Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

2008 : une année dure et exigeante 13.01.08

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« 2008 sera une année dure et exigeante », a affirmé Nicolas Sarkozy lors de ses vœux à l’Elysée.

Sarkozy est en difficulté sur le plan social, car ses promesses sur le pouvoir d’achat montrent leur vacuité et leur caractère mensonger.
Face à la chute de sa popularité, il a recours à sa ressource préférée, au fétiche qui lui a ouvert les portes du pouvoir : la démagogie sécuritaire et xénophobe. Le seul regret exprimé par Sarkozy lors de sa conférence de presse élyséenne porte sur le nombre insuffisant d’expulsions d’étrangers.
Il faut donc s’attendre à voir beaucoup de déploiements policiers, de rafles et d’expulsions avant les municipales et au delà, à mesure qu’apparaîtront les fissures de la politique anti-sociale du président.
Ce recours était assumé et annoncé depuis plusieurs années. La récupération de l’ électorat du Front national a été considérée comme la clef de l’élection présidentielle.

Le livre de Yasmina Reza sur la campagne de Sarkozy, L’aube le soir ou la nuit, confirmait si besoin était que le président actuel a orienté sa campagne vers les électeurs du Front national. Extraits :

Non Daté
[Réunion avec son entourage, Nicolas Sarkozy parle] : « Je vous dis une chose. Si on n’avait pas l’identité nationale, on serait derrière Ségolène. On est sur le premier tour, mes amis. Si je suis à 30%, c’est qu’on a les électeurs de Le Pen. Si les électeurs de Le Pen me quittent, on plonge. »

Un nouveau livre, issu du sérail, témoigne à nouveau de cette préparation méthodique.
Extraits du livre Les hommes d’État de Bruno Lemaire ex directeur de cabinet de Villepin qui retrace le déroulement de la période 2006/2007, vu de l’intérieur du gouvernement.

9 mai 2006 [Petit déjeuner de la majorité à Matignon. Nicolas Sarkozy intervient.]
… il croise le regard de Dominique de Villepin : « Moi, je sais pas, la seule chose que je dis, c’est qu’il faut faire de la politique. Et pour faire de la politique, il faut cliver. On a le texte sur l’immigration: je dis pas qu’il est parfait, mais au moins on clive, les socialistes sont mal à l’aise. Et puis on a la prévention de la délinquance : je dis pas que c’est bien ou pas, la prévention de la délinquance, je dis que les Français attendent ça, ils veulent qu’on soit ferme, et ils voient que les socialistes sont mal à l’aise. Alors qu’est-ce qu’on attend ? C’est que du bonheur, ça ! »

13 juin 2006 [En présence de Bruno Le Maire et de Claude Guéant, Dominique de Villepin reçoit à déjeuner Nicolas Sarkozy, qui fait le point sur la situation politique.]
 « Le Pen, en ce moment, il engrange. Il engrange un maximum. Moi, je dis jamais du mal des électeurs de Le Pen, jamais. Les électeurs de Le Pen, je dis toujours que c’est des victimes. Des victimes de quoi ? J’en sais rien. Mais c’est des victimes. Pour nous, l’élection de 2007 se jouera sur les électeurs de Le Pen. On les prend, on gagne. On les prend pas, on perd. »

Depuis la proclamation par Charles Pasqua des « valeurs communes » de la droite et de l’extrême droite lors de la campagne présidentielle de 1988, cette convergence demeure une question récurrente. Dans la campagne électorale elle-même Sarkozy a multiplié les gestes concrets en direction du Front National.
La députée UMP Nadine Morano, très proche du candidat UMP, a elle même collecté les signatures pour Le Pen comme l’indique le Canard enchaîné, jamais démenti, dans son édition du 11 Avril 2007 : « En Meurthe-et-Moselle, par exemple, Nadine Morano, en bon petit soldat, réunit des maires ruraux début mars : « Nous étions cinq ou six à être désignés pour signer en faveur de Le Pen. Nadine nous a demandé d’envoyer nos parrainages non pas directement au Conseil constitutionnel, mais au siège du comité de soutien départemental de l’UMP. C’est elle, ensuite, qui les a emmenés à Paris », raconte l’un d’eux ».
Puis, Brice Hortefeux, proche conseiller de N.Sarkozy et souvent commis aux basses œuvres, a lancé l’idée de la proportionnelle afin de complaire au FN.
Au plan politique et symbolique c’est sans doute le projet de création d’un ministère de « l’immigration et de l’identité nationale » qui concrétise le plus fortement et le plus ouvertement une référence forte à cette menace d’« envahissement » qui depuis cent ans, constitue en France la bannière du nationalisme.
C’est aussi dans la mise en scène des meetings que se déploie cette rhétorique quand le candidat les conclut maintenant systématiquement par la formule « Vive la République et surtout vive la France »
D’ailleurs lorsque le Monde l’interroge le 26 Avril : « Avez-vous des valeurs communes avec le FN ? », Sarkozy répond : « Mes valeurs sont les valeurs de la République : travail, mérite récompense, fraternité, autorité, exigence… ».
Cette énumération, qui s’oppose explicitement aux termes de la devise républicaine en soustrayant la Liberté et l’Egalité, est parfaitement choisie pour sa compatibilité avec les « valeurs » du FN.

Daniel Simonpieri, maire de Marignane qu’il a conquise en 1995 sous la bannière FN, maintenant à l’UMP, déclare ainsi sans non plus être démenti : « Beaucoup d’électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile. Parce qu’ils ont cessé de croire à l’accession de Le Pen au pouvoir ». (Le canard enchaîné du 25 Avril)

Nicolas Sarkozy, dans son discours de Metz le 17 Avril, commence par invoquer les mannes de Maurice Barrès: « et sur la colline inspirée de Sion, Barrès priait d’un même élan du coeur la Vierge, la Lorraine et la France et écrivait pour la jeunesse française le roman de l’énergie nationale ». Qui est Barrès ? un nationaliste d’extrême droite antidreyfusard, qui affirma notamment : « Je n’ai pas besoin qu’on me dise pourquoi Dreyfus a trahi. En psychologie, il me suffit de savoir qu’il est capable de trahir et il me suffit de savoir qu’il a trahi. L’intervalle est rempli. Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race… Quant à ceux qui disent que Dreyfus n’est pas un traître, le tout, c’est de s’entendre. Soit ! Ils ont raison : Dreyfus n’appartient pas à notre nation et, dès lors, comment la trahirait-il ? Les Juifs sont de la patrie où ils trouvent leur plus grand intérêt. Et par là on peut dire qu’un juif n’est jamais un traître. »

[En visite officielle au Vatican, Nicolas Sarkozy] se fait accompagner de Max Gallo. Ce nouveau chantre de la papauté est aussi le héraut de l’ « identité française », qui à ce titre déclare : « j’assume Thiers, Céline et Brasillach » (ce dernier fasciste, collaborateur des nazis et délateur fut condamné à mort à la Libération pour « intelligence avec l’ennemi », tandis que Céline, hitlérien convaincu et dénonciateur nominal de juifs et de résistants échappa à toute sanction).

Sources : Mémorial 98