Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Nicolas Sarkozy dans le texte : Mensonge, mépris et stigmatisation 05.02.09

rupturejustice

Après bientôt deux ans de mise en service, la machine à broyer Sarkozy est en pleine forme. Justice, santé, éducation, immigration, emploi, culture, et bien d’autres : tous les secteurs, tous les domaines ont été et continuent d’être bousculés et salis. Il devient ardu – si ce n’est impossible – de lister les dégâts, de comptabiliser les reculs, et surtout de recenser les insultes et de mesurer l’étendue du mépris.

Chacun d’entre nous aurait pu s’étouffer en entendant le discours de Nicolas Sarkozy sur la psychiatrie. Michel Guyader, chef de service du 8ème secteur de psychiatrie générale de l’Essonne, a été suffisamment clair dans la lettre qu’il adressera au président par la suite : « Mesurez-vous, Monsieur le Président, l’incalculable portée de vos propos qui va renforcer la stigmatisation des fous, remettre les soignants en position de gardiens et alarmer les braves gens habitant près du lieu de soin de la folie ? Vous donnez consistance à toutes les craintes les moins rationnelles, qui désignant tel ou tel, l’assignent dans les lieux de réclusion. » « Vous venez de finir d’ouvrir la boîte de Pandore et d’achever ce que vous avez commencé à l’occasion de votre réplique aux pêcheurs de Concarneau, de votre insulte au passant du salon de l’agriculture, avilissant votre fonction, vous déprenant ainsi du registre symbolique sans lequel le lien social ne peut que se dissoudre. Vous avez donc, Monsieur le Président, contribué à la  destruction du lien social en désignant des malades à la vindicte, et ce, quelques soient les précautions oratoires dont vous affublez votre discours et dont le miel et l’excès masquent mal la violence qu’il tente de dissimuler. »

Depuis, dans le même registre, mais devant un auditoire différent – les chercheurs, cette fois-ci – le petit homme a réitèré son exercice favori : la production de discours méprisants et mensongers.

« Phrases agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire, assertions volontaristes » : dans un article intitulé Nicolas Sarkozy aux assises de la recherche, ou l’horreur absolue d’une communication dévoyée, Le Grand Barnum revient sur cet improbable texte : « Que l’on puisse tenir ce genre de propos atterrants devant un parterre de chercheurs en dit déjà long sur le mépris dans lequel Notre Président tient l’Université et le monde de la recherche. Quoique venant d’un populiste, la haine du savoir et de ceux qui le produisent et le diffusent n’ait rien d’étonnant. » Bonne lecture à vous !

Illustration : Jul