Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Censurer plus pour exposer moins 15.02.10

L’installation de l’artiste chinoise Ko Siu Lan, dont le vernissage était programmé vendredi, a été démontée quelques heures après leur affichage sur la façade de l’École des beaux-arts, quai Malaquais. « Censure politique », dénonce l’artiste.

« Un week-end de sept jours », une exposition collective à la connotation délibérément utopique, devait présenter du 13 au 21 février des œuvres d’étudiants du Royal College of Art de Londres, et de Lasalle College of the Arts de Singapour. Ko Siu Lan, qui connaît bien les Beaux-Arts de Paris pour y avoir passé deux ans en résidence, avait imaginé deux bannières réversibles de 7 mètres de haut sur 1,2 m de large, visibles depuis les quais de la Seine et incluant simplement quatre mots. Selon le chemin que l’on empruntait, on pouvait lire les mots ci-dessous.

photomontage des bannières de l'expo /Siu Lan Ko

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L’artiste explique avoir cherché à évoquer « à la fois la question du travail et de la propagande, dans un esprit universel » et s’être « bien sûr inspirée du slogan du candidat Sarkozy. »

Mercredi à 10h30, comme prévu, les bannières ont été montées sur la façade située à deux pas de l’actuelle résidence de Jacques Chirac, quai Voltaire. Mais dans l’après-midi, elles ont été retirées alors que l’artiste n’a été officiellement avertie que par un mail reçu dans la soirée de sa commissaire d’exposition, Clare Carolin, du Royal College of Art de Londres. « Le pire est que tout était calé depuis un an, le catalogue imprimé, ils n’ont pas découvert ça hier ».

D’après les informations recueillies, la direction de l’école aurait jugé cette œuvre trop dérangeante et aurait argué qu’elle avait choqué certains membres du personnel de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts et du ministère de l’Éducation. Le directeur aurait ajouté que la période était particulièrement sensible alors que l’école était en train de renouveler sa convention de financement avec les ministères. À la commissaire d’exposition Clare Carolin, on a simplement proposé de rapatrier les bannières à l’intérieur de l’école, mais elle ne pouvait prendre une telle décision sans prévenir l’artiste. Elle n’a pas eu le temps de le faire puisque lorsqu’elle est sortie de la réunion, l’œuvre était déjà démontée.

L’Ecole des beaux-arts de Paris, dans un communiqué, a déclaré que l’artiste avait accroché son oeuvre à l’extérieur « sans que la direction de l’établissement en soit informée » : « Sans titre, sans nom d’auteur, sans mention relative à l’exposition, le caractère de l’oeuvre se réfère explicitement à un contexte politique. Son auteur a souhaité, par la présentation sur la voie publique, utiliser spectaculairement comme médiation de son message un bâtiment de l’Etat voué à l’enseignement », a poursuivi l’école. La direction de l’école a considéré que « cette présentation non concertée de l’oeuvre, sans explicitation à l’attention du public, pouvait constituer une atteinte à la neutralité du service public et instrumentaliser l’établissement », selon le communiqué.

Mise à jour du 13 février 2010 : Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a demandé à l’Ecole des beaux-arts de raccrocher l’oeuvre de l’artiste chinoise Ko Siu Lan.

Sources : Rue89 I Libération.

 

La culture comme réponse à la crise ! On croit rêver ! 03.02.09

chcalmetoirichecon

Arrêtez-le ! Pitié, arrêtez-le…

Une hypothèse se profile : si Dieu le père prend à ce point son temps pour répondre à une France légitimement en colère, c’est peut-être qu’il est trop occupé avec son conseil pour la création artistique. Mais l’on aurait tort de médire, car il semblerait qu’il y ait en fait un lien entre les deux phénomènes. En effet, Nicolas Sarkozy – comme à son habitude toujours mieux servi par lui-même que par autrui – préside ce conseil pour de grandes raisons : « Je veux que ça bouge, je veux que ça change, je veux que la culture soit notre réponse à la crise économique mondiale (…) et pour que ça soit vrai, il faut que la création soit au cœur de cette politique culturelle que je souhaite impulser« . « Ma parole est plus libre que celui qui produit et qui doit faire attention à ce qu’il dit (…). C’est donc à moi de donner un coup de pied dans la fourmilière, de bousculer les choses« , a-t-il déclaré dans un discours prononcé à l’Elysée devant plus de trois cents représentants du monde de la culture.

Au-delà du fait que l’inquiétante formule « Celui qui produit (…) doit faire attention à ce qu’il dit » mériterait d’être longuement méditée, il fallait y penser ! Des funambules dans les usines, davantage de clowns dans les hôpitaux, des projections de documentaires sur les marchés, des happenings à La Poste, des tableaux accrochés aux réverbères ; et tout le monde va retrouver son pouvoir d’achat et le sourire qui va avec.

Après l’ORTS sur nos écrans, Bigard et Mireille Matthieu sur les scènes des théâtres subventionnés ? Ce qui est certain, c’est que la culture va prendre un nouveau visage : « je crois fondamentalement à la capacité de l’Etat à impulser un changement de culture, pour apprendre à mieux soutenir le processus de création« . On en frissonne d’avance…

Les intermittents du spectacle ont manifesté à plusieurs reprises au mois de décembre. Très gourmands, ils ont remis le couvert ce 29 janvier, certainement en hommage à ce président si soucieux et respectueux de la culture. Après les réformes de leurs statuts en 2003 et en 2006, la question était en effet à nouveau posée : doit-on modifier ce statut ? On était alors loin des propos de campagne du gesticulateur :

« Je mesure pleinement le rôle joué par les intermittents du spectacle, sans lesquels il n’y aurait pas de spectacle vivant, pas de créations cinématographiques, ou audiovisuelles. Il est normal qu’ils bénéficient d’un régime d’indemnisation du chômage particulier, qui est d’ailleurs unique dans le monde. Je suis favorable à une indemnisation généreuse qui permette à ceux qui décident de travailler pour la culture de vivre convenablement quitte à leur demander en contrepartie de contribuer au développement de l’enseignement artistique et à la découverte par les jeunes des métiers de la culture.
Pour l’instant, un nouvel accord vient d’être signé. Je pense qu’il faut le laisser vivre et en faire le bilan dans quelques mois. Mais la vérité, c’est qu’un accord sera toujours insuffisant tant qu’il se fera dans un contexte de pénurie. Or, je suis convaincu que l’emploi culturel est plein de promesses, et qu’il compte parmi les secteurs les plus créateurs, potentiellement, de richesses et de croissance, en particulier du côté du cinéma et de l’audiovisuel. Je ferai tout pour le développement de l’emploi culturel
.
 » (1)

Lorsqu’il parle plus en détail de ce statut, Nicolas Sarkozy – épaulé par la presse, il va sans dire – prend toujours soin de faire passer les intermittents pour des privilégiés. La technique semble d’ailleurs fonctionner, si l’on se fie aux commentaires déposés par des internautes au pied des articles. On peut regretter que jamais un article plus sérieux n’ait été rédigé sur l’intermittence. C’est bien dommage, et dommageable.

Mais ce lundi 2 février 2009, on pourra « simplement » se contenter de regretter que ce soit un inculte notoire qui décide de s’emparer de la question de la création en France. Et de surcroît cette semaine, qui aurait méritée d’être consacrée à autre chose. Parce que si la culture est nécessaire et vitale ; multiple et transversale, elle vaut surtout mieux que d’être brandie par un imbécile dans un contexte de crise. Si le petit Nicolas maîtrise un art, c’est bien celui du détournement allié à la récupération ; mais ni d’images ni d’objets hélas.

Celui qui disait avoir hâte de voir Obama au travail ferait bien de s’y [re]mettre lui aussi. Plutôt que de se perdre dans les dédales de ses commissions et autres conseils, plutôt que de noyer le poisson dans les eaux fétides de ses idées toujours aussi malvenues.

Eilema, pour Le Sarkopithèque I (1) Discours devant les acteurs de la Culture (04/04/07) I Citations de Nicolas Sarkozy extraites du Monde I Illustration : Luz.

 

Sarkozy crée et préside le Conseil pour la création artistique 25.01.09

Filed under: < Culture — eilema @ 2:01

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Mme Albanel et M. Karmitz sont dans un bateau…

Depuis sa nomination, en mai 2007. la ministre de la culture Christine Albanel vit dans un climat étrange. Donnée souvent partante, rapidement privée de son poste de porte-parole du gouvernement, elle a résisté aux divers « ajustements » gouvernementaux. Le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé à Nîmes, le 13 janvier, la place à nouveau face à un paradoxe tant ces « vœux à la culture » regorgeaient de roses et… d’épines.

Lui donnant à plusieurs reprises du « chère Christine« , le président de la République a salué et conforté l’action de la ministre. Son budget, un temps menacé, ne sera pas rogné. Elle recevra même 100 millions d’euros supplémentaires chaque année pour sauver des monuments historiques. La loi sur le piratage des œuvres sera votée au plus vite. Le régime chômage des intermittents du spectacle n’est pas remis en cause.

Mme Albanel a aussi habilement géré la question de la gratuité des musées. Dans son programme présidentiel, M. Sarkozy promettait une entrée libre pour tout le monde. Mme Albanel n’en voulait pas, estimant, études à l’appui, que cette mesure coûteuse ne ferait pas venir de nouveaux visiteurs. Elle plaidait au contraire pour une action ciblée, en direction des 18-25 ans. Le président l’a écoutée, réduisant, au passage, la mesure aux seules collections permanentes des musées, les expositions temporaires restant payantes.

Les épines maintenant. A Nîmes, M. Sarkozy a surpris tout le monde en instaurant un Conseil pour la création artistique, qu’il présidera lui-même, et qui sera piloté par le producteur et distributeur de cinéma Marin Karmitz (MK2). Le président a mis une forte personnalité dans les pattes de Mme Albanel. D’autant que M. Karmitz compte faire le job : sa mission n’est pas limitée dans le temps, il sera entouré d’une quinzaine de personnes de son choix, il proposera au président des mesures afin d’améliorer le fonctionnement de la culture. « Un ministre bis », a-t-on commenté.

Après son élection, Nicolas Sarkozy avait choisi comme conseiller culturel Georges-Marc Benamou – issu de la gauche comme M. Karmitz – qui aimait dire tout le mal qu’il pensait de Mme Albanel. M. Benamou a dû quitter son poste, mais avec M. Karmitz, le président a trouvé un autre trublion. On sait qu’il aime court-circuiter ses ministres. Mais qu’il le fasse de façon officielle…

Et il n’y a pas pire moment. Depuis des mois, Mme Albanel mène d’âpres négociations avec les organisations professionnelles afin de rendre plus efficaces les mécanismes de la création en France ; or M. Karmitz est nommé parce que le ministère « manque de vision« . Ensuite, comment les 30 000 agents, permanents ou pas, du ministère de la culture vont-ils apprécier cette cellule élyséenne alors qu’on leur impose, dans le cadre de la réforme de l’Etat, une organisation plus resserrée et une cure d’amaigrissement ?

Même si le groupe de M. Karmitz ne devait être qu’un think tank, sa simple existence fragilise la ministre et, au-delà, le ministère tout entier. Peut-être est-ce l’effet recherché. Sans doute M. Sarkozy considère-t-il le monde des artistes comme hostile et le ministère comme une machine n’offrant pas un bon rapport qualité-prix. Sa méfiance s’étend-elle au chef de cette administration ? Ou passer par-dessus la tête de ses ministres est-il un mode de gouvernement ? A l’heure où un ancien ministre – Jean-Jacques Aillagon, aujourd’hui à la tête du château de Versailles – s’interroge tout haut sur la nécessité même d’un ministère de la culture, le « coup Karmitz » risque d’être lourd à digérer.

Article de Michel Guerrin et Nathaniel Herzberg (Le Monde) I Photo © Afp

 

La Villa Médicis, Victime du fait du Prince 22.03.08

Filed under: < Culture — eilema @ 1:38

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L’APPEL :
Nous sommes, au-delà de toute question de personnes, attachés au respect des compétences, des institutions et des règles. L’Académie de France à Rome poursuit une noble tâche depuis des siècles, de transmission et de création. La diriger requiert un lien fort avec l’Italie et sa langue, un intérêt nourri pour la création contemporaine dans ses expressions les plus diverses et toujours exigeantes, bref, un enthousiasme, une passion.

Il apparaît qu’une nomination pourrait être bientôt effective, qui enverrait à la Villa Médicis le conseiller aux affaires culturelles de l’Elysée quittant ses fonctions, comme lot de consolation. Soyons clairs : personne n’aurait pensé une seconde à lui pour ce titre en dehors de la nécessité de lui trouver un parachutage. Qu’il déclare vouloir s’y consacrer avant tout à des activités personnelles ne fait qu’ajouter à l’inquiétude.

Principe démocratique.

Cette nomination serait méprisante, pour nos voisins italiens, pour l’Académie de France à Rome, pour tous les créateurs, et notamment ceux qui ont mérité son hospitalité, et tous les citoyens qui veulent préserver l’indépendance de la culture face aux pouvoirs politiques.

En date du 6 avril 2007, Nicolas Sarkozy, alors candidat à la présidence, émettait le souhait dans son projet que « les nominations aux fonctions les plus importantes de l’Etat se fassent sur des critères de compétences et de hauteur de vue, et non sur des critères de proximité avec le pouvoir politique en place. Les candidats à ces nominations seront auditionnés publiquement par le Parlement et celui-ci pourra mettre son veto à leur nomination ». Nul besoin de procès ni de polémiques. Nous appelons simplement à l’application de cette belle idée de transparence.

Le poste de directeur de l’Académie de France à Rome est important, prestigieux, il nous représente dans un grand pays de création et de culture. Nous demandons donc au président de la République d’appliquer le principe démocratique d’une soumission des candidatures aux commissions spécialisées de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Jane Birkin, artiste ;
François Bon, écrivain ;
Geneviève Brisac, écrivain ;
Pascal Bruckner, écrivain, philosophe ;
Olivier Cadiot, écrivain ;
Sophie Calle, artiste ;
Patrice Chéreau, metteur en scène, cinéaste ;
Bernard Comment, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Pascal Convert, artiste et ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Maryline Desbiolles, écrivain ;
Pascal Dusapin, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Alain Finkielkraut, philosophe ;
Gérard Fromanger, artiste ;
Valérie Gans, écrivain ;
Gabriel Garran, metteur en scène ;
François Hartog, historien ;
Valérie Lang, comédienne ;
Gila Lustiger, écrivain ;
Bruno Mantovani, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Pierre Michon, écrivain ;
Catherine Millet, critique d’art, auteur, directrice d’Art Press ;
Marie-Ange Munoz, écrivain ;
Manuela Morgaine, artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Stanislas Nordey, metteur en scène ;
Bernard Pagès, artiste ;
Giuseppe Penone, artiste plasticien ;
Jacqueline Risset, écrivain, professeur, traductrice ;
Olivier Rolin, écrivain ;
Tiphaine Samoyault, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Jean-Noël Schifano, écrivain, éditeur, citoyen d’honneur de la ville de Naples ;
Yves Simon, écrivain, chanteur ;
Aberrahmane Sissako, cinéaste ;
Alain Veinstein, écrivain, producteur à France-Culture ;
Marc Weitzmann, écrivain.

Source : Le Monde

 

Diversité culturelle et artistique en danger 24.02.08

Paris, 29 février. À partir de 15h, Place du Palais Royal :

Diversité artistique et culturelle en danger !
JOURNÉE DE MOBILISATION NATIONALE CONTRE LE DÉSENGAGEMENT DE L’ÉTAT DANS LA CULTURE.

L’État a décidé de réduire le budget qu’il consacre à la culture. Les acteurs culturels commencent l’année 2008 dans la plus complète incertitude concernant leurs financements. Les plus touchées par ce désengagement de l’État sont les associations artistiques et culturelles, compagnies, salles de spectacles, lieux d’accompagnement des pratiques amateurs. qui constituent le vivier de la création et de l’innovation, et sont par leur proximité les premières interlocutrices des populations. (more…)

 

Pour l’amour de Jules et Jim 23.02.08

Filed under: < Culture — eilema @ 12:55
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L’actrice Jeanne Moreau, qui à 80 ans a reçu un « super César d’honneur » pour une carrière de 60 ans, riche de plus de 100 films, a profité de la scène du Châtelet pour dire son inquiétude à l’égard « de mesures gouvernementales qui risquent d’affaiblir » le cinéma français.

Elle a pointé la baisse des subventions publiques redoutée par les cinémas indépendants, contre laquelle quelque 200 salles art et essai ont protesté vendredi soir en baissant le rideau. Jeanne Moreau a aussi dénoncé les « attaques » de « groupes puissants qui reprochent une concurrence déloyale » à des petites salles, faisant référence à plusieurs actions juridiques intentées par UGC – parfois rejoint par MK2.

 

Interdiction Des Concerts Dans Les Cafés : Ça Se Précise 14.02.08

Filed under: < Culture — eilema @ 12:46
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La ville de Quimper est-elle le terrain d’expérimentation d’une nouvelle loi liberticide ?

C’est en tout cas ce que l’on est en droit de craindre. Plusieurs bars quimpérois, organisateurs de concerts, ont en effet reçu récemment un courrier de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles – Ministère de la Culture) leur imposant d’être titulaires d’une licence d’entrepreneur de spectacles dès lors qu’ils souhaitent organiser plus de 6 concerts par an. Le non-respect de cette clause est passible de 2 années d’emprisonnement, de 5 années de fermeture administrative et de trente mille euros d’amende. Est également demandé aux propriétaires d’effectuer une mise en conformité des locaux (engendrant pour beaucoup d’entre eux des travaux coûteux).

Cette mesure – une fois n’est pas coutume – pénalisera les lieux de culture « alternatifs » et de proximité au profit de structures plus conséquentes. Gérants de bars, intermittents du spectacle, musiciens débutants, sphère associative, feront ainsi les frais d’une disposition aussi dommageable pour l’activité culturelle de la ville que pour le public. Quelques intermittents du spectacle ont d’ailleurs reçu un courrier aussi délicat que rassurant, leur demandant, « en tant que personnes en grande difficulté, de songer rapidement à une nouvelle formation professionnelle ».

Les propriétaires des bars incriminés demandent l’ouverture d’une table ronde réunissant les élus, fonctionnaires locaux et représentants de la Sacem. Ils demandent en outre le transfert des moyens de la DRAC à la Région, ainsi qu’une révision de cette loi inappropriée pour des lieux de si petite envergure.

SIGNER LA PÉTITION : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1438
Source : Bellaciao (Dimanche 20 janvier 2008)

 

Intermittents du spectacle : La faute à Joe Dassin ! 03.02.08

Filed under: < Culture — eilema @ 11:36

intermittent.jpg © Manifestation d’intermittents, le 12 mars 2007, à Paris.

Article de Nathaniel Herzberg paru dans Le Monde du 03.02.08 :

Les intermittents du spectacle, grands profiteurs du système ? Le lieu commun a irrigué nombre d’audits publics. En se penchant sur la gestion de la caisse des congés spectacles, la Cour des comptes vient de mettre en lumière le phénomène inverse. Pendant des années, cet organisme, chargé de collecter auprès des employeurs les congés payés des artistes et techniciens du spectacle et de reverser ces sommes aux intéressés, a multiplié les irrégularités.

Prestations impayées, cotisations sociales réduites aboutissant à des retraites amputées, ententes illicites avec les organisations patronales et certains syndicats de salariés, frais de fonctionnement masqués : l’essentiel de ces dérives ont été menées au préjudice des intermittents. De quoi « mettre en question l’existence de la caisse et du régime particulier qu’elle est chargée de gérer », soulignent les magistrats de la Cour, dans le relevé de conclusion provisoire transmis aux administrations de tutelle mais aussi au parquet de Paris.

Ce document, rendu public par le mensuel Capital dans son édition de février, apparaît accablant. Certains détails prêteraient volontiers à sourire. Comme ce fichier des bénéficiaires de prestations où figurent, sur 760 000 noms, un tiers de dossiers périmés, parmi lesquels, en vrac : André Raimbourg, alias Bourvil (mort en 1970), Joe Dassin (mort en 1980) ou Léonie Bathiat, autrement dit Arletty (morte en 1992). Il y a peu de chance qu’eux, ou leurs ayants droit, aient touché des prestations. Mais il est probable que des cotisations aient été versées à leur intention par des télévisions à l’occasion de rediffusions… (more…)

 

L’entêtement français pour une tête maorie 14.01.08

Filed under: < Culture — eilema @ 4:04

La France ne rendra pas la tête de guerrier maori conservée par le musée de Rouen. Une attitude que regrette le New Zeland Herald car, avant d’être une œuvre d’art, cette toi moko est un reste humain.
https://i0.wp.com/valerie-fourneyron.parti-socialiste.fr/files/81802581_resize215.jpg
La décision du maire de Rouen, Pierre Albertini, de restituer à la Nouvelle-Zélande une tête de guerrier maori tatouée et momifiée semblait consensuelle. Il s’agissait d’un geste d’apaisement, précise l’élu, et d’une condamnation du commerce de restes humains datant de l’époque coloniale. Une trentaine d’institutions dans le monde ont déjà engagé des démarches similaires depuis la demande de rapatriement formulée par le gouvernement néo-zélandais en 1992. L’année dernière, l’université écossaise d’Aberdeen a ainsi restitué neuf têtes de guerriers maoris momifiées et tatouées. La généreuse initiative du maire a pourtant été torpillée par les autorités françaises. La France n’a jamais rendu de tête maorie et le ministère de la Culture, s’appuyant sur une décision du tribunal administratif de Rouen, le 27 décembre 2007, a bloqué tout transfert de la toi moko [tête tatouée] offerte en 1875 au musée d’Histoire naturelle de la capitale normande par un collectionneur français. (more…)

 

Pierre Bergé taille un costume de traître à Benamou 19.09.07

Filed under: < Culture — eilema @ 9:59

https://i1.wp.com/www.bakchich.info/IMG/jpg_Georges-Marc-BENAMOU.jpgGeorges-Marc Bénamou par Massioni ©

Interviewé par Médias, l’entrepreneur décrit Georges-Marc Benamou [Conseiller pour la culture et l’audiovisuel auprès de Nicolas Sarkozy depuis le 18 Mai 2007] comme un « traître » dénué de culture.

 

Dans un entretien au magazine Médias de septembre, Pierre Bergé, l’homme d’Yves Saint Laurent, révèle une grande amertume envers Georges-Marc Benamou, devenu conseiller de Nicolas Sarkozy. « Je suis fâché parce qu’il est un traître ! », explique-t-il en évoquant Le dernier Mitterrand (éd. Plon), ouvrage paru après la mort du président socialiste et adapté depuis au cinéma avec Le promeneur du Champs de Mars. Pierre Bergé reproche à l’auteur de ce livre, écrit à partir d’entretiens avec François Mitterrand, de téléscoper les événements et d’avoir fait de l’argent avec une trahison : « J’ai trouvé ça immonde. Et je lui ai dit. » Le principal intéressé n’a pas souhaité répondre à nos question.

L’entrepreneur ne voit pas non plus d’un bon œil les nouvelles fonctions de son « ami de 20 ans » : « Il s’occupe de culture – on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs », s’étonne-t-il, affirmant que le nouveau conseiller du président de la République n’a « jamais mis les pieds dans un théâtre, dans un concert, dans une exposition, dans rien ! Bref, une absence totale de culture ! » Mais Nicolas Sarkozy n’attend peut-être pas de Georges-Marc Benamou des conseils dans ce domaine.

Mercredi 19 Septembre 2007 – 14:32
Sylvain Lapoix [Marianne.fr]


 

Christine Albanel 01.09.07

MINISTRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION.

« La présidente du château de Versailles est une vieille amie de Sarkozy. Ils se sont rencontrés au début des années 1990, dans l’équipe chiraquienne. Mais tandis que Sarko « trahissait » pour Balladur, Christine Albanel est restée la « plume » de Chirac. » (1) (more…)

 

Christine Albanel et les intermittents du spectacle 05.07.07

Filed under: < Culture,< Emploi — eilema @ 11:39

Lors de sa rencontre avec la nouvelle ministre de la culture, Christine Albanel, SUD Culture Solidaires avait, entre autres, évoqué la situation des intermittents du spectacle. Nous avions rappelé que, depuis l’entrée en vigueur du protocole de 2003, la situation des intermittents n’avait cessé de se dégrader. Malgré le fonds transitoire, 30 000 professionnels ont été exclus du système d’indemnisation. Le travail du Comité de suivi, soutenu par une majorité de parlementaires, a été balayé d’un revers de la main, ouvrant ainsi la porte à l’aggravation de la situation avec le protocole 2006 conclu entre le MEDEF et des organisations ultra-minoritaires dans la profession. Ainsi, la disparition du fonds transitoire au profit d’un fonds de professionnalisation sera plus restrictif tant sur son montant que sur les critères d’obtention.

En matière de formation, l’activité de la transmission des avoirs a toujours joué une place importante, inhérente même, à la pratique des métiers des intermittents. Or, actuellement, elle est considéré comme un métier à part, ne relevant pas de l’intermittence et insuffisamment reconnu pour leurs droits sociaux (55h / an). L’une des conséquences de cette politique, c’est que les intermittents sont obligés de jongler dans deux ou trois régimes différents : régime général ou travailleur indépendant pour les interventions, et régime d’intermittence pour les prestations artistiques. Quant à la formation reçue, elle ne donne droit à rien.

Depuis 2003, les contrôles sur les intermittents se sont intensifiés jetant le discrédit sur leur profession. De simples contrôles se sont transformés en garde à vue, la répression sur les militants s’est accentuée (cf le procès contre les quatres de la Star Ac).

Le nouveau protocole renforce encore le volet répressif avec le n° d’objet qui entrera en vigueur à partir du 31 mars 2008. Ce sera désormais l’UNEDIC (via le CNCS qui définira ce qui est un spectacle ou une création en attribuant ou non ce n°. Pour employer des intermittents, il fallait déjà obtenir le bon code APE, la licence ou le label de prestataires, c’est maintenant le CNCS qui aura toute latitude d’exclure en masse. C’en sera fini de l’intervention des artistes qui interviennent dans tous les dispositifs partenariaux de façon très régulière (hôpitaux, établissements scolaires, dispositifs d’éducation populaire). L’application de ce nouveau protocole intensifiera l’exclusion de nombreux professionnels, notamment les plus précaires, ceux-là même qui concourent le plus au développement culturel en milieu rural ou dans les petites villes.

Loin d’être vertueux, il fera plonger le montant des indemnisations, incitera à la sous-déclaration des heures travaillées, simplement pour survivre pour les plus précaires et… pour assurer un complément de rémunération pour les mieux rémunérés. Tout cela pour laisser place nette aux plus grosses structures subventionnées, bien outillées en juridiction et en administration, et au bizness du divertissement.

Christine Albanel n’a manifestement pas l’intention de remettre en cause ce protocole, « accepté par tous les acteurs de l’intermittence » ! (selon son directeur adjoint de cabinet) qu’elle considère comme « un plus » mais qu’elle s’engage « à suivre de près et à évaluer régulièrement ». Selon elle, le fonds de professionnalisation « représente un investissement important de l’Etat ». Elle s’engage cependant à ce que la formation dispensée soit mieux prise en compte, à éventuellement revoir le n° d’objet afin « que les intermittents puissent notamment continuer leurs activités… en milieu carcéral » (!). L’objectif de l’Etat reste de continuer à « accompagner le mouvement et de conserver la spécificité de l’intermittence ».

SUD Culture Solidaires, tout en contestant fortement l’assertion selon laquelle le protocole est « accepté par tous les acteurs de l’intermittence », a rappelé que ce protocole n’a été signé que par des syndicats qui ne représentent rien dans le milieu de l’intermittence a demandé à ce qu’une nouvelle rencontre ait lieu afin d’approfondir le sujet. Cette nouvelle rencontre a eu lieu ce 5 juillet avec la conseillère sociale du ministère, Marylis Roque. Elle a été centré sur le n° d’objet.

Après discussion autour des dégâts du protocole 2003, la conseillère nous a demandé notre avis sur le protocole 2007. Nous lui avons précisé qu’à part la disparition de la notion de travail saisonnier dans nos professions, le protocole 2007 était une aggravation du protocole 2003 :
– Baisse de l’indemnisation.
– Baisse du nombre de jours indemnisés.
– Fond de professionnalisation.

Mme Roques nous a dit qu’elle regrettait que la PPL n’ait pas abouti.
Concernant le N° d’objet, nous sommes intervenus sur la gravité de cet article du nouveau protocole, en expliquant que sa mise en œuvre serait pour nous une grave atteinte à la liberté de travailler et qu’il serait fini de l’ensemble des interventions culturelles en dehors du chant direct de la production de spectacle : travail en milieu carcéral ou hospitalier éducation populaire activités mutualisées en structures etc…
Nous avons demandé si le ministère de la culture comptait rester simple spectateur des effets pervers de ce nouveau protocole avec l’Unedic via le CNCS comme seul et unique juge de la création culturelle.
Mme Roques, après consultation du protocole, semble avoir pris conscience des difficultés engendrées par ce N° d’objet et s’est engagée à rencontrer le CNCS à ce sujet. A l’issue de l’entretien, elle nous à même demandé si nous serions favorable à un système du type 520 heures sur 12 mois plutôt que 507 sur 10 ou 10,5 mois.
Nous lui avons répondu que ce principe nous paraissait forcement plus favorable que les 2 derniers protocoles, mais nous avons repoussé l’idée avancée par Mme Roques de Sociétés d’intérim du spectacle dépendant des annexes VIII et X en lui indiquant que c’était le rôle de l’ANPE spectacle et qu’il n’était pas question de contribuer à l’enrichissement des marchands de main d’œuvre.

[Sources : http://sud-culture.org / http://paris.indymedia.org ]