Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Boutin vs Amara 19.01.08

Fadela Amara et Christine Boutin à l'Elysée le 20 juin (Philippe Wojazer/Reuters)

L’icône des cités et celle des clochers

L’idée n’a pu naître que dans un esprit tortueux. D’abord finaude, la prouesse de marier la vedette des banlieues et celle des cathos BCBG pour prendre en main le dossier incommode du logement se fait de plus en plus calamiteuse.

Constamment à la Une pour ses prises de positions fluctuantes, Fadela Amara, la secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville, n’est guère plus rattrapée par sa ministre de tutelle, Christine Boutin.

A la complicité feinte des débuts, bras dessus bras dessous dans les jardins de l’Elysée, les deux femmes se donnent désormais de légers coups comme pour mesurer, et faire connaître, l’incapacité d’endurance de l’autre. Dernière scène de ménage publique, le fameux plan « antiglandouille » pour les banlieues dont Fadela Amara doit esquisser les grandes lignes le 22 janvier à Vaulx-en-Velin (Rhône). Dans La Croix, Boutin lâche, perfide : « Le plan « Égalité des chances » de Fadela Amara est centré sur les banlieues. (…) Je ne crois pas en un plan banlieue, mais en une autre politique de la Ville. »

Face au foin déclenché par ses propos, la ministre a candidement soupiré qu’elle ne comprenait pas les raisons d’un tel bruit. Alors que l’ex-présidente de Ni Putes Ni Soumises se sait en danger lors du prochain remaniement – Nicolas Sarkozy lui a demandé de revoir sa copie « banlieue » et repoussé la date de présentation du plan- la voilà qui ne peut plus compter que sur elle. En plus de son tacle sur le plan banlieues, Christine Boutin a en effet joué la condescendance (la mission d’Amara est difficile) et le reniement (Amara a travaillé seule et librement sur le dossier).

Quelques mois plus tôt, en septembre, la conseillère pontificale avait été glacée par une pique culotée de sa secrétaire d’Etat : « Ce qui me choque, c’est de voir qu’on est capable d’aller manger chez Bocuse, d’inviter je ne sais combien de personnes, mais pas de réparer les ascenseurs. »

Madame Boutin s’était attablée, deux jours auparavant, à Collonges au Mont d’Or. Depuis, les couteaux se sont affûtés et les deux femmes ne supportent plus la cohabitation.

[Sources : Rue89]