Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

La presse internationale sonne la fin de l’ère « bling-bling » 17.03.08

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Cette photo de Nicolas Sarkozy a été prise dans un bureau de vote du 8e arrondissement de Paris, le 16 mars 2008. Si la Sarkopithèque flèche n’est naturellement pas d’origine, n’hésitons néanmoins pas à voir dans ce doigt présidentiel une métaphore subtile de la considération que le chef de l’État et les membres du gouvernement ont eu pour le vote des Français.

Maintien des réformes, plébiscitées par les Français, et de leur rythme. C’est le message lancé par François Fillon et la majorité après la défaite de la droite aux municipales. Mais, lundi 17 mars, la presse internationale ne fait pas tout à fait la même analyse.

« La droite française mord la poussière » titre ainsi Le Temps. Le quotidien suisse estime que « les déconvenues du pouvoir amènent deux questions ». Il s’interroge sur un éventuel « vent de révolte » à droite. Même s’il est improbable, le quotidien note que « les élus de droite auront sans doute plus de mal à suivre un chef qui les a conduits à la défaite ». L’autre question porte évidemment sur le rythme et la réussite des réformes que le président annonce vouloir mener. Le Temps dresse un bilan bien terne pour Nicolas Sarkozy : « Son image de gagneur, capable de réaliser la « rupture » à vitesse grand V, a été sérieusement écornée. »

Dans sa rubrique Opinions, le Financial Times estime que si Nicolas Sarkozy a lancé quelques chantiers méritant d’être salués, il ne s’agit pas de la rupture annoncée. Le Financial Times raille même le côté « comique » de la commission Attali. Celle-ci ayant plongé dans le travers européen consistant à dresser une liste sans fin de réformes à mener sans toutefois prévoir les détails de leur application. « Les réformes de Sarkozy doivent aller au-delà des licences des taxis », souligne le Financial Times pour qui il ne s’agit pas forcément d’une priorité pour la France. Pas plus que de faire de l’aéroport Charles-de-Gaulle le premier en Europe, devant Heathrow… Le Financial Times vote pour la fin effective des 35 heures et une réforme des « lois archaïques » encadrant les contrats de travail.

NICOLAS SARKOZY, « FASHION VICTIM »

Le conservateur Wall Street Journal affiche quant à lui une photo bizarrement déformée du président français tout sourire, présentant à l’objectif un sac Louis Vuitton. Et d’expliquer que les Français ont été déçus par la rupture annoncée. Celle-ci s’étant traduite par un affichage visiblement peu prisé : « Rolex à 14 000 dollars », « jogging en Ralph Lauren », « bague de fiançailles Christian Dior à 30 000 dollars »… Le journal note que les marques, elles, ont bénéficié de l’effet publicitaire. Mais si les Français aiment la mode, ils ne goûtent pas l’idée que leur président soit un représentant publicitaire, estime le Wall Street Journal. De « bling-bling », le président français est devenu une « fashion victim », conclut le quotidien financier.

Si le cap des réformes sera tenu, le style du président sera revu, parie l’International Herald Tribune. Après « Sarko l’américain » et « le président bling-bling », on s’acheminerait vers un style présidentiel plus traditionnel selon l’International Herald Tribune. Mais il s’agira toujours d’image, selon le quotidien : le président devrait multiplier les voyages en province, au contact de la population et les conseillers élyséens devraient être invités à une plus grande discrétion.

Enfin, la plupart des journaux, comme El Pais ou l’Orient-Le-Jour, notent la défaite du ministre de l’éducation, Xavier Darcos. Pour le quotidien madrilène, l’UMP fait clairement les frais de l’impopularité de Nicolas Sarkozy. La gauche enregistre une large victoire tandis que le parti du président évite de peu une défaite humiliante grâce à sa victoire à Marseille. Mais, pour El Pais, la politique de Nicolas Sarkozy ne devrait pas changer pour autant : après ce résultat, « le gouvernement fait la sourde oreille », note le quotidien espagnol.

Source : Le Monde I Photo © Reuters/Philippe Wojazer