Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy crée et préside le Conseil pour la création artistique 25.01.09

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Mme Albanel et M. Karmitz sont dans un bateau…

Depuis sa nomination, en mai 2007. la ministre de la culture Christine Albanel vit dans un climat étrange. Donnée souvent partante, rapidement privée de son poste de porte-parole du gouvernement, elle a résisté aux divers « ajustements » gouvernementaux. Le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé à Nîmes, le 13 janvier, la place à nouveau face à un paradoxe tant ces « vœux à la culture » regorgeaient de roses et… d’épines.

Lui donnant à plusieurs reprises du « chère Christine« , le président de la République a salué et conforté l’action de la ministre. Son budget, un temps menacé, ne sera pas rogné. Elle recevra même 100 millions d’euros supplémentaires chaque année pour sauver des monuments historiques. La loi sur le piratage des œuvres sera votée au plus vite. Le régime chômage des intermittents du spectacle n’est pas remis en cause.

Mme Albanel a aussi habilement géré la question de la gratuité des musées. Dans son programme présidentiel, M. Sarkozy promettait une entrée libre pour tout le monde. Mme Albanel n’en voulait pas, estimant, études à l’appui, que cette mesure coûteuse ne ferait pas venir de nouveaux visiteurs. Elle plaidait au contraire pour une action ciblée, en direction des 18-25 ans. Le président l’a écoutée, réduisant, au passage, la mesure aux seules collections permanentes des musées, les expositions temporaires restant payantes.

Les épines maintenant. A Nîmes, M. Sarkozy a surpris tout le monde en instaurant un Conseil pour la création artistique, qu’il présidera lui-même, et qui sera piloté par le producteur et distributeur de cinéma Marin Karmitz (MK2). Le président a mis une forte personnalité dans les pattes de Mme Albanel. D’autant que M. Karmitz compte faire le job : sa mission n’est pas limitée dans le temps, il sera entouré d’une quinzaine de personnes de son choix, il proposera au président des mesures afin d’améliorer le fonctionnement de la culture. « Un ministre bis », a-t-on commenté.

Après son élection, Nicolas Sarkozy avait choisi comme conseiller culturel Georges-Marc Benamou – issu de la gauche comme M. Karmitz – qui aimait dire tout le mal qu’il pensait de Mme Albanel. M. Benamou a dû quitter son poste, mais avec M. Karmitz, le président a trouvé un autre trublion. On sait qu’il aime court-circuiter ses ministres. Mais qu’il le fasse de façon officielle…

Et il n’y a pas pire moment. Depuis des mois, Mme Albanel mène d’âpres négociations avec les organisations professionnelles afin de rendre plus efficaces les mécanismes de la création en France ; or M. Karmitz est nommé parce que le ministère « manque de vision« . Ensuite, comment les 30 000 agents, permanents ou pas, du ministère de la culture vont-ils apprécier cette cellule élyséenne alors qu’on leur impose, dans le cadre de la réforme de l’Etat, une organisation plus resserrée et une cure d’amaigrissement ?

Même si le groupe de M. Karmitz ne devait être qu’un think tank, sa simple existence fragilise la ministre et, au-delà, le ministère tout entier. Peut-être est-ce l’effet recherché. Sans doute M. Sarkozy considère-t-il le monde des artistes comme hostile et le ministère comme une machine n’offrant pas un bon rapport qualité-prix. Sa méfiance s’étend-elle au chef de cette administration ? Ou passer par-dessus la tête de ses ministres est-il un mode de gouvernement ? A l’heure où un ancien ministre – Jean-Jacques Aillagon, aujourd’hui à la tête du château de Versailles – s’interroge tout haut sur la nécessité même d’un ministère de la culture, le « coup Karmitz » risque d’être lourd à digérer.

Article de Michel Guerrin et Nathaniel Herzberg (Le Monde) I Photo © Afp

 

2 Responses to “Sarkozy crée et préside le Conseil pour la création artistique”

  1. […] une France légitimement en colère, c’est peut-être qu’il est trop occupé avec son conseil pour la création artistique. Mais l’on aurait tort de médire, car il semblerait qu’il y ait en fait un lien entre […]

  2. […] une France légitimement en colère, c’est peut-être qu’il est trop occupé avec son conseil pour la création artistique. Mais l’on aurait tort de médire, car il semblerait qu’il y ait en fait un lien entre […]


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