Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Le chômage des jeunes en chiffres frelatés 26.04.09

chtravailjeunes Illustration : Gébé

« Le Président de la République avait cependant une bonne raison de présenter un tableau très noir… et, comme il le dit, « structurel ». Il lui fallait faire oublier que toute sa politique depuis l’été 2007 a consisté à freiner l’embauche des jeunes, que le papy-boom impliquait. » C’est sur DéCHRIFFRAGE, le blog de « ré-information » économique de Jean-François Couvrat : un petit article très didactique à lire ICI.

 

Faites place à Nicolas, prince Aztèque 09.03.09

Illustration : Chimulus

Les milliers de touristes qui visitent quotidiennement Teotihuacán, le site aztèque le plus important du Mexique, ont fait les frais du voyage de Nicolas Sarkozy au Mexique. Celui-ci, qui effectuait une visite d’Etat, le 2 mars, a profité du week-end pour prendre des vacances… « Vers 15 heures le 8 mars, sans prévenir, le personnel a commencé à faire évacuer le site, par mégaphone, fermant notamment la célèbre pyramide du Soleil« , rapporte El Universal. Tout cela « pour une visite non officielle et sans protocole de Nicolas et Carla, qui sont arrivés vers 17 h 15 et qui ont arpenté la célèbre cité des Dieux pendant une heure quinze avec le président Calderón et son épouse« .

Cette nouvelle escapade présidentielle ne manque pas de faire polémique. Les médias s’interrogent : qui a bien pu payer le week-end de Nicolas et Carla Sarkozy dans une résidence de luxe du sud-ouest mexicain avant la visite officielle à Mexico? Le socialiste Mario di Constanzo, une figure de l’opposition mexicaine, annonce ce jeudi sur RTL avoir saisi les autorités de son pays pour obtenir des explications.

Ce séjour n’avait pas été révélé à la presse pour «des raisons de sécurité», selon l’Elysée. Mais Carla Bruni a éventé le secret, indiquait lundi le «Daily Telegraph», affirmant lors d’un gala de charité jeudi après-midi qu’elle s’envolait pour le Mexique dans la soirée. Du coup, l’Elysée avait été contrainte de confirmer à l’AFP que le couple était bien arrivé dès le vendredi 6 mars dans la station balnéaire de Manzanillo, un rendez-vous touristique très couru au bord du Pacifique.

Or, selon RTL, le luxueux complexe du Tamarindo dans lequel le chef de l’Etat français et son épouse ont séjourné appartient au banquier milliardaire Roberto Hernandez Ramirez, l’une des plus grosses fortunes mexicaines. La radio affirme d’ailleurs ce mercredi que le couple aurait d’abord séjourné dans l’hacienda du milliardaire, membre du conseil d’administration de Citigroup (une des plus grandes institutions financières de la planète).

Montant de la note, selon «Mediapart» : 50.000 euros. L’Elysée affirme que ce séjour privé s’est déroulé «à l’invitation du président Caldèron». Nicolas et Carla Sarkozy n’ont pourtant rejoint le président mexicain et sa femme que le dimanche midi pour un déjeuner «privé» aux alentours de Mexico. Interrogé par RTL, «un haut diplomate mexicain» affirme ainsi que «ce n’est sûrement pas la présidence du Mexique qui a payé pour un séjour hors d’une résidence de l’Etat mexicain». Le couple a-t-il été invité aux frais de Roberto Hernandez Ramirez ? Lequel serait soupçonné, selon Rue89, de s’être livré à des activités de narcotrafiquant dans les années 1990.

Sources : Courrier International I 20 Minutes

 

Les bijoux de l’ex première dame 02.03.09

ceciliaattiaslacombeIllustration : Lacombe

Comme l’annonçait Le Parisien du 29 janvier 2009, citant l’estimation donnée par la police, Cécilia Attias s’est fait dérober « 500 000 euros en bijoux, colliers et parures« . Un vol perpétré début janvier dans un appartement de Neuilly alors inoccupé.

Et comme le relève Le Canard Enchaîné « La valeur de ce larcin pose un amusant problème« . En effet, si l’on se réfère à la déclaration de situation patrimoniale de Sieur Sarkozy, sous le titre « Collections, objets d’art, bijoux, pierres précieuses, or« , le couple avait indiqué la mention « Néant« .

On peut donc en déduire que Richard Attias a été très largement et très rapidement généreux avec sa nouvelle conquête. À moins que…

Source : Le Canard Enchaîné du 04 Février 2009

 

Mensonge Présidentiel 25.02.09

mensonge

Pantouflage de Pérol : le gros mensonge de Sarkozy

Contrairement à ce qu’affirme Nicolas Sarkozy, la Commission de déontologie de la fonction publique ne s’est pas prononcée sur la nomination du conseiller de l’Elysée à la tête du futur groupe Banque populaire – Caisse d’épargne.

Nicolas Sarkozy a manifestement quelques soucis avec la déontologie. Depuis Rome, lors du sommet franco-italien, le président de la République a déclaré devant la presse que la future nomination du secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol, à la tête du futur groupe Caisse d’épargne — Banque Populaire ne posait pas de «problème» aux yeux de la Commission de déontologie de la fonction publique.

Cette dernière est censée se prononcer en cas de pantouflage, c’est-à-dire de départ d’un fonctionnaire vers le privé pour vérifier qu’il n’existe pas de conflits d’intérêts potentiels.

D’après Sarkozy, la Commission de déontologie «a donné son point de vue, et son point de vue a été communiqué aux deux banques. Il sera rendu public et vous verrez qu’une fois de plus c’est la différence entre une polémique et un problème, de problème il n’y en a pas».

Il semble que le président de la République prenne ses rêves pour la réalité. Car la Commission n’a pas été saisie du cas Pérol. Et ne s’est pas réunie pour en discuter. «On n’a jamais évoqué le cas de François Pérol, assure un membre de la Commission interrogé par Libération, puisque notre prochaine réunion est prévue pour le 11 mars».

A l’Elysée, un porte-parole tente de rattraper le coup en expliquant que «la Commission ne s’est pas encore réunie, mais elle a émis un avis « off », positif, qu’elle a communiqué aux banques. C’est ce qui se passe dans les cas d’urgence» (1). En réalité, il semble bien que cette procédure d’urgence soit totalement inconnue: «Cela fait des années que je siège à cette Commission, et à ma connaissance une telle procédure n’a jamais été convoquée», selon le membre de la Commission interrogé par Libération.

Le président de la Commission de déontologie, Olivier Fouquet, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Quant aux banques, elles refusent de dire si elles ont, ou non, reçu le fameux avis «off» de la commission. Mais puisqu’on vous dit qu’il n’y a pas de problème…

Article Grégoire Biseau (Libération) I Illustration : Tignous I (1) L’Elysée a déclaré mardi soir avoir obtenu un courrier de la Commission de déontologie assurant qu’il n’y avait «pas d’inconvénient pénal» à la nomination de François Pérol. L’accord a été obtenu via une lettre du président de la commission Olivier Fouquet, a-t-on précisé de même source.

 

Rétention administrative : dix associations déposent un référé 11.02.09

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ACAT-France, ADDE, ANAFE, COMEDE, ELENA-France, GISTI, LA CIMADE, LDH, SAF, Secours Catholique. Communiqué de presse – 9 février 2009.

A la veille de l’expiration du délai de réponse à l’appel d’offres relatif à la défense des droits des étrangers dans les centres de rétention administrative, les demandes répétées de concertation émises par les associations n’ont pas été entendues par le ministère de l’Immigration.

Face à l’urgence créée par une procédure d’attribution d’un marché public dont la mise en œuvre remettrait gravement en cause l’exercice effectif des droits des étrangers en rétention, dix ONG ont déposé vendredi 6 février un référé suspension devant le Conseil d’Etat contre le décret du 22 août 2008. Ces dix organisations avaient déjà déposé le 22 octobre un recours au fond contre ce décret : la mise en oeuvre de ce texte interdirait tant au niveau national que local une action conjointe des associations auprès des personnes placées en rétention.

N’ayant obtenu aucune réponse politique à leur demande de modification du décret, les associations ci-dessous espèrent, par cette nouvelle démarche contentieuse, faire respecter le principe d’une véritable défense des droits des étrangers en rétention.

Illustration : Jul

 

Soyons républicains : Dénonçons ! 09.02.09

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Ce sera la phrase du jour, que l’on doit – une fois n’est pas coutume – à ce cher et talentueux Frédéric Lefebvre :

« SI LA DÉLATION EST CONDAMNABLE CAR SE FAISANT AU DÉTRIMENT DE GENS HONNÊTES, LA DÉNONCIATION EST UN DEVOIR RÉPUBLICAIN PRÉVU DANS LA LOI ET PERMETTANT DE LUTTER CONTRE LES DÉLINQUANTS« 

 

Chute de popularité pour Nicolas Sarkozy

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Deux nouveaux sondages confirment la chute de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy et l’impatience d’une majorité de Français réclamant des résultats concrets face à la crise.

Dans une enquête Ipsos pour Le Point, diffusée lundi soir, le président français perd neuf points avec 36% d’opinions favorables, contre 45% en janvier dernier. Les opinions négatives montent à 61%, soit dix points de plus que le mois dernier. Cette enquête a été effectuée les 6 et 7 février auprès d’un échantillon de 940 personnes.

Dans un sondage LH2 pour nouvelobs.com, le site du Nouvel Observateur, diffusé lundi, le président français perd quatre points avec 44% de satisfaits, contre 52%. De même, seules 30% des personnes interrogées, contre 56%, disent avoir été convaincues par l’intervention télévisée du président français jeudi dernier.

Selon un sondage Viavoice publié le même jour dans Libération, seules 41% des personnes interrogées émettent désormais une opinion positive sur le chef de l’Etat, contre 53% d’un avis contraire, soit un repli de 5 points par rapport au mois dernier, et de 7 points par rapport à novembre. En outre, 53% des Français estiment que le moment est approprié pour lancer des mouvements sociaux.

Dans une enquête OpinionWay pour le quotidien Metro, le président français perd cinq points en un mois d’opinions positives à 41%, et dix points, à 31%, concernant son action contre la crise.

Pour LH2, si l’activisme dont a fait preuve le président de la République à l’automne, en particulier pour coordonner les réponses face à la crise au niveau international, avait rassuré les Français, « ceux-ci semblent aujourd’hui attendre des résultats concrets. » « Or, ils ne semblent pour l’instant pas satisfaits des réponses apportées« , ajoute l’institut.

La baisse de Nicolas Sarkozy est essentiellement le fait des sympathisants de la droite (78% d’opinions positives ; -8 points). Elle est également marquée chez les bas revenus (38% d’opinions positives), soit huit points de moins par rapport à janvier. Le sondage LH2 a été effectué les 6 et 7 février auprès d’un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Article : Le Point I Illustration : Julo

 

Arrêt sur Images : aujourd’hui j’arrête !

pause

Dans l’affaire Kouchner Vs Péan (alias « Le Monsieur », dixit Sarkozy), on atteind des sommets…

Ce matin, je reçois dans ma boîte mail La gazette d’@rrêt sur images, n° 58. Ce sera la dernière. Ce lundi 9 février, je me désabonne. Voici la dite gazette :

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gazette

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« De grâce ne vous contentez pas de la fin de l’émission« . Pourtant, surlignés en jaune, les propos qui s’y réfèrent et y invitent sont nettement plus nombreux que ceux concernant « la première partie« . La méthode Schneidermann a toujours été celle-ci : la présence de [pseudo] révélations autorise le racolage sauce TF1. J’avais fini par boycotter la version télé de l’émission. J’ai espéré que loin de la pression de l’audimat, le site ne tombe pas dans le même ecueil. Las : je prend le même chemin avec la version internet.

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Voici la vidéo :

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Ci-dessous, la retranscription de l’échange. « Ce n’est pas une raison pour ne pas poser les questions » nous dit Daniel Schneidermann. « Vous jugerez« . À vous de juger, donc,  si l’interview ne prend pas de faux airs d’interrogatoire :

D.S : « Cosmopolistisme, c’est un mot qui a été extrêmement  fréquemment utilisé par les antisémites des années 30 pour désigner la finance cosmopolite, les banquiers cosmopolites, la ploutocratie cosmopolite. J’imagine que vous connaissez ça par coeur puisque vous vous êtes intéressé à cette période. Pourquoi avoir utilisé des mots comme celui-ci ? Puisque, vous m’avez dit là en arrivant que vous étiez extrêmement blessé par les imputations d’antisémitisme qui vous sont faites depuis la sortie du livre. Pourquoi frôler la ligne jaune ?« .

P.P : « Écoutez, je me retrouve dans une position d’accusé. J’ai utilisé ce mot comme j’aurais utilisé ce mot d’universalisme« .

D.S : « C’est pas la même chose ! Vous êtes écrivain Pierre Péan, vous connaissez le poids d’un mot plutôt que d’un autre. Par exemple, le mot cosmopolitisme vous connaissez son utilisation des années 30 ? »

P.P : « C’est pas parce que ce terme a été dévoyé pendant quelques années effectivement par une extrême-droite antisémite, surtout à la fin des années 30 et au début des années 40, que… Ce que vous laissez entendre, c’est qu’on ne peut plus utiliser ce mot. »

D.S : « On fait attention, on est écrivain, donc on fait attention aux mots qu’on choisi. Est-ce que au moment où vous l’utilisez, vous le couchez par écrit dans votre livre, est-ce que vous vous dites… Vous ne pressentez pas ? »

P.P : « Ben non, sinon sans ça, si je l’avais pressenti… Et tous les gens qui l’ont lu non plus. C’est sûr que voyant tout ce que j’entends, là, depuis quelques jours, je le réécrirai, je ne réécrirai plus la même chose. Parce que c’est évidemment pas dans ma tête… à un quelconque moment, pensé antisémitisme« .

D.S : « Si vous deviez réécrire le livre aujourd’hui… »

P.P : « J’enlèverai le mot, évidemment ! Quand je vois l’impact de ce mot… Je l’enlèverai, voilà. »

D.S : « Bon, écoutez. Que vous dire ? Je ne suis pas dans le secret de vôtre âme. Mais s’agissant d’un écrivain, d’un enquêteur chevronné, il y a des imprudences de plumes qui laissent un peu sans voix. »

P.P : « Et qui sont, si je vous entend bien, révélatrices? »

D.S : « J’en sais rien, je ne conclut pas, je ne suis pas dans le secret de vôtre âme. »

Pierre Péan met fin à l’entretien.

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Les preuves apportés par Pierre Péan dans son ouvrage, parce qu’elles sont nombreuses,  ne permettent pas vraiment à Bernard Kouchner de se défausser en plaidant non coupable. Au lieu de nier les faits en bloc, il est donc plus simple de jouer, quasi la larme à l’oeil, la carte de l’attaque antisémite. Les médias, chaque jour davantage à la botte du gouvernement, sautent allègrement sur l’occasion, et Arrêt sur Images avec eux. Mais comme le suggère Stéphane Guillon : « avec toutes ces conneries, il ne faudrait pas laisser filer les vrais antisémites comme Dieudonné ou fermer les yeux sur les vraies trahisons comme fricoter aver Omar Bongo quand on fait de l’humanitaire« .

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Au sujet de Daniel Scneidermann :

À voir (ou revoir) : Enfin Pris ?, un film de Pierre Carles.

 

À Paris, on gaze gratis dans les parcs 07.02.09

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sanspapiers

Des exilés se sont fait gazer dans le parc !

A la soupe populaire de l’Armée du Salut hier soir, je pensais voir Mohamed, sans succès… Au bout d’une demi-heure à regarder le ballet des « errants » à la recherche de leur pitance quotidienne, un groupe de 5 jeunes afghans se rapproche de moi. L’un d’entre eux parle un peu l’anglais, il est en colère. Cela fait 10 jours qu’il est à Paris, à la rue et il semble excédé. What Happen ? « Depuis quelques jours les flics passent à 2/3h du matin au parc, où je dors avec une vingtaine d’exilés. Ils viennent et nous réveillent avec des gaz lacrymogènes et nous obligent à sortir du jardin. Mais pour aller où ! Nous  n’avons nulle part où aller. Il n’y a pas de place dans les bus le soir à Colonel Fabien pour dormir au camp… » Un jeune d’une vingtaine d’années derrière lui, hoche de la tête. Il a les yeux rouges et les paupières gonflées.

Un peu plus tard, à la réunion du collectif de soutien aux exilés, Jean-Michel Centres confirme :  plusieurs jeunes  lui ont parlé de ces gazages nocturnes dans le jardin et dans les recoins des immeubles le long du Canal, où certains d’entre-eux dorment la nuit. Le collectif a même interpellé la Mairie. Celle-ci dit ne pas être au courant et affirme que « les flics » n’ont pas agit sous les ordres du commissariat du 10e ! Il se passe des choses bizarres ces derniers temps dans le quartier Villemin…

Illustration : Charb I Article : http://sangatteaparis.wordpress.com/

 

Inauguration de l’Université de Strasbourg en images

.Intérieur de la salle :

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Extérieur de la salle :

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Total + Françafrique = Monsieur K. 06.02.09

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On aurait pu espérer que le cas KOUCHNER se limite à l’AFFAIRE TOTAL. Résumé : en 2002, six birmans portent plainte contre TOTAL pour “crimes et séquestrations”, ce qui est la traduction juridique de la notion de travail forcé. Pour se défendre, TOTAL utilise alors largement les conclusions d’un rapport de BK Conseil (comprendre Bernard Kouchner Conseil), pondu après 4 jours passés sur place par le French Doctor encadré par des personnes reconnues pour leur grande objectivité, puisque affiliées à la dite société.

Mais non. Bernard, personnage riche en couleur a bien plus d’envergure que cela. C’est ce qu’aura tenté de dépeindre Péan dans son dernier ouvrage. C’est aussi ce que tend à démontrer son procès en réhabilitation, fin novembre 2008. Laissons donc la parole à Bakchich :

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Deux mois avant le scandale de l’affaire Bernard Kouchner qui éclate ces jours-ci avec la sortie du livre de Pierre Péan, Le monde selon K. (Fayard), le TCA (Tribunal des condamnés d’avance) faisait le procès de Bernard Kouchner. Dans deux séances, les 25 novembre et 1er décembre 2008, au théâtre Dejazet, et devant une foule en délire, malgré l’absence regrettée du ministre des Affaires étrangères. Bernard K. était accusé notamment de « détournement de l’humanitaire et de l’abbé Pierre avec préméditation, opportunisme et retournement de veste avec précipitation, bidonages lucratifs et trafic d’influence médiatique en réunion ». Les bidonages lucratifs faisant référence à plusieurs rapports concoctés par Bernard Kouchner. L’un pour l’entreprise pétrolière Total, en Birmanie, les deux autres pour les comptes des gouvernements gabonais et congolais.

Jugé par l’auguste présidence de Daniel Mermet (France Inter), il a été défendu avec panache par les avocats Jacques Vergès puis Christophe Clerc. Et évalué in fine par le procureur Philippe Cohen (Vendredi).

Se sont succédés à la barre des témoins : Jean Bricmont (enseignant chercheur), Francis Christophe (journaliste), Jean-Marc Daniel (économiste, ex diplomate), Xavier Harel (La Tribune), Lime (écrivain), Jean-Baptiste Naudet (Le Nouvel Obs), Frédéric Pagès (Le Canard Enchaîné), Marc-Antoine Pérouse de Montclos (enseignant chercheur en sciences-politiques) Bertrand Rothé (prof et Bakchich), François Ruffin (journaliste), Daniel Schneidermann (Arrêt sur images), Sylvie Thienot (Actrice) et Anaëlle Verzaux (Bakchich).

Bakchich diffuse, en exclusivité, deux extraits vidéo du procès. En première partie, le témoignage de Xavier Harel, journaliste à La Tribune et spécialiste du continent africain, sur les petites affaires de Kouchner en Afrique, à savourer… et en deuxième partie, la plaidoirie de Maître Jacques Vergès, à déguster.

Le procès de Bernard Kouchner au tribunal des condamnés d’avance est une production Bakchich, Daniel Mermet et Les Mutins de Pangée.

Préparation : Bakchich et Daniel Mermet

A la caméra, au montage : Les Mutins de Pangée.

Bernard Kouchner, le fric et l’Afrique : Extrait 01

Le 1er décembre, Bakchich n’avait pas encore dégoté la facture de 817 000 euros d’Africa Steps et Imeda, adressée à la Trésorerie Générale du Gabon. Elle est publiée sur notre site internet depuis le 13 janvier 2009.

La plaidoirie de Maître Jacques Vergès : Extrait 02

Pour écouter ou réécouter le procès, rendez-vous sur le site non officiel de Là-bas si j’y suis.

Pour écouter ou réécouter Pierre Péan et Xavier Monnier interviewés par Daniel Mermet le jeudi 5 février 2009 dans Là-bas si j’y suis, sur France Inter, cliquez ici.

Article : Bakchich (Anaëlle Verzaux), vendredi 6 février 2009.

 

 

 

Monsieur le Président 05.02.09

Filed under: — eilema @ 11:14

Vidéo envoyée par La Scam

 

Université, le grand soir

Réfutations II
Un film de L’Autre campagne et Sauvons la recherche Paris
Réalisé par Thomas Lacoste

Régulièrement les gouvernements de droite comme de gauche rêvent de prendre le contrôle sur l’Université et de transformer la Recherche en un vaste bureau d’études. Cette fois l’attaque est particulièrement brutale. Profitant de la crise profonde qui frappe des établissements universitaires dépourvus de moyens et confrontés à un afflux sans précédent d’étudiants, le gouvernement souhaite instaurer un système inégalitaire, localiste, autocratique, de plus en plus dépendant de la commande publique et privée.

Dans ce film chercheurs, enseignants, syndicalistes viennent démonter les pièges d’une réforme rétrograde et rappeler quelles sont les conditions de production et de transmission d’un savoir universel accessible au plus grand nombre qui devraient guider une réforme réellement progressiste de l’Université.

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Nous vous invitons à faire connaître, circuler et projeter le film « Université, le grand soir ». Merci de nous tenir informés de vos initiatives publiques afin que nous les relayons depuis notre site. Ce film peut être aussi publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

Pour soutenir cette initiative vous pouvez acheter le DVD 12€ frais de port inclus) par paiement en ligne ICI

Ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

Pour toute demande d’information, veuillez utiliser la rubrique contact du site.

 

Gandrange : Les mensonges de Sarkozy gravés dans le granit

Une stèle en l’honneur des promesses « non tenues » de Nicolas Sarkozy a été érigée, mercredi 4 février, par la CFDT à l’entrée de l’usine ArcelorMittal de Gandrange (Moselle). Sur la stèle en granit gris de 70 cm par 50 cm, le syndicat a fait graver en lettres d’or la phrase suivante :

ICI REPOSENT LES PROMESSES DE N. SARKOZY, FAITES LE 4 FEVRIER 2008 À GANDRANGE :

« AVEC OU SANS MITTAL, L’ETAT INVESTIRA DANS GANDRANGE »

L’an dernier, à l’issue d’une visite très médiatisée de 45 minutes de l’aciérie mosellane, le chef de l’Etat s’était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l’Etat « tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir l’aciérie en activité. « Nous sommes prêts à faire le nécessaire quel que soit le propriétaire (de l’usine), car notre objectif, c’est de garder des usines ouvertes en France parce qu’un pays qui n’a plus d’usines est un pays qui n’a plus d’économie« , avait alors déclaré le président de la République.

Article : Le Monde

 

Nicolas Sarkozy dans le texte : Mensonge, mépris et stigmatisation

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Après bientôt deux ans de mise en service, la machine à broyer Sarkozy est en pleine forme. Justice, santé, éducation, immigration, emploi, culture, et bien d’autres : tous les secteurs, tous les domaines ont été et continuent d’être bousculés et salis. Il devient ardu – si ce n’est impossible – de lister les dégâts, de comptabiliser les reculs, et surtout de recenser les insultes et de mesurer l’étendue du mépris.

Chacun d’entre nous aurait pu s’étouffer en entendant le discours de Nicolas Sarkozy sur la psychiatrie. Michel Guyader, chef de service du 8ème secteur de psychiatrie générale de l’Essonne, a été suffisamment clair dans la lettre qu’il adressera au président par la suite : « Mesurez-vous, Monsieur le Président, l’incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ? Vous donnez consistance à toutes les craintes les moins rationnelles, qui désignant tel ou tel, l’assignent dans les lieux de réclusion. » « Vous venez de finir d’ouvrir la boîte de Pandore et d’achever ce que vous avez commencé à l’occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l’agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la  destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelques soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l’excès masquent mal la violence qu’il tente de dissimuler. »

Depuis, dans le même registre, mais devant un auditoire différent – les chercheurs, cette fois-ci – le petit homme a réitèré son exercice favori : la production de discours méprisants et mensongers.

« Phrases agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire, assertions volontaristes » : dans un article intitulé Nicolas Sarkozy aux assises de la recherche, ou l’horreur absolue d’une communication dévoyée, Le Grand Barnum revient sur cet improbable texte : « Que l’on puisse tenir ce genre de propos atterrants devant un parterre de chercheurs en dit déjà long sur le mépris dans lequel Notre Président tient l’Université et le monde de la recherche. Quoique venant d’un populiste, la haine du savoir et de ceux qui le produisent et le diffusent n’ait rien d’étonnant. » Bonne lecture à vous !

Illustration : Jul

 

Sarkozy en visite à l’isle Adam : interdiction de sortir ! 04.02.09

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Nicolas Sarkozy est actuellement en visite à L’isle Adam où il est « venu donner un «coup de pouce» à la batellerie »(1). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le Préfet du Val d’Oise a mis toutes les chances de son côté pour ne pas subir le même sort que celui de Saint-Lo. Sur le répondeur de Là-Bas si j’y suis (France Inter) le 03 février 2009, une auditrice déclare : « J’habite dans un lotissement. J’ai voulu sortir sortir, simplement pour me promener, pour faire mes courses. Et nous avons interdiction formelle de bouger de chez nous de 10 heures à 11 heures du matin. Il y a un gendarme posté à chaque rue, et nous somme tous cloîtrés chez nous : interdiction formelle de bouger ! »

Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat général de la police Force Ouvrière détaille le dispositif sur RMC : « Plusieurs centaines de policiers ont été mobilisés ce matin à l’Isle-Adam : 320 CRS sont en place depuis 7h, ainsi que quelques dizaines d’effectifs départementaux, des policiers des brigades anti-criminalité en civil… » C’est tout ?

(1) Le Figaro I Illustration : Gébé

 

La culture comme réponse à la crise ! On croit rêver ! 03.02.09

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Arrêtez-le ! Pitié, arrêtez-le…

Une hypothèse se profile : si Dieu le père prend à ce point son temps pour répondre à une France légitimement en colère, c’est peut-être qu’il est trop occupé avec son conseil pour la création artistique. Mais l’on aurait tort de médire, car il semblerait qu’il y ait en fait un lien entre les deux phénomènes. En effet, Nicolas Sarkozy – comme à son habitude toujours mieux servi par lui-même que par autrui – préside ce conseil pour de grandes raisons : « Je veux que ça bouge, je veux que ça change, je veux que la culture soit notre réponse à la crise économique mondiale (…) et pour que ça soit vrai, il faut que la création soit au cœur de cette politique culturelle que je souhaite impulser« . « Ma parole est plus libre que celui qui produit et qui doit faire attention à ce qu’il dit (…). C’est donc à moi de donner un coup de pied dans la fourmilière, de bousculer les choses« , a-t-il déclaré dans un discours prononcé à l’Elysée devant plus de trois cents représentants du monde de la culture.

Au-delà du fait que l’inquiétante formule « Celui qui produit (…) doit faire attention à ce qu’il dit » mériterait d’être longuement méditée, il fallait y penser ! Des funambules dans les usines, davantage de clowns dans les hôpitaux, des projections de documentaires sur les marchés, des happenings à La Poste, des tableaux accrochés aux réverbères ; et tout le monde va retrouver son pouvoir d’achat et le sourire qui va avec.

Après l’ORTS sur nos écrans, Bigard et Mireille Matthieu sur les scènes des théâtres subventionnés ? Ce qui est certain, c’est que la culture va prendre un nouveau visage : « je crois fondamentalement à la capacité de l’Etat à impulser un changement de culture, pour apprendre à mieux soutenir le processus de création« . On en frissonne d’avance…

Les intermittents du spectacle ont manifesté à plusieurs reprises au mois de décembre. Très gourmands, ils ont remis le couvert ce 29 janvier, certainement en hommage à ce président si soucieux et respectueux de la culture. Après les réformes de leurs statuts en 2003 et en 2006, la question était en effet à nouveau posée : doit-on modifier ce statut ? On était alors loin des propos de campagne du gesticulateur :

« Je mesure pleinement le rôle joué par les intermittents du spectacle, sans lesquels il n’y aurait pas de spectacle vivant, pas de créations cinématographiques, ou audiovisuelles. Il est normal qu’ils bénéficient d’un régime d’indemnisation du chômage particulier, qui est d’ailleurs unique dans le monde. Je suis favorable à une indemnisation généreuse qui permette à ceux qui décident de travailler pour la culture de vivre convenablement quitte à leur demander en contrepartie de contribuer au développement de l’enseignement artistique et à la découverte par les jeunes des métiers de la culture.
Pour l’instant, un nouvel accord vient d’être signé. Je pense qu’il faut le laisser vivre et en faire le bilan dans quelques mois. Mais la vérité, c’est qu’un accord sera toujours insuffisant tant qu’il se fera dans un contexte de pénurie. Or, je suis convaincu que l’emploi culturel est plein de promesses, et qu’il compte parmi les secteurs les plus créateurs, potentiellement, de richesses et de croissance, en particulier du côté du cinéma et de l’audiovisuel. Je ferai tout pour le développement de l’emploi culturel
.
 » (1)

Lorsqu’il parle plus en détail de ce statut, Nicolas Sarkozy – épaulé par la presse, il va sans dire – prend toujours soin de faire passer les intermittents pour des privilégiés. La technique semble d’ailleurs fonctionner, si l’on se fie aux commentaires déposés par des internautes au pied des articles. On peut regretter que jamais un article plus sérieux n’ait été rédigé sur l’intermittence. C’est bien dommage, et dommageable.

Mais ce lundi 2 février 2009, on pourra « simplement » se contenter de regretter que ce soit un inculte notoire qui décide de s’emparer de la question de la création en France. Et de surcroît cette semaine, qui aurait méritée d’être consacrée à autre chose. Parce que si la culture est nécessaire et vitale ; multiple et transversale, elle vaut surtout mieux que d’être brandie par un imbécile dans un contexte de crise. Si le petit Nicolas maîtrise un art, c’est bien celui du détournement allié à la récupération ; mais ni d’images ni d’objets hélas.

Celui qui disait avoir hâte de voir Obama au travail ferait bien de s’y [re]mettre lui aussi. Plutôt que de se perdre dans les dédales de ses commissions et autres conseils, plutôt que de noyer le poisson dans les eaux fétides de ses idées toujours aussi malvenues.

Eilema, pour Le Sarkopithèque I (1) Discours devant les acteurs de la Culture (04/04/07) I Citations de Nicolas Sarkozy extraites du Monde I Illustration : Luz.

 

Le Chômage sur une « trajectoire d’augmentation forte » 02.02.09

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L’expression est de Fillon, qui dans son entretien au Monde ce lundi, déclare que « nous allons encore le vérifier avec les chiffres du mois de décembre » : le chômage est « sur une trajectoire d’augmentation forte« .

Le nombre de chômeurs a augmenté d’environ 45 000 en France en décembre, a confirmé lundi 2 février la ministre de l’économie française, Christine Lagarde. Dans son édition de lundi, Le Figaro indique que la France termine l’année 2008 avec 2,11 millions de chômeurs, et note que décembre constitue le huitième mois d’affilée de hausse.

Les chiffres exacts seront connus ce lundi soir à 18 heures. En novembre 2008, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE en catégorie 1 – c’est-à-dire à la recherche d’un emploi à temps plein et à durée indéterminée – avait bondi de 64 000, à 2 068 500 personnes.

Illustration : Fanch

 

Nicolas Sarkozy dira lundi s’il veut s’exprimer jeudi 01.02.09

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Ce titre surréaliste, c’est celui (modifié depuis) d’un article du Point, qui en dit long sur la position très condescendante du chef de l’état face à la mobilisation de ce jeudi 29 janvier. Celui qui avait pour habitude de réagir dans la minute aux morsures de chiens dangereux semble avoir besoin de davantage de temps pour savoir quoi rétorquer à une France mécontente…

Le président Nicolas Sarkozy dira lundi s’il participe ou non, jeudi sur TF1 et France 2, à « une émission exclusivement consacrée à la crise économique, ses causes, et les solutions envisagées pour en sortir« . Ce rendez-vous, révélé samedi par Le Figaro , n’a toutefois pas été confirmé par l’Elysée. Outre les deux présentateurs vedettes du 20 heures, Laurence Ferrari et David Pujadas, le président serait interrogé par des journalistes économiques de RTL et France Inter, précise le quotidien.

« Le président s’est donné le week-end pour réfléchir« , affirme un conseiller de M. Sarkozy cité par le journal, qui reconnaît toutefois que la logique voudrait qu’il s’exprime « à chaud« , c’est-à-dire une semaine après la grève massive de jeudi dernier . C’est également le seul soir de la semaine où l’agenda officiel du président de la République ne mentionne aucune activité. Déjà, au soir de cette journée de mobilisation, le chef de l’Etat avait concédé que la crise économique suscite une « inquiétude légitime » et impose aux pouvoirs publics un « devoir d’écoute« , de « dialogue » et « une grande détermination à agir« .

Le président confirmait ainsi a volonté de maintenir le dialogue avec les syndicats, mais sans pour autant apporter la moindre concession à leurs revendications. « La France doit sortir plus forte de cette épreuve« , poursuivait Nicolas Sarkozy, en prenant soin de remercier « les agents du service public qui ont eu à coeur de faire fonctionner le service minimum« . Le locataire de l’Elysée devrait rencontrer courant février les partenaires sociaux « afin de convenir des réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour les mener à bien« . Il n’est donc plus question de dire, comme le 5 juillet dernier devant des cadres et des militants de l’UMP : « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit« .

Illustration : Xavier Gorce

 

CSA : Christine Kelly récompensée 30.01.09

Françoise Laborde n’a pas été la seule nouvellement nominée au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). À ses côtés, on trouve la journaliste Christine Kelly, que l’on espère plus humble que son blog.

Nommée par le président du Sénat Gérard Larcher (UMP), elle a déclaré mercredi à l’Afp avoir été choisie en raison de son parcours et de son origine, soulignant qu’elle était le premier « sage » d’outre-mer. « Je suis ravie d’avoir été nommée par Gérard Larcher que je ne connaissais pas du tout. J’ai été choisie par rapport à mon parcours professionnel et parce que je suis de l’outre-mer« . « C’est la première fois qu’un membre originaire de l’outre-mer entre au CSA« , a fait valoir la jeune femme originaire de Guadeloupe, assurant qu’elle représenterait « dignement » sa communauté.

Elle aura en charge plusieurs dossiers dont l’accessibilité des médias audiovisuels aux handicapés, un groupe de travail nouvellement créé. Elle est également vice-présidente du groupe sur la publicité et sur la télévision publique. »C’est un vrai challenge. Je pense que mon parcours apportera beaucoup car j’ai une connaissance des chaînes locales, publiques, privées et de la radio« , a expliqué la nouvelle conseillère. « Je suis passée du jour au lendemain de LCI au CSA. Il m’a fallu 48 heures de réflexion, et une nuit à éplucher le règlement du CSA, avant d’accepter!« , a-t-elle conclu.

Petit détail qui a son importance, Christine Kelly n’est pas connue pour son hostilité au pouvoir actuel. On lui doit la première biographie de François Fillon Le secret et l’ambition.

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À l’occasion de la sortie de cet ouvrage pour lequel la journaliste recevra le Prix de la Biographie Politique lors de la 13ème édition de la Forêt des Livres, VSD consacrera un dossier à la bien nommée « biographe de François Fillon » :

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Dans son riche CV, il est également à signaler qu’elle aura accompagné en Martinique et en Guadeloupe les 22 et 23 août 2007 le Premier Ministre, François Fillon et le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, Christian Estrosi, venus annoncer les premières mesures après le cyclone « Dean ».

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Toujours aucune raison de s’inquiéter, donc, sur le début des nominations…

 

Jean-François Copé Mort ?

C’est ce que l’on pourrait déduire suite à l’augmentation de la redevance audiovisuelle, qui n’aurait à priori jamais eu lieu de son vivant. Rappel :

LES PROMESSES :

« Je ne suis pas pour l’augmentation de la redevance télé ». Nicolas Sarkozy (Télérama, 14.02.07)

« Moi vivant, il n’y aura pas d’augmentation de la redevance ». Jean-François Copé, président de la commission sur la réforme de l’audiovisuel et patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

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LES FAITS :

1 – L’exonération de la redevance audiovisuelle était jusqu’alors appliquée pour les personnes handicapées et les personnes de plus de 65 ans qui n’étaient pas imposables. Désormais, seules les personnes handicapées conservent cet avantage. Environ 800.000 contribuables devront donc débourser 116€ par an pour s’affranchir de cette taxe. Un gain pour l’État estimé à plus de 90 millions d’euros.

2 – La redevance va passer à 118 € en 2009, puis à 120 € au 1er janvier 2010, a annoncé M. Copé.

 

Sarkozy agacé, préfet viré

La longue liste des victimes de la susceptibilité du monarque s’allonge :

Le préfet de la Manche et son directeur départemental de la sécurité publique ont été mutés par l’Elysée, suite à une visite chahutée du chef de l’Etat à Saint-Lo : le 12 janvier, Nicolas Sarkozy avait été accueilli par 2.000 à 4.000 manifestants (selon la police ou les organisateurs) et des heurts avaient eu lieu avec la police. Son entourage n’avait pas caché son irritation au sujet du dispositif de sécurité mis en place par le préfet.

Écouter le Radio Zapping du Monde :

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« Quand il y a une grève en France… » 28.01.09

Filed under: < Société : Divers — eilema @ 8:52
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Et là, tu nous as vu ?

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Sarkozy crée et préside le Conseil pour la création artistique 25.01.09

Filed under: < Culture — eilema @ 2:01

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Mme Albanel et M. Karmitz sont dans un bateau…

Depuis sa nomination, en mai 2007. la ministre de la culture Christine Albanel vit dans un climat étrange. Donnée souvent partante, rapidement privée de son poste de porte-parole du gouvernement, elle a résisté aux divers « ajustements » gouvernementaux. Le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé à Nîmes, le 13 janvier, la place à nouveau face à un paradoxe tant ces « vœux à la culture » regorgeaient de roses et… d’épines.

Lui donnant à plusieurs reprises du « chère Christine« , le président de la République a salué et conforté l’action de la ministre. Son budget, un temps menacé, ne sera pas rogné. Elle recevra même 100 millions d’euros supplémentaires chaque année pour sauver des monuments historiques. La loi sur le piratage des œuvres sera votée au plus vite. Le régime chômage des intermittents du spectacle n’est pas remis en cause.

Mme Albanel a aussi habilement géré la question de la gratuité des musées. Dans son programme présidentiel, M. Sarkozy promettait une entrée libre pour tout le monde. Mme Albanel n’en voulait pas, estimant, études à l’appui, que cette mesure coûteuse ne ferait pas venir de nouveaux visiteurs. Elle plaidait au contraire pour une action ciblée, en direction des 18-25 ans. Le président l’a écoutée, réduisant, au passage, la mesure aux seules collections permanentes des musées, les expositions temporaires restant payantes.

Les épines maintenant. A Nîmes, M. Sarkozy a surpris tout le monde en instaurant un Conseil pour la création artistique, qu’il présidera lui-même, et qui sera piloté par le producteur et distributeur de cinéma Marin Karmitz (MK2). Le président a mis une forte personnalité dans les pattes de Mme Albanel. D’autant que M. Karmitz compte faire le job : sa mission n’est pas limitée dans le temps, il sera entouré d’une quinzaine de personnes de son choix, il proposera au président des mesures afin d’améliorer le fonctionnement de la culture. « Un ministre bis », a-t-on commenté.

Après son élection, Nicolas Sarkozy avait choisi comme conseiller culturel Georges-Marc Benamou – issu de la gauche comme M. Karmitz – qui aimait dire tout le mal qu’il pensait de Mme Albanel. M. Benamou a dû quitter son poste, mais avec M. Karmitz, le président a trouvé un autre trublion. On sait qu’il aime court-circuiter ses ministres. Mais qu’il le fasse de façon officielle…

Et il n’y a pas pire moment. Depuis des mois, Mme Albanel mène d’âpres négociations avec les organisations professionnelles afin de rendre plus efficaces les mécanismes de la création en France ; or M. Karmitz est nommé parce que le ministère « manque de vision« . Ensuite, comment les 30 000 agents, permanents ou pas, du ministère de la culture vont-ils apprécier cette cellule élyséenne alors qu’on leur impose, dans le cadre de la réforme de l’Etat, une organisation plus resserrée et une cure d’amaigrissement ?

Même si le groupe de M. Karmitz ne devait être qu’un think tank, sa simple existence fragilise la ministre et, au-delà, le ministère tout entier. Peut-être est-ce l’effet recherché. Sans doute M. Sarkozy considère-t-il le monde des artistes comme hostile et le ministère comme une machine n’offrant pas un bon rapport qualité-prix. Sa méfiance s’étend-elle au chef de cette administration ? Ou passer par-dessus la tête de ses ministres est-il un mode de gouvernement ? A l’heure où un ancien ministre – Jean-Jacques Aillagon, aujourd’hui à la tête du château de Versailles – s’interroge tout haut sur la nécessité même d’un ministère de la culture, le « coup Karmitz » risque d’être lourd à digérer.

Article de Michel Guerrin et Nathaniel Herzberg (Le Monde) I Photo © Afp

 

Nicolas Sarkozy nomme Françoise Laborde au CSA

Filed under: — eilema @ 1:43

Le président de la République Nicolas Sarkozy a nommé samedi 24 janvier la journaliste Françoise Laborde au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), « en remplacement de Madame Agnès Vincent, dont le mandat est arrivé à son terme« , indique un communiqué de l’Elysée. Françoise Laborde, qui fêtera ses 56 ans le 1er mai présente « Les 4 vérités », une interview, le plus souvent politique, qui intervient au cours du programme Télématin (dont elle est par ailleurs la rédactrice en chef). Elle est également la présentatrice remplaçante des journaux de 13h00 et 20h00 de France 2 depuis 1999.

Cette nomination intervient dans le cadre du renouvellement d’un tiers des membres du CSA, qui compte neuf membres. Vendredi, le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, avait déjà nommé Emmanuel Gabla, un ingénieur des télécommunications, en remplacement de Christian Dutoit. L’atttribution du dernier siège relève de l’autorité du président du Sénat.

Ces nominations interviennent en pleine crise sur la réforme de l’audiovisuel public qui prévoit notamment que ce sera désormais le chef de l’Etat et non plus le CSA qui nommera le président de France Télévisions et de Radio France.

Article : Le Monde 24.01.09

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Quand Françoise Laborde reçoit Philippe Juvin :

Dans son 13 heures, France 2 donne alors la parole à un professionnel de la santé : Philippe Juvin, le « chef de service des urgences à l’hôpital Beaujon », précise Françoise Laborde. Juvin explique, sur le plateau, que ces morts ne sont pas dues à un manque de moyens, contrairement à ce qu’affirme par exemple l’Association des médecins urgentistes de France

Mise en garde contre « l’utilisation » politique de la mort d’un patient, « manque d’un pilote » pour l’hôpital, défense de la loi Bachelot … le discours de Juvin ressemble fort à des arguments politiques, tendance UMP. Et en effet, ce sont autant d’arguments déjà développés par Juvin lui-même dans … un communiqué du parti.
L’urgentiste de France 2 est, à ses heures perdues, secrétaire national de l’UMP, et membre du comité exécutif du parti. Sans oublier ses mandats de secrétaire départemental adjoint de l’UMP dans les Hauts-de-Seine, vice-président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, et maire de La Garenne-Colombes, tous ces renseignements étant mentionnés sur son blog ainsi que sur sa page Wikipedia.

A aucun moment de l’entretien, même lorsque l’interviewé prend position sur la loi Bachelot, ces fonctions ne sont évoquées. Le « synthé » de présentation de France 2 se contente d’indiquer : « Chef de service des urgence à l’AP-HP Beaujon (Clichy) » Infos : arretsurimages. net

 

L’UMP de Sarkozy a les jeunes qu’elle mérite 24.01.09

Filed under: < UMP — eilema @ 1:07

Merci une fois de plus à Sarkostique pour avoir déniché cette désopilante vidéo : Que pensent les jeunes UMP de la crise ?

Le mercredi 10 décembre, la jeunesse UMP se réunissait au Conseil régional d’Ile de France pour débattre sur le pouvoir d’achat des jeunes. L’occasion pour Entrevue.fr et Street Reporters de constater à quel point ils étaient concernés.

 

Le complexe de Sarkozy 22.01.09

Filed under: Coin Détente — eilema @ 10:03
 

Violences Policières Présumées : Un Rapport Critique 21.01.09

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Un rapport critique lourdement le ministère de l’intérieur dans un dossier de violences policières présumées.

C‘est un rapport paru au Journal officiel, dimanche 18 janvier, qui serait un peu passé inaperçu si l’avocat-blogueur Maître Eolas ne l’avait pas repéré. En quatre pages, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) critique lourdement le ministère de l’intérieur pour n’avoir engagé aucune procédure disciplinaire contre deux policiers qui auraient passé à tabac un ressortissant turc en voie d’expulsion à l’aéroport de Toulouse, le 15 mars 2006.

Chargée de veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité, cette autorité administrative indépendante avait reçu le témoignage d’un voyageur présent lors des faits présumés. Dans sa lettre, ce voyageur – nommé M. P. D. dans le rapport – assure avoir vu “un homme à terre, immobile (…), en souffrance, (…) qui n’oppose aucune résistance”, recevoir “des coups de pieds espacés” de la part d’un policier, à l’entrée du couloir d’embarquement de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. “Entravé les mains dans le dos, il n’a pas la possibilité de se protéger” continue le témoin, selon lequel la scène aurait en tout duré trois minutes, avant qu’un attroupement mette finalement fin aux actes des policiers.

La CNDS dresse ensuite la liste des nombreux obstacles qu’elle a rencontrés dans son enquête. Les deux policiers mis en cause ont refusé d’être entendus, avec le soutien de leur supérieur hiérarchique. Ils estimaient que les faits avaient été “définitivement jugés”, lorsque la cour d’appel de Toulouse avait “condamné le ressortissant turc F. A. pour refus de se soumettre à une mesure d’éloignement et violences à agents de la force publique”, le 19 juillet 2006.  Mais pour la commission d’enquête, cette condamnation ne peut être retenue pour disculper les policiers dans la mesure où les violences présumées auraient eu lieu dans l’enceinte de l’aérogare, “plusieurs minutes” après la tentative d’embarquement.

LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE ÉGALEMENT CRITIQUÉ

Mais les abus des policiers ne s’arrêterait pas là, selon la CNDS. M. P. D. aurait subit des “pressions morales” de la part des forces de l’ordre. Deux jours après leur convocation, les policiers auraient déposés plainte pour “dénonciation calomnieuse”. A la suite de cette plainte, M. P. D. avait accepté de signer un accord avec le procureur de la République qui prévoyait un classement sans suite en échange “d’une lettre d’excuses et d’un versement d’une somme d’argent aux deux fonctionnaires”. Dans ce cas précis, la CNDS reproche au ministère de la justice de n’avoir pas délocalisé le traitement de cette plainte à Paris, ce qui aurait pu éviter ce type de pression.

En ce qui concerne le ministère de l’intérieur, la Commission lui reproche de n’avoir lancé aucune procédure disciplinaire contre les policiers mis en cause. Dans sa réponse, Michèle Alliot-Marie affirme que l’enquête de la police des polices n’aurait permis d’imputer “aucun élément de faute professionnelle ou déontologique aux policiers mis en cause, (…) les deux policiers ayant usé de la force strictement nécessaire”. Cette version est contestée par la commission qui assure que son “analyse des faits est solidement adossée au témoignage d’un tiers et aux constatations médicales” réalisées le jour même à l’hôpital.

En conclusion, la CNDS regrette que son enquête “n’ait même pas donné lieu à des observations écrites aux deux fonctionnaires mis en cause et à leur supérieur hiérarchique, alors qu’ils ont tenté à plusieurs reprises (…) de faire obstacle à l’exercice des missions de la Commission”. Le ministère de l’intérieur et le ministère de la justice n’ont pas souhaité commenter ce rapport, se contentant de renvoyer aux lettres adressées à la Commission. “Dans ce dossier, il y a une volonté d’obstruction”, confie de son côté au Monde.fr une responsable de la CNDS, qui préfère rester anonyme. “Cette publication au Journal officiel était notre dernière possibilité, nous, on ne peut plus rien faire.

Article : Jean-Baptiste Chastand, Le Monde 20.01.09 I Illustration Otto T.

 

Tarnac, ou les fantasmes du pouvoir

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Témoignage de Gabrielle Hallez, mise en examen dans l’affaire de Tarnac.

J’ai été mise en examen et mise sous contrôle judiciaire suite aux arrestations du 11 novembre 2008. Sur les neuf personnes inculpées, Julien [Coupat] reste encore incarcéré. L’appel pour sa libération aura lieu dans les jours à venir. A nouveau l’attente. Le lent dégonflement de l’affaire continue, et une nouvelle étape a été franchie, vendredi 16 janvier, avec la sortie d’Yildune [Lévy]. Il en faudra d’autres.

Cette triste affaire aura au moins rappelé l’obsession du pouvoir : écraser tout ce qui s’organise et vit hors de ses normes.

Je ne voudrais pas qu’on puisse prendre cette histoire comme un événement isolé. Ce qui nous est arrivé est arrivé à d’autres, et peut arriver encore.

6h40 : braquée dans mon lit. Cagoulés, des hommes de la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) cherchent désespérément des armes en hurlant. Menottée sur une chaise, j’attends la fin des perquisitions, ballet absurde, pendant des heures, d’objets ordinaires mis sous scellés. Sachez-le, si cela vous arrive, ils embarquent tout le matériel informatique, vos brosses à dents pour les traces ADN, vos draps pour savoir avec qui vous dormez.

Après plus de huit heures de perquisition, ils me chargent dans une voiture. Direction : Paris-Levallois-Perret. Les journalistes cernent le village. Personne ne pourra manquer d’admirer le spectacle de la police en action, et les moyens imposants du ministère de l’intérieur quand il s’agit de sécuriser le territoire. Quand cinq flics arrêtent un type, ça peut sembler arbitraire, quand ils sont 150 et avec des cagoules, ça a l’air sérieux, c’est l’état d’urgence. La présence des journalistes fait partie de la même logique. Ce qui s’est passé là, comme les arrestations à Villiers-le-Bel, ce n’est pas un dérapage, c’est une méthode.

Levallois-Perret, locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et de la SDAT. Des préfabriqués sur trois étages, superposition de cellules spéciales, caméras panoptiques braquées en permanence sur toi. Quatre-vingt-seize heures de garde à vue. Mais le temps n’est vite plus un repère. Ni heure ni lumière du jour. Je ne sais pas combien de personnes ont été arrêtées. Je sais seulement, après notre arrivée, les motifs de mon arrestation.

Les interrogatoires s’enchaînent. Une fois huit heures sans pause, va-et-vient de nouveaux officiers qui se relaient. Mauvaises blagues, pressions, menaces : « Ta mère est la dixième personne mise en garde à vue dans le cadre de l’opération Taïga, on va la mettre en détention« , « Tu ne reverras plus ta fille« . Leur bassesse n’est pas une surprise. Ils me questionnaient sur tout : « Comment vivez-vous ?« , « Comment êtes-vous organisés pour manger ?« , « Est-ce que tu écris ?« , « Qu’est-ce que tu lis ? » Ils voulaient des aveux pour donner corps à leur fantasme de cellule terroriste imaginaire.

Un des officiers de la police judiciaire (PJ) m’a annoncé, lors de la perquisition : « Nous sommes ennemis. » Ennemis peut-être, mais nous ne sommes pas leur reflet. Il n’y a jamais eu de cellule invisible, et nous n’avons que faire de « chefs » et de « bras droits ». La police croit toujours que ce qu’elle traque est organisé à son image, comme en d’autres temps, où elle brandissait le spectre du syndicat du crime.

Un gendarme me lit un communiqué allemand, diffusé le 10 novembre en Allemagne, qui revendique les sabotages dans le cadre d’une action antinucléaire. Sabotages dont ils veulent nous accuser. Le communiqué apparaîtra dans le rapport de la SDAT transmis à la presse dès la première semaine, puis sera quasiment oublié.

Au bout de trois jours, un avocat peut venir assister le prévenu retenu sous le coup d’une procédure antiterroriste. Trois jours pendant lesquels tu n’es au courant de rien d’autre que de ce que la police veut bien te dire, c’est-à-dire rien ou des mensonges. Alors oui, ce fut vraiment un soulagement quand on m’a annoncé que je pouvais voir mon avocate. Enfin des nouvelles de ma fille et de l’ampleur médiatique de l’affaire. Nouvelles aussi du village et du comité de soutien créé dans les premiers jours qui ont suivi l’arrestation.

Puis ce fut le dépôt (lieu de détention avant de comparaître devant le juge). Là s’entassent des centaines d’hommes et de femmes dans la crasse et l’attente. Une pensée pour Kafka dans le dédale de la souricière, infinité de couloirs gris et humides dont les portes s’ouvrent sur les rutilantes salles d’audience. Je suis amenée jusqu’aux galeries toutes neuves de la section antiterroriste pour comparaître devant le juge d’instruction. Puis la prison.

Fleury-Mérogis – la plus grande d’Europe. Tous les charognards gardent cette prison, pigeons, corneilles, mouettes et de nombreux rats. Nous y sommes arrivées, Manon (Gilbert), Yildune et moi en tant que détenues particulièrement surveillées (DPS), ce qui implique des mesures de surveillance plus soutenues, comme, d’être chaque nuit réveillées toutes les deux heures, lumières allumées et sommées de faire signe. Fouilles intensives et répétées. Ce statut, seules les prisonnières politiques basques l’ont à Fleury, et Isa l’avait eu aussi, en détention depuis bientôt un an sous le coup d’une procédure antiterroriste [cette personne est soupçonnée d’avoir posé un explosif sous une dépanneuse de la Préfecture de police de Paris, en mai 2007]. Les fouilles au corps, le mitard, les petites humiliations, le froid et la nourriture dégueulasse : le quotidien de la prison est fait pour écraser.

Par un concours de circonstances favorables, Manon et moi sommes sorties assez rapidement. Circonstances favorables, c’est-à-dire : nous sommes blanches, issues de la classe moyenne, ayant eu l’opportunité de faire des études; grâce aussi à la multiplication des comités de soutien. Et puis, il y avait l’actualité, marquée par des événements révélateurs du climat politique actuel qui ne sont pas passés inaperçus (par exemple cette descente policière musclée dans un collège).

Je dis « rapidement », par rapport aux détentions préventives qui durent, pour la plupart, des mois et des années. Qui durent, notamment, pour ceux pour qui ne jouent jamais ces « circonstances favorables ». La plupart immigrés, voués au mépris de la police et des magistrats.

Mais ce qui est encore séparé au-dehors arrive à se reconnaître entre les murs de la prison. Des solidarités se nouent dans l’évidence d’une hostilité commune. La radicalisation de la situation amène de plus en plus de gens à subir la répression et la détention. Des rafles dans les banlieues aux peines de plus en plus nombreuses pour des grévistes ou des manifestants lors de mouvements sociaux.

Finalement, la prison est peut-être en passe de devenir un des rares lieux où s’opère la jonction tant redoutée par M. Sarkozy : « S’il y avait une connexion entre les étudiants et les banlieues, tout serait possible. Y compris une explosion généralisée et une fin de quinquennat épouvantable« , avait-il dit en 2006.

Article paru dans Le Monde, 20.01.09 I Photo © Afp / Thierry Zoccolan

 

Aurevoir, George… 20.01.09

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Illustrations (Courrier International) Par ordre d’apparition : © Burki (L’Hebdo) I Antonio (Expresso) I Cécile Bertrand (La Libre Belgique) I Cam (The Ottawa Citizen) I Barrigue