Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Guéant : subordination de témoin ? 13.01.08

Le  collaborateur de Nicolas Sarkozy a démenti les accusations. (Reuters)

Vendredi 07 décembre 2007, cour d’assises spéciale de Paris. La 20ème audience du procès d’Yvan Colonna, soupçonné d’avoir assassiné le préfet Erignac le 6 février 1998, a été marquée par le témoignage de Claude Guéant. Il est accusé par la défense d’Yvan Colonna d’avoir « briefé » la déposition de Roger Marion, l’ancien chef de la division nationale antiterroriste (DNAT), qui a conduit un temps l’enquête sur Yvan Colonna. « Je subodore une subordination de témoin » a lancé Me Antoine Sollacaro, l’un des quatre avocats. Faux, répond Claude Guéant. « Je ne vous permets pas de dire n’importe quoi, je ne vous permets pas de m’insulter, je dis la vérité », a-t-il lancé à l’avocat de la défense.

À l’origine de la polémique : un entretien d’« à peine 20 minutes », le 29 octobre dernier à l’Elysée, entre Claude Guéant et Roger Marion. La défense s’appuie notamment sur une brève publiée dans Le Point le 8 novembre dernier. Selon l’hebdomadaire, c’est Claude Guéant qui a convoqué fin octobre l’ancien chef de la DNAT pour « s’assurer que le bouillant commissaire s’abstiendrait de tout règlement de comptes avec des policiers chargés de l’enquête sur l’assassinat du préfet Erignac ».

L’enquête sur la mort de Claude Erignac avait en effet donné lieu à une importante guerre des polices entre le SRPJ de Corse, la DNAT et le successeur du préfet assassiné, Bernard Bonnet. Or, à cette époque, Claude Guéant était le directeur général de la police nationale. Par ailleurs, il connaît bien le dossier corse pour avoir été directeur de cabinet adjoint de Charles Pasqua au ministère de l’Intérieur (1993-1994). Il était ensuite directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à la place Beauvau, puis à Bercy (2002-2004), et encore à l’Intérieur (2005-2007) avant de devenir son directeur de campagne, puis secrétaire général de la présidence de la République.

De son côté, Claude Guéant n’affirme avoir reçu Roger Marion que parce que ce dernier avait pris rendez-vous parce qu’il « était ému par des menaces qui lui étaient parvenues sur sa messagerie de portable, qu’il considérait sérieuses et dont la voix était marquée de l’accent corse » . Le secrétaire général de l’Elysée a estimé qu’il s’agissait là d’une « demande tout à fait naturelle » et qu’il n’y avait « rien de suspect ni d’anormal » à recevoir un « ancien collaborateur » dont il a vanté « le remarquable travail de policier ». Le secrétaire général de l’Elysée nie avoir mis au point la déposition de Roger Marion à cette occasion. « Je n’ai en aucune façon influencé le témoin », a répliqué Claude Guéant, soulignant que lors de cette rencontre, le procès du berger corse n’y avait été que brièvement évoqué, en fin d’entretien, sans aborder le fond.

[Sources : 20 Minutes I Le Jdd I Le Figaro]