Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy et ces femmes afghanes aux mains coupées 03.05.08

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LE PARADOXE DU SARKOZYSME.

Au cours de sa dernière intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a justifié l’envoi de troupes en Afghanistan par l’impossibilité de dialoguer avec “des gens qui ont amputé d’une main une femme parce qu’elle avait mis du vernis à ongles“. Une référence à la cruauté des talibans si souvent répétée qu’on ne se soucie plus d’en vérifier l’authenticité, comme si la cruauté des châtiments – de la lapidation des femmes adultères à l’interdiction pour les jeunes filles d’aller à l’école – nous dispensait d’enquêter.

L’histoire circule sur Internet depuis des années dans d’innombrables versions. Parfois la victime est une petite fille de 10 ans. Parfois c’est une femme. Le plus souvent, on rapporte que les talibans se “contentaient”, si l’on ose dire, d’arracher les ongles. Dans la version présidentielle, on a amputé la main.
Il est étrange qu’aucune enquête sérieuse ne soit venue questionner les modes de diffusion d’une telle rumeur. Une source semble en être un rapport d’Amnesty International datant de 1997 dont les conclusions étaient bien plus modestes que les commentaires qu’elle a inspirés. “Dans un cas au moins, écrivait l’organisation humanitaire, les châtiments infligés ont pris la forme d’une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l’extrémité du pouce d’une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette “punition” avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles.”

Sam Gardiner, un colonel de l’armée américaine, qui a enquêté sur la communication de guerre des campagnes en Afghanistan et en Irak, a démontré récemment que “l’histoire des ongles arrachés” avait été choisie par Alastair Campbell, le conseiller de Tony Blair, pour illustrer les violences faites aux femmes par les “étudiants en théologie” et diffusée massivement pour convaincre l’opinion publique et les gouvernements européens qui hésitaient à se joindre à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
La même story fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu’à utiliser les mêmes phrases. Dès novembre 2001, a révélé Sam Gardiner, “l’orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington“. Le 17 novembre 2001, Laura Bush, la première dame des Etats-Unis, déclare : “Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les doigts qui ont les ongles vernis.” Et Cherie Blair, son homologue britannique, d’affirmer (à Londres le lendemain) : “En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés.”

Au cours d’une conférence à l’université de Strathclyde, en Ecosse (7-9 septembre 2007), Gardiner a décrit comment les scénarios quotidiens préparés par le centre d’information de la Maison Blanche étaient en fait alimentés par Alastair Campbell, du 10 Downing Street. Jim Wilkinson, qui travaillait à l’époque au bureau de la communication stratégique à la Maison Blanche, se félicita de l’efficacité de cette campagne, “la meilleure chose que nous ayons faite pour obtenir le soutien de pays où la coalition antiterroriste se heurtait à un grand scepticisme“.

En laissant autant d’influence aux “storytellers politiques“, a estimé le colonel Gardiner, Bush et Blair ont terni la “crédibilité” de leurs pays : “Ce sera un traumatisme plus grand encore peut-être que pour le Vietnam lorsque nous devrons nous retirer d’Irak. (…) Les hommes politiques se heurteront à une opinion qui refusera de les croire même s’ils disent la vérité.” Est-ce le début d’une prise de conscience en Grande-Bretagne des méfaits du storytelling ? Lors d’une visite en Irak en juin 2007, Gordon Brown a promis que les futures analyses de la situation militaire, présentées par les services de renseignement, seraient indépendantes du pouvoir politique.

Ignorant les leçons du blairisme, Nicolas Sarkozy, lui, continue d’imiter le couple Blair-Campbell, jusqu’à reprendre ses méthodes et son langage quand il s’agit de convaincre l’opinion de s’engager davantage en Afghanistan. Comme eux, il récolte les fruits de cette stratégie qui aboutit à faire de l’action gouvernementale une pure entreprise de communication et qui, loin de gagner la confiance des électeurs, généralise l’incrédulité.

Ce diagnostic s’impose en Grande-Bretagne alors que l’on entre dans l’après-Blair. “Bien avant que la brouille due à la guerre en Irak ne ternisse complètement la réputation du gouvernement en matière de vérité, écrit par exemple le spécialiste des médias Raymond Kuhn dans un livre bilan des années Blair (Blair’s Britain sous la direction d’Anthony Seldon), l’une des caractéristiques des années pendant lesquelles Blair a dirigé le New Labour a été aux yeux de nombreux électeurs l’association avec les petites phrases et le spin.” En somme : trop de communication tue la communication.

Vers le milieu du premier mandat de Blair, ajoute Kuhn, les articles critiques envers les tentatives du gouvernement de contrôler l’agenda médiatique ont commencé à remplacer les commentaires qui, jusqu’alors, faisaient l’éloge du professionnalisme de la machine médiatique du New Labour.” Une inflexion qui semble inspirer le changement d’attitude de la presse française à l’égard de M. Sarkozy. Et expliquer sa chute dans les sondages. L’inflation d’histoires ruine la crédibilité du narrateur. L’habileté, à trop s’avouer, se dément. C’est le paradoxe du sarkozysme.

Article de Christian Salmon – écrivain – paru sur LeMonde.fr

 

Sarkozy en Tunisie, ou la Realpolitik décomplexée 02.05.08

Visionner le Télézapping (Le Monde) relatif au voyage officiel de Nicolas Sarkozy en Tunisie ICI

 

Fillon le Va-t-en guerre 15.04.08

À l’heure où le pays dope ses effectifs en Afghanistan, François Fillon a déclaré samedi 12 avril, lors de sa visite au Japon, que la France souhaite la création d’une « force internationale » sous mandat de l’ONU pour lutter contre les actes de piraterie maritime tels que le détournement du Ponant par des pirates somaliens.

« Nous allons demander que, sous mandat de l’ONU, une force internationale, à laquelle la France naturellement est prête à participer, puisse oeuvrer à la sécurité du transit maritime dans cette région du monde, comme dans le détroit de Malacca« , en Asie du sud-est, a déclaré le premier ministre lors d’un discours devant les Français du Japon, sur le navire de guerre français Mistral, en escale à Tokyo. Un texte sera déposé après discussion au Conseil de sécurité des Nations unies.

Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, avait déclaré vendredi à la presse que le président proposait une « initiative internationale » pour lutter contre la piraterie maritime, sans plus de détails. « Au cours des dix années passées, c’est 3 200 marins qui ont été pris en otages, 500 ont été blessés, 160 tués. Donc, c’est un vrai problème de sécurité internationale auquel nous faisons face« , avait-il dit.

Source : Le Monde

 

Tibet : Le coq Sarkozy est enroué 25.03.08

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Le soir de son élection, il avait promis d’être le président des opprimés : « Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme. A tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde. Je veux leur dire que la fierté et le devoir de la France sera d’être à leur côté. La France sera aux côtés des infirmières libyennes enfermés depuis 8 ans. La France n’abandonnera pas Ingrid Bétancourt et la France n’abandonnera pas les femmes qu’on condamne à la Burka. La France n’abandonnera pas les femmes qui n’ont pas la liberté. La France sera du côté des opprimé du Monde, c’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’Histoire de la France. »

Celui sous le règne de qui le triste record du plus jeune enfant (3 semaines) incarcéré en France depuis 1980 aura été atteint ne manque décidément pas de culot. Parce que c’est sous sa gouvernance et en son nom que plus que jamais la France renie les droits fondamentaux de certains des individus qui la peuple (sans-papiers en tête).

Au niveau international – excepté le cas Ingrid Bétancourt – Nicolas Sarkozy est davantage représentant d’armes que représentant des droits humains. Le petit père des peuples opprimés aura ainsi mis 10 JOURS à s’exprimer publiquement sur la situation au Tibet.

Les « responsables occidentaux » demandent à la Chine de « tuer avec retenue » au Tibet, accuse l’ancien Premier ministre Alain Juppé, alors que le président Nicolas Sarkozy a appelé lundi Pékin à la « retenue » après les violences dans cette province.

« Le premier mouvement, devant la répression sanglante des manifestations au Tibet par les autorités chinoises, c’est tout naturellement la révolte et la condamnation », écrit l’ex-ministre des Affaires étrangères dans un message mis en ligne lundi soir sur son blog. « Et qu’entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou New York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes ? Un appel à « la retenue » », poursuit-il. « En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de « tuer avec retenue » ! ». « Je suis ébranlé quand je vois l’allant que certains mettent aujourd’hui à pratiquer cette « realpolitik » qu’ils fustigeaient tant hier. Il y a des grâces d’état. Des disgrâces aussi », souligne le maire de Bordeaux.

Côté ambassade, c’est bakchich qui nous l’apprend : le 21 mars dernier, le service de presse de l’ambassade de France en Chine faisait part sur son site web de son admiration pour la couverture des émeutes au Tibet par les médias chinois…

Fidèle au poste, le service de presse de la vénérable ambassade de France en Chine a pondu, le 21 mars, une lettre d’information consacrée à la couverture des émeutes au Tibet par les médias chinois. Vaste programme. Si la description des articles de presse et images diffusées à la télévision est conforme à la réalité, l’analyse de l’ambassade dérape, elle, en beauté. La position officielle de la France a beau être « filer doux avec l’ami chinois », rien n’obligeait la représentation diplomatique à s’extasier de la sorte devant la nouvelle « communication de crise » de Pékin.

Après avoir rappelé à juste titre que la CCTV, la télé nationale chinoise, figure parmi les premières à avoir diffusé des images triées des émeutes, l’ambassade passe vite sur les commentaires accusant « la clique du Dalaï Lama » d’avoir fomenté les troubles, avant de s’embourber. Pour de bon. En clair dans le texte : « en choisissant de montrer autant, il semble que celui-ci [le régime chinois] ait résolument pris le risque que les émeutes s’étendent par mimétisme. (…) Elles [les images de la télé chinoise] étaient par ailleurs moins terrifiantes que celles qu’on pouvait voir dans le reste du monde sur les télévisions ou sur internet. » Brrrr… Et la cerise sur le gâteau : « il y avait ainsi quelque audace sur le plan intérieur à publier ces images. Un tel niveau de transparence était en tout cas inédit. »

À ce stade, c’est plutôt l’internaute français expatrié en Chine qui doit trouver inédite la prose de son ambassade. Mais poursuivons, le reste vaut son pesant d’or…

Suffoquant d’admiration devant l’audace de la stratégie de communication chinoise, la vénérable représentation tricolore se devait d’en remettre une couche : « quelle que soit l’interprétation que l’on a des évènements, il faut donc constater que l’opinion publique chinoise a depuis le 20 mars librement accès à la plupart de l’information visuelle que l’on peut voir par ailleurs dans le reste du monde. » Bien entendu, à part une petite allusion au site de partage de vidéos YouTube devenu « soudain inaccessible depuis la Chine », par l’opération du saint-esprit sans doute, pas un mot sur les censures intermittentes dont ont été victimes des médias tels que la BBC ou CNN.

Liberté d’expression à tous crins sur Internet.

Même topo pour le traitement des émeutes sur le Net par les principaux sites chinois. Après avoir osé rappeler que les évènements au Tibet ont déferlé avec un brin de retard sur le web chinois, l’ambassade de France à Pékin se presse de chanter les louanges du « vent libéral » qui « a soufflé sur l’internet chinois » où « on a pu y lire des commentaires pour le moins audacieux » ! Des messages qui l’étaient parfois, comme celui-ci qui a visiblement échappé à la censure : « suivons l’exemple du peuple tibétain ! Respect au peuple tibétain ! ». Ou encore « avant, je ne regardais jamais les actualités politiques. Mais à midi j’ai vu le premier ministre Wen qui rencontrait des journalistes étrangers. Je trouve que c’est très excitant. J’ai soudain l’impression d’être fier d’être chinois ». Et l’ambassade de France est-elle fière d’elle ?

Quand à savoir quelle sera la position de la France par rapport aux Jeux Olympiques, nous possédons à ce sujet une formidable intervention. Leçon magistrale de langue de bois en bonne et due forme :

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« We cooperate. We just cooperate. » 24.03.08

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La scène se passe au sommet européen de Lisbonne en décembre 2007. La chancelière allemande à son côté, Nicolas Sarkozy passe devant un groupe de journalistes. L’un d’eux l’interpelle : « C’est la lune de miel, monsieur le président ? » Veston déboutonné, les mains dans les poches, goguenard, le chef de l’État se tourne vers la chancelière allemande qui, à ce moment-là, regarde ailleurs : « Hé, Angela ! Viens ici ! Il demande… Honeymoon ? » La chancelière, s’efforçant de sourire : « We cooperate. We just cooperate. » (Nous coopérons, c’est tout.)

Source : Le Monde (22.03.08)

 

Cette Afrique qu’on affame et assassine 11.03.08

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RÉFUGIÉS DE LA FAIM.

La nuit était noire, sans lune. Le vent soufflait à plus de 100 kilomètres à l’heure. Il faisait se lever des vagues de plus de 10 mètres qui, avec un fracas effroyable, s’abattaient sur la frêle embarcation de bois. Celle-ci était partie d’une crique de la côte de Mauritanie, dix jours auparavant, avec à son bord 101 réfugiés africains de la faim. Par un miracle inespéré, la tempête jeta la barque sur un récif de la plage d’El Medano, dans une petite île de l’archipel des Canaries. Au fond de la barque, les gardes civils espagnols trouvèrent les cadavres de trois adolescents et d’une femme, morts de faim et de soif.

La même nuit, quelques kilomètres plus loin sur la plage d’El Hierro, un autre rafiot s’échoua : à son bord, 60 hommes, 17 enfants et 7 femmes, spectres titubants à la limite de l’agonie (1).A la même époque encore, mais en Méditerranée cette fois-ci, un autre drame se joue : à 150 kilomètres au sud de Malte, un avion d’observation de l’organisation Frontex repère un Zodiac surchargé de 53 passagers qui – probablement par suite d’une panne de moteur – dérive sur les flots agités. A bord du zodiac, les caméras de l’avion identifient des enfants en bas âge et des femmes. Revenu à sa base, à La Valette, le pilote en informe les autorités maltaises, qui refusent d’agir, prétextant que les naufragés dérivent dans la « zone de recherche et de secours libyenne ». La déléguée du Haut Commissariat des réfugiés des Nations unies Laura Boldini intervient, demandant aux Maltais de dépêcher un bateau de secours. Rien n’y fait. L’Europe ne bouge pas. On perd toute trace des naufragés.

Quelques semaines auparavant, une embarcation où se pressaient une centaine de réfugiés africains de la faim, tentant de gagner les Canaries, avait sombré dans les flots au large du Sénégal. Il y eut deux survivants (2). (more…)

 

Petite leçon d’ironie diplomatique 10.03.08

Lors de sa visite officielle en Roumanie, notre très digne président avait jugé utile de subtiliser le stylo avec lequel il venait de signer des contrats. Clin d’oeil à ce geste sarkozyen par excellence, les allemands ont décidés de lui en offrir un avant qu’il ne vole le leur.

 

Nicolas et Carla à Buckingham : Le malaise 23.02.08

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Le président, la reine et le cadeau de mariage.

A Buckingham, Carla Bruni chantera-t-elle une chanson ? Et quel présent offrir à ce « jeune couple » tellement kitsch ?
Les 26, 27 et 28 mars prochain [selon Buckingham Palace], lors de la visite d’État de Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle épouse, Carla, en Grande-Bretagne, il faudra à Sa Gracieuse Majesté tous ses talents de diplomate pour les accueillir avec le sourire. Selon un proche de la cour, leur séjour chez les Windsor n’est pas sans inquiéter la famille royale. « Sa Majesté jouera à la perfection son rôle d’hôtesse, comme toujours, mais il est indubitable que certains craignent que nous ne soyons utilisés comme décor d’exception pour le prochain épisode du soap opera du président français », me dit-on. Car les informations venues de France agacent de plus en plus Buckingham.

Dans une interview donnée récemment, Mme Sarkozy a trouvé « grisante » l’idée de sa prochaine rencontre avec la reine, avant de décrire le couple qu’elle forme avec le président français comme vivant « up tempo » [« Les amoureux, on le sait, ont leur propre temps. Le nôtre est up tempo », interview dans L’Express du 13 février 2008].

Dans une autre publication, on apprend par ailleurs qu’elle souhaiterait emporter sa guitare pour jouer à la souveraine une chanson qui dit notamment « Mon monde est meilleur quand tu es avec moi parce que tu es ma reine » . Selon mon informateur, Elisabeth II n’est pas particulièrement enthousiasmée par la récente union de Nicolas Sarkozy et a décidé de ne pas envoyer de cadeau de mariage, ce qui pourrait bien être jugé méprisant, surtout à la veille d’une visite officielle.

Dans le monde de la symbolique royale, on cogite aussi intensément sur ce que pourrait être le cadeau de bienvenue offert au président français. Comme l’explique un porte-parole, « il n’est pas dans les habitudes de la reine d’offrir des cadeaux de mariage lorsqu’elle ne connaît pas personnellement les mariés. Et nous n’avons pas encore décidé de ce que nous offririons au couple présidentiel à son arrivée à Londres. » Le premier jour sera le moment le plus délicat de la visite, la reine devant recevoir le président et la première dame pour un déjeuner privé. Ensuite, le protocole reprendra ses droits pour régir plus strictement le déroulé des événements. Et puis, si Carla finit vraiment par sortir sa guitare, au moins sait-on que Sa Majesté est passée maîtresse dans l’art d’accueillir avec courtoisie les spectacles les plus incongrus.

[Source : Article d’Olivier Marre paru dans The Observer (in Courrier International) I Illustration © Dave Brown / The Independent]

 

Kadhafi, un dictateur fréquentable 20.01.08

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Denis Sieffert, directeur de l’hebdomadaire Politis, revient sur la visite controversée du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en France. « Pourquoi ne pas le reconnaître ?­ Il y a dans les bons usages diplomatiques dictateur et dictateur. (…) Kadhafi [est] un dictateur « limite ».Il n’est pas assez déraisonnable pour finir comme Saddam Hussein. Mais pas assez sage pour avancer vers une apparence de démocratie. Ses interlocuteurs occidentaux ont donc à s’accommoder de cette contradiction. Et, apparemment, ils s’en accommodent. Cet homme est en train de devenir un dictateur fréquentable. Selon les critères officiels, qu’est-ce qu’un dictateur fréquentable ? Ce n’est pas moins un dictateur, ni davantage un démocrate. C’est un personnage qui a accepté de passer sous les fourches caudines des grandes puissances, qui ne les menace plus, et tourne sa haine exclusivement contre son peuple. »
Politis (France) in Courrier International

 

Étrange ressemblance… 13.01.08

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« Il n’a jusqu’à présent jamais fait preuve de compétence – et encore moins de sensibilité – dans le domaine de la politique étrangère. Son ton est rude, inélégant, son attitude narcissique et sa vision de la démocratie inquiétante. » « Il divise, au lieu de rassembler. C’est un simplificateur, qui ne maîtrise nullement le jeu complexe de la discussion et du compromis. »

Qui donc ? Sarkozy ? Non. On doit ces mots au journaliste Stefan Kornelius, du Süddeutsche Zeitung [Courrier International, 10.07.2003], qui parlait alors de Berlusconi. C’est étrange…

 

France-Syrie : Le tortueux chemin de Damas 30.12.07

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Le 30 décembre 2007, Nicolas Sarkozy, en visite officielle au Caire, déclarait que la France interrompait toute relation avec Damas, accusé d’empêcher la tenue de l’élection présidentielle au Liban. Mais dès le lendemain, Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, a appelé à deux reprises le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Moallem, révèle Al-Hayat. Le quotidien panarabe cite l’agence officielle syrienne Sana. A la suite de la diffusion de l’information, Claude Guéant a, pour sa part, déclaré que ses nouveaux contacts avec le ministre syrien n’avaient pour but que de signifier à Damas… la suspension de leurs contacts diplomatiques !

Source : Courrier International

 

Au nom de l’amitié franco-lybienne 21.12.07

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Président de l’Assemblée Nationale de mars à juin 2007, député UMP, et compagnon de Michèle Alliot-Marie, Patrick Ollier est aussi président du groupe parlementaire d’amitié franco-lybien. À ce titre, on lui doit cette formidable déclaration :

« Il doit peut-être exister quelques reliquats de pratiques anciennes, comme la torture, dans les prisons lybiennes. Si d’aventure cela était vrai, ce n’est pas en refusant d’accompagner Kadhafi et la Lybie vers une mutation que l’on rendra service aux droits de l’homme ».

Source : Le Canard Enchaîné du 12 Décembre 2007.  

 

Kadhafi loves Paris, Sarkozy loves Kadhafi 15.12.07

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13 Novembre 2007, Séance solennelle devant le Parlement européen. Nicolas Sarkozy ose :

« TOUS CEUX QUI ONT FAIT L’EXPÉRIENCE DE RENONCER À LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME AU BÉNÉFICE DE CONTRATS, N’ONT PAS EU LES CONTRATS, ET ONT PERDU SUR LE TERRAIN DES VALEURS. »

Un mois plus tard, Muammar Al-Kadhafi pose le pied sur le sol français.

Nicolas Sarkozy, après avoir dénoncé les excès de critiques contre cette visite, s’est comme à son habitude, placé en sauveur de l’équilibre mondial, en affirmant avoir fait « ce qu’il fallait faire, c’est à dire éviter à toute force un affrontement entre le monde musulman et le monde occidental ».

Après avoir usé du « J’ai changé » qui l’a propulsé à la tête de l’état, le chef de l’État abuse désormais du « Il a changé », qui (juge-t-il), l’autorise à accueillir avec faste ce notoire pourfendeur des Droits de l’Homme. (1)

La campagne de désinformation est ouverte. Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, notamment, s’emploient donc à démontrer le bien fondé de cette visite au travers de la supposée rédemption du Colonel Kadhafi.

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Assemblée Nationale, 12 décembre 2007 : Bernard Kouchner, parfaitement acquis à la cause Sarkozyste et assujetti à merveille au discours officiel, répond à Arnaud Montebourg. Du grand Kouchner, qui avale son chapeau à s’en étouffer…

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Canal + : Face à Rachida Dati, Jean-Michel Aphatie tente de démontrer avec des éléments sinistrement récents, qu’il n’est guère question de rédemption chez Muammar Al-Kadhafi.

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Rachida Dati répondra à cette intervention avec les arguments officiels déjà entendus ci-dessus. La vidéo complète Ici.

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Des nombreuses voix qui se sont élevées contre le séjour en France de Muammar Al-Kadhafi, la plus médiatisée de toute aura sans nul doute été celle de Rama Yade, qui selon Claude Guéant, secrétaire général de l’élysée, « a exprimé une sensibilité, mais pas la voix de la France ».

Celle qui a désormais la colère systématique contre un gouvernement pour lequel elle continue néanmoins à travailler a ensuite durci le ton, en déclarant au Parisien/Aujourd’hui en France que : « Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort

Nouvelle instrumentalisation de la jolie demoiselle afin d’apaiser le courroux des opposants à cette visite ? Coup de pub de celle dont l’arrivisme supplante définitivement les principes ? Les deux, sans doute. Ce qui est indéniable, c’est que sur cette photo, prise à Tripoli le 25 Juillet 2007, Rama Yade semblait moins frileuse à l’égard du Colonel.

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Ce jour-là, elle avait tenu des propos contrastant avec ceux tenus ce lundi 10 décembre : « La Libye cherche aujourd’hui à entrer dans le concert des nations de manière normalisée et cette libération apparaît comme le signal de départ de ce processus ».

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« J’ai dit au Président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l’homme ». C’est ce que Nicolas Sarkozy affirme, tout autant que Kadhafi le dément.

« Le Guide » Lybien ne se contentera pas de contredire Nicolas Sarkozy à une heure de grande audience. Au siège de l’UNESCO, il expliquera ne pas avoir à recevoir de leçons de la part d’un pays qui ne respecte pas les Droits des Hommes immigrés.

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PAR ICI LES CONTRATS…

« Les droits de l’homme d’affaire, on le sait, sont proportionnels à l’importance des dépenses… »(2)

« 14 Rafales, 35 hélicoptères Tigre, 21 Airbus, un aéroport, des autoroutes et un réacteur nucléaire »(2). Au total, l’addition du Colonel Kadhafi devrait atteindre les 10 milliards d’euros. En principe seulement, puisque sur ces 10 milliards d’euros, 3 seulement sont à peu près assurés, et qu’à défaut de contrats, il ne s’agit que de « memorum d’intention ».

Peu importe qu’il ne s’agisse que de promesses de ventes. Ce chiffre, c’est celui que Nicolas Sarkozy « martèle et brandit dès que les « naïfs », les « donneurs de leçons » parlent de droit de l’homme ou critiquent sa diplomatie de VRP »(2).

La grande surprise de cette semaine de shopping, c’est que Kadhafi, qui a débarqué « avec une caravane de 100 limousines et une suite de 400 personne, laisse aussi dire qu’il achèterait des avions Rafale. Une aubaine, et surtout une grande première pour ce coûteux joujou dont le fabricant, la maison Dassault, n’a depuis le lancement de l’appareil il y a plus de 20 ans, jamais réussi à vendre un seul exemplaire hors de nos frontières »(2). Rappelons-le, Dassault est un ami intime du Président de la République ». Le monde est si petit…

PIÈCES JOINTES…

Berlin pointe les risques d’accès au nucléaire militaire que pourrait amener l’accord de partenariat signé mercredi entre Sarkozy et Kadhafi.

05 Octobre 2007, Claude Angeli, rédacteur en chef du Canard Enchaîné, revient sur les accords passés entre la France et la Lybie lors de la libération des infirmières Bulgares.

(1) Lire à ce sujet :
Lettre ouverte au Président Sarkozy sur la visite du colonel Kadhafi/ Fédération Internationale des Droits de l’Homme http://www.fidh.org/spip.php?article4994 : « Il est important que la France sache, à la veille de la visite du Président Kadhafi, que la Libye est toujours gouvernée par la même structure et que les droits inhérents à un système de gouvernement démocratique tels que le droit à la liberté d’expression, à la liberté d’association, de réunion, d’information, etc. n’existent pas et doivent être rétablis et surtout garantis à tous les libyens. A cet égard la volonté du peuple doit redevenir le fondement du pouvoir comme il est stipulé dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il est impératif, pour l’instauration de la démocratie, la stabilité et la sécurité en Libye, synonyme de paix dans la région, qu’une constitution démocratique, qui fasse de la volonté du peuple librement exprimée, par un vote secret et au suffrage universel, le fondement de tout pouvoir et la source de toute légitimité. »
Amnesty International http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/actualites/visite_du_colonel_kadhafi_a_paris
– Lybie, rapport 2005 / Reporters Sans Frontières : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=13299

(2) Extraits d’articles du Canard Enchaîné du 12 décembre 2007

 

Kadhafi, un invité gênant pour la France 12.12.07

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Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a entamé le 10 décembre une visite officielle de cinq jours en France au cours de laquelle il doit rencontrer des représentants politiques, des hommes d’affaires et des intellectuels. Sa présence suscite une vive polémique, le président français Nicolas Sarkozy étant accusé de privilégier de juteux contrats commerciaux au détriment du respect des droits de l’homme.

Le Monde (France)

Le quotidien estime que « la hâte à recevoir [Kadhafi], les prévenances dont il est entouré pour une bien longue visite donnent à la France un rôle peu glorieux. En ne posant aucune condition à l’approfondissement de sa relation avec Tripoli, Paris accorde un blanc-seing à un vieux dictateur dont le principal atout semble tenir à ses réserves de pétrodollars. A la différence d’Angela Merkel, qui défend les droits de l’homme et les principes démocratiques en tous lieux et quel que soit son interlocuteur, M. Sarkozy profite de l’incapacité de l’Europe à adopter une position commune sur ces questions pour se « placer » auprès des dirigeants les moins respectueux des libertés. Il n’est pas anormal d’avoir un dialogue avec la Libye, pays qui compte sur la rive africaine de la Méditerranée. Mais le langage de la France semble contraint par l’accord, resté mystérieux, qui a présidé à la libération des infirmières, le 24 juillet. »

Corriere della Sera (Italie)

« La diplomatie est l’art des nuances et Sarkozy ne connaît pas les demies mesures », note le politologue français Dominique Moïsi, chercheur de l’Institut français  de relations internationales (IFRI), dans une interview réalisée par Massimo Nava. « Sarkozy en fait trop ou pas assez. La diplomatie n’est pas son fort et les polémiques sont justifiées, non seulement à cette occasion. Je pense aux embrassades avec [George] Bush, les félicitations adressées à Poutine. Cette visite en grande pompe aurait dû être plus discrète (…). Tout cela a une logique : l’image de Sarkozy est celle du président des grandes entreprises. Sa diplomatie est une diplomatie mercantile. Elle peut être légitime et faire du bien à l’économie, mais il faut le dire sans hypocrisie. Sarkozy avait promis plus d’Europe, mais il me semble qu’il y a surtout plus de France dans sa vision. »

La Vanguardia (Espagne)

Aux protestations attendues de la gauche française contre la venue de Khadafi se sont ajoutées celles de Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, qui a déclaré que la France « n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits ». Pour le quotidien, « une partie de la France conserve ses principes moraux en défendant les droits de l’Homme et, pour elle, la présence de Kadhafi n’est pas simplement gênante. Elle constitue un véritable affront. En plus de se réunir avec Sarkozy, Kadhafi se rendra aussi à l’Assemblée nationale, le temple de la démocratie française, et nouera des contacts avec le patronat. Le dirigeant libyen arrive avec 10 milliards d’euros pour acheter des avions Airbus, une centrale nucléaire et des armes. Décomplexé, le président français a justifié cette invitation par le fait que Kadhafi est à nouveau respectable (…). »

Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne)

Selon Joseph Hanimann, « le jeu diplomatique mouvementé, auquel Nicolas Sarkozy, fidèle à son mot d’ordre de rupture, soumet la conscience morale de les intellectuels le soutenant, atteint un nouveau point culminant à l’occasion de la visite de cinq jours du colonel Kadhafi. Des intellectuels comme André Glucksmann avaient l’habitude de voir leurs protestations ne susciter guère de réactions ou, à la rigueur, être accueillies avec dédain par la classe politique. L’obstination et la suffisance dont font preuve Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs pour imposer leurs décisions viennent semer le trouble parmi les schémas intellectuels classiques. C’est ainsi que les critiques les plus sévères de la visite du chef d’Etat libyen ne viennent pas d’intellectuels, mais du gouvernement lui-même. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, a été claire sur ce point en affirmant que la France n’était pas un paillasson sur lequel un dirigeant pouvait venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. Ces propos feront l’effet d’une formule miracle parmi tous les opposants à cette visite officielle. »

Courrier International

 

Il n’est pas le seul !

Filed under: < International — eilema @ 8:46

André Glucksmann ne comprend pas le soutien de Sarkozy à Poutine
Dans une interview réalisée par Stefano Montefiori, le philosophe français André Glucksmann, qui a activement soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, ne cache pas sa déception après les félicitations adressées par Nicolas Sarkozy à Vladimir Poutine, dont le parti Russie unie a remporté le 2 décembre les législatives. « Poutine en a fait voir de toutes les couleurs [pendant la campagne] non pas parce qu’il est omnipotent mais, au contraire, parce qu’il vit dans la panique. Seuls les chefs d’Etat occidentaux ne l’ont pas compris, pas même Sarkozy. Il y a deux raisons à cette panique, Poutine n’a pas encore dépassé le traumatisme de la révolution orange en Ukraine qui constitue pour lui le coeur de la Russie. (…) Il n’a pas réussi à stabiliser la Russie. (…) L’Europe devrait élaborer une politique énergétique commune et se présenter unie au Kremlin. Au contraire, tous les leaders européens font la course pour tenter d’arriver à Moscou avec un métro d’avance sur le voisin. »
Corriere della Sera (Italie)

Courrier International

 

Nicolas et ses amis patrons en Chine 01.12.07

Filed under: < International — eilema @ 8:02

chine.jpg © Fidh (Fédération Internationale des Droits de l’Homme)

Pour sa première visite d’état en Chine, Nicolas Sarkozy ne s’est pas contenté d’emmener sa mère avec lui et d’oublier Alain Delon sur Paris. Dans ses bagages : une quarantaine de chefs d’entreprises. Côté gouvernement : sept ministres et secrétaires d’État. Et une « grande » absente : Rama Yade, en charge des droits de l’Homme au Quai d’Orsay car « c’est le président qui se chargera de cette question », selon l’Elysée.

Sont donc présent – notamment – dans cette impressionnante délégation : Anne Lauvergeon (Areva), Patrick Kron (Alstom) et Louis Gallois (EADS), Pierre Gadonneix (EDF), Gérard Mestrallet (Suez), Henri Proglio (Veolia-Environnement).

« Nous voulons établir avec la Chine une relation forte, au moment où les relations entre Pékin et certains pays occidentaux ont tendance à se tendre », affirme l’Elysée, tandis que Pékin a qualifié cette visite « d’importante ». « L’Eldorado chinois attire massivement les entreprises françaises (800 implantées dans le pays) mais nous avons un effort de rattrapage à accomplir », ajoute-t-on.

Le chef de l’Etat espère pouvoir « signer d’importants contrats », selon son porte-parole David Martinon, notamment dans le domaine de l’électro-nucléaire et du transport aérien. Areva et Alstom tablent sur la vente de deux réacteurs de 3e génération EPR et EADS sur une commande d’Airbus.
Le patron d’EDF, Pierre Gadonneix, s’apprête de son côté à investir dans le nucléaire chinois : l’électricien français serait proche d’un accord avec son partenaire chinois, la CGNPC, qui lui permettrait d’avoir 30% du capital d’une co-entreprise.

Comme on n’a décidément peur de rien au sommet de l’État, on prend la peine d’indiquer que « La marque de cette visite », c’est « le mot environnement », a affirmé Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de M. Sarkozy. En matière de « croissance économe en énergie, on a de puissantes sociétés, telles que Suez, Veolia ou Lafarge, qui peuvent partager leur savoir-faire ». C’est beau l’altruisme…

Comme il l’avait fait à Washington, le président français plaidera auprès des autorités chinoises pour la réévaluation du yuan, afin de rééquilibrer la balance commerciale très déficitaire (-16 milliards d’euros en 2006) entre les deux pays. « Nous souhaitons établir des relations harmonieuses et justes entre le dollar, l’euro, le yen et le yuan », affirme l’Elysée. « Le président redira qu’il faut établir une relation plus équitable entre les quatre monnaies ».

Autres questions à l’ordre du jour : la propriété intellectuelle (Danone et Schneider ont quelques difficultés dans ce domaine), la contrefaçon, dont 80% provient d’Asie, essentiellement de Chine, et les fonds souverains (détenus par des Etats).
Enfin, les questions internationales seront abordées : Afrique surtout, en particulier le Darfour, mais aussi Birmanie et Iran. Des questions secondaires, donc…

À partir de la dépêche Afp de Nadège Puljak

 

Kouchner pousse la chansonnette 24.11.07

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Après Kouchner Acteur, voici donc Kouchner Chanteur. Dans Courrier International, un article du Times pose son bémol sur la dite chansonnette :

CHOUX DE BRUXELLES : La diplomatie chantante de Kouchner et Steinmeier.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont conclu le conseil des ministres franco-allemand organisé le 12 novembre à Berlin en enregistrant un duo pour faire l’éloge de l’intégration en Europe. La chanson de R’nBesk qu’ils ont interprétée a été écrite par Muhabbet, un jeune chanteur germano-turc. Cette initiative surprend quelque peu le quotidien britannique. « Juste au moment où l’on commençait à s’inquiéter parce que le comportement de certains hommes politiques laissaient penser qu’ils ne saisissaient pas la gravité de certains des défis auxquels le monde est confronté, deux des diplomates européens les plus influents font quelque chose qui vous fait réaliser que, en fait, vous ne vous êtes pas fait assez de soucis. (…) A l’époque de Zhou Enlai [ministre des Affaires étrangères chinois de 1949 à 1958], la diplomatie était sans doute « le prolongement de la guerre par d’autres moyens ». Mais aujourd’hui, elle n’est plus que le prolongement de la Star Academy par d’autres moyens. » The Times (Royaume-Uni)

 

Il n’en rate pas une ! 09.11.07

Filed under: < International — eilema @ 12:20

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Condi Rice « Américaine venue d’ailleurs » : la bourde de Sarkozy.

Si ça avait été dit par Chirac, on aurait appelé ça une grosse gaffe. Venant de Nicolas Sarkozy, en pleine lune de miel américaine, c’est passé pour une petite maladresse.

Mardi, devant le French-American Business Council à Washington, le président français a cité Condoleezza Rice au milieu d’une liste de personnalités qui ne seraient pas complètement américaines. « Ça fait plus de vingt ans que votre ministre des Affaires étrangères est un Américain venu d’ailleurs ». Peu de temps auparavant, devant la communauté française, il parlait de son amour pour l’Amérique, dotée depuis vingt-et-un ans d’un ministre des Affaires étrangères qui n’est « pas américain du canal historique », accordant la paternité de l’expression à Rama Yade. Déjà, le 21 septembre dernier, il avait inclus la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice parmi des « Américains de l’extérieur ».

Passons sur la question arithmétique (Madeleine Albright, la première de la liste, a été nommée en 1997) pour creuser ce « canal historique ». Madeleine Albright est effectivement née en République tchèque. Les parents de Colin Powell, né à New York, sont des immigrés jamaïcains. Mais les parents, grands-parents et arrière grands-parents de Condoleezza Rice sont des Américains d’Alabama. Le président français voulait probablement faire valoir que les trois derniers chefs de la diplomatie américaine ne sont pas des « white males » (hommes blancs), contrairement à leurs 63 prédécesseurs.

Condoleezza Rice est la première à y être sensible, c’est sans doute la raison pour laquelle le Département d’Etat n’a pas réagi à la boulette. George W. Bush, fils de président, petit-fils de sénateur, a aussi toujours été très sensible aux carrières de ceux qui se sont faits tous seuls. Il a toujours parlé avec fascination du parcours de son ancien ministre de la Justice, Alberto Gonzales, premier hispanique à ce poste, fils d’immigrés qui a grandi dans un trois pièces avec sept frères et soeurs.

Nicolas Sarkozy, fils d’immigrant hongrois, partage cette fascination.

Dans son interview à CBS, il a confié que son père craignait que son nom, Sarkozy, ne soit un handicap en France et qu’il pensait qu’il aurait plus de chances de réussir aux Etats-Unis. Lorsque Arnold Schwarzenegger avait été élu gouverneur de Californie, en 2003, chacun s’attardait sur la reconversion politique du Terminator; Nicolas Sarkozy s’était d’abord montré impressionné par l’élection d’un immigrant autrichien dans le plus grand état américain.

Quand il part à l’étranger, le chef de l’Etat français se compose des délégations vitrine. Le New York Times a bien noté qu’il était venu à Washington « sans épouse mais avec des femmes pour refléter la diversité de son cabinet ». Dans la délégation, on compte ainsi Rachida Dati et la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, d’origine sénégalaise, Rama Yade, « que M. Sarkozy appelle sa Condi Rice ».

Ironiquement, les deux femmes noires diffèrent sur un point. Rama Yade dit s’être laissée convaincre par Nicolas Sarkozy parce qu’il soutient la discrimination positive. Condoleezza Rice, qui, contrairement à Rama Yade, en a bénéficié, est bien plus ambiguë sur le sujet et a soutenu le gouvernement Bush lorsqu’il a combattu l”affirmative action” appliquée par l’université du Michigan.

[Par Guillemette Faure♥Rue89♥08/11/2007]

 

La diplomatie volante de Superman Sarkozy 06.11.07

Filed under: < International — eilema @ 1:57

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Le dernier voyage de Sarkozy au Tchad fait, à juste titre, couler beaucoup d’encre. La Tribune de Genève a décidé de faire court, mais efficace !

La diplomatie volante de Superman Sarkozy.

Après les infirmières bulgares, les hôtesses de l’air espagnoles et les journalistes français, le président Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois enfilé sa combinaison bleue, frappée du S de Superman, et volé au secours d’Européens retenus dans les méandres judiciaires d’un pays africain. En Libye, il avait envoyé sa femme en vol de reconnaissance. Pour le Tchad, il a dû faire sans Cécilia pour les raisons que l’on sait.

Une fois de plus, Nicolas Sarkozy passe par-dessus ses ministres, ici Bernard Kouchner, et règle seul les problèmes. Il attire les projecteurs européens sur lui en jouant également le gentleman dont l’avion présidentiel fait un crochet par l’Espagne pour déposer les hôtesses de l’air. Faut-il applaudir cette diplomatie volante? Les familles des personnes retenues le feront et on les comprend. L’opinion publique se laissera aussi séduire dans un premier temps. Mais très vite, une question brutale va se poser : quel prix a payé Sarkozy au Tchad pour pouvoir jouer les sauveurs ? Ce n’est pas sur sa bonne mine que le président tchadien, Idriss Déby, a dessaisi les juges de N’Djamena et autorisé le président français à repartir avec des personnes accusées de complicité de trafic d’enfants. Y a-t-il eu un gros chèque, des promesses de livraison de matériel ou des contreparties d’autre nature? Certainement. Mais comme pour la Libye, on baignera dans un océan de rumeurs et bien malin qui connaîtra toute la vérité. Ce qu’on peut supposer en revanche, c’est que la diplomatie volante va finir par coûter cher. Certains pays ont parfaitement compris maintenant comment faire venir Sarkozy sur leurs terres.

 

Aux Armes Sarkozy ! 03.11.07

Filed under: < International — eilema @ 2:15

plantuchar.jpg © Plantu

C’est « grâce » aux efforts de Dassault et de Lagardère, deux amis personnels de Nicolas Sarkozy, que la France peut s’enorgueillir d’être une « Grande Dame » de l’armement puisqu’elle totalise de 10 à 15% du marché mondial de la vente d’armes. Depuis sa prise de fonction, le chef d’État a été très actif sur ce secteur (notamment au Maroc lors de sa dernière visite : Article).

Ce juteux marché est en effet sur le point de permettre à Nicolas Sarkozy de tenir deux de ses promesses : relancer la croissance, et permettre à certaines personnes (les ouvriers de l’armement, en l’occurence) de travailler plus.

Selon la secrétaire d’État Condoleezza Rice (annonce du 2 août 2007), la valeur des livraisons d’armes en direction de l’Arabie saoudite, l’Egypte, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, Oman et les Emirats arabes unis devrait rapporter 46 milliards d’euros aux États-Unis au cours des dix prochaines années. « On s’aperçoit qu’il y a en ce moment une course à l’armement. Et puis là-dessus vient Nicolas Sarkozy qui livre des armes à la Lybie » (1). Le Niger n’a pas caché son inquiétude face à ces « cadeaux » de la France à la Libye, laquelle revendique depuis quelques mois 30 000 kilomètres carrés de territoire nigérien riches en pétrole et en uranium.

Le 7 décembre 2006, une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée par cent cinquante-trois États, a autorisé la préparation d’un traité sur le contrôle des transferts d’armements dits « conventionnels », jusqu’ici privés de cadres normatifs. Vingt-quatre pays se sont abstenus lors de ce vote, parmi lesquels la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, Israël et le Pakistan. Un seul a voté contre : les Etats-Unis. Le Conseil de l’Union européenne a quant à lui publiquement soutenu cette résolution. Mais paradoxalement, au même moment ou presque, Paris signe avec Tripoli d’importants contrats : 168 millions d’euros pour l’achat par la Libye de missiles antichars Milan (qui équipent déjà les forces de quarante et un pays) à MBDA (2) ; 128 millions d’euros pour un système Tetra de communication radio à European Aeronautic Defence and Space (EADS).

La France devrait vendre pour plus de 6 milliards d’euros d’armes à l’étranger en 2007, contre 3,38 milliards en 2004, déclarait, le 18 septembre 2006, un porte-parole de la délégation générale pour l’armement (DGA). Nicolas Sarkozy, qui prônait la croissance et se félicite donc de ce commerce de mort, crie à l’injustice devant l’indignation face à cette hausse : « Qu’est-ce qu’on va me reprocher ? De trouver des contrats ? De faire travailler les entreprises françaises ? (3)» Au-delà du fait que ce commerce morbide ne semble poser aucune question morale à Sarkozy, le journaliste Maurice Lemoine signale qu’en plus, le chef de l’État tire un peu trop vite à lui une couverture qui n’est pas totalement la sienne, puisque certaines négociations étaient entamées depuis 18 mois.

Normalement, les membres de l’Union européenne sont en principe contraints de respecter un code de conduite qui leur interdit, en particulier, de nourrir des conflits existants. Comment se fait-il alors que la France, soit-disant émue par le conflit au Darfour, puisse contourner cette règle en armant le Soudan par exemple ?

Tout simplement en le faisant indirectement par le biais de la mondialisation. En effet, pour des raisons de gains de productivité, peu d’armes modernes sont désormais fabriquées en un lieu unique. Ainsi, des entreprises européennes – comme EADS – et américaines fournissent des pièces et de la technologie pour le développement du nouvel hélicoptère de combat chinois Z-10, sans savoir quelle sera la politique d’exportation de Pékin – qui a déjà fourni des appareils militaires au Soudan (4).

[Sources : (1) Maurice Lemoine♥(2) Contrôlé par EADS (37,5 %), l’italien Finmeccanica (25 %) et le britannique BAE Systems (37,5 %)♥(3) Agence France-Presse (AFP), 5 août 2007♥(4) Campagne « Contrôlez les armes », initiative conjointe d’Amnesty International, Oxfam International et du Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) ; http://fra.controlarms.or g/pages/in…Article de Maurice Lemoine paru dans le Monde Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LEMOINE/15075♥Là-bas si j’y suis 05/09/07]

 

La France arme le Maroc 24.10.07

Filed under: < International — eilema @ 10:50

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Nicolas Sarkozy, le chef d’entreprise français. Pardon, le chef de l’État français s’est rendu au Maroc. Commercial sans faille, il ramène dans sa hotte 2 milliards d’euros de contrats civils et militaires. Un seul regret : le pays n’ a pas voulu de ses avions rafale. « on ne peut pas tout avoir », a argué un proche du président.

Grâce au pays des droits de l’homme, la ligne de train à grande vitesse entre Tanger et Casablanca va voir le jour. Certes… Mais ce n’est pas tout.Pour remplir une hotte, il faut d’abord la vider, c’est ce qu’a fait Nicolas Sarkozy en laissant derrière lui un projet d’équipement de la future centrale à cycle combiné, une frégate polyvalente de classe FREMM, 25 hélicoptères Puma, 140 véhicules blindés de l’armée marocaine, un système de surveillance des frontières, un protocole d’accord pour l’extraction de l’uranium de l’acide phosphatique, trois conventions judiciaires, et éventuellement une coopération dans le domaine nucléaire civil.

Qu’on se rassure, la France va co-financer le projet d’assainissement de l’agglomération de Nador et soutenir l’Initiative nationale pour le développement humain ! (more…)

 

Le cas Kouchner 21.10.07

Filed under: < International — eilema @ 12:04

Si il est évidemment impossible de savoir exactement où la France se dirige en terme de politique internationale, nous avons en revanche à notre connaissance un certains nombre de déclarations et d’éléments préoccupants. Aujourd’hui, à défaut de prédire un avenir incertain, Le Sarkopithèque vous propose de regarder en arrière, en se penchant sur Le Cas Kouchner.

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BERNARD KOUCHNER, LE PRO-INGÉRENCE.

Rony Brauman, fondateur avec Bernard Kouchner de Médecins sans Frontières :
« Moi l’ingérence, je me suis battu contre cette idée que certains états avaient la tâche de faire régner l’ordre dans d’autres états. Pour moi c’est une re-sucée du colonialiste, c’est une espèce de néo-impérialisme moral dont les résultats sont absolument désastreux. Regardez ce qui s’est passé en Somalie, regardez ce qui c’est passé en Irak. On importe la démocratie, l’état de droit, des belles idées, et on récolte le nationalisme, la violence sectaire et les horreurs. La Somalie, 15 ans après l’intervention, est toujours dans cet état désastreux, et je pense que l’intervention n’a fait que l’enfoncer dans cet état désastreux.
On est dans une imprécision, un goût des mots et des postures. La posture, je pense que c’est le mot clé qui le caractérise. Et j’espère, parce que je ne parie pas sur la perte de mon pays, que la diplomatie va l’assagir, va le structurer, va le changer, mais pour l’instant, je suis sceptique
. »
(Good Morning Week-end, BFM, le 19 Mai 2007) (more…)

 

Sarkozy et Kouchner : [TOTAL]ement Birmans 20.10.07

Filed under: < Droits De l'Homme,< International — eilema @ 11:04

https://i1.wp.com/lcrcalvados.fr/IMG/jpg/total7.jpg © Lem

TF1, journal de 20 heures : PPDA nous informe que « Les États-Unis et l’Union Européenne ont demandé au Conseil des Nations Unies d’envisager des sanctions contre la Birmanie ». Ce que Nicolas Sarkozy confirme : « La France appelle l’ensemble de ses sociétés privées – Total par exemple – à faire preuve de la plus grande retenue s’agissant des investissements en Birmanie, en demandant qu’il n’y en ait pas de nouveaux. La situation est extrêmement préoccupante, et nous ne pouvons pas accepter des comportements aussi contraires aux droits de l’homme et aux droits de l’opposition ».

L’attention pourrait sembler louable, mais elle révèle surtout la méconnaissance de Nicolas Sarkozy sur le dossier Birman. La réaction de Jean-Pierre Dubois, le Président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), est sans équivoque : « Quand j’entends Monsieur Sarkozy dire qu’il faut que Total arrête, et ne fasse plus de nouveaux investissements en Birmanie, je pense que ça a du beaucoup faire rire les généraux Birmans. Parce que vu le niveau d’implication de Total en Birmanie, ils n’ont pas besoin d’en faire beaucoup de nouveaux ». Et Patrick baudoin, Président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme de renchérir : « les autorités francaises, tout en ayant conscience et connaissance des activités très discutables de Total en Birmanie n’ont pas voulu entraver l’action de Total et l’ont même facilité ».

Rama Yade, notre impayable secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, atteint elle aussi des sommets en terme d’analyse et de connaissance du dossier : « Imaginez que Total sorte de Birmanie, qu’est ce que ça change ? » s’est-elle demandé sur RTL. « Paris n’est pas l’un des partenaires principaux » de la Birmanie. « La France à elle seule n’aura pas d’impact décisif » parce que « ses relations avec la Birmanie sont très relatives ». Tout est relatif… (more…)

 

Les russes en rient encore… 11.10.07

Filed under: < International — eilema @ 12:00

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Moqueries de la presse russe après la visite de Sarkozy à Moscou. [Afp – Jeudi 11 octobre, 11h50]

Le président français Nicolas Sarkozy s’est attiré les moqueries de la presse russe jeudi au lendemain de sa première visite officielle à Moscou, qui n’a débouché sur aucun résultat concret, notent plusieurs journaux.

« Sarkozy s’est réveillé et a vu la Place Rouge », ironise le journal Gazeta comme quasiment l’ensemble de la presse, le président français s’étant félicité devant Vladimir Poutine de s’être réveillé sur la Place Rouge, alors que l’hôtel dans lequel il avait dormi ne s’y trouvait pas. « Cela fait très longtemps que j’avais envie de venir ici. Se réveiller sur la Place Rouge, ce n’est pas rien pour moi », avait déclaré M. Sarkozy en arrivant au Kremlin.
« On a commencé à se demander où le président Sarkozy avait bien pu se réveiller pour voir alors la Place Rouge », se moque même le journal d’opposition Kommersant, rappelant que l’hôtel National, où logeait M. Sarkozy, est certes proche de la Place Rouge mais que celle-ci n’est pas visible de ses fenêtres. « On peut voir la Place Rouge depuis la fenêtre du Mausolée (de Lénine, au milieu de la place). Mais le Mausolée n’a pas de fenêtre », ajoute-t-il.
(more…)

 

Cecila : son role en lybie 04.09.07

De Nouveaux Éléments Bientôt Intégrés à Cet Article

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Le 3 août 2007, François Hollande réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions de libération, le 24 juillet 2007, des cinq infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne retenus en Libye depuis 1999. Le Premier secrétaire du PS avait notamment exigé que Cécilia Sarkozy, qui a joué un rôle important dans cette libération, soit entendue par la commission.

le Jeudi 23 août, l’Elysée exclu, au nom du principe de séparation des pouvoirs, que Cécilia Sarkozy témoigne devant cette commission d’enquête. Le 28 août 2007, l’UMP, par la voix de Philippe Cochet, son secrétaire général adjoint, laisse entendre que l’audition de Cécilia Sarkozy n’est pas indispensable : « Le fait que le secrétaire général de l’Elysée soit auditionné me semble largement suffisant par rapport au rôle notamment de Mme Sarkozy dans cette opération ».

« Claude Guéant viendra déposer devant cette commission. C’est un acte de transparence absolue », a appuyé Nadine Morano, porte-parole de l’UMP. « Laissons cette commission s’installer, travailler, décider de son fonctionnement », a-t-elle plaidé, balayant d’un revers de main de la « tambouille un peu politicienne ».

A défaut de l’audition par une commission d’enquête : une interview donnée à un journal régional.

A défaut de passer devant une commission parlementaire pour répondre de son action en Lybie, c’est en effet au journal L’Est Républicain que Cécilia Sarkozy vient de donner une interview.

S’y disant choquée par l’utilisation médiatique de cette affaire, elle précise au journal « j’ai accepté de vous parler, mais ma place n’est pas devant une commission parlementaire ».

La femme du Président, qui revendique 50 heures de négociation directes en anglais, sans traducteur, avec Mouammar Kadhafi, affirme avec humilité qu’on ne l’« empêchera pas de sauver la misère du monde ». A ceux, nombreux, qui considèrent que sa connaissance des dossiers internationaux est trop légère, celle qui se dit être partie effectuer cette mission « en tant que femme et mère avant tout », répond : « je ne m’attarderais pas sur la complexité des relations internationales ».

[Sources : Nicolas Poincaré et ses polémistes 04/09/07 – Afp 28/08/07]

Sur la philanthropie de la première dame de France, Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Échos : « Danielle Mitterand s’était investie dans un certain nombre de dossiers internationaux, mais là encore c’était dans la continuité d’une action et d’une réflexion qu’elle menait auparavant. Cécilia Sarkozy qui s’intéresse aux bulgares en Lybie, je trouve que c’est un peu incongru. Excusez-moi. ».

Article de Pierre Haski – Rue89 :

Cécilia Sarkozy, comédie à la française.

Les Bulgares l’attendaient comme une héroïne, le gouvernement de Sofia devait même lui remettre la Stara Planina, la plus haute distinction bulgare, pour son rôle dans la libération des infirmières retenues prisonnières en Libye. Puis brusquement, Cécilia Sarkozy a décidé de ne pas accompagner son mari dans cette visite qui lui était pourtant largement dédiée. Officiellement, l’Elysée indique que c’est « pour ne pas raviver de nouvelles polémiques » sur les circonstances de la libération des infirmières bulgares.

L’explication élyséenne sonne aussi vrai que l’angine blanche que l’épouse du Président de la République avait avancé pour sécher le déjeuner chez les Bush pendant les vacances américaines. Car qu’elle se rende ou pas en Bulgarie, Cécilia Sarkozy reste au centre de la polémique déclenchée par le tourbillon politico-diplomatique de l’été, avec le dénouement certes heureux, mais ô combien mystérieux, de la détention des infirmières. Notamment sur le plan des contreparties promises au colonel Kadhafi.

L’affaire Cécilia, puisque c’est comme ça qu’il faut l’appeler, va en effet rebondir dès la semaine prochaine à l’Assemblée nationale, lorsque les députés vont mettre en route la Commission d’enquête parlementaire sur la libération des infirmières. Or Nicolas Sarkozy refuse catégoriquement que son épouse soit entendue par cette commission, dont il approuve par ailleurs le principe. Une position d’autant plus incompréhensible que les juristes sont formels : si les députés insistaient pour entendre l’épouse du Président, celle-ci n’aurait pas le choix, et s’il le fallait encadrée par des gendarmes. Scénario fort peu probable, mais parfaitement légal.

La vraie question reste celle du statut de l’épouse du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy avait annoncé un statut pour la première dame de France, mais l’idée semble aujourd’hui oubliée ou en tout cas difficile à formaliser. Femme publique ou femme privée? Cécilia Sarkozy ne semble pas avoir encore tranché, et ni même désireuse de le faire. On devrait donc continuer à vivre dans un flou artistique surréaliste, avec une épouse du Président qui peut sauter dans un avion pour des missions diplomatiques de haut vol – on la dit prête à s’envoler pour la Colombie si le sort d’Ingrid Bétancourt devait évoluer -, puis disparaître aux yeux de tous, y compris lors des obligations de représentation qui vont avec la fonction de son mari.

On a compris qu’elle ne voulait pas être une nouvelle Bernadette Chirac faisant tapisserie. Une véritable première dame de France moderne et dépoussiérée aurait été décoiffante et assurément populaire. Mais le mélange des genres actuel dans les Palais de la République risque de poser de sérieux problèmes de fonctionnement au sommet de l’Etat – ne serait-ce que pour expliquer à chaque fois pourquoi le président arrive seul, quand on l’attendait à deux. Angela Merkel, George Bush, et maintenant les Bulgares font les frais de cette comédie à la française. C’est désormais dans la presse people que s’écrit une partie de la vie politique, pas vraiment un progrès.

Pierre Haski

[Sources : Rue89-04 Octobre 2007]

 

conférence autour du problème du darfour 25.06.07

Filed under: < International — eilema @ 6:16

Réunis en conférence à Paris, les responsables de 18 pays sont convenus de soutenir les efforts internationaux engagés au Darfour et de coordonner des initiatives futures pour stabiliser cette région soudanaise où « le silence tue », selon les mots du président français. [Reuters]

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Pour Paris, il s’agit de « donner un coup d’accélérateur » aux efforts diplomatiques, au moment où, sous la pression internationale, Khartoum vient finalement d’accepter l’envoi d’une force hybride de l’ONU et de l’Union africaine (UA) de plus de 20.000 hommes. » [Afp]

« Le Soudan doit savoir que s’il coopère nous l’aiderons puissamment et que s’il refuse il faudra être ferme », a assuré Nicolas Sarkozy aux participants.
Le Soudan ne participe pas à cette rencontre qu’il juge « inopportune », estimant notamment avoir rempli ses engagements en acceptant sans condition la force hybride.
L’UA est aussi absente des débats, manifestant apparemment sa mauvaise humeur de n’avoir pas été consultée avant la réunion. [EuroNews]


Ci-dessous 3 photos de la conférence de paix sur le Viêt-nam, organisée à Paris le 27 janvier 1973.

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Parfois donc la France a su convier les principaux intéressés à assister aux négociations les concernant…

Se défendant du fait que rien ne soit véritablement ressorti de cette rencontre, Bernard Kouchner a néanmoins tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas « d’une conférence de paix ».

 

la première sortie du président 07.06.07

Filed under: < International — eilema @ 10:19

La France dignement représentée au sommet du G8 par Nicolas Sarkozy.

Un extrait de la suite de la conférence de presse.

Puis pour finir, un sujet retraçant toutes les étapes du feuilleton.