Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Non à l’ouverture d’un camp d’internement des étrangers 03.02.10

ADDE – Comede – ELENA-France – Emmaüs – Gisti – La Cimade – Ligue des droits de l’homme – Migreurop – MRAP – Réseau Education Sans Frontières – Secours Catholique – Syndicat des Avocats de France – Syndicat de la Magistrature

Centre de rétention du Mesnil 2 :
non à l’ouverture d’un camp d’internement des étrangers !

Alors que les audiences du procès des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes se poursuivent, l’administration s’apprête à créer à nouveau les conditions d’un drame.

La construction du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) est achevée. L’ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France. Il s’ajoutera au premier centre de rétention du Mesnil-Amelot qui compte déjà 140 places.

L’entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d’industrialisation de la rétention. D’exceptionnel, l’enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire.

Le centre de rétention comptera 240 places dont 40 places réservées aux familles. Il est organisé en 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement. Une double enceinte grillagée et barbelée entoure l’ensemble du camp. Des dizaines de caméras, des détecteurs de mouvements s’ajoutent à cet univers carcéral.

Comme pour le CRA de Vincennes, l’Administration utilise la fiction de deux centres de rétention mitoyens pour contourner la réglementation : celle-ci limite à 140 places la capacité d’un centre de rétention.

La construction envisagée de deux salles d’audiences à proximité immédiate du camp instituera une justice d’exception éloignée de tout regard de la société civile.

Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c’était le cas au CRA de Vincennes avant l’incendie du 22 juin 2008). Comme l’a montré la situation de Vincennes, ce type d’univers déshumanisé favorise, encore plus qu’ailleurs, le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide.

Les associations signataires s’opposent à l’ouverture du futur centre de rétention du Mesnil Amelot. Elles dénoncent la criminalisation des migrants et appellent les citoyens et les élus à se mobiliser contre l’internement administratif des étrangers.

Premiers signataires :
ADDE, Comede, ELENA-France, Emmaüs, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l’homme, Migreurop, MRAP, Réseau Education Sans Frontières, Secours Catholique, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature

Contact  : contrecramesnil@placeauxdroits.net

 

Arrêtez ce débat, Monsieur le Président ! 23.12.09


SIGNER LA PÉTITION : ICI

Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au « mieux » stigmatisante, au pire raciste.

Malheureusement, ces prédictions apparaissent aujourd’hui se situer bien en-deçà d’une réalité inquiétante et nauséabonde. En effet, depuis plusieurs semaines, les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.

Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y sont tenus heurtent nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble. Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des « jeunes de banlieue », obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes : voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire.

Pire, des responsables politiques de premier plan ont cédé au tropisme de la stigmatisation. Ainsi, il y a quelques jours, une Ministre de la République, Nadine Morano, livrait en creux sa vision du musulman, essentialisé dans la position de celui qui refuse de s’intégrer à la Nation, fût-il français.

La technique consistant, face aux tollés soulevés par de tels propos, à expliquer que ces derniers ont été mal compris ne doit pas faire illusion. La preuve n’est plus à faire que le débat sur l’identité nationale, bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, est un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble. Un vivre ensemble trop fragile pour qu’il soit affaibli à travers un débat qui, posé en ces termes, ne pouvait finalement rien produire d’autre.

Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du « peuple dont l’expression est légitime ». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à ces réunions, sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble.

 

Bobines Sociales Édition 2009 19.01.09

L’édition 2009 du festival Bobines sociales se tiendra du 30 janvier au 1er février au Studio de l’Ermitage (Paris XXè). Les séances Hors les murs auront lieu du 26 au 29 janvier.

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Cette sixième édition de Bobines Sociales débute par une balade dans le 20e et de l’autre côté du périph, à l’occasion de soirées « Hors les murs » gratuites du 26 au 29 janvier. Ces séances proposent divers regards sur les migrations, avec une rencontre à l’association Autremonde autour de Barcelone ou la mort qui envisage la question depuis le Sénégal, une soirée au Lieu Dit autour des luttes de sans-papiers en France, ou encore des ciné-débats, à Pantin, au Ciné 104 et à la Maison de quartier des Courtillières.

Du vendredi 30 janvier au dimanche 1er février, le Studio de l’Ermitage accueille le festival. L’occasion de découvrir des films peu diffusés, autour de plusieurs grands thèmes : les services publics en danger, la Françafrique, murs et frontières ou encore l’urbanisme comme instrument de contrôle social.

A voir notamment parmi les films récents et rares : samedi 31, Le Jardin de Jad, très beau documentaire sur la construction du mur de séparation à l’est de Jérusalem, ou encore dimanche 1er, Nachbarn/Vecinos (Voisins)  qui explore les quartiers riches ultra sécurisés en Argentine, ainsi que Etrangers de l’intérieur sur les Tsiganes en Tchéquie, qui sera projeté en avant-première.

Des séances autour du pouvoir en Afrique et du rôle qu’y joue la France seront proposées, accompagnées de débats avec les réalisateurs et la présidente de l’association Survie.
Le désormais traditionnel concert du samedi soir sera donné par deux figures iconoclastes de la scène occitane, Olivier Peirat et Bernat Combi.

LE PROGRAMME COMPLET C’EST ICI

 

Pour L’éducation 02.12.08

URGENCE MOBILISATION GÉNÉRALE PÉTITION NATIONALE :
LES ASSOCIATIONS ÉDUCATIVES COMPLÉMENTAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC EN DANGER DE MORT.

SIGNER LA PÉTITION

 

Enfin une vraie police politique ! 02.09.08

Nom et prénoms : Edvige, autrement dit Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale. Nationalité : française. Date de naissance : 27 juin 2008, par décret publié le 1er juillet au Journal officiel. Profession : fichier de police destiné à collecter des informations sur toute « personne physique ou morale ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif », mais aussi sur toute personne à partir de 13 ans ou sur tout groupe ou organisation « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ». Signe particulier : tendances obsessionnelles à la sécurité.

En deux mois, un véritable front du refus s’est constitué contre ce fichier. Quelque 700 organisations, associations et syndicats, ainsi que 90 000 personnes ont signé une pétition destinée à en bloquer la création. Des recours ont été déposés devant le Conseil d’État. Tous les partis de gauche, mais aussi le Modem de François Bayrou, dénoncent désormais cette volonté gouvernementale de fichage généralisé qui pourrait rapidement concerner plusieurs millions de Français.

Ils ont raison. Certes, l’Etat doit garantir la sécurité des citoyens. C’est une de ses principales missions. C’est également sa responsabilité d’adapter ses moyens de renseignement et de police aux évolutions technologiques. A cet égard, Edvige prolonge et « modernise » l’ancien fichier des Renseignements généraux, dans le cadre de la création, cet été, de la nouvelle direction centrale du renseignement intérieur.

Mais la défense de l’ordre public ne saurait justifier pareille menace sur les libertés individuelles. Par principe autant que par respect de la Convention européenne des droits de l’homme, l’État a une obligation au moins égale de protéger la vie privée des citoyens. La mobilisation contre Edvige est d’autant plus justifiée que ce nouveau système d’information sur les Français n’est que le dernier en date : depuis quelques années, les fichiers de police se sont multipliés, sans même parler de la vidéosurveillance. Passer ainsi d’une société dans laquelle chacun est présumé innocent à une autre dans laquelle c’est la culpabilité de tous qui est présumée constitue une dérive dangereuse pour l’état de droit.

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Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (gauche), alerte sur les dangers de ce texte et les dérives possibles.

Le principe du fichage n’est pas nouveau. En quoi ce nouveau fichier, baptisé Edvige, est-il liberticide?

Ce n’est pas une simple réactualisation de l’ancien décret de 1991 relatif aux fichiers gérés par les services des renseignements généraux. Le nouveau texte va beaucoup plus loin. Prenons un exemple. Jusqu’ici étaient fichées « les personnes majeures qui, par leurs actions violentes, étaient susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’Etat ». Désormais, seront visées toutes les personnes, « âgées de 13 ans et plus, susceptibles de troubler l’ordre public ». La nouvelle formule est beaucoup plus large : il ne s’agit pas de ficher les délinquants mais toutes les personnes susceptibles de troubler l’ordre public. Donc, participer à une manifestation serait, selon le texte, une raison suffisante pour être fiché

En pratique, qui pourra être fiché?

Impossible à dire, c’est tentaculaire. Le texte vise toute personne de plus de 13 ans, « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif. » Bref, toutes les personnes engagées dans la vie sociale… Et leur entourage ! On voit bien là les risques de dérives. Par ricochet, tout le monde sera un jour ou l’autre fiché.

Vous dénoncez aussi l’utilisation qui pourra être faite de ces fichiers…

Oui, là encore, contrairement au décret de 1991, le nouveau fichier Edvige pourra être consulté dans le cadre des enquêtes administratives. Prenons un exemple : vous participez à un mouvement lycéen (vous êtes donc fiché) et quelques années plus tard, vous vous présentez à un concours de la fonction publique. Et bien, le jury disposera d’une multitude de données collectées à votre sujet : déplacements, fréquentations, informations fiscales et patrimoniales voire vos tendances sexuelles et votre dossier de santé.

Nos voisins européens disposent-ils de fichiers semblables ?

Non, nous sommes la seule démocratie en Europe où il existe une police politique. Car il s’agit bien de cela. En France, nous avons toujours eu la manie du fichage. A une différence près : au temps de Napoléon, la police politique ne disposait pas des mêmes moyens techniques, son action était donc limitée. Aujourd’hui, c’est autrement plus dangereux. Quoi qu’en dise le gouvernement, l’existence même d’un tel texte est inquiétante. Comment garantir que le fichier Edvige ne tombe pas un jour dans les mains d’un régime comme Vichy ou l’équivalent ?

Sources : Le Monde (Éditorial ; édition du 03/09/08) I Libération.fr (02/09/08 – Propos d’Hélène Franco, recueillis par Marie Piquemal) I Illustration © Gébé / Charlie Hebdo.

 

Diversité culturelle et artistique en danger 24.02.08

Paris, 29 février. À partir de 15h, Place du Palais Royal :

Diversité artistique et culturelle en danger !
JOURNÉE DE MOBILISATION NATIONALE CONTRE LE DÉSENGAGEMENT DE L’ÉTAT DANS LA CULTURE.

L’État a décidé de réduire le budget qu’il consacre à la culture. Les acteurs culturels commencent l’année 2008 dans la plus complète incertitude concernant leurs financements. Les plus touchées par ce désengagement de l’État sont les associations artistiques et culturelles, compagnies, salles de spectacles, lieux d’accompagnement des pratiques amateurs. qui constituent le vivier de la création et de l’innovation, et sont par leur proximité les premières interlocutrices des populations. (more…)

 

Appel républicain : à vous de signer ! 18.02.08

© Michaelski© Michaelski

L’appel républicain publié dans Marianne n’a pas laissé indifférents les hommes du Président. Pur effet de cour, après que Nicolas Sarkozy ait laissé filtrer son dépit de constater que seule Rama Yade l’avait défendu après l’affaire du SMS de nouvelobs.com ? Quoiqu’il en soit, ministres et deputés sont montés au créneau durant tout le week-end pour dénoncer « la chasse au Président », selon le mot du Premier ministre François Fillon. Xavier Darcos a évoqué « cette affaire des Trois Petits Cochons qui sont 17 et qui se mettent à crier Au Loup ! », ce qui lui apparaît « très dangereux parce que le jour où il faudra vraiment crier Au Loup ! plus personne ne les écoutera. » Roger Karoutchi, lui, fidèle à sa réputation de super-godillot, a carrément épinglé l’initiative de Marianne « pour ses relents de la presse des années 30 », oubliant sans doute que Carla Bruni a dû, la semaine passée, s’excuser pour avoir comparé le SMS de l’Obs avec la presse collaborationniste. Globalement, les avocats de la cause sarkozienne ne se privent pas d’amalgamer deux épisodes qui n’ont strictement rien à voir, l’article du journaliste de l’Obs Airy Routier sur le SMS imputé au président, qui ne concernait que sa vie privée, et un appel au contenu éminemment politique pour défendre certains principes de la République française.

En fait de chasse au président, c’est surtout la chasse au Villepin qui semble être repartie de plus belle. L’ancien Premier ministre a été accusé par Valérie Pécresse d’utiliser « la République à des fins personnelles ». La présence de Villepin parmi les signataires a également permis à Julien Dray de se démarquer de Ségolène Royal pour laquelle il a mené campagne en notant que cet appel pouvait brouiller les cartes à quelques jours du scrutin municipal : « Je ne vais pas parler de vigilance avec M. de Villepin, c’est quand même l’homme qui a exercé la plus mauvaise vigilance démocratique. »

Il reste à faire mentir les hommes et femmes du Président ainsi que ceux qui, dans l’opposition, doutent de l’intérêt de cet appel. Ils auront eu raison si cet appel reste sans lendemain. Ils auront tort s’il provoque un débat public approfondi et pluraliste sur les quatre points qui y sont évoqués : le pouvoir personnel, le pluralisme des médias, la laïcité et la politique étrangère. Ceux qui le souhaitent peuvent déjà signer l’appel ci dessous :

Signez et faites signer l’Appel républicain ici

Pour une vigilance républicaine

Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu’ils entendent réaffirmer :

– Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

– Leur attachement aux fondamentaux d’une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

– Leur attachement à l’indépendance de la presse et au pluralisme de l’information.

– Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l’indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.

Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l’Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle Dominique de Villepin, ancien Premier ministre Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre Corinne Lepage, ancien ministre Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne Bertrand Delanoë, maire de Paris Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher Nöel Mamère, député de la Gironde Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis Marielle de Sarnez, conseillère de Paris André Gérin, député du Rhône Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d’études et de recherches gauliennes