la Sécurité publique (en gros : les policiers en tenue plus les Brigade anti-criminalité). Il comporte une quinzaine de pages. L’autre, de la Direction centrale des CRS. Trente et une pages.

À eux deux, ils dévoilent que les grandes manœuvres ont commencé Place Beauvau question « violences urbaines ». Ils ne versent pas dans l’analyse sociale ni structurelle, comme avaient pu le faire en 2005 les Renseignements généraux. Ces rapports, à usage interne, livrent brute la pensée policière qui prévaut actuellement. Le ton est direct, parfois martial, souvent inquiet. Il est fait mention d’adaptation « aux contraintes des cités de banlieue » comme d’« un besoin impérieux », de « sang froid », de « maîtrise du terrain sans recours aux armes de service », d’« expérience acquise dans la gestion des crises urbaines », de « légitime défense ».

Dans leurs conclusions, on lit des choses connues. Des demandes de formation, de meilleur équipement de protection. Mais aussi du neuf, comme la généralisation de ce que les CRS appellent « la vision nocturne et l’œil déporté » (caméra, moyens aériens) quand la Sécurité publique voudrait, elle, ouvrir la question de la dotation de « gomme-cogne », des balles en plastique dur (plus rigides encore que les balles en caoutchouc souple des flash-balls).

Et puis, il y a du neuf avec du vieux : le retour, annoncé, des motards dans le cadre d’opération de maintien de l’ordre. Des motards qui pourraient rappeler le peloton des voltigeurs motorisés de la Préfecture de police de Paris, dissous après la mort de Malik Oussekine frappé par deux d’entre eux en décembre 1986, rue Monsieur-le-Prince. Au final, ces deux rapports suggèrent que le maintien de l’ordre pourrait entrer dans une phase très offensive (cf. extraits des rapports pages suivantes).

La scène de ces deux REtours d’EXpérience majeurs, c’est Villiers-le-Bel et les affrontements violents, du 25 au 27 novembre 2007, après le choc mortel de deux adolescents à moto contre une voiture de police. Ces soirs-là, près de deux cents policiers sont blessés. Plusieurs dizaines le sont par des tirs de grenaille ou de plomb. Ces rapports révèlent, aussi, les cafouillages policiers d’alors.

Trois mois après les événements de Villiers-le-Bel, tout semble s’être accéléré. A l’Elysée, le 8 février 2008 exactement, Nicolas Sarkozy annonce son plan banlieue. Sur le volet sécuritaire, il promet « quatre mille policiers » de proximité qui ne diraient pas leur nom (les Unités territoriales de quartier). D’une phrase, le président de la République évoque également des « compagnies spécialisées dans les violences urbaines au recrutement sélectif et comptant plus d’une centaine d’hommes ».

Cette seconde annonce passe quasi inaperçue. Chez les policiers, c’est même l’expectative. Personne ne semble avoir été associé au projet. De qui s’agit-il ? Quels seraient donc le rôle et la nature de ces « compagnies spécialisées » ? En fait, le jour même, la réponse est écrite en toutes lettres, et en toute confidentialité, dans le premier des deux rapports que Mediapart révèle aujourd’hui. Il s’agit de celui signé de la main même du Directeur central de la sécurité public, Eric Le Douaron, et adressé au grand patron de la Police nationale.

Dans ce document, Eric Le Douaron y va franchement. Pour lui, l’affaire du maintien de l’ordre dans les quartiers doit principalement revenir à son service et non plus, comme c’est le cas depuis le début des années 2000, aux CRS et aux gendarmes mobiles. « La sécurité publique est la seule direction de police qui possède aujourd’hui le savoir-faire pour mener une action de fond parfaitement cohérente », écrit-il.

Parmi ses neuf propositions, il en est une qui risque bien d’allumer une guerre des services. Il voudrait « disposer d’unités polyvalentes propres à la sécurité publique, immédiatement disponibles », « en fin d’après midi et en soirée, y compris le samedi et le dimanche » avec des « éléments en tenue et en civil, connaissant bien sûr le terrain ». En clair : s’approprier les quartiers, et notamment ceux de la grande couronne à Paris.

A leur tour, le 21 février 2008, les CRS s’empressent de pondre leur rapport. Selon nos informations, la ministre de l’Intérieur a tranché. Une première compagnie de sécurisation de la Sécurité publique doit être installée à l’été 2008 en Seine-St-Denis. Onze autres doivent suivre dans l’année.

Voici les principales propositions des deux rapports confidentiels que s’est procurés Mediapart. Celui de la Direction centrale de la Sécurité publique (DCSP), daté du 8 février 2008, est intitulé « Violences urbaines de Villiers-le-Bel entre le 25 et le 27 novembre 2007 ». Celui de la Direction centrale des Compagnies républicaines de sécurité (DCCRS), rédigé le 21 février 2008, est titré: « Travaux du groupe de travail sur les incidents de Villiers le Bel ».

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violences policières 04.04.07

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Sous Nicolas Sarkozy, les plaintes pour bavures policières ont augmenté de 40% en deux ans. Éclairage de l’émission 90 minutes sur la situation des violences et débordements policiers suite à son arrivée au ministère de l’intérieur :

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Pendant les manifestation anti-CPE, attaque des étudiants par les CRS, ou comment injecter le désordre au beau milieu du calme. Vidéo filmée depuis la fenêtre d’un riverain :

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[7 Novembre 2005] Un jeune homme roué de coups par huit policiers à La Courneuve + Dérapage sur deux jeunes hommes. Sujet France 2 :

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Provocations policières dans la banlieue de Lyon. « Tu veux qu’on t’emmène à un transformateur ? […] Ramène ta gueule on va t’y mettre » ou « Que le quartier soit calme ou pas on s’en branle. Nous à la limite, plus ça merdee plus on est content », c’est – notamment – ce que demande un policier à l’un des jeunes (Caméra cachée). Vidéo TF1 :

VIDEO SUPPRIMEE DE DAILYMOTION

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Nicolas Sarkozy et les enfants. LaTéléLibre : « Le 6 mars 2007, nous avions décidé de couvrir la réunion publique de Nicolas Sarkozy à Cormeilles en Parisis. […] L’équipe de tournage a fini à pied et, sur le chemin, elle a rencontré des militants et des gamins du coin qui semblaient indésirables à la réunion publique. Tout à coup, des policiers armés de matraques ont surgi. Nous voulions simplement interviewer ces jeunes et n’avons pas compris pourquoi les policiers ont voulu ainsi disperser les minots. L’équipe a été choqué par cette action policière et ça a évidemment dérapé. 1 heure plus tard, lors de sa réunion publique, Nicolas Sarkozy parlait de l’attitude exemplaire à avoir pour les éducateurs et les autorités à l’égard des enfants. » :

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[04 Avril 2007] Rouen : Archarnement de nombreux policiers sur deux jeunes hommes. Les sujet de France 3 et BFMTv :

Illustration © Deligne