Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

UN AN DÉJÀ : Claude Guéant « Sarkozy a modernisé la France » 06.05.08

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Ce mardi 6 Mai 2008, Jean-Michel Aphatie recevait Claude Guéant, pour dresser avec le Secrétaire Général de l’Élysée un bilan de la première année de gouvernance Sarkozy. Un moment de radio surréaliste, scripté ci-dessous, que vous pouvez écouter ICI.

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Claude Guéant.

Claude Guéant : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Vous vous étiez préparé à l’exercice du pouvoir avec Nicolas Sarkozy. Cette première année passée à l’Elysée vous a-t-elle paru plus difficile que vous ne l’aviez imaginée, Claude Guéant ?

C’était une année très lourde mais qui était conforme à ce que le Président avait fixé comme objectif. Il a présenté aux Français pendant la Campagne qui s’est achevée voici un an, un programme. Ce programme c’était de changer la France, de lui faire rattraper les retards qu’elle avait accumulés, même si les changements sont parfois difficiles parce qu’ils bousculent.

Mais on est loin de la promesse de la campagne « je serai le candidat du pouvoir d’achat ».

Mais il a fait beaucoup de promesses qui n’étaient pas seulement la promesse du pouvoir d’achat, mais j’y reviendrai dans un instant. Il a modernisé la France. Si on jette un regard sur ce qui s’est passé, on a introduit enfin l’autonomie des universités qui était un objectif poursuivi par tous et jamais atteint. On a introduit le service minimum dans les transports. On a libéré le travail, permis que soit mis un terme aux 35 heures qui ont été pour notre pays, un mal terrible. Quand on pense qu’on dépense encore aujourd’hui 20 milliards d’euros par an, pour détruire du travail et de la richesse. Et pourquoi on l’a fait ?

Mais il faut arrêter ! Il faut arrêter de dépenser ces 20 milliards, alors ?

Oui, il faut arrêter.

Si c’est du gaspillage tel que vous le présentez, Claude Guéant !

Vous avez raison.

Non, ce n’est pas moi qui ai raison.

C’est un poids considérable qui pèse sur l’économie française et qui pèse, il faut le savoir, sur le pouvoir d’achat des Français parce que les 35 heures, qu’est-ce que c’est ? En réalité, c’est une destruction de richesse. On ne peut pas faire croire qu’on peut augmenter le pouvoir d’achat sans augmenter la richesse collective. Et la richesse ne peut être créée que par le travail.

Vous constatez la sévérité des jugements pourtant des Français dans les sondages, Claude Guéant ?

Les sondages méritent et Alain Duhamel le remarquait tout à l’heure, une attention plus diverse que celle que l’on accorde habituellement à la cote de popularité. C’est vrai que la cote de popularité du Président a chuté. Cela étant, sur les réformes ou sur les objectifs qu’il a engagés…

La plus basse depuis le début le quinquennat.

… Il y a une très large approbation des Français. Je remarquais dans ceux qui sont parus ces derniers jours, que par exemple, sur les orientations de la réforme de l’école qu’il porte, à savoir mettre l’accent sur les apprentissages fondamentaux, 91% des Français le soutiennent. Je remarque que sur l’introduction des peines plancher applicables aux récidivistes, il y a 80% des Français qui le soutiennent. 82% sur l’exonération des droits de succession, et même sur le bouclier fiscal qui, je le rappelle, a pour objectif de faire en sorte qu’aucun Français ne paie dans l’année plus de 50% de ce qu’il gagne, il y a une approbation ; et pourtant, c’est une mesure contestée à 54%. Et j’ajoute puisque nous sommes au chapitre des sondages que s’il était…

Que vous avez appris par cœur !

… que je n’ai pas appris par cœur, mais je lis comme vous les journaux, c’est mon métier. S’il y avait demain une élection, il ferait plus au premier tour qu’il n’a fait l’an dernier en réel. Y a-t-il eu de la part du Président de la République une mauvaise compréhension de son rôle ? Trop de présence dans le débat public et trop de bling-bling, puisqu’on l’appelait comme ça ?

Mais écoutez, le Président restera un Président engagé.

Ca a changé quand même entre le début du quinquennat et aujourd’hui, Claude Guéant !

Il l’a dit, il l’a dit. Il a bien toujours l’intention de prendre à bras le corps le problème des Français, d’expliquer sa politique, donc d’aller sur le terrain comme il le fait aujourd’hui dans le Gard en illustrant par sa présence dans une entreprise qui a réussi dans ce domaine des progrès considérables, sa politique en matière d’emploi des seniors qui est une des clefs de la pérennisation dans notre régime de retraite. Parce que quand je disais tout à l’heure que Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme qui est devenu un mandat, qui est d’apporter en France les changements qui sont nécessaires pour que la situation des Français s’améliore, il y a parallèlement un autre objectif qui est de sauvegarder un certain nombre de systèmes, et notamment de systèmes sociaux qui sont des valeurs fondamentales de notre pays, qui sont fondatrices de notre pacte social et qui, s’ils ne sont pas traités à temps, eh bien s’effondreront tout simplement.

Convenez-vous, Claude Guéant, que son attitude a changé entre le début du quinquennat et aujourd’hui ?

C’est vrai qu’il a modifié sa pratique du pouvoir pour tenir compte de l’expérience qu’il a acquise et notamment afin de simplifier son rapport avec les Français, de fluidifier sa pédagogie de la réforme.

Pour tenir compte de l’expérience acquise ou des critiques faites ?

Les critiques, ça fait partie de l’expérience.

C’est une réponse diplomatique de manière…

Non, c’est une réponse réelle.

…. de manière récurrente ! Selon plusieurs témoignages, Nicolas Sarkozy dit : « Je ne ferai qu’un seul mandat ». L’avez-vous entendu dire cela, Claude Guéant ?

Je ne l’ai jamais entendu dire une telle chose et je trouve que c’est vraiment de la politique fiction que d’imaginer ce qui se fera dans quatre ans.

Sera-t-il, ce soir, présent Salle Gaveau au milieu des militants qui fêteront la première année ?

Hier soir, il n’avait pas encore décidé.

Quel est l’état de sa relation, aujourd’hui, avec François Fillon ?

Ses relations sont des relations excellentes. Enfin, je vois effectivement un certain nombre d’articles, j’entends même parfois des commentaires sur des relations prétendument mauvaises, personnellement, je suis…

François Fillon lui-même l’a confessé dans une interview au « Journal du Dimanche » !

… Je suis bien placé pour observer leurs relations. Ils se voient plusieurs fois par semaine. Ils travaillent ensemble. Le Président fixe les orientations. Le Premier ministre les met en œuvre avec la Majorité parlementaire et le gouvernement. C’est très simple. Ce qui compte c’est que les décisions de changement qui doivent être prises, soient prises, soient mises en œuvre au rythme soutenu, il est vrai, qui est nécessaire compte tenu de l’état de la France, c’est ça qui importe.

Pas de nuages entre les deux hommes ?

Non.

Pourtant, François Fillon lui-même, dit dans une interview au « Journal du Dimanche », qu’il y avait des tensions entre eux ?

Il les a ressenties comme ça, peut-être, puisqu’il le dit ; mais en tout cas, la réalité quotidienne c’est que ça se passe de façon très efficace.

Vous étiez, le 11 avril dernier, à Libbreville au Gabon en compagnie du nouveau secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, pour une visite diplomatique à Omar Bongo, le Président du Gabon, plusieurs sources ont confirmé, à l’AFP, rapportait la dépêche qui rendait compte de votre déplacement : « que M. Bongo avait œuvré pour obtenir l’éviction de Jean-Marie Bockel, l’ancien secrétaire d’Etat à la Coopération, muté le 18 mars dernier aux Anciens Combattants ». Confirmez-vous ce que rapporte selon plusieurs sources, l’AFP, c’est-à-dire l’intervention de M. Bongo ?

Les décisions concernant la composition du gouvernement français sont prises par le Président de la république et le Premier ministre.

Pourtant le rôle de M. Bongo a souvent été évoqué !

Et non pas par des chefs d’Etat étrangers. Ce qui est certain c’est que certaines déclarations de M. Bockel ont créé de l’émotion en Afrique. C’est tout à fait exact, et notre objectif n’est pas de nous brouiller avec nos amis. Nicolas Sarkozy a voulu mettre en place une politique africaine différente de celle qui existait jusqu’ici. Nous n’avons plus de rapports exclusifs avec l’Afrique Francophone, celle qu’on a appelée la « France Afrique ».

Nous avons le devoir parce que c’est notre intérêt et puis parce que c’est la réalité de l’Afrique, de multiplier les rapports. De la même façon, nous devons nous débarrasser des relations post-colonialistes qui existaient encore jusqu’à ces dernières années. Cela étant, notre objectif c’est d’avoir le maximum d’amis et pas le contraire.

La France devra-t-elle fabriquer un second porte-avions, Claude Guéant ?

C’est un sujet qui fera l’objet d’une décision du Président de la République à la mi-juin lors d’un conseil de défense, lorsqu’il approuvera le Livre Blanc et ce qui sera l ‘essentiel de la loi de programmation militaire à venir. Dans l’absolu, un deuxième porte-avions serait utile. Il reste, compte tenu de son coût, à fixer les priorités d’équipement. Il appartiendra au Président de le faire, il le fera dans un mois.

Qu’apporte Carla Bruni-Sarkozy, aujourd’hui, à la marche quotidienne de l’Elysée et au Président de la république, Claude Guéant ?

Ecoutez, je crois que la Première Dame de France a montré en maintes occasions qu’elle était à la hauteur de son rôle. Et il est certain aussi que le fait que le Président de la république ait trouvé une sérénité nouvelle, est important.

Pour la première année, quels mots retiendrez-vous ? C’était une année difficile ? Une année dure ? Une année noire ?

Je dirai que c’est le début d’un changement qui doit se poursuivre. Le changement n’est pas toujours facile mais il doit être fait pour le bien de la France et des Français.

Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, invité de RTL ce matin. Bonne journée.