Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Un chiffre un Homme 17.01.09

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Un chiffre un Homme
Vidéo envoyée par sos-racisme

Vidéo de lancement de la campagne « 30 000 expulsions par ans c’est la honte » de SOS-Racisme.

 

C’était pire demain 19.10.08

C’ÉTAIT PIRE DEMAIN

 

Centres de rétention : L’aide associative morcelée. 10.10.08

Centres de rétention : « Le décret interdit aux associations de travailler ensemble« .

A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire réunie samedi 4 octobre à Paris, la Cimade s’est dite « déterminée à poursuivre son action de défense des étrangers en rétention« . Mais elle demande au ministre de l’immigration, Brice Hortefeux, de modifier le décret du 22 août réformant le dispositif d’aide aux personnes placées dans les centres de rétentions administratives (CRA) et l’appel d’offres qui a suivi le 28 août.

Souhaitant en finir avec le « monopole » d’intervention de la Cimade dans les CRA, le ministère a renoncé à maintenir une mission d’aide d’ensemble qui serait assurée en concertation par plusieurs associations, choisissant d’éclater la mission en huit lots distincts attribués à des prestataires de services. « Refusant ce morcellement » qui, selon elle, remettrait en cause le rôle de contrôle, la Cimade va rechercher, avec d’autres associations, les moyens de mettre en oeuvre une « mission nationale cohérente assumée conjointement. »

La Cimade a-t-elle décidé d’engager un bras de fer avec le gouvernement ?

La Cimade a toujours été ouverte au dialogue et au compromis. Il y a eu des incompréhensions avec le ministre. Celui-ci a apporté des clarifications récemment qui peuvent permettre de trouver une solution qui convienne à tous, à condition que le dispositif juridique soit corrigé.

Sur quoi persiste le différend ?

Le ministre dit souhaiter que la Cimade poursuive son action en rétention, dans le cadre d’une mission dont il dit ne pas vouloir modifier la nature : défense des droits et témoignage de la société civile. Il souhaite que cette mission soit partagée entre plusieurs associations pour renforcer l’aide aux étrangers et permettre une pluralité de l’expression des ONG. La Cimade approuve tout cela, elle l’a dit et confirmé samedi. Le problème est que le décret et l’appel d’offres interdisent aux associations de travailler réellement ensemble. Comment vouloir la diversité et l’interdire dans le travail quotidien ?

Qu’attendez-vous concrètement ?

Comme le demandent de très nombreuses associations, le décret doit être modifié pour permettre le travail conjoint des ONG, aussi bien nationalement que dans un CRA. Une phrase du décret doit être pour cela supprimée. Ensuite, l’appel d’offres doit être réécrit car il contredit les affirmations du ministre. Ces corrections prendraient au plus quelques semaines : ce n’est rien s’il y a une volonté commune d’aboutir à un dispositif cohérent et acceptable par tous.

Article : Le Monde 07.10.08 I Illustration © Charb

 

Le summum du mauvais goût 27.09.08

En direction des auteurs de cette pathétique campagne publicitaire : Le Sarkopithèque vous recommande la lecture du très instructif « Bienvenue en France ».

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Injures racistes, passages à tabac, intimidation et harcèlement : la Zapi 3, zone d’attente de Roissy, a longtemps été la « honte de notre république ». À la première frontière de France, chaque année, 20 000 étrangers sont retenus jusqu’à l’éventuelle obtention de leur autorisation d’entrer sur le sol français. Il aura fallu les décès de deux clandestins pour que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, y autorise la présence de la Croix-Rouge française, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Que s’y passe-t-il aujourd’hui ? Comment s’assurer que la situation s’est améliorée, alors que l’accès des journalistes est strictement contrôlé ? Pour pénétrer dans cette zone fermée, une seule solution y travailler. Pendant six mois, Anne de Loisy a disposé d’un poste d’observation idéal. Elle a été médiatrice de la Croix Rouge, intermédiaire entre les étrangers et la police, sans jamais révéler son véritable métier. La situation a souvent été éprouvante mais, pour rapporter ces faits et ces témoignages, il était nécessaire à Anne de Loisy de prendre des risques. Ces étrangers en situation irrégulière le méritent : ils n’ont jamais la parole.

 

L’agent de sécurité et le haut fonctionnaire 03.05.08

Samedi 26 avril, Pierre-Damien Kitenge, un agent de sécurité d’un supermarché de la proche banlieue parisienne a porté plainte contre un fonctionnaire du ministère de l’Immigration pour de graves insultes racistes, une accusation que l’intéressé a vigoureusement démentie vendredi en invoquant des témoignages en sa faveur.

Cette procédure pour « diffamation et injure à caractère racial » vise nommément Gautier Béranger, adjoint du secrétaire général du ministère de l’Immigration, en charge de la communication interne. Les peines encourues sont respectivement d’un an emprisonnement et 45.000 euros d’amende, et de 6 mois de prison et 22.500 euros d’amende.Au cabinet du ministre de l’Immigration, on se refuse à tout commentaire « tant que la plainte est à l’instruction« . Pour l’entourage du ministre, qui a eu connaissance de la version de M. Béranger, il s’agit d' »un différend d’ordre privé« . Gautier Béranger « n’appartient pas au cabinet du ministre » Brice Hortefeux, a-t-on faut valoir au demeurant, il « est un fonctionnaire des services administratifs« .

SOS Racisme a demandé, si les faits étaient avérés, le départ de M. Béranger dont le comportement serait « contraire à l’éthique de la fonction publique » tandis que le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) propose la « suspension immédiate » du fonctionnaire le temps que « toute la lumière soit faite sur cette grave dérive« .

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Chronique du racisme au pays de Hortefeux et de l’Identité Nationale.
Interview de Pierre-Damien Kitenge agent de sécurité au magasin Carrefour de Bercy, par Mathieu Carbasse du site Actualités en temps réel (Nouvel Observateur).

Comment s’est passée l’altercation ?

C’était le samedi 26 avril aux environs de 13 heures. Je me trouve en arrière-caisse et un caissier fait appel à moi pour le contrôle d’un chèque comme à chaque fois qu’un client émet un chèque supérieur à 200 euros. Il s’agissait dans ce cas d’un paiement de 528 euros. Ces contrôles sont prévus par Carrefour pour s’assurer que les chèques ne sont pas impayés, et que les paiements sont bien assurés.

Je me retrouve donc entre le client et le caissier qui me remet le chèque ainsi que les papiers d’identité du client. Soudain, celui-ci s’emporte : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire ! Vous n’avez pas le droit de toucher mes papiers. Je vous connais, vous, les noirs. Vous êtes tous des sans-papiers, des trafiquants de papiers. Retournez dans votre pays. Et ne touchez pas mes papiers. »

Il me dit également que pour 500 euros, il n’est pas nécessaire de faire un contrôle d’identité. Je ne pers pas mon sang-froid et lui explique que 500 euros, c’est presque la moitié de mon salaire et je lui demande de me laisser faire mon travail.
Alors qu’il me parle, il veut m’arracher par la force les papiers et le chèque que je tiens dans la main. Puis il sort une carte de visite sur laquelle on pouvait lire : Direction de cabinet, Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale. Et le client de tenter de m’intimider : « Vous ne savez pas qui je suis. Mais vous allez voir, vous allez vous retrouver au chômage avec toute votre famille. Vous pouvez faire une croix sur votre carrière. »

Je finis alors par appeler mon responsable, qui me demande de me taire. Je peux lire la crainte dans ses yeux. Il est intimidé par l’identité du client qui lui tend une nouvelle carte de visite. Mon responsable me somme de partir, en m’expliquant qu’il va régler le problème.
Finalement, le client quitte le magasin sans que le contrôle du chèque ait été effectué.
De mon côté, face au manque de soutien de mon responsable hiérarchique, je décide de porter plainte pour injures à caractère racial et diffamation.

Quelle a été alors la réaction de votre employeur ? de Carrefour ?

Mon employeur [une société de sécurité, ndlr] m’a rapidement contacté pour que je retire ma plainte. Je lui ai répondu que je n’avais pas porté plainte au nom de Carrefour ou au nom de la société qui m’emploie mais en mon nom propre.

De leur côté, ils m’ont expliqué que le monsieur leur aurait présenté des excuses. Mais ce n’est pas auprès de mon directeur qu’il fallait qu’il s’excuse. Ce n’est pas lui qui a été insulté.
Et puis mon patron a essayé de me faire changer d’avis : « Je t’en prie Pierre, je ne cautionne pas [la plainte déposée, ndlr]. Nous sommes à Bercy, tu sais ce que cela représente (siège du Ministère de l’Economie) ».
Je lui ai expliqué que je ne retirerai ma plainte qu’à la condition que l’homme qui m’a insulté publiquement, s’excuse publiquement.

Avez-vous été surpris du manque de soutien de votre hiérarchie ?

Oui, ça m’a vraiment étonné, surtout quand je lis dans les journaux qu’ils n’ont jamais fait pression sur moi pour que je retire ma plainte. Mais le plus triste dans tout ça, c’est le manque de courage des gens qui ont assisté à la scène : tous les témoins qui avaient annoncé qu’ils allaient témoigné se sont aujourd’hui rétractés. A croire que le mammouth a toujours plus de poids qu’une petite fourmi. On ne s’attaque pas à un mammouth, comme on dit.

Source : Memorial 98 (03/05/08) I Le Point I Illustration © Cabu

 

Grace aux clandestins, la police voyage à l’oeil 24.04.08

Les policiers qui escortent les clandestins expulsés par avion bénéficient de « miles » de fidélité de la part des compagnies aériennes.

Les agents de police accompagnant les immigrés en situation irrégulière lors de leur expulsion par les airs bénéficient des « miles » accordés par les compagnies aériennes à leurs clients fidèles, a-t-on appris mercredi au ministère de l’Intérieur, confirmant une information du Canard enchaîné.
« Ce système n’est pas illégal« , a-t-on souligné de même source, ajoutant qu' »avant même la parution de l’article, le ministère avait déjà envisagé de modifier sur ce point précis le prochain contrat » avec les transporteurs.

Sur quelque 23.000 expulsions par an, toutes ne se font pas en avion, et seul un tiers de celles réalisées par voie aérienne nécessite une escorte, de un à trois policiers, a-t-on précisé de même source, contestant les calculs du Canard enchaîné.

« A raison de 23.000 éloignements en 2007, selon le ministère de l’Intérieur, et sachant qu’en moyenne trois policiers accompagnent celui qui va être expulsé, voilà de quoi se constituer assez vite un joli stock de voyages gratuits sur le dos des clandestins« , affirme le journal, qui cite des agents d’escale d’Air France à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.

« Sans compter que de nombreux flics bénéficient, du coup, du statut « Gold », réservé aux hommes d’affaires qui voyagent régulièrement aux frais de leur entreprise« , ajoute l’hebdomadaire.

Contactée par l’AFP, Air France, qui transporte l’immense majorité des immigrés expulsés par avion, s’est refusée à tout commentaire.

En juillet 2007, plusieurs syndicats d’Air France-KLM et le Réseau éducation sans frontières (RESF) avaient tenté en vain de convaincre direction et actionnaires de la compagnie de refuser « l’utilisation des avions du groupe » pour ces expulsions.

Source : Libération

 

La servitude des bonnes des beaux quartiers 15.04.08

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Elles sont domestiques corvéables à merci, sans papiers, sous-payées, pour la plupart originaires des Philippines, et vivent dans des conditions souvent indécentes au service de familles aisées. Rares sont celles qui se rebellent.

La plupart, convaincues de ne « pas avoir le choix », se taisent et acceptent leur sort. Elles décrivent des « patrons gentils », qui offrent « une chance » au regard de la situation dans leur pays d’origine et dont les enfants deviennent « comme les nôtres ». Quelques-unes, après des années d’exploitation et d’espoirs déçus, ou parce que la servitude s’est mue en esclavage, entament une démarche judiciaire pour faire valoir leurs droits. « Ils m’avaient promis plein de merveilles. Quand j’ai demandé s’ils pouvaient m’aider pour les papiers, c’est devenu un cauchemar », raconte Fanny, une Cap-Verdienne de 39 ans qui a passé dix ans au service d’un riche couple des Hauts-de-Seine et dix autres à batailler devant les tribunaux. Domestique, garde d’enfants, cuisinière, couturière, femme de ménage… Etrangères, sans papiers, sous-payées, elles sont – parfois des hommes aussi – les « petites bonnes » de familles aisées de Paris ou de la Côte d’Azur.

« N’est pas notre employée », s’est d’abord entendu répondre Angela, qui a porté son dossier devant le conseil de prud’hommes de Paris après neuf ans de service. « Un léger travail d’entretien » en échange d’une chambre de bonne, assure désormais la défense du couple qui l’utilisait, dirigeants d’une célèbre marque de vêtements branchés. « Ces gens établissent une relation quasi coloniale, où règne une totale hypocrisie », tempête Me Slim Ben Achour, avocat de Fanny et aujourd’hui d’Angela, qui se dit convaincu du « caractère discriminatoire » de ces situations. « C’est parce qu’elles sont femmes, venant d’Afrique ou d’Asie, et de couleur que ces conditions de travail leur sont faites », affirme-t-il.

Le cas des domestiques philippin(e)s, très apprécié(e)s de l’élite de l’Ouest parisien, n’est un secret pour personne, ministère de l’Immigration y compris. Depuis l’automne, ce dernier négocie un « accord de gestion concertée des flux migratoires » entre la France et les Philippines qui « vise uniquement les emplois qualifiés et les étudiants ». Quid des employées de maison déjà présentes en France ? « Elles ne sont pas du tout concernées par l’accord. Cela en fausserait l’esprit », insiste un porte-parole de la Rue de Grenelle. Dans la communauté, pourtant rodée à une solidarité mêlant action des associations et des Eglises, la crainte de l’expulsion est devenue telle que beaucoup s’organisent pour tenter l’émigration au Canada. « Trente sont partis en décembre », assure Rafaelito Gomez, qui bataille par ailleurs pour « l’intégration » de ses compatriotes via une petite association qui donne des cours de français.

A 8 € de l’heure, 12 maxi, « pas de paye » quand les patrons sont en vacances, il faudrait au minimum deux ans à Maria et Ruben, logés dans un 5 m2 du XVIe, pour réunir la somme nécessaire à un nouveau départ. Eux ne porteront jamais plainte. « Par peur et par ignorance de leurs droits », analyse Denis Mana-ay, qui travaille à l’église américaine du VIIIe arrondissement. « La révélation de ces affaires se heurte au principe de l’inviolabilité du domicile privé, où elles sont en général confinées », souligne en outre le commandant de gendarmerie François Chambre, chef adjoint de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Quant aux très rares personnes qui osent briser le huis clos de ce phénomène caché – dont le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM) rappelle qu’il ne se réduit pas aux beaux quartiers -, un autre combat fait de « très longues procédures » les attend. Avec, à la clef, déplore Sophia Lakhdar, présidente du CCEM, « des peines très peu dissuasives ».

Article de Pascale Égré (Le Parisien , lundi 24 mars 2008) I Illustration : Stephen Francis & Rico