Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Mieux que le bonnet d’âne : le tribunal 22.01.08

Filed under: < Education,< Justice — eilema @ 7:07

bonnet.jpg© Delucq

Les élèves chez le juge ? Extraits de l’article de Chloé Leprince Rue89

Mercredi, Rachida Dati et Xavier Darcos annonçaient à la Sorbonne que tous les établissements secondaires seraient bientôt soumis à un unique « code de la paix scolaire national » , qui unifiera « les règles et les sanctions ». Jusque-là, chaque établissement disposait de sa propre charte de discipline et le renvoi des élèves vers la police ou la justice restait exceptionnel. Cela devrait changer : un dispositif déjà testé depuis un an par l’académie de Paris sera étendu par circulaire au niveau national avant la fin du mois.

Ce dispositif vise une plus étroite coopération entre les établissements du secondaire et la justice. A Paris, où il est déjà en vigueur depuis l’an dernier, le parquet a ainsi reçu 1233 signalements entre février et novembre 2007, précise le rectorat, qui se félicite de cette avancée. Parmi eux, 125 ont donné lieu à une fiche, qui sera conservée par le rectorat, la police et le parquet.

Toute une série d’atteintes peuvent déclencher le processus, y compris les injures et les outrages… « Même le fait de faire du tapage avec une chaise », précise-t-on dans les services du recteur de Paris, où l’on estime qu’il faudrait étendre l’opération « dès le premier degré ».

Des avocats seront appelés à intervenir bénévolement dans les établissements scolaires dans toute la France. Francis Lec, bâtonnier d’Amiens et auteur d’un ouvrage sur la violence à l’école, applaudit l’initiative. Socialiste, conseiller régional et conseiller général d’Amiens, il approuve le choix de Rachida Dati de « prendre enfin une position ferme ». Il n’estime pas excessif qu’on renvoie un élève de 6e devant le juge ou la police pour avoir insulté son enseignant : « Rachida Dati l’a dit fort justement: même en cas d’insultes, un professeur ne doit pas hésiter à porter plainte, et à y aller avec son avocat. Il faut une vraie réponse judiciaire aux incivilités et surtout pas un classement sans suite. Pour les insultes graves, je suis partisan d’une réponse pénale et pas seulement d’un rappel à la loi ou d’une médiation. Les enseignants vous diront tous qu’ils n’attendaient que ça ! »

Réactions :

Me Laure Heinich-Luijer (Avocate au barreau de Paris, ancienne première secrétaire de la conférence Derrière le barreau) « Les tribunaux ont autre chose à faire que de traîter des insultes. Il faut vraiment qu’il y ait injure publique et préjudice important pour que la justice s’y intéresse en temps normal. Mais là, ça me semble une très mauvaise idée pour l’école! Les choses se règlent bien mieux à l’école entre l’élève, le prof et le proviseur et, si besoin, le rectorat, que devant le juge. Si les enseignants se sentaient assez soutenus par leur hiérarchie, ça ne devrait pas passer par le tribunal. […] Sans compter qu’inciter les établissements à faire ce signalement, c’est carrément de la délation. On change le rôle de l’enseignant à force de faire rentrer la police, puis maintenant la justice, dans les établissements scolaires. C’est révélateur des dérives du moment ! »

Jean de Maillard (Vice-président du tribunal de grande instance d’Orléans) « Symboliquement, c’est dramatique pour notre société : on demande au policier et au juge de s’intercaler entre consommateur et producteur de la relation éducative. C’est l’échec d’une société à transmettre les règles de socialisation. Aujourd’hui, la seule réponse qui reste est de pénaliser tous les comportements déviants que provoque l’effondrement des institutions. »