Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy et la psychiatrie : Lettre ouverte au président 29.12.08

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LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A PROPOS DE SON DISCOURS DU 02 DECEMBRE 2008 A L’HOPITAL ERASME D’ANTONY CONCERNANT UNE REFORME DE L’HOSPITALISATION EN PSYCHIATRIE.

Etampes, le 8 décembre 2008

Monsieur le Président,

Eluard écrit dans Souvenirs de la Maison des Fous « ma souffrance est souillée ».

Après le meurtre de Grenoble, votre impatience à répondre dans l’instant à l’aspiration au pire, qu’il vaudrait mieux laisser dormir en chacun d’entre nous, et que vous avez semble t-il tant de difficulté à contenir, vous a amené dans votre discours du 2 décembre à l’hôpital Erasme  d’Antony à souiller la souffrance de nos patients. Erasme, l’auteur de « L’Eloge de la Folie » eut pu mieux vous inspirer, vous qui en un discours avez montré votre intention d’en finir avec plus
d’un demi siècle de lutte contre le mauvais sort fait à la folie : l’enfermement derrière les hauts murs, lui appliquant les traitements les plus dégradants, leur extermination en premier, quand la barbarie prétendit purifier la race, la stigmatisation au quotidien du fait simplement d’être fou.

Vous avez à Antony insulté la mémoire des Bonnafé, Le Guillant, Lacan, Daumaison et tant d’autres, dont ma génération a hérité du travail magnifique, et qui ont fait de leur pratique, œuvre de libération des fécondités dont la folie est porteuse, œuvre de libération aussi de la pensée de tous, rendant à la population son honneur perdu à maltraiter les plus vulnérables  d’entre nous. Lacan n’écrit-il pas « l’homme moderne est voué à la plus formidable galère sociale  que nous recueillions quand elle vient à nous, c’est à cet être de néant que notre tâche quotidienne est d’ouvrir à nouveau la voie de son sens dans une fraternité discrète, à la mesure  de laquelle nous sommes toujours trop inégaux ».

Et voilà qu’après un drame, certes, mais seulement un drame, vous proposez une fois encore le  dérisoire panégyrique de ceux que vous allez plus tard insulter leur demandant d’accomplir votre  basse besogne, que les portes se referment sur les cohortes de patients.
De ce drame, vous faites une généralité, vous désignez ainsi nos patients comme dangereux, alors que tout le monde s’entend à dire qu’ils sont plus vulnérables que dangereux.

Mesurez-vous, Monsieur le Président, l’incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ? Vous donnez consistance à toutes les craintes les moins rationnelles, qui désignant tel ou tel, l’assignent dans les lieux de réclusion.

Vous venez de finir d’ouvrir la boîte de Pandore et d’achever ce que vous avez commencé à l’occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l’agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la  destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelques soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l’excès masquent mal la violence qu’il tente de dissimuler.

Vous avez donc, sous l’apparence du discours d’ordre, contribué à créer un désordre majeur, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale en désignant à ceux qui ne demandent que cela, des boucs émissaires, dont mes années de pratique m’ont montré que justement, ils ne pouvaient pas se défendre.

Face à votre violence, il ne reste, chacun à sa place, et particulièrement dans mon métier, qu’à  résister autant que possible.

J’affirme ici mon ardente obligation à ne pas mettre en œuvre vos propositions dégradantes d’exclure du paysage social les plus vulnérables.

Il en va des lois comme des pensées, certaines ne sont pas respectables ; je ne respecterai donc  pas celle dont vous nous annoncez la promulgation prochaine.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, la très haute considération que je porte à votre fonction.

Docteur Michael GUYADER, Psychanalyste.
Chef de service du 8ème secteur
De psychiatrie générale de l’Essonne,

Illustration © Jon Roscetti

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Allocution de Nicolas Sarkozy devant le personnel de l’établissement public de santé Erasme d’Antony (Hauts-de-Seine) à l’occasion de son déplacement sur le thème de l’hospitalisation en milieu psychiatrique :

 

Valérie Pécresse ment sur les franchises médicales 03.05.08

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Source : @rretsurimages.net

 

Fin du remboursement des lunettes [?] 16.04.08

Une nouvelle promesse de campagne s’envole. Le 6 février 2007, dans un français approximatif, Nicolas Sarkozy affirmait : « Pour les lunettes et les prothèses, les Français ont un remboursement qui ne doit pas être supérieur à 30%. J’ai proposé qu’on porte les remboursements jusqu’à 50%, alors que le problème d’hygiène dentaire c’est un problème de santé publique. On peut pas dire que c’est du confort, on peut pas se trimballer avec une dent qui manque, et pareil pour les lunettes. C’est pas une question de mode, c’est une question de nécessité« .

Le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a pourtant jugé possible que la Sécurité sociale se désengage totalement de secteurs comme l’optique qui seraient pris en charge uniquement par des complémentaires santé, à condition d’accroître la concurrence entre ces dernières.

Source : Libération I Illustration via Boingboing.net

 

Sida : Sarkozy s’incline devant Bono 26.02.08

Nicolas Sarkozy, le Sida, ça n’est pas son problème. C’est en effet sous son règne, le 27 septembre 2007, que le gouvernement français a renoncé publiquement à augmenter pour 2008 sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, et a annoncé que ce gel financier continuera en 2009 et 2010.

Bono reçu par Nicolas Sarkozy, mardi à l'Elysée (Philippe Wojazer/Reuters)

Extraits de l’article d’Ophélie Neiman (Rue89 – 08.01.08).

C‘est finalement par un chanteur que Nicolas Sarkozy s’est fait rappeler à l’ordre, alors même que la France projetait de réduire de 20 millions d’euros sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Selon David Martinon, porte-parole de l’Elysée, le Président est très sensible au plaidoyer du chanteur irlandais. A l’issue d’un entretien qualifié par la star « d’assez tendu » , Sarkozy lui aurait finalement promis de tenir ses engagements d’aide au continent : « Le président m’a promis que la France verserait les 20 millions manquants. Il a reconnu que ce serait très dur, mais il a assuré que la France tiendrait parole. ». À suivre, donc…

 

Mieux vaut être riche et en bonne santé… 21.01.08

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https://i1.wp.com/www.linternaute.com/actualite/cartoons/images/151-franchise.jpg

Bruno-Pascal Chevalier est atteint du Sida. En soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale, il a commencé une grève de soins, dont Nicolas Sarkozy a été informé par lettre recommandée en date du 3 Janvier 2007. Rappel

11 jours après, Nicolas Sarkozy répond (enfin !) à Bruno Pascal. La lettre présidentielle, et la réponse de Bruno-Pascal : (more…)

 

Franchise médicale : Des malades mettent leur vie en danger 09.01.08

Filed under: < Santé — eilema @ 5:41

Bruno-Pascal Chevalier est atteint du Sida. En soutien à toutes les victimes de la mise en place de la franchise médicale, il a commencé une grève de soins, dont Nicolas Sarkozy a été informé par lettre recommandée (ci-dessous).

Sur son site, http://grevedesoins.fr/ il collecte toutes les informations et les réactions relatives à cette action entamée en pleine conscience des risques qu’il prend pour sa santé particulièrement précaire.

L’action désespérée de Bruno-Pascal est suivie également par un homme de 56 ans, handicapé moteur de naissance des 4 membres. Sa lettre Ici.

POUR SIGNER L’APPEL CONTRE LA FRANCHISE SARKOZY : Pétition en ligne

Lettre à Nicolas Sarkozy

03-01-2008

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Morsang-sur-Orge, le 3 janvier 2008

Lettre recommandée avec avis de réception
Objet : Grève de soins contre la franchise médicale

Monsieur le Président,

Je suis atteint d’une affection longue durée, le SIDA. Par ailleurs, je suis travailleur social et engagé dans diverses associations citoyennes de solidarité. La mise en place de la mesure de la franchise médicale m’oblige à payer 50 euros par an d’impôt supplémentaire par le seul fait que je sois malade. Après en avoir discuté professionnellement ou dans le cadre de discussions privées avec de nombreuses personnes âgées, invalides, atteintes d’affections de longue durée, j’ai fait le constat que l’ensemble de ces personnes ne peuvent déjà plus faire face à leurs dépenses de santé et sacrifient cette santé en ne se soignant plus ou en repoussant à plus tard voire trop tard des démarches de soins. (more…)

 

Le Sida ? Rien à cirer ! 04.01.08

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Pour mémoire, lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a été le seul des candidats sollicités par AIDES, principal acteur associatif de la lutte contre le sida, à n’avoir ni répondu à leurs revendications, ni accepté de les rencontrer (Le communiqué). Il fut donc le seul pour qui l’affiche fut modifiée :

 

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Les malades du Sida, pour Nicolas Sarkozy, c’est en effet un peu comme les RMIstes, les SDF, les Sans-Papiers : une catégorie de la population pour laquelle il n’a aucune considération, et contre laquelle il travaille. En silence…

Il est donc important de savoir (et de ne pas oublier) que le 27 septembre 2007, le gouvernement français a renoncé publiquement à augmenter pour 2008 sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, et a annoncé que ce gel financier continuera en 2009 et 2010. Retour sur une promesse non tenue à travers une série de communiqués d’Act-Up. (more…)

 

[RÉ]Agir : VITE ! Appel Contre La Franchise 03.11.07

Filed under: < Santé — eilema @ 6:37


La Loi de Financement de la Sécurité Sociale sera discutée au Parlement courant Octobre 2007. La mobilisation contre les franchises s’étend de jour en jour. Un sondage récent annonce que 70% des Français y seraient opposés.

Comme le gouvernement ne se moque (décidément) pas de nous, François Fillon a une solution toute trouvée pour que notre portefeuille (pas le boursier, l’autre) ne soit pas trop allégé par cette franchise. Judicieux, il nous propose d’abandonner notre forfait internet ou notre téléphone portable : « Comment comprendre que le paiement d’une franchise soit insupportable dans le domaine de la santé alors qu’une charge de plusieurs centaines d’euros par an pour la téléphonie mobile ou l’abonnement Internet ne pose pas de question ? » (5). Pas bête !

Autre solution à tenter : SIGNEZ LA PÉTITION (Colonne de gauche en arrivant sur le site).

Source : Appel Contre La Franchise

Nicolas Sarkozy, élu, adopte une POSTURE FAUSSEMENT COMPASSIONNELLE pour annoncer que les franchises serviront à mieux prendre en charge la maladie d’Alzheimer, le cancer et les soins palliatifs. Et pour ce faire, il annonce la mise en place d’un déremboursement de 0.50 euro sur chaque boîte de médicament, chaque acte paramédical (d’infirmier, de kinésithérapeute) et de 2 euros sur chaque transport sanitaire, à hauteur, dans un premier temps, de 50 euros. Essayant ainsi de faire oublier ses déclarations précédentes sur la nécessaire responsabilisation des malades : « Je suis également partisan de l’introduction dans des conditions équitables… équitables, j’ose le mot aussi … d’une franchise sur la consommation de soins… nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? Non. La question de la franchise c’est pour moi une question incontournable. Elle pourrait être forfaitaire et acquittée chaque trimestre car c’est la seule façon de res-pon-sa-bi-li-ser les patients. Je m’explique: si les dépenses d’assurance-maladie diminuent et donc le déficit diminue, on pourra alors, à la suite du débat au parlement, baisser le montant de la franchise. Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. ». Ainsi, ce seraient les malades du cancer, les patients atteints d’Alzheimer dont le Président s’entoure… qui seraient les premiers touchés par ces franchises. Dans le même temps, le Président Sarkozy annonce que la dépendance des personnes âgées ( une des pires conséquences de la maladie d’Alzheimer) : « est le plus souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits financiers innovants ».

Le texte de la pétition ( mise en ligne en Avril 2007, avant l’élection) reste inchangé : il n’est pas possible, aujourd’hui, de modifier un texte qu’ont signé plus de 60.000 personnes. Il manifeste notre opposition à ce déremboursement masqué qui ne résoudra pas les questions du financement de l’assurance-maladie mais a pour seul but de convaincre peu à peu l’ensemble des Français que le système d’assurance maladie solidaire est financièrement intenable, afin de mieux ouvrir la voie aux assurances privées qui lorgnent sur cet immense marché.

La Loi de Financement de la Sécurité Sociale sera discutée au Parlement courant Octobre 2007. La pétition reste d’actualité. Parlez-en autour de vous. Faites la signer.

Un collectif national regroupant partis politiques, associations, syndicats, s’est créé pour amplifier le mouvement initié par la pétition, à l’adresse : www.contre-les-franchises.org.

« FRANCHISE » SUR LES SOINS : L’ASSURANCE MALADIE SOLIDAIRE EN DANGER

En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les « responsabiliser », c’est à dire les pénaliser financièrement pour « qu’ils consomment moins », ou, au minimum, pour que « la Sécu rembourse de moins en moins ».

Déremboursements incohérents, augmentation du « ticket modérateur » sur des soins courants, généralisation des dépassements tarifaires pour les médecins spécialistes, invention du forfait de 1€ par acte de soins ou de biologie, du forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91€, l’actuelle majorité a multiplié les atteintes à la prise en charge solidaire des soins. Mais si elle a augmenté le reste à la charge des patients, le déficit de l’assurance maladie n’en a pas été comblé pour autant.Aujourd’hui Nicolas Sarkozy va plus loin, beaucoup plus loin, en annonçant que s’il est élu il mettra en place une « FRANCHISE » c’est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout. Franchise qui, pour mieux jouer son rôle de dissuasion de la consommation, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires, au moins dans un premier temps.

Nous, professionnels de santé, acteurs du monde associatif ou médico-social, universitaires, représentants des usagers et/ou usagers du système de santé dénonçons les RISQUES MAJEURS D’UNE TELLE FRANCHISE :

Franchise = Régression sociale : Dans son principe même une franchise d’un montant identique pour tous « pèsera » différemment selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins des plus modestes : Dans une France où vivent plus de 3 millions de chômeurs et 7 millions de « travailleurs pauvres », 100 € de soins de santé non remboursés ce n’est pas rien… Et ce sont eux qui seront les premières victimes de la franchise si jamais elle voit le jour. La franchise, c’est la remise en cause de ce progrès social et sanitaire évident qu’avait été la création de la CMU.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins primaires et la santé publique : Pour les « gros consommateurs », c’est-à-dire les patients atteints de maladies lourdes, il n’y aura pas le choix : il faudra payer. Mais au-dessus du montant de la franchise, ce sera sinon gratuit du moins « comme avant ».
La cible de cette mesure ce sont surtout les petits ou moyens consommateurs qu’il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

Franchise = Remise en cause du « tiers payant » : Les professionnels de santé ne pouvant savoir si le montant de la franchise a, ou non, déjà été acquitté, les patients devront systématiquement faire intégralement « l’avance de frais ». Ce qui constituerait un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins des plus modestes.

Franchise = Porte ouverte à l’escalade : Nicolas Sarkozy ne s’en est pas caché, cette franchise sera « modulable » c’est-à-dire que « si les dépenses augmentent et si le déficit augmente on pourrait augmenter le montant », et comme les dépenses augmenteront, inéluctablement, la franchise augmentera, non moins inéluctablement, et avec elle augmentera la gravité de ses effets pervers.

Nous refusons l’instauration d’une telle « FRANCHISE», socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique.
Rejoignez-nous afin d’exiger des candidats à la présidentielle une clarification de leur position face à cette menace inacceptable sur l’accès aux soins en France.

FRANCHISE MÉDICALE : LE DOUBLE DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY

« franchise : n.f. 1. qualité d’une personne franche, sincérité, droiture ; 2. clause d’une assurance qui fixe une somme forfaitaire restant à la charge de l’assuré »

Mai 2004. Sur le plateau de « Cent minutes pour convaincre », le spectre d’une franchise sur les remboursements de soins est pour la première fois agité devant les Français. Et c’est Philippe Douste-Blazy, venu vanter sa réforme de la dernière chance, qui, dans son style inimitable, fait rempart de son corps pour sauver la protection sociale à la française de cette menace : « des gens… nous envoient des mails et… disent, “ Ce n’est pas compliqué, faisons une franchise…les 100, ou 200, ou 300 premiers euros par personne, vous les payez, après ça sera l’Assurance maladie ”. Ça… je le refuse… parce que c’est comptable, c’est injuste parce qu’on ne peut pas faire payer de la même manière celui qui a un gros salaire, que celui qui est au SMIC, le système changera, ce ne sera plus le système de l’assurance maladie que l’on connaît »

Si par pudeur le Ministre de la Santé de l’époque gardait la discrétion sur l’anonyme spammeur qui lui envoyait des mails en ce sens, ce secret était un secret de Polichinelle. L’homme qui enjoignait alors Philippe Douste-Blazy de prendre des mesures drastiques n’était autre que son homologue des Finances, Nicolas Sarkozy, lequel dès 2001, dans Libre, écrivait : « Je crois utile qu’un système de franchise soit mis en place comme pour tout processus d’assurance. Ainsi les 500 premiers francs [76,22 €] de dépenses de santé annuelles des assurés sociaux ne seraient pas remboursés, afin de responsabiliser ceux-ci. »(2)

« Responsabiliser les assurés »… Ce vieux dogme néolibéral qui tente de reporter la faute du déficit sur des assurés sociaux infantiles au comportement irresponsable, et des médecins laxistes, complices, sans jamais interroger l’équation financière de la protection sociale, de plus en plus déficitaire au fur et à mesure que s’amenuisent les revenus du travail au profit des revenus spéculatifs.

« Responsabiliser les assurés », ce fut l’axe principal de la réforme Douste-Blazy, dont on voit bien aujourd’hui, lorsque ce vaillant défenseur de la protection sociale vient faire la claque aux meetings de son nouveau leader, qu’avec sa franchise de 1 euro sur les consultations et les actes de biologie médicale ( à hauteur de 50 euros annuels), il n’a fait que mettre le pied à l’étrier à la franchise Sarkozy à laquelle il prétendait barrer la route. Incohérence, quand tu nous tiens…
A la convention Santé de l’UMP , en juin 2006, après l’habituel couplet sur les abus et les fraudes ( parfait pour désespérer la population de la notion de solidarité), Nicolas Sarkozy pose LA question : « Nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? » Escamotant habilement le mot « solidaire », il traite la protection sociale comme une simple question d’assurance commerciale. Mais se garde d’avancer un chiffre. Car la franchise sur les remboursements modifierait profondément le système de protection sociale. L’entourage néolibéral de l’homme qui cite Jaurès pour appliquer le programme de Thatcher le sait bien : un système de franchise « forfaitaire et acquittée chaque trimestre » aurait des effets dramatiques pour les patients aux faibles revenus, mais pas assez pauvres pour en être dispensés. Certains d’entre eux amputeraient leur train de vie modeste pour pouvoir accéder aux soins. D’autres tenteraient de les retarder, y renonceraient. Tous seraient fragilisés, et cette précarité dans le domaine fondamental qu’est la santé les rendrait plus « flexibles » encore.

Confrontés à la croissance des dépenses de santé, aucun pays européen ne s’est lancé dans un dispositif semblable, connaissant l’importance de la médecine de premier recours en terme de santé publique et de prévention. Notons cependant que Nicolas Sarkozy se garde bien de porter atteinte aux intérêts des firmes pharmaceutiques : la franchise ne s’appliquera pas au médicament, car, selon Nicolas Sarkozy « ça pénalise celui qui est très malade ». Pas de doute, la France conserverait sous Nicolas Sarkozy sa première place mondiale en terme de consommation pharmaceutique.

« Comment comprendre que le paiement d’une franchise soit insupportable dans le domaine de la santé alors qu’une charge de plusieurs centaines d’euros par an pour la téléphonie mobile ou l’abonnement Internet ne pose pas de question ? » pointe François Fillon (5), comparant sans vergogne la santé des malades à la téléphonie mobile, conformément au grand rêve de l’Organisation Mondiale du Commerce : « Un Peuple, un Empire, Un Hypermarché ». En Novembre 2006, présentant le projet de l’UMP, il précisera les détails du système envisagé : il s’agirait de remplacer « les forfaits mis en place ces dernières années » par une franchise annuelle de 50 à 100 euros, modulable.
Mais étrangement, devant le panel venu récemment l’interroger sur TF1, et 9 milllions de téléspectateurs, Nicolas Sarkozy livre un tout autre chiffre : sa franchise n’est plus de 100 euros, mais… représenterait seulement « les 5 ou 10 premiers euros de dépense de santé chaque année »(4) , puis, dans un autre entretien, « quelques centimes à quelques euros pour chaque acte ». (6)

C’est qu’entre-temps Xavier Bertrand, actuel Ministre de la Santé devenu porte-parole et « caution sociale » juppéiste du candidat qui cite Jaurès pour mieux masquer le programme de Thatcher, a fait remonter à Nicolas Sarkozy une note des fonctionnaires de la Direction de la Sécurité Sociale détaillant les « inconvénients socio-économiques » (7) de cette mesure, à savoir, que 27% de la population ne percevraient plus un centime de la Sécu chaque année ( tout en continuant à cotiser). Ceci « pourrait fragiliser l’adhésion à l’assurance-maladie obligatoire ». Mais n’est-ce pas, de manière discrète, le but poursuivi de longue date par les néolibéraux, tandis que dans leur ombre les assurances attendent de relever « les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l’intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l’amélioration des services de protection sociale. » (8)

Difficile dans ce contexte de pousser les feux, et Nicolas Sarkozy tente de minorer la franchise pour éviter un faux-pas électoral. Reste que depuis la réforme Douste-Blazy, les forfaits sur les soins se sont multipliés, augmentant le reste à charge de l’assuré. Remplacer ces forfaits par une franchise ne se conçoit que si celle-ci dépasse, et de loin, les « quelques centimes à quelques euros pour chaque acte » qu’avance maintenant prudemment Nicolas Sarkozy pour ne pas effrayer l’électeur. De même, il ne répète plus que : « Si les dépenses augmentent, et donc le déficit augmente, on pourrait alors augmenter le montant de la franchise. » (3)

Philippe Douste-Blazy le disait dès 2004 : « Qu’est-ce qui se passe quand il y a une franchise de 200 euros ? Eh bien vous avez tout de suite des gens pour vous dire, moi je vous les paie, les assureurs, c’est un système que je ne veux pas, en tout cas je ne resterais pas dans ce système politique si vraiment on perd le système de la protection sociale. » (1)

Sans attendre (ne rêvons pas) que l’ancien Ministre de la Santé mette ses actes en concordance avec ses paroles, patients et professionnels de santé doivent se mobiliser, et apprendre à se méfier de la franchise à géométrie variable de Nicolas Sarkozy.

Christian Lehmann est médecin généraliste et écrivain.
Dernier ouvrage : « Les Fossoyeurs… Notre santé les intéresse », éditions PRIVE, février 2007.

POUR MIEUX COMPRENDRE…

VIDÉOS

Christian Lehmann, médecin généraliste, initiateur de la pétition contre la franchise santé de N. Sarkozy, explique son engagement.

Conférence de presse du 25 septembre 2007, avec Christian Lehmann, médecin et co-initiateur de l’Appel Contre la Franchise, et Hugues Fischer, co-président d’Act-Up Paris.

A la convention Santé de l’UMP en juin 2006, Nicolas Sarkozy plaide pour une franchise sur les remboursements de soins médicaux. « Nous parlons d’assurance maladie… Y a-t-il une seule assurance sans franchise ? » Escamotant habilement le mot « solidaire », il traite la protection sociale comme une simple question d’assurance commerciale.

Le 28 mars 2007, Philippe Juvin, responsable du Programme Santé de Nicolas Sarkozy a expliqué comment le candidat à l’élection présidentielle financerait ses politiques de santé.
Le financement se fait tout d’abord par des recettes nouvelles dûes à la croissance et a ainsi rappelé l’étude de l’institut Rexecode qui démontrait que seul le programme de Nicolas Sarkozy était créateur d’emplois et de croissance.
Mais, le financement se fera également par une meilleure organisation du travail, comme ce fut le cas à l’Hôpital Beaujon où Philippe Juvin est chef du service des Urgences.
Il faudra par ailleurs mieux maîtriser les dépenses, lutter contre les fraudes.
Enfin, Philippe Juvin a expliqué en quoi consistait la franchise que Nicolas Sarkozy souhaite instaurer.

LIVRES

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Les Fossoyeurs… Notre santé les intéresse, de Christian Lehmann.

Les Fossoyeurs, comme les Envahisseurs que traquait David Vincent dans la célèbre série américaine des années 60, viennent d’une autre planète, celle où le profit est roi. Ces extra-terrestres ont pris forme humaine pour mieux nous infiltrer et nous soumettre aux lois du marché, au nom du néolibéralisme, de ce système dans lequel il s’agit de courir toujours plus vite, quitte à laisser sur le bord du chemin les plus faibles . Enfin ! Ne plus payer pour les vieux, les malades, les handicapés, tous ceux qui ralentissent la marche en avant vers des lendemains qui chantent pour l’actionnaire.
Début 2005, Philippe Douste-Blazy se félicitait de la « réforme de la dernière chance » qui devait sauver la Sécurité Sociale des affres d’une privatisation « à l’américaine ». « C’est en changeant tous un peu qu’on peut tout changer », clamait-il.

Christian Lehmann a vu les Fossoyeurs. Il les a suivi, a infiltré leurs lieux de pouvoir, décrypté leurs messages : ce sont eux qui nous expliquent que le déficit de la Sécurité Sociale est lié au laxisme généralisé de patients abuseurs et de médecins complices. Eux qui inlassablement désignent des fraudeurs et des parasites aux aides sociales, pour amener la population à désespérer du système solidaire. Eux qui cherchent à responsabiliser par l’argent les plus démunis. Le cauchemar a déjà commencé. Ce sont nos vies qui sont en jeu.

En quelques années à peine, ils ont profondément modifié le paysage sanitaire français, installant dans la population l’idée que la santé était un commerce comme un autre, que le système de Sécurité Sociale était obsolète et financièrement intenable. Ils ont appliqué, en ville, à l’hôpital, en dépit du bon sens, les dogmes de leur secte, laminant les expériences de sortie du paiement à l’acte, cautionnant et généralisant les dépassements tarifaires, introduisant à l’hôpital le tri des patients selon la rentabilité, modifiant le fonctionnement de la Sécu pour y appliquer des objectifs financiers masqués sous prétexte de maîtrise médicalisée.

Drôle et acide, ce récit alimenté par l’expérience d’un généraliste très au fait de son sujet, nous alerte sur cette menace qui avance masquée. Les Fossoyeurs, où l’on croise tous les acteurs et témoins du monde de la santé ( sans compter quelques économistes médiatiques et autres politiques aux dents longues), nous fait revivre deux ans d’enquête et de combat dans les méandres d’un système hermétique. Dans ce système, le patient fait figure de dernière roue du carrosse.Christian Lehmann déshabille les rouages d’un système prêt à nous broyer et dénonce tous les petits mensonges qui nous mettent, discrètement, en péril. Surtout, il pose, en plein débat électoral, la question clairement : « Au nom du profit, la santé publique est-elle soluble dans le néolibéralisme ? »

Christian Lehmann est médecin généraliste depuis plus de 20 ans, et écrivain. Il est notamment l’auteur du best-seller No Pasaran Le jeu, de la Folie Kennaway (Rivages Noir), Une éducation anglaise (L’Olivier) et Patients si vous saviez (Robert Laffont). Révolté par la convention médicale et le lobby des labos, il lance en 2004 le Manifeste contre la réforme de la Sécurité Sociale, qui recueille plus de 30 000 signatures.

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Le mythe du « Trou de la Sécu », de Julien Duval.

A en croire les médias et les débats politiques, la Sécurité sociale serait menacée de faillite par un déficit abyssal. Pour faire face à l’augmentation des dépenses et au vieillissement de la population, notre système de protection sociale, créé en 1945 pour donner « la garantie à chaque homme qu’en toutes circonstances il pourra assurer sa subsistance et celle de personnes à sa charge », serait condamné à se « réformer » sans cesse : déremboursements, réduction des prestations, hausse des cotisations, voire privatisation. Chercheur au CNRS, Julien Duval renverse les termes du problème: il n’y a pas de « déficit de la Sécu » mais « un besoin de financement » que les gouvernements successifs ont décidé de ne pas satisfaire en multipliant depuis 1993 les exonérations de charges sociales. En effet, l’affaiblissement de la protection sociale découle non pas d’arbitrages techniques mais d’un choix politique: le transfert généralisé des  » risques » du capital vers le travail.

[(1)« Cent Minutes pour convaincre : Il faut sauver la Sécurité sociale », émission diffusée sur France 2, le 17 Mai 2004, invité : Philippe Douste-Blazy, ministre de la Santé et des Affaires sociales I (2) « Libre », Nicolas Sarkozy, éditeur Robert Laffont, 2001 I (3) http://www.viewontv.com/ump/convention_270606/index.php: discours de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, Paris, le 27 Juin 2006 I (4) « J’ai une question à vous poser », émission diffusée sur TF1 le 05 Février 2007, invité : Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à la présidentielle 2007 I (5) : http://www.blog-fillon.com/archive-06-27-2006.html I (6) Le Quotidien du Médecin, 9 Février 2007 I (7) « Les experts de la Santé enfoncent le projet de l’UMP pour la Sécu », Le Canard Enchaîné, Alain Guédé, le 31 Janvier 2007 I (8) Guillaume Sarkozy, président de Mederic, lors de sa prise de fonction de Délégué Général, le 1 Septembre 2006, http://www.mederic.com]

 

Accès des sans papiers à la santé en Europe 24.10.07

Filed under: < Santé — eilema @ 12:10

http://www.eoef.org/file.php?file=/1/inclusionpics/EUstar.JPG

La Plateforme pour la Coopération Internationale sur les Sans Papiers (PICUM), avec l’appui d’Eurocities, a tenu à Bruxelles, Belgique, une conférence de deux jours, les 28 et 29 juin 2007, sur l’accès des sans papiers à la santé en Europe. La conférence a réuni presque 200 participants incluant les représentants d’ONG, les autorités locales, les dispensateurs de soins médicaux, les décideurs, les chercheurs, les sans papiers et d’autres acteurs pour partager leurs expériences et discuter des moyens de faire face aux problèmes liés à l’insuffisance de services de santé pour les sans papiers.

Ce rapport  fournit une vue d’ensemble sur les contributions des intervenants de même que les thèmes principaux des discussions au cours des sessions plénières et des ateliers et est également disponible sur le site web de PICUM (www.picum.org) ou téléchargeable sur ce Lien.

 

le fantasme du tourisme médical 01.09.07

Filed under: < Santé — eilema @ 10:46

Tribune de Médecins du Monde. 

[…] Mme X., qui vit en Angleterre, s’est fait poser une prothèse de hanche à Valence en Espagne : compétence du chirurgien, qualité de l’accueil, rapidité des soins, coûts nettement inférieurs à ceux d’une clinique privée à Londres… Elle en est enchantée.
Ce n’est qu’un exemple du tourisme médical intra européen qui se développe depuis plusieurs années. Il est facilité par la libre circulation des personnes, l’extension européenne des couvertures maladies, l’aisance financière de nombre de malades, mais aussi la privatisation de services sanitaires, et la moindre qualité ou disponibilité de certains systèmes de santé.

Rien à voir a priori avec la santé des personnes qui, rejoignant l’Europe pour fuir conflits, oppression et pauvreté des pays du sud, se retrouvent ici sans ressources et sans soins. Et pourtant, dès lors que nous demandons une couverture maladie effectivement universelle, qui permettrait aux migrants les plus pauvres un accès aux soins de qualité, se dresse le spectre d’un « tourisme médical mondial, payé par le contribuable européen ».

Or il s’agit d’un pur fantasme. Ces personnes ne quittent pas leur pays, leur famille, leurs proches, tout un passé par plaisir ou pour se faire soigner. Ils fuient la guerre, l’oppression, la misère. Et, l’Espagne, la France et l’Italie, qui en Europe sont les pays qui accordent le meilleur accès aux soins aux étrangers en situation irrégulière, ne sont pas submergés par des vagues de sans papiers malades, risquant leur vie dans les chaloupes des passeurs pour venir se faire soigner. Les exilés sans papiers que rencontrent les équipes de Médecins du Monde implantées dans 11 pays de l’Union Européenne, ne vont se faire soigner qu’en toute dernière extrémité, parfois trop tard. Ainsi 94% de ceux qui sont porteurs du virus de l’hépatite C ou B, ne l’apprennent qu’une fois arrivés en Europe, souvent même longtemps après.
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Roselyne Bachelot-Narquin

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MINISTRE DE LA SANTÉ, DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS. (more…)