Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Le Sarko-Capitalisme vu D’Espagne 22.10.08

Nicolas Sarkozy a lancé hier à Strasbourg l’idée de créer des fonds souverains en Europe pour aider les entreprises en difficulté. Le quotidien espagnol El País (via Courrier International) y voit la fâcheuse manie française de l’interventionnisme. L’Article :

Nicolas Sarkozy, le président de la République française, pays qui assure au cours de ce semestre la présidence de l’Union européenne, a prononcé hier devant le Parlement européen à Strasbourg une harangue véhémente en faveur de l’intervention publique pour résoudre la crise de l’économie réelle, dès lors que la crise financière aura été jugulée par la batterie de plans de sauvetage bancaire décidés par chacun des Etats. L’argument principal de Sarkozy se résume à une grande crainte : « Je n’aimerais pas que les citoyens européens, dans quelques mois, se réveillent en découvrant que les sociétés européennes appartiennent à des capitaux non européens qui auraient acheté au plus bas du cours de la Bourse, à vil prix. » Pour éviter cela, il a proposé aux Vingt-Sept de s’unir contre la crise et il a lancé l’idée de créer des fonds souverains pour aider les entreprises en difficulté.

Si ce que veut le président français, c’est « refonder le capitalisme« , il devrait modérer son enthousiasme pour le modèle économique français, bien visible dans le discours d’hier. La crise financière requiert une réponse coordonnée parce qu’elle est mondiale et immédiate, et parce qu’elle répond à des opérations qui n’ont ni frontières ni barrières technologiques. Or ce n’est pas encore le cas des entreprises industrielles. L’idée des fonds souverains [fonds d’investissement détenus par des Etats] est spectaculaire, mais son application est très problématique. Ce type de fonds, habituels dans les pays producteurs de pétrole ou chez ceux qui, comme la Chine, tirent des bénéfices énormes de leur intervention sur le marché des changes, sont constitués avec les excédents monétaires produits grâce à une position dominante dans le marché mondial des matières premières. On voit mal avec quels excédents des pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou même la France pourraient alimenter un fonds souverain.

Le discours de Sarkozy devant les eurodéputés est un exemple de plus de sa vision politique et économique très singulière, qui coïncide avec le modèle interventionniste habituel en France. Dans chacun des éléments du message, on décèle son désir irrésistible de piloter l’Europe avec des initiatives qui, jusqu’à présent, ont échoué et, en même temps, de consolider le modèle français d’intervention dans les entreprises. Les fonds souverains « défensifs » de Sarkozy ne sont pas la réponse à la crise économique : ils ne sont qu’un exemple de « sarko-capitalisme ». La proposition faite par Paris et par Berlin de resserrer l’étau sur les « paradis fiscaux » est plus intéressante ; mais, dans ce domaine, les résultats vont se faire attendre.

Illustration © Kroll (Le Soir, Bruxelles)

 

L’euphorie Présidentielle vue d’Allemagne

Ci-dessous l’article de Die Welt relayé par Courrier International :

 

Moins de social pour assainir les finances 09.04.08

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A l’occasion d’un déplacement à Cahors pour prononcer un discours sur la réforme de l’Etat, mardi 8 avril, Nicolas Sarkozy a prévenu qu’à ses yeux les politiques sociales sont en partie responsables du déficit français, laissant entendre qu’il pourrait couper dans les dépenses sociales pour ralentir le volume de la dette. Le chef de l’Etat a notamment évoqué le revenu de solidarité active (RSA), défendu par le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, qu’il entend toujours mettre en place mais qui sera calibré « en fonction des disponibilités financières« .

« La protection sociale est indispensable dans notre pays, mais si le poids des prélèvements obligatoires est tel que les emplois se délocalisent, ça crée des chômeurs en plus, donc ça fait exploser les dépenses sociales« , a argumenté M. Sarkozy. « Nous reviendrons à l’équilibre de nos régimes sociaux là encore par la réforme« , a-t-il promis, estimant que la réponse à ce problème se résumait « au plein emploi« .

LA GÉNÉRALISATION DU RSA REMISE EN CAUSE

Pour illustrer ses propos, Nicolas Sarkozy a pris l’exemple du RSA, qui garantit à un allocataire du minima social une augmentation de revenus lorsqu’il trouve un emploi, un dispositif actuellement expérimenté dans trente-quatre départements et que M. Hirsch veut généraliser d’ici à 2009. « C’est une bonne idée, de même que la fusion des minima sociaux« , a-t-il déclaré, avant de plaider pour un calibrage financier. Le coût de la généralisation de ce dispositif serait de 2 à 3 milliards d’euros, selon Martin Hirsch.

Une source gouvernementale, citée par Le Figaro, laisse entendre que le gouvernement est moins ambitieux, puisqu’il le chiffre « autour d’un milliard d’euros« . Ce sera « un RSA un peu différent de celui imaginé par Martin Hirsch« , explique cette source. M. Hirsch a, de son côté, affirmé, également mardi, dans un entretien au Pèlerin, qu’il ne voulait pas d’un RSA « au rabais« , tout en convenant qu’il n’avait pas reçu l’assurance d’avoir le budget souhaité.

Parallèlement, le président de la République, qui a plaidé pour une réforme profonde des collectivités locales qui ait lieu en même temps que celle de l’Etat, a indiqué que son gouvernement présenterait, dans les prochains jours, un texte « qui permettra de tirer les conclusions du refus de deux emplois raisonnables« , sans donner davantage de précisions. La sanction contre des demandeurs d’emploi qui refuseraient deux offres d’emploi considérées valables est une idée que M. Sarkozy a défendu à plusieurs reprises durant sa campagne et après son élection.

Source : Le Monde, avec AFP et Reuters.

 

La France malade de son vouloir d’achat 10.03.08

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9,3% : Funeste Traité d’Économie 02.02.08

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holdup.jpg © Fakir

L’économie est pour beaucoup un domaine obscur, pour le plus grand bonheur du monde politique qui use et abuse de cette lacune. Grâce au très instructif travail du journaliste François Ruffin, tout devient pourtant très brutalement limpide :

ÉCOUTER OU TÉLÉCHARGER L’ÉMISSION LÀ-BAS SI J’Y SUIS DU 24 JANVIER 2008

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Depuis le début des années 80, la part des salaires dans le PIB de la France a baissé de 9,3%. Ces 9,3% équivalent à plus de 150 milliards d’euros sont partis dans la poche du Capital. Ce chiffre, 9,3%, suffit à contester toutes les « réformes » en cours : allongement de la durée de cotisations pour les retraites, salaires qui stagnent depuis vingt ans, mise en place de la franchise médicale… Car toutes ces mesures ont un dénominateur commun : supprimer encore quelques avantages aux salariés. Tandis que la question du partage des richesses n’est jamais posée…

 

Lagarde et l’inflation, ça fait deux 24.01.08

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https://i2.wp.com/www.universalpressagency.com/photo/759211-929066.jpg

Que Christine Lagarde parle un peu trop vite de « rigueur » et se fasse reprendre ensuite par Matignon, passe encore. Mais que la ministre de l’Economie et des Finances s’emmêle dans les chiffres de l’inflation est beaucoup plus inquiétant. Las, c’est ce qui est arrivé le samedi 05 janvier 2008.

Invitée du journal télévisé de 20 heures sur France 2, la locataire de Bercy se montre plutôt rassurante : « L’inflation nous la maîtrisons beaucoup mieux que nos voisins. Je pense que nous finirons l’année 2007 à un rythme d’à peu près 1,5%. »

Or, en novembre 2007, les prix ont, selon l’Insee, augmenté en France de 2,4% en rythme annuel. Les pires résultats depuis août 2004.

La ministre a-t-elle perdu son sens mathématique dans la journée ? En effet, le matin même, invitée cette fois de France Info, Christine Lagarde se montrait bien plus alarmiste : le taux d’inflation aujourd’hui « est supérieur à 2% » et « on aura sans aucun doute plus d’inflation en 2008 qu’en 2007 ».

[Sources : Rue89]

 

Hervé Novelli 01.09.07

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SECRETAIRE D’ETAT CHARGE DU COMMERCE, DE L’ARTISANAT, DES PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES, DU TOURISME ET DES SERVICES, AUPRES DE LA MINISTRE DE L’ECONOMIE, DE L’INDUSTRIEET DE L’EMPLOI.

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> Il a commencé sa carrière en bonne et due forme : militant chez occident entre 1964 et 1968, il a accompagné le Front National de 1973 à 1974. Nommé chef de cabinet par son compagnon d’Occident (Alain Madelin), il travaillera avec Gérard Longuet entre 1993 et 1995. (more…)

 

Christine Lagarde

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MINISTRE DE L’ECONOMIE, DE L’INDUSTRIE ET DE L’EMPLOI.

Elle avait un poste en or. Elle dirigeait à Chicago l’un des plus importants cabinets d’avocats du monde, Baker McKenzie. Elle touchait 50 000 euros par mois ! Et voilà que d’un coup, en 2005, elle abandonne son rêve américain pour un petit traitement de ministre du commerce extérieur dans le gouvernement Villepin… (1) (more…)

 

Luc Chatel

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SECRETAIRE D’ETAT CHARGE DE L’INDUSTRIE ET DE LA CONSOMMATION, AUPRES DE LA MINISTRE DE L’ECONOMIE, DE L’INDUSTRIE ET DE L’EMPLOI, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT. (more…)

 

Patrimoine Mondial de l’Humanité 29.08.07

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Publication par l’Université des Nations-Unies des chiffres du Patrimoine Mondial de l’Humanité : « Le mérite de cette étude est d’illustrer de façon brutale une réalité que nous avons tous en tête sans jamais pouvoir la quantifier ; alors commençons par un chiffre clé : 2% de la population mondiale détient 51% de la richesse mondiale. Par richesse on entend le total des biens immobiliers, actifs, financiers, diminués des dettes. Gardez à l’esprit que ces chiffres datent de l’année 2000 et compte tenu de l’explosion récente de certains actifs financiers et des matières premières, et bien les chiffres aujourd’hui doivent être plus déséquilibrés encore avec 2% de la population mondiale pour 60% de la richesse mondiale. C’est l’autre chiffre du rapport qui est très surprenant : si la richesse mondiale était répartie de façon égale, chaque habitant dans le monde aurait 20.500$. Le rapport établit un classement étonnant. Si vous voulez faire partie du club privé des 1% les plus riches du monde, il vous faut avoir 500.000$ d’actifs, et ce club compte 37 millions de membres. La répartition mondiale, par contre, est moins étonnante. Les Etats-Unis concentrent 34% de la richesse mondiale avec 6% de la population, et 90% des richesses sont détenues par les Etats-Unis, l’Europe, le Japon, l’Australie. Tout cela est en train de changer puisque ces chiffres datent de 2000, c’était avant le réveil de l’Inde et de la Chine. La France n’est pas loin des Etats-Unis, c’est surprenant : 10% de sa population concentre 61% de sa richesse. Alors bourgeois, tremblez, avec un rapport comme celui-là, la révolution doit être en marche ».
[Sources : BFM, Good Morning Business – Chronique de Marc Fiorentino du 06.12.06]

 

Le programme Économique de N. Sarkozy en question. 24.06.07

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◊ Les folies des finances françaises. Par André Sapir (Professeur à l’Université Libre de Bruxelles). [22 Juin 2007, Telos http://www.telos-eu.com/%5D

A en croire la Commission européenne, la France devrait battre un nouveau record en 2007. Pour la première fois, elle sera le pays européen ayant le plus haut niveau de dépenses publiques. Les économistes de la Commission estiment qu’elles atteindront cette année 53,2 % du PIB. Ce sera plus que dans tous les autres pays de l’UE 27, y compris les trois pays nordiques : la Finlande (47,7 %), le Danemark (50,1 %) et la Suède (53,0 %). En revanche, bien que les prélèvements publics représentent une part très importante du PIB français (50,7 %), cette proportion restera plus faible en France que dans les pays nordiques : ils atteignent 51,3 % du PIB en Finlande, 53,8 % au Danemark et 55,2 % en Suède. En conséquence, alors que ces pays enregistreront des excédents budgétaires variant grossièrement entre 2 et 4 % du PIB, la France aura un déficit de 2,5 %, le deuxième en valeur de la zone euro après celui du Portugal.

On ne s’étonnera donc pas si Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, a exprimé son inquiétude quant aux projets budgétaires du nouveau gouvernement français, qui compte (au moins au départ) réduire les prélèvements sans tailler autant dans les dépenses publiques, ce qui risque donc d’augmenter le déficit voir de dépasser le seuil de 3 % du Pacte de stabilité et de croissance.

Plus inquiétant encore est le fait que la France pourrait laisser filer son déficit cycliquement ajusté, bien au-dessus de la limite posée par le Pacte de stabilité et de croissance. Souvenons-nous en effet que, contrairement à ce qui est souvent supposé, la principale innovation du Pacte de stabilité et de croissance n’était pas la limite de 3 %, une obligation déjà présente dans le traité Maastricht, mais l’exigence de respecter « l’objectif à moyen terme de budgets à l’équilibre ou en excédent ».

Le Pacte de stabilité et de croissance adopté en 1997 ne donnait pas de chiffre pour l’objectif de moyen terme, et il ne précisait pas non plus de date. Par conséquent, la consolidation fiscale a calé aussitôt après l’adoption de la monnaie unique. En 1997, cinq des onze membres initiaux de la zone euro avaient des déficits réels près de 3 % : la France (3 %), l’Allemagne (2,6 %), l’Italie (2,7 %), le Portugal (3,4 %) et l’Espagne (3,3 %). Cette condition n’était pas tellement le résultat de facteurs cycliques, mais structurels, comme le montraient les chiffres des déficits cycliquement ajustés : 2,1% pour la France, 2,2 % pour l’Allemagne, 2,5 % pour l’Italie, 3,2 % pour le Portugal et 2,3 % pour l’Espagne.

Le respect du Pacte de stabilité et de croissance aurait exigé de ces cinq pays une sérieuse consolidation fiscale après 1998. En réalité, à l’exception de l’Espagne, presque aucun progrès n’a été accompli, ni dans ces pays ni en Grèce, qui a rejoint la zone euro en 2001. Le déficit cycliquement réglé de l’ensemble de la zone euro (dont les cinq pays délinquants représentent 70 % du PIB) est resté d’environ 2 % tout au long de la période 1998-2005.

Cette situation a finalement causé la crise du Pacte de stabilité et de croissance en 2003 et 2004, et sa révision en 2005. Une des innovations du nouveau Pacte de stabilité et de croissance était la formulation d’objectifs de moyen terme (OMT) propres à chaque pays, prenant en compte l’impact du cycle économique sur le cycle budgétaire, avec des valeurs allant d’un excédent de 2 % en Finlande et en Suède à un déficit de 1 % pour certains nouveaux Etats membres. L’OMT a été placé à zéro pour 10 pays dont France, l’Allemagne et l’Italie.

Ce nouveau cadre semble fonctionner. Le déficit ainsi ajusté de la zone euro a reculé brusquement en 2006. On s’attend à ce que les progrès continuent en 2007. Pourtant, en y regardant de plus près, on se rend compte d’un écart entre, d’une part l’Allemagne et la France, mais aussi la Grèce, le Portugal et dans une mesure moindre l’Italie, et d’autre part le reste des pays européens.

Aujourd’hui, les débats français portent sur l’opportunité de suivre l’exemple allemand en créant une « TVA sociale », consistant à financer une réduction des charges sociales par l’augmentation du taux de TVA, dans le but de gagner quelques points de compétitivité. Le gouvernement français devrait pourtant savoir que ses finances publiques diffèrent de celles de l’Allemagne sur trois points importants. Tout d’abord, la TVA française est déjà à 19,6 %, un chiffre plus élevé que le taux allemand même après qu’il a été augmenté de 3 points. Deuxièmement, la part des dépenses publiques dans le PIB sera en France de presque 9 points supérieure à l’Allemagne cette année. Troisièmement, le gouvernement allemand s’est pleinement engagé à faire revenir le déficit structurel à zéro d’ici à 2010. Vers la fin de cette année, son déficit structurel sera déjà à moins de 1 % du PIB. Par contraste, en France le déficit cycliquement ajusté sera toujours de 2 % et il pourrait même augmenter l’an prochain, compromettant ainsi l’engagement de principe pris par le gouvernement français d’atteindre l’objectif de moyen terme en 2010.

Le commissaire Almunia a raison de pousser la France à tenir son engagement par rapport au Pacte de stabilité et de croissance. C’est la seule façon de réduire la dette publique et d’imposer une réduction ou au moins une restructuration des dépenses publiques, deux conditions nécessaires à la croissance et de garantir les finances publiques.

◊ RTL, La Semaine Politique. [02 Juin 2007]

Serge July : « Le choix radical fait par le candidat Sarkozy, et qu’il est aujourd’hui en train de mettre en œuvre, suscite un débat parmi les économistes, y compris au sein des instances de l’UMP en charge des questions économiques. Nicolas Sarkozy a choisi de pratiquer une baisse massive de la fiscalité. Je rappelle : exonération des cotisations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires, suppression des droits de succession, le bouclier fiscal, l’abrogation de fait de l’ISF et la large déduction des intérêts d’emprunts immobiliers. […] Ces baisses sont destinées à priori à augmenter la demande, la consommation. […] Il y a débat parce que tout le monde s’accorde pour dire que la croissance s’étirait en France depuis 1999 par la consommation, et que celle-ci n’est pas en train de fléchir. En termes de diagnostique, c’est étrange, puisque ce n’est pas le problème principal français. Par ailleurs, ces mesures sont toutes très coûteuses pour les finances publiques. On considère en année pleine environ 10 milliards d’euros. Et l’effet produit risque non seulement d’être marginal, mais lourd de conséquence en ce qui concerne la dette. […] Pour résumer, il ne met pas l’argent où il faudrait le mettre. Il faut aussi redouter les effets pervers de cette redistribution aux couches favorisées de la population. »

◊ Consensus des économistes ? Par Philippe Askenazy. (Economiste, chargé de recherche au CNRS). [26 Avril 2007]

icolas Sarkozy vient de citer l’institut Rexecode et « le nobélisable français Olivier Blanchard » pour conclure sur France 2 qu’il y a « consensus chez les économistes que son programme est le meilleur ».

appelons tout de même, ce qui n’enlève rien au sérieux de cette institution, que Rexecode est proche du patronat français et avait considéré en 1997 que les 35 heures feraient perdre des emplois alors que l’on sait qu’elles ont in fine créé 350000 emplois. Rappelons également que l’OFCE, autre institution de référence, fait un diagnostic inverse en faveur du programme de Ségolène Royal.

livier Blanchard (qui soutenait Lionel Jospin en 2002), un des plus grands économistes français et professeur au MIT, a effectivement apporté son soutien d’expert au projet de Sarkozy. Mais peut-on vraiment parler de consensus. Ainsi Daniel Cohen, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, son co-auteur à la fois d’articles de recherche et d’un des manuels d’économie les plus vendus au monde, apporte, lui, son soutien à Royal. Cohen est peut-être un mauvais exemple car faisant partie des élites parisiennes que Sarkozy a vilipendées quelques minutes avant sur France 2. Alors allons de l’autre côté de l’Atlantique. Thomas Philippon, un des meilleurs anciens thésards de Blanchard, professeur à New York University soutient la candidate socialiste. Philippe Aghion, autre nobélisable français, professeur à Harvard, est tellement convaincu que Royal est porteuse d’un projet pour la croissance française qu’il s’est même exprimé publiquement lors de la conférence de presse présentant le Parcours Première Chance.

◊ Les jeunes économistes pour Ségolène. Par Christophe Alix. [13 Mars 2007, Libération]

Les jeunes économistes disent oui à Ségolène Royal. Réunis jeudi soir l’école normale supérieure de Paris à l’initiative du mécène Pierre Bergé une brochette d’économistes français sont venus dire, non sans esprit critique, tout le bien qu’ils pensaient du programme économique de la candidate socialiste et de sa capacité à ranimer la croissance en France
Issus pour la plupart de la toute nouvelle école d’économie de Paris inaugurée il y a deux semaines par le premier ministre Dominique de Villepin, ils se sont engagés en faveur d’une politique résolument réformiste mais ancrée à gauche c’est à dire loin d’une vision sarkozyenne qualifiée à de multiples reprises de «rétrograde», «incohérente» ou encore «dangereuse».

Seuls Thomas Piketty et Daniel Cohen, à l’origine de la PSE (Paris school of economy) étaient absents mais avaient envoyé des messages de soutien. Au final deux heures de débats très denses, souvent de haute volée pour dire que contrairement aux idées reçues et ce que dit la droite, la France n’est pas si figée, s’est déjà largement modernisé et adapté à la nouvelle donne internationale ces dernières années et que les marges de manoeuvre existent sans avoir besoin d’en passer par une réforme radicale à la manière d’un Nicolas Sarkozy.

Spécialiste de l’économie de la connaissance, Philippe Aghion qui enseigne à Harvard a d’abord insisté sur la nécessité de rattraper le retard de la France dans l’enseignement supérieur. «Dans l’économie de l’innovation, il faut moins mettre l’accent sur l’enseignement primaire ou secondaire que sur le supérieur» a-t-il expliqué avant d’ajouter que ce qui manquait le plus aux entreprises pour se développer n’était pas de nouvelles réductions de charges mais des possibilités d’accéder à un marché du crédit bancaire trop fermé.

« C’est un facteur très inhibant en France qui freine gravement l’investissement dans les entreprises innovantes» a-t-il dit. Il a martelé sans cesse la question du choix entre un modèle nordique, celui de la flexsécurité danoise et de relations sociales facilitées entre syndicats et patrons et le modèle anglo-saxon, celui d’une dérégulation du marché du travail qui d’après les participants est celui de Nicolas Sarkozy.

Tous les participants ont insisté sur la nécéssité de formations « plus qualifiantes » et « tout au long de la vie ». Un impératif d’autant plus indispensable que le marché du travail est en profonde mutation comme l’a expliqué Eric Heyer de l’OFCE, l’observatoire français des conjonctures économiques (1).

Brisant une idée reçue, Eric Heyer a démontré, chiffre à l’appui, que le manque d’activité en France était surtout le fait des séniors, incapables de se maintenir sur la marché du travail s’ils sont peu ou mal formés. « Le taux d’activité des 25-49 ans est un des plus hauts d’Europe, a-t-il expliqué, par contre les résultats sont très mauvais concernant les seniors et c’est là que doit porter l’effort. Il faut que les départs en retraite cessent d’être la variable d’ajustement des entreprises ».

Spécialiste du marché du travail, Philippe Askenazy a reçu une salve d’applaudissements lorsqu’il s’en est pris à la conception « très rétrograde » du travail selon Nicolas Sarkozy. « Sa vision est celle de la pénibilité, du labeur, le travail selon lui est fait pour souffrir » a-t-il déclaré en défendant le caractère plutôt souple des 35 heures.

Les participants ont également insisté sur le lien « pas évident » selon eux entre l’emploi et la rigidité du marché travail et dénoncé le fait que « c’était toujours les mêmes, soit environ un tiers des salariés qui passent de CDD en CDD à qui l’on demandait d’être flexibles ». L’occasion d’aborder la question du contrat unique, vantée par la droite et que la plupart des participants n’ont pas jugé « prioritaire » sans l’exclure pour autant. « Faire un contrat unique, ca veut dire faire un CNE pour tous, a expliqué Eric Heyer, toute la question est de savoir où l’on place le curseur de la période au cours de laquelle le contrat peut-être cassé sans contrepartie. A 24 mois, 12 mois, 6 mois ? Toute la difficulté est là ».

Avec Thomas Philippon, il fut enfin question de relations sociales et de la nécessité pour la France de réformer son pacte social comme le propose Ségolène Royal en poussant les partenaires sociaux à s’entendre et en faisant passer l’Etat au second plan, du rôle d’orchestrateur des relations sociales à celui, plus subtil, de facilitateur. « La France est 99ème sur 102 dans un récent classement, au même niveau que le Venezuela, a-t-il expliqué, il ne peut pas y avoir de croissance saine en France sans relations sociales renouvelées ».

L’Article sur Libération.fr

◊ Impossible promesse fiscale. Par Thomas Piketty (Ancien professeur au MIT, fondateur de l’Ecole d’Economie de Paris). [12 Février 2007, Libération]

Parmi les éléments les moins crédibles du programme de Nicolas Sarkozy la palme revient sans conteste à la promesse de réduire de 4 points de PI (produit intérieur brut) le taux de prélèvements obligatoires. Pour tous ceux qui n’ont pas la chance rare de patauger quotidiennement dans ce type de statistiques, l’objectif peut sembler abstrait et difficile à évaluer. Après tout, avec un taux global de prélèvements obligatoires en France d’environ 44 % du PIB (sous forme d’impôts, cotisations et diverses taxes), pourquoi ne serait-il pas possible d’envisager une réduction de 4 points ? Pour aider à se faire une idée et comprendre à quel point un tel objectif n’a aucune chance de se réaliser au cours de la prochaine législature, il est utile de rappeler quelques ordres de grandeur.

Quatre points de PIB, cela représente, par exemple, davantage que toutes les recettes cumulées de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les successions et de l’impôt de solidarité sur la fortune. Si Sarkozy envisage de supprimer ces trois impôts d’un geste auguste, qu’il l’annonce ! A titre de comparaison, Chirac est parvenu en 2002-2007 à réduire de moins de 20 % l’impôt sur le revenu. Surtout, cette baisse a été plus que compensée par les multiples hausses de taxes et de cotisations, si bien que le taux global de prélèvements obligatoires, stabilisé autour de 42-44 points en France depuis 1985, a en réalité progressé de près de 1,5 point entre 2002 et 2007, en particulier quand l’actuel candidat UMP était en charge de Bercy… Car, pour réduire de 4 points de PIB les prélèvements tout en réduisant les déficits, il faudrait être capable de réduire de 4 points les dépenses publiques et indiquer précisément lesquelles.

Or, 4 points de PIB, cela représente, par exemple, quatre fois le budget de l’Enseignement supérieur et de la recherche, ou bien une réduction de plus de 50 % des dépenses de santé. Comment Sarkozy compte-t-il s’y prendre pour faire de telles économies ? A ce jour, les seules économies vaguement mentionnées concernent les habituels percepteurs et supposées gabegies de Bercy, gisement considérable… inférieur à 0,1 point de PIB, et qui vu la mollesse avec laquelle notre audacieux candidat évoque le prélèvement à la source a peu de chances d’être exploité. La vérité est que, compte tenu de la hausse structurelle des dépenses de santé et de retraites (qui ne pourront être stabilisées que par une régulation patiente, novatrice et courageuse), et compte tenu des nouveaux besoins (formation, recherche…), il n’est ni possible ni souhaitable de promettre des réductions de dépense aussi massives. Quant à l’idée absurde selon laquelle la croissance permettrait mécaniquement de réduire la part de l’Etat dans le PIB, elle révèle une étonnante incompréhension des mécanismes économiques élémentaires : sauf à supposer un fort décrochage des salaires du public (perspective peu souhaitable pour un Etat qui se veut efficace), l’Etat devra toujours consommer peu ou prou la même part du PIB pour offrir les mêmes services de santé, formation, retraites, etc. Si la croissance avait pour effet magique de réduire massivement le taux de prélèvements, cela se serait vu, en France comme à l’étranger.

De fait, la meilleure façon d’apprécier l’absence totale de crédibilité de la promesse sarkozienne est de jeter un coup d’oeil aux expériences internationales. La vérité toute simple est que jamais aucun pays développé n’a abaissé de 4 points son taux de prélèvements obligatoires. Au moment où la révolution thatcherienne a produit ses effets les plus forts, de 1985 à 1995, les prélèvements n’ont baissé au total que d’à peine 2 points de PIB au Royaume-Uni (avant que Blair ne les réaugmente de 2 points, retrouvant ainsi aujourd’hui le taux d’environ 37-38 points de 1985). Nicolas Sarkozy envisage-t-il de faire des coupes deux fois plus lourdes que Margaret Thatcher dans une période de temps deux fois plus courte ? Si l’on examine les autres pays, dont on vante habituellement l’expérience modernisatrice, on constate au mieux une stabilisation des prélèvements obligatoires, en aucun cas des baisses de 4 points de PIB : la Suède a stabilisé ses prélèvements autour de 50-52 points de PIB depuis 1990, le Danemark autour de 49-50 points, etc. En France, pas davantage que dans tous les autres pays, aucun gouvernement dans un avenir prévisible ne baissera de 4 points de PIB en quelques années.

En se lançant dans de telles promesses, sans même prendre la peine d’expliquer le début du commencement de la méthode envisagée (et pour cause), Nicolas Sarkozy révèle une fois encore sa vraie nature. Loin du parler vrai et de la transition douce du gaullisme vers le libéralisme social et moderne, le candidat UMP incarne une sorte de gaullo-bushisme autoritaire et populiste. Comme Bush, qui stigmatisait ceux qui osaient dénoncer les conséquences ultra-inégalitaires de ses baisses d’impôts («fuzzy Washington math»), il affiche son mépris pour les statistiques et les analyses qui le contredisent. Comme son modèle, sa foi messianique dans son intuition intime de ce que veut le « peuple » (en vérité quelques groupes de pression croisés ici et là) le rend capable de tous les excès.

L’Article sur Libération.fr

 

équilibre des comptes 14.06.07

Filed under: < Economie — eilema @ 5:46

[Afp – Jeudi 14 juin 2007, 16h27] Nicolas Sarkozy a déjà reporté de 2010 à 2012 la date de retour à l’équilibre des comptes, au risque de mécontenter Bruxelles.

 

nicolas baverez 13.05.07

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Historien et économiste, collaborateur au Point et aux Échos, Nicolas Baverez est considéré comme le chef de file des déclinistes, qui évoquent la nécessité d’une rupture en France, ce « territoire sinistré » (1). Auteur notamment d’un ouvrage au nom évocateur : La France qui tombe, sa thématique du « volontarisme politique » est régulièrement reprise par Nicolas Sarkozy. Pour lui, « l’économie libérale est créatrice de richesses et d’emplois » (2). (more…)

 

Bolloré grimpe… 09.05.07

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Le 9 Mai 20007, la bourse a été relativement stable. L’action Bolloré a cependant pris 5%. Sans commentaire…

Illustration © educarriere.net

 

économie : petit mémo des mesures prévues 07.05.07

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Détaxation fiscale et sociale des heures supplémentaires :

Effective à partir du 1er octobre, c’est LA promesse phare de Nicolas Sarkozy et la traduction législative de son slogan de campagne: « travailler plus pour gagner plus ».
Toute heure supplémentaire travaillée sera totalement exonérée de la part salariale des cotisations sociales et les salariés ne paieront pas d’impôt sur le revenu sur ces heures. Les cotisations patronales seront réduites par le biais d’un forfait modulé selon les effectifs de l’entreprise. Un « avantage » sera accordé aux PME de moins de 20 salariés afin de compenser l’augmentation de la majoration des heures supplémentaires dans ces entreprises, porté de 10 à 25% au 1er octobre prochain.
Le gouvernement estime que cette mesure coûtera entre 2,5 et 5 milliards d’euros, même si François Fillon reconnaît que la facture est « difficile à apprécier parce que cela dépend du nombre d’heures supplémentaires mises en oeuvre ».

Déduction des intérêts d’emprunts immobiliers de l’impôt sur le revenu:

Le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunts immobiliers devrait être plafonné à 750 euros par an pour un célibataire et 1.500 euros pour un couple.
Le texte donne la possibilité de déduire de son impôt sur le revenu 20% des intérêts d’emprunt payés. La mesure s’appliquera sur tous les remboursements en cours et ne sera pas limitée aux premiers achats immobiliers. Seules limites: cette déduction ne s’applique qu’à l’achat d’une résidence principale et seulement pour les cinq premières années de remboursement.
Pour bénéficier également aux foyers non imposables, elle intervient sous forme de crédit d’impôt. Le coût de cette mesure est évalué entre 3,5 et 4 milliards d’euros.

[Reuters – Mercredi 30 mai 2007] Critiques sur le « cadeau » présidentiel sur les emprunts.
L’annonce par le président Nicolas Sarkozy d’une déduction fiscale pour les emprunts immobiliers en cours en vue de l’achat d’une résidence principale a suscité mercredi des réserves des professionnels et des critiques dans les milieux politiques, à gauche et au centre.
Le nouveau locataire de l’Elysée a déclaré mardi soir que tous les titulaires d’un emprunt immobilier pourraient en déduire les intérêts de leur revenu imposable. « Cette déduction, je l’ai promise et je la ferai, parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée et cette déduction, comme je m’y suis engagé, s’appliquera à tous les emprunts en cours, comme il est naturel, normal et juste », a-t-il dit lors d’une réunion publique au Havre.
Nicolas Sarkozy contredit ainsi son ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, qui avait avancé la semaine dernière que seuls les emprunts relatifs à un achat matérialisé après le 6 mai seraient concernés.
La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) a salué l’annonce présidentielle, tout en conseillant d’importants aménagements afin d’en assurer l’équité. « Une telle mesure, libérant du pouvoir d’achat, ne peut être que favorable à une croissance qui, à terme, bénéficiera aux ménages désireux d’accéder à la propriété », dit-elle dans un communiqué.
La FNAIM demande toutefois au gouvernement de préciser les modalités. En effet, souligne-t-elle, on ignore encore si le gain serait ou non plafonné – un plafond équivalent à 20% du montant des intérêts a été évoqué – et combien de temps les contribuables pourraient bénéficier du dispositif. On ignore aussi si les ménages non imposables pourront ou non bénéficier d’un reversement du fisc.
La FNAIM préconise par ailleurs une modulation géographique de la mesure, « tenant compte des disparités de prix de transactions observées en région, pour respecter un équilibre entre les territoires ». Elle suggère enfin de varier l’application de la décision « en fonction de la durée d’endettement des ménages ».
Le Parti socialiste a replacé l’annonce dans le contexte de la campagne électorale des législatives, jugé qu’elle produirait mécaniquement une hausse des prix de l’immobilier et déploré le coup porté au déficit du budget de l’Etat. Suivant son périmètre et ses modalités, le coût de la mesure pour le budget de l’Etat est évalué à entre deux et dix milliards d’euros par an, selon plusieurs spécialistes cités dans la presse mercredi.
Sur LCI, Ségolène Royal a vu dans l’annonce présidentielle une « improvisation quand même assez étrange et démagogique ». François Hollande, premier secrétaire du PS, a de même demandé que
« cessent ces mouvements d’annonce et de contre-annonces ». S’exprimant sur Europe 1, il a souhaité qu’avant les élections législatives, « on nous dise quelle est la mesure, quel est son montant, quel est le plafond de la déduction, quelle est la durée de la déduction et quel est le coût pour les finances publiques. » Le PS est favorable à une extension des prêts à taux zéro pour l’achat des résidences principales, qui permet de mieux « cibler » les catégories les plus modestes, a-t-il ajouté. Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, a estimé de son côté que, même si le président Nicolas Sarkozy ne faisait que respecter ses promesses, cette mesure n’était pas bonne car elle risquait de faire monter les prix du logement. « C’est bien de tenir ses promesses, mais espérons qu’elles seront bien inspirées », a-t-il dit sur RTL.
Ce débat se situe dans un contexte difficile pour le secteur de la construction.
Le nombre de permis de construire en France a progressé de 0,1% sur les trois mois à fin avril, selon des chiffres publiés mercredi par le ministère de l’Equipement. Les mises en chantier, elles, plongent de 9,5% pour la même période et marquent un recul de 2,8% sur un an.

Exonération des droits de succession:

L’objectif affiché est la suppression des droits de succession « pour 90% des Français ». Les droits de succession au profit du conjoint survivant et du partenaire pacsé devraient être supprimés.
L’abattement de 50.000 euros applicable pour les donations et successions sur la part de chacun des ascendants et de chacun des enfants vivants ou représentés est quant à lui porté à 150.000 euros. Corrélativement, l’abattement global de 50.000 euros applicable sur l’actif net successoral est supprimé.
Les transmissions entre vifs sont facilitées par la création d’une exonération de droits de mutation applicable aux dons en numéraire dans la limite de 20.000 euros au profit d’un enfant, un petit-enfant, un arrière-petit-enfant ou, à défaut d’une telle descendance, d’un neveu ou d’une nièce.

Bouclier fiscal :

Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy s’était engagé à limiter à 50% du revenu, contre 60% actuellement, la somme des impôts directs et des contributions sociales (CSG et CRDS inclues).

L’opposition accuse le gouvernement Fillon de chercher ainsi à supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sans le dire, les plus gros revenus étant les principaux bénéficiaires de cette mesure. Par ailleurs, un contribuable assujetti à l’ISF pourra déduire de cet impôt jusqu’à 50.000 euros par an pour les investir dans des PME.

Défiscalisation du travail étudiant :

Les étudiants qui doivent travailler pendant l’année universitaire pour financer leurs études bénéficieront d’une exonération d’impôt sur le revenu des salaires qu’ils perçoivent, « dans la limite de trois fois le SMIC mensuel ». La limite d’âge est fixée à 25 ans.

Parachutes dorés :

Finalement les parachutes dorés qui défraient régulièrement la chronique ne seront pas interdits mais « encadrés ».
Les primes de départ versées aux dirigeants de grandes entreprises devront être subordonnées à des conditions de performance fixées au préalable et appréciées par le conseil d’administration au moment du versement. Les conventions en cours devront être mises en conformité avec cette disposition dans un délai d’un an.

 

Travailler plus pour gagner plus ? 18.03.07

Sur le plateau de l’émission Mots Croisés, le 18 mars 2002, un explosif face à face DSK Sarkozy à propos du désormais célèbre Travailler plus pour gagner plus.