Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Tibet : Le coq Sarkozy est enroué 25.03.08

Filed under: < International — eilema @ 8:40
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Le soir de son élection, il avait promis d’être le président des opprimés : « Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme. A tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde. Je veux leur dire que la fierté et le devoir de la France sera d’être à leur côté. La France sera aux côtés des infirmières libyennes enfermés depuis 8 ans. La France n’abandonnera pas Ingrid Bétancourt et la France n’abandonnera pas les femmes qu’on condamne à la Burka. La France n’abandonnera pas les femmes qui n’ont pas la liberté. La France sera du côté des opprimé du Monde, c’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’Histoire de la France. »

Celui sous le règne de qui le triste record du plus jeune enfant (3 semaines) incarcéré en France depuis 1980 aura été atteint ne manque décidément pas de culot. Parce que c’est sous sa gouvernance et en son nom que plus que jamais la France renie les droits fondamentaux de certains des individus qui la peuple (sans-papiers en tête).

Au niveau international – excepté le cas Ingrid Bétancourt – Nicolas Sarkozy est davantage représentant d’armes que représentant des droits humains. Le petit père des peuples opprimés aura ainsi mis 10 JOURS à s’exprimer publiquement sur la situation au Tibet.

Les « responsables occidentaux » demandent à la Chine de « tuer avec retenue » au Tibet, accuse l’ancien Premier ministre Alain Juppé, alors que le président Nicolas Sarkozy a appelé lundi Pékin à la « retenue » après les violences dans cette province.

« Le premier mouvement, devant la répression sanglante des manifestations au Tibet par les autorités chinoises, c’est tout naturellement la révolte et la condamnation », écrit l’ex-ministre des Affaires étrangères dans un message mis en ligne lundi soir sur son blog. « Et qu’entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou New York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes ? Un appel à « la retenue » », poursuit-il. « En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de « tuer avec retenue » ! ». « Je suis ébranlé quand je vois l’allant que certains mettent aujourd’hui à pratiquer cette « realpolitik » qu’ils fustigeaient tant hier. Il y a des grâces d’état. Des disgrâces aussi », souligne le maire de Bordeaux.

Côté ambassade, c’est bakchich qui nous l’apprend : le 21 mars dernier, le service de presse de l’ambassade de France en Chine faisait part sur son site web de son admiration pour la couverture des émeutes au Tibet par les médias chinois…

Fidèle au poste, le service de presse de la vénérable ambassade de France en Chine a pondu, le 21 mars, une lettre d’information consacrée à la couverture des émeutes au Tibet par les médias chinois. Vaste programme. Si la description des articles de presse et images diffusées à la télévision est conforme à la réalité, l’analyse de l’ambassade dérape, elle, en beauté. La position officielle de la France a beau être « filer doux avec l’ami chinois », rien n’obligeait la représentation diplomatique à s’extasier de la sorte devant la nouvelle « communication de crise » de Pékin.

Après avoir rappelé à juste titre que la CCTV, la télé nationale chinoise, figure parmi les premières à avoir diffusé des images triées des émeutes, l’ambassade passe vite sur les commentaires accusant « la clique du Dalaï Lama » d’avoir fomenté les troubles, avant de s’embourber. Pour de bon. En clair dans le texte : « en choisissant de montrer autant, il semble que celui-ci [le régime chinois] ait résolument pris le risque que les émeutes s’étendent par mimétisme. (…) Elles [les images de la télé chinoise] étaient par ailleurs moins terrifiantes que celles qu’on pouvait voir dans le reste du monde sur les télévisions ou sur internet. » Brrrr… Et la cerise sur le gâteau : « il y avait ainsi quelque audace sur le plan intérieur à publier ces images. Un tel niveau de transparence était en tout cas inédit. »

À ce stade, c’est plutôt l’internaute français expatrié en Chine qui doit trouver inédite la prose de son ambassade. Mais poursuivons, le reste vaut son pesant d’or…

Suffoquant d’admiration devant l’audace de la stratégie de communication chinoise, la vénérable représentation tricolore se devait d’en remettre une couche : « quelle que soit l’interprétation que l’on a des évènements, il faut donc constater que l’opinion publique chinoise a depuis le 20 mars librement accès à la plupart de l’information visuelle que l’on peut voir par ailleurs dans le reste du monde. » Bien entendu, à part une petite allusion au site de partage de vidéos YouTube devenu « soudain inaccessible depuis la Chine », par l’opération du saint-esprit sans doute, pas un mot sur les censures intermittentes dont ont été victimes des médias tels que la BBC ou CNN.

Liberté d’expression à tous crins sur Internet.

Même topo pour le traitement des émeutes sur le Net par les principaux sites chinois. Après avoir osé rappeler que les évènements au Tibet ont déferlé avec un brin de retard sur le web chinois, l’ambassade de France à Pékin se presse de chanter les louanges du « vent libéral » qui « a soufflé sur l’internet chinois » où « on a pu y lire des commentaires pour le moins audacieux » ! Des messages qui l’étaient parfois, comme celui-ci qui a visiblement échappé à la censure : « suivons l’exemple du peuple tibétain ! Respect au peuple tibétain ! ». Ou encore « avant, je ne regardais jamais les actualités politiques. Mais à midi j’ai vu le premier ministre Wen qui rencontrait des journalistes étrangers. Je trouve que c’est très excitant. J’ai soudain l’impression d’être fier d’être chinois ». Et l’ambassade de France est-elle fière d’elle ?

Quand à savoir quelle sera la position de la France par rapport aux Jeux Olympiques, nous possédons à ce sujet une formidable intervention. Leçon magistrale de langue de bois en bonne et due forme :

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