Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Clearstream : tout est clair 26.02.08

Hier, l’affaire Clearstream a été « bouclée ». Jusqu’à ce que les parties civiles fassent à nouveau appel, ce qui ne saurait tarder. Pour ceux qui n’auraient pas totalement assimilé tous les rouages de cette complexe affaire, voilà enfin une explication brève et limpide de cette histoire à rebondissements.

 

de l’Élysée à TF1 23.05.07

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L’arrivée d’un proche de Nicolas Sarkozy à TF1 provoque des remous.

L’arrivée annoncée de Laurent Solly, 36 ans, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à la direction de TF1 (groupe Bouygues), soulève un tollé à gauche et chez plusieurs syndicats de journalistes, qui dénoncent une « berlusconisation » du régime. Le groupe Bouygues a annoncé mardi que Laurent Solly, chef de cabinet de M. Sarkozy jusqu’à son départ du ministère de Intérieur en mars, intégrerait « en temps voulu » la direction générale de TF1. Selon une source proche du dossier, il prendra les fonctions de directeur général adjoint de TF1 dans la deuxième quinzaine de juin aux côtés de Nonce Paolini, nouveau patron de la chaîne.

Cette annonce, précédée par une déclaration en ce sens au quotidien Libération du responsable de la communication de l’Elysée Franck Louvrier, a provoqué de vives réactions du PS et du PCF. Les deux partis avaient déjà dénoncé pendant la campagne la « collusion » entre le candidat de l’UMP et les groupes de médias Bouygues et Lagardère, dirigés par des proches de M. Sarkozy.

« On est vraiment dans la méthode Berlusconi et cette collusion des grands médias et du pouvoir politique est complètement indécente », a estimé mercredi Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l’Egalité du Parti socialiste.

Benoît Hamon, porte-parole du PS, affirme pour sa part que « la parole des socialistes est difficilement audible » car « ce que beaucoup craignaient, la collusion entre certains médias et le pouvoir politique, se révèle une réalité ». Le porte-parole du PCF, Olivier Dartignolles, a fustigé une « présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien » qui « se fixe comme objectif (…) d’anesthésier l’opinion publique en contrôlant les grands moyens d’information ».

Plusieurs syndicats sont montés au créneau. Le syndicat national des médias SNM-CFDT craint une « nouvelle ère étouffante pour l’information », évoquant la nomination de M. Solly à TF1 et « le choix de plusieurs éditorialistes de passer du côté des cabinets ». Trois journalistes, Catherine Pégard (Le Point), Myriam Lévy (Le Figaro), et Georges-Marc Benamou (La Provence et Nice Matin) ont été nommés la semaine dernière conseillers de presse à Matignon et à l’Elysée.
« Concentrée, noyautée, la presse court aujourd’hui le danger de devenir bâillonnée », selon la CFDT, qui « souhaite qu’une intersyndicale puisse se former afin d’exercer une vigilance qui apparaît désormais indispensable ».

La CFDT critique également la perquisition au Canard Enchaîné dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Clearstream, les liens entre le président Sarkozy et l’homme d’affaire Vincent Bolloré, ainsi que le retrait d’un article du Journal du Dimanche, propriété de Lagardère, sur l’abstention de Cécilia Sarkozy. Le JDD avait renoncé, le 13 mai, à publier un article révélant que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté le 6 mai. Dans une lettre ouverte à Arnaud Lagardère, les journalistes avaient dénoncé une « censure inacceptable ».

Pour le SNJ-CGT, la nomination « choquante » de Laurent Solly va « accroître les soupçons de mise au pas de l’information dans une chaîne déjà largement suspecte d’avoir fait la promotion du candidat de la droite ultralibérale ». Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) a estimé lui aussi « extrêmement choquante » la nomination à la direction de TF1 de Laurent Solly, estimant qu’elle « va mettre un peu plus à mal le lien de confiance entre les citoyens et cette chaîne de télévision ».

Article de Juliette Collen (Afp – Mercredi 23 mai 2007)

Laurent Solly, proche de Nicolas Sarkozy, va rejoindre TF1

Laurent Solly, ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, rejoindra à partir de mercredi le groupe Bouygues avant d’aller « en temps voulu » à la direction générale de la chaîne de télévision privée TF1, a annoncé le groupe de BTP et de communication. « Laurent Solly arrive à la holding du groupe Bouygues à compter du 23 mai 2007. Il y effectuera un parcours d’intégration au sein du groupe », lit-on dans un communiqué publié mardi sur le site internet de Bouygues. « En temps voulu, en accord avec Martin Bouygues et Nonce Paolini, il rejoindra TF1 où il deviendra directeur à la direction générale. Ses missions seront définies à ce moment là », poursuit le communiqué.

Le Parti communiste français voit dans cette nomination une « présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien ». « La toile du président de la République ne se tisse plus dans l’ombre, son réseau notamment au sein de grands moyens d’information se construit désormais au grand jour », accuse mardi dans un communiqué Olivier Dartignolles, porte-parole du PCF. A ses yeux, Nicolas Sarkozy « se fixe comme objectif, facilité par la concentration des groupes de communication, d’anesthésier l’opinion publique en contrôlant les grands moyens d’information ».
Laurent Solly, 36 ans, est inspecteur des Finances.

Source : Reuters – Mardi 22 mai 2007

 

perquisition au canard enchaîné 11.05.07

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Concernant la tentative de perquisition au Canard Enchaîné pour « violation du secret de l’instruction » dans l’affaire Clearstream. Rappelons que pour la petite histoire, les journalistes ont expliqué qu’ils n’avaient pas la clé de la salle de rédaction et que les magistrats ont abandonné après avoir (en vain) cherché à joindre un serrurier.
Dans l’émission « Nicolas Poincaré et ses polémistes » du 11 mai, on félicite avec fratrie et humour « la résistance des camarades du canard enchaîné […] qui ont prit des risques physiques puisque Angelli a dit qu’il était prêt à avaler le document et à le manger ». Mais on signale aussi avec plus de sérieux qu’« Il existe quand même au regard des règles européennes un principe qui semble échapper un peu aux enquêteurs, qui est le principe de la protection des sources journalistiques, qui est la pierre angulaire de la liberté d’expression ».
« C’est une perquisition que nous considérons comme totalement illégale par rapport à la convention européenne des droits de l’Homme qui proscrit toute perquisition dans une entreprise de presse », a ajouté M. Horeau.

 

RSF : France – Rapport annuel 2007 01.01.07

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Le respect des croyance religieuses, la protection du secret des sources des journalistes et la défense de la vie privée ont été au cœur des débats sur la liberté de la presse, en France, en 2006.

Le 1er février 2006, France Soir a publié douze caricatures du prophète Mahomet précédemment parues dans un journal danois. Suite à cette parution, Jacques Lefranc, président et directeur de la publication, a été limogé par le propriétaire franco-égyptien, Raymond Lakah. Le 6 février, le quotidien a été l’objet d’une alerte à la bombe. La veille, des inconnus avaient déposé un extincteur devant les locaux de Charlie Hebdo, faisant peser la menace d’une explosion. Le 7 février, des organisations musulmanes, dont le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui avaient demandé la saisie du numéro de Charlie Hebdo entièrement consacré aux caricatures, ont été déboutées. Le 10 février, le CFCM a engagé une action en justice contre les journaux français ayant reproduit les caricatures du prophète Mahomet.

Le 19 septembre, la parution dans le quotidien Le Figaro d’une tribune de Robert Redeker, professeur de philosophie, intitulée “Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?”, a entraîné l’interdiction de ce numéro en Egypte et en Tunisie. Robert Redeker a été placé sous protection de la gendarmerie après avoir reçu des menaces de mort et a dû suspendre ses activités d’enseignant.

Par ailleurs, les lois mémorielles ont contribué, elles aussi, à la substitution de l’idéologie au débat, comme l’a illustré l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi socialiste pénalisant la négation du génocide arménien et prévoyant des sanctions de cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Ce texte participe à la constitution d’une vérité historique officielle qui s’impose au débat et le clôt, ce qui est contraire à l’idée même de liberté d’expression.

Comme l’année précédente, 2006 s’est caractérisée par la multiplication des poursuites à l’encontre des journalistes dans le but de leur faire révéler leurs sources. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, s’est pourtant engagé lors de ses vœux à la presse à inscrire le principe de la protection du secret des sources dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Mais ceci n’a pas empêché les mises en examen de six journalistes pour “recel de violation du secret de l’instruction” (L’Equipe), “recel de violation du secret professionnel” (Midi Libre) et “recel d‘abus de confiance” (dans le cadre de l’affaire Clearstream, un scandale politico-financier impliquant de hauts responsables de l’Etat). La relaxe prononcée le 14 novembre par le tribunal correctionnel de Paris à l’égard du journaliste Claude Ardid est venue tempérer cette tendance. Dans son jugement, le tribunal a estimé que le journaliste a “pour seule mission, y compris dans les affaires judiciaires en cours, de contribuer à l’information du public. Il ne saurait être inquiété qu’en raison des abus de la liberté d’expression (…) dont il se rendrait coupable (…) mais pas à raison des éventuelles violations de ce secret qui ont contribué à l’information du public.”

Les limites que les autorités cherchent à imposer au travail journalistique prennent parfois l’apparence de la défense de la vie privée des personnalités publiques. Le départ forcé d’Alain Genestar de la direction de la rédaction de Paris Match, en juin 2006, a donné lieu à de vives protestations. Le directeur du magazine a affirmé qu’il avait été sanctionné pour avoir publié en couverture du numéro du 25 août 2005 la photo de Cécilia Sarkozy, l’épouse du ministre de l’Intérieur, à New York et de son compagnon de l’époque. La direction du groupe, propriété d’Arnaud Lagardère, ami de Nicolas Sarkozy, elle, a évoqué un “différend déontologique” pour expliquer ce limogeage.

Enfin, la situation en Nouvelle-Calédonie demeure inquiétante. Les médias y sont souvent pris en otages dans des conflits locaux. La situation à RFO est revenue à la normale en novembre, après huit mois de blocage intermittent. Début septembre, l’imprimerie de l’hebdomadaire Les Infos a été empêchée de fonctionner, puis brièvement en novembre celle du quotidien les Nouvelles calédoniennes. A plusieurs reprises, des journalistes ont été exclus de conférences de presse ou empêchés de filmer.

Source : RSF France – Rapport annuel 2007