Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Kouchner vs Yade 19.01.08

Yade et Kouchner à l'Elysée le 20 mars (Philippe Wojazer/Reuters)

L’ouverture verrouillée

Il a retrouvé la parole ! Silencieux depuis sa nomination au Quai d’Orsay, Bernard Kouchner a protesté cette semaine contre la proposition élyséenne de suppression des diffusions arabe et anglaise de France24 : « Le chef de l’Etat a donné son opinion très fortement. Il lui semble que concurrencer en anglais CNN, Al-Jazira ou BBC World est inutile. A moi, pas complètement. »

Lui ne baisse pas dans les sondages, elle est en couverture, certes improbable, de Psychologie magazine. Selon l’évaluation de Rue89, Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme inexpérimentée, apparaît néanmoins au coude-à-coude avec un Bernard Kouchner qui traîne depuis vingt ans dans les allées du pouvoir.

Elle parvient même à piailler davantage que son aîné, qui n’en finit plus de ravaler des chapeaux, son orgueil et son avis. A tel point qu’on n’entendait guère plus l’ancien Haut représentant de l’ONU au Kosovo. Alors que toutes les caméras étaient braquées sur l’affaire tchadienne, c’est Rama Yade qui prenait les coups et la parole. Kouchner était alors en Asie et prétextait une « répartition des tâches ».

Les tâches les plus médiatiques ne semblent jamais échoir au ministre socialiste. Les infirmières libyennes, c’était Rama Yade. Le colonel Kadhafi, c’était toujours Rama Yade. Son coup de gueule cyniquement rattrapé par Nicolas Sarkozy (« Elle est secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme et c’est parfaitement normal qu’elle assure une conviction sur le sujet ») lui avait même valu quelques galons pour son « courage ». Kouchner, lui, s’avère plutôt adepte du « fuyons ».

S’enlisant toujours dans sa médiation difficile au Liban, le chef de la diplomatie s’est beaucoup agacé des « secrets » de l’Elysée dans ce dossier. Des discussions ont notamment été menée en Syrie sans que Bernard Kouchner en soit toujours informé. Fatigué de passer pour un figurant, il s’en défend. Parfois mal. Absente du voyage présidentiel en Chine, Rama Yade s’était ainsi vue défendre par son ministre de tutelle : « Tout le monde courtise la Chine et nous, on serait venus simplement pour leur faire des critiques? Ce n’était pas le but de Rama Yade. Rama Yade ira la prochaine fois. »

Pour les affaires du monde, Nicolas Sarkozy est aux commandes et l’ouverture fait potiche. Sans rivalité.

[Sources : Rue89]