Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Le Sida ? Rien à cirer ! 04.01.08

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https://i2.wp.com/www.aides.org/photo/affiche-sarkozy_450.jpg

Pour mémoire, lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a été le seul des candidats sollicités par AIDES, principal acteur associatif de la lutte contre le sida, à n’avoir ni répondu à leurs revendications, ni accepté de les rencontrer (Le communiqué). Il fut donc le seul pour qui l’affiche fut modifiée :

 

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Les malades du Sida, pour Nicolas Sarkozy, c’est en effet un peu comme les RMIstes, les SDF, les Sans-Papiers : une catégorie de la population pour laquelle il n’a aucune considération, et contre laquelle il travaille. En silence…

Il est donc important de savoir (et de ne pas oublier) que le 27 septembre 2007, le gouvernement français a renoncé publiquement à augmenter pour 2008 sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, et a annoncé que ce gel financier continuera en 2009 et 2010. Retour sur une promesse non tenue à travers une série de communiqués d’Act-Up.

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05 Octobre 2007 – LUTTE CONTRE LE SIDA : BILL CLINTON DOIT RAPPELER NICOLAS SARKOZY A SES ENGAGEMENTS

Bill Clinton est président d’une fondation pour la lutte contre le sida qui est le deuxième acteur privé en ce domaine, après la fondation Gates. Il doit rencontrer ce vendredi 5 octobre Nicolas Sarkozy, alors même que le Président de la République vient de rompre ses engagements pour un accès universel aux traitements contre le sida d’ici 2010.

En effet, le jeudi 27 septembre, le gouvernement renonçait publiquement à augmenter pour 2008 sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida. Pis, la France a annoncé que ce gel financier continuera en 2009 et 2010. Cela signifie que la France n’augmentera pas d’ici 2010 le nombre de malades du sida auxquels elle prodigue un traitement à travers le Fonds mondial (130 000 à l’heure actuelle). Pourtant, l’ONUSIDA a rappelé dans son rapport de la semaine dernière que la communauté internationale doit multiplier par 5 le nombre de malades pris en charge afin de tenir l’engagement du G8 en faveur de l’accès universel au traitement du sida. Nicolas Sarkozy avait réaffirmé son engagement à atteindre cet objectif durant le dernier sommet du G8.

Le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, a prétendu cette semaine : « Dans le domaine du développement, M. Nicolas Sarkozy et M. Bill Clinton partagent les mêmes priorités pour la santé et l’éducation, et le même sens de l’urgence concernant l’aide à l’Afrique ». Si cela était vrai, Nicolas Sarkozy n’aurait pas gelé la contribution française au Fonds mondial, tuant l’espoir de centaines de milliers de malades du sida de bénéficier d’un traitement grâce à la tenue des engagements français. Bill Clinton, lui, a démontré que la lutte contre l’hécatombe mondiale que cause le sida n’était pas une fatalité : il en a fait sa priorité, à laquelle il consacre chaque année des moyens toujours plus importants.

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26 Septembre 2007 – Conférence de reconstitution du Fonds Mondial

SIDA : NICOLAS SARKOZY MENT, ET MET DES MILLIONS DE MALADES EN DANGER DE MORT

Jeudi 27 septembre 2007 [1], le ministre de la coopération de Nicolas Sarkozy doit annoncer, au nom du président de la République, que la France va augmenter d’un tiers sa contribution financière au Fonds mondial de lutte contre le sida. C’est un mensonge : la contribution française va en réalité stagner. Nicolas Sarkozy a aussi menti le 8 juin dernier au G8 en affirmant publiquement être « prêt à faire davantage pour le Fonds mondial » [2] et en assurant aux malades être « engagé pour l’accès universel au traitement du sida d’ici 2010 ».

C’est il y a un mois, lors du conseil des ministres du 29 août [3], que Nicolas Sarkozy a arbitré le montant de la contribution française tri-annuelle au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ce jour-là Nicolas Sarkozy a commencé par décider de baisser la part du budget de l’Etat consacrée à l’aide aux pays pauvres en général ; puis, concernant l’aide contre le sida, il a décidé de geler le montant de la contribution française annuelle au Fonds mondial.

Ce gel a été confirmé aux associations de lutte contre le sida le 18 septembre par le ministre de la coopération : c’est seulement 300 millions que la France donnera au Fonds mondial en 2008, 2009 et 2010 – soit exactement le même montant qu’en 2007. C’est 200 fois moins que les 60 milliards de dollars que Nicolas Sarkozy et ses homologues du G8 se sont engagés à mobiliser il y a quatre mois afin d’« atteindre l’objectif de l’accès universel au traitement du sida d’ici 2010 » [4]. La vie de 40 millions de séropositifVEs dépend pourtant de la tenue de cet engagement financier.

Jean-Marie Bockel va ré-annoncer jeudi 27 septembre, dans le cadre de la Conférence de Reconstitution du Fonds mondial à Berlin, le montant de la contribution française.

L’objectif de l’accès universel au traitement sida d’ici 2010, auquel s’est engagé Nicolas Sarkozy en juin au G8 [5], nécessite d’augmenter chaque année d’ici 2010 les financements qui y sont consacrés. La France s’était d’ailleurs engagée en avril 2007, avant que Nicolas Sarkozy ne devienne président, à contribuer avec les autres pays riches à quadrupler entre 2007 et 2010 les ressources totales allouées au Fonds [6]. Depuis son engagements du G8, Nicolas Sarkozy s’est permis de prévoir au budget 2008 plus de 10 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, selon Les Echos. Pendant que Nicolas Sarkozy brise ses engagements auprès des malades du sida, George W. Bush tient les siens. Alors que les États-Unis sont seulement 6 fois plus riches que la France [7], George W. Bush a annoncé comme contribution 2008 à l’accès universel 9 fois plus que la France (3,6 milliards de dollars) et 15 fois plus pour l’année 2009 (6 milliards).

[1] Le 27 septembre 2007 se tient la « pledging session » de la Conférence de Reconstitution du Fonds mondial, à l’Hotel Intercontinental à Berlin, sous la présidence de Kofi Annan

[2] Voir les déclarations de Nicolas Sarkozy au G8

[3] Voir le communiqué publié par Act Up-Paris, AIDES, Sidaction et Solidarité Sida la veille du conseil des ministres du 29 août

[4] Voir l’annonce par les dirigeants du G8 des 60 milliards de dollars pour la tenue de l’objectif de l’accès universel au traitement sida d’ici 2010 dans leur déclaration du 8 juin 2007 sur l’Afrique, paragraphe 48

[5] Voir la note n°2 pour le lien vers le site de l’Elysée et l’engagement de Nicolas Sarkozy sur l’accès universel

[6] Voir l’engagement de la France, et des autres pays membres du Conseil d’Administration du Fonds mondial, pris le 27 avril 2007 , de quadrupler les ressources du Fonds

[7] Selon l’OCDE le PIB américain est de 13 185 milliards de dollars, contre 2248 pour la France, soit un rapport d’environ 5,8

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21 septembre 2007 – Conférence sur le Fonds mondial, Berlin, 25-26 septembre 2007

POUR ÉVITER LE PIRE, NICOLAS SARKOZY DOIT RECEVOIR DIRECTEMENT LES ASSOCIATIONS DE LUTTE CONTRE LE SIDA

Ce vendredi 21 septembre, à moins d’une semaine de la conférence sur le Fond Mondial Sida qui se tient les 25 et 26 septembre prochains à Berlin, Act Up-Paris appelle à nouveau sans relâche les bureaux de l’Elysée pour obtenir un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy.

En matière de financement par la France de la lutte contre le sida, Nicolas Sarkozy a pris des engagements très clairs :

« Je me suis engagé sur l’accès universel au traitement du sida en 2010. Je me suis engagé pour que l’on fasse plus pour la santé des Africains. La France finance 10% du total des dépenses sur le Fonds sida, paludisme, tuberculose. Il n’est pas question de dire cela pour dire : « cela suffit ». Au contraire, nous sommes prêts à faire davantage ».

« Le G8 s’est engagé à financer la santé en Afrique à hauteur de 60 milliards de dollars au cours des prochaines années. Les Etats-Unis se sont engagés à financer la moitié de cette somme. Quant à la France, elle va consacrer un milliard de dollars par an à la santé en Afrique » .

Nicolas Sarkozy a tenu ces promesses les 7 et 8 juin dernier. Aujourd’hui, à une semaine de la Conférence de Berlin, il s’apprête à renier ses engagements, et à laisser la contribution française stagner à 300 millions d’euros. Devant les associations, des conseillers de l’Elysée ont justifié cette mesure au nom de la politique de défiscalisation : des milliers de malades vont être privéEs de traitements pour financer la baisse des impôts.

Il s’agit là d’une profonde erreur humaine, politique et économique. Nous demandons à Nicolas Sarkozy de nous recevoir au plus vite, pour le convaincre de son erreur.

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7 septembre 2007 – Act Up-Paris appelle l’Elysée sans relâche

NICOLAS SARKOZY SACRIFIERA-T-IL LES MALADES DU SIDA ?

Aujourd’hui, les militantEs d’Act Up-Paris appelleront par téléphone sans relâche les collaborateurs de Nicolas Sarkozy, afin d’obtenir des réponses.

- Nicolas Sarkozy tiendra t-il ses engagements du G8 de juillet envers les malades du sida ?
- Nicolas Sarkozy va t-il confirmer le déblocage d’un milliard de dollars (de 800 millions d’euros) dans le budget 2008 pour la santé en Afrique, comme promis à Heiligendamm ?
- Nicolas Sarkozy va t-il confirmer le doublement des financements au Fonds mondial sida, comme la France et les autres pays riches s’y sont engagés le 27 avril 2007 ?

Depuis mai 2007, Act Up, Aides, Sidaction et Solidarité Sida ont envoyé trois demandes de rendez-vous commun au nouveau Président, pour discuter d’un sujet qui met en jeu la vie de millions de malades, et sur lequel il est seul décisionnaire : le montant de la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Les associations signataires n’ont reçu aucune réponse à ces courriers.

Cette semaine, nous apprenons que la France a décidé d’être le seul pays riche à ne pas tenir sa promesse de doubler sa contribution au Fonds mondial, qui se limiterait à 300 millions d’euros au lieu des 600 prévus. Pourtant, Nicolas Sarkozy s’est engagé au sommet du G8 à « faire davantage pour le Fonds mondial » et à « consacrer un milliard de dollars par an à la santé en Afrique ».

La réponse à nos courriers ne peut plus attendre. Les 27 et 28 septembre prochains se tiendra à Berlin la Conférence de Reconstitution du Fonds mondial. La France y annoncera ses engagements financiers. Le budget est donc en train d’être bouclé. Si Nicolas Sarkozy refuse de répondre aux associations, est-ce parce qu’il a peur d’être pris en flagrant délit de mensonge, lui qui ne cesse de répéter qu’il « fait ce qu’il dit » ?

Nous ne pouvons nous résigner à la mort des millions de malades de sida que la France a publiquement promis d’aider, et exigeons que Nicolas Sarkozy nous explique lui-même comment il entend tenir ses promesses.

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28 Août 2007 : Act Up-Paris, Aides, Sidaction, Solidarité Sida ;

FONDS MONDIAL SIDA : LES RENIEMENTS DE N. SARKOZY PRIVERAIENT DE TRAITEMENT 15 000 MALADES.

Ce mercredi 29 août, Eric Woerth doit se rendre à l’Élysée pour proposer à Nicolas Sarkozy de faire des économies sur le dos des malades du sida. Le ministre du Budget propose en effet que, pour la première fois de son histoire, la France n’augmente pas en 2008 sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida (comme la France s’y est pourtant engagée à de nombreuses reprises) – mais au contraire la diminue, passant de 300 millions d’euros en 2007 à 250 millions en 2008. La vie de centaines de milliers de malades est directement en jeu.

La baisse de 15% demandée par Eric Woerth reviendrait à supprimer le traitement sida à 15 000 des 100 000 malades pris en charge par la France à travers le Fonds mondial [1].

Nos associations rappellent au Président de la République ses engagements électoraux d’il y a quatre mois et ceux du G8 il y a deux mois, ainsi que les autres engagements de la France :

- Le 27 avril 2007, la France et les autres pays financeurs du Fonds mondial ont annoncé s’être mis d’accord pour quadrupler les ressources du Fonds mondial de 2 à 8 milliards de dollars entre 2007 et 2010 (sur les 23 milliards besoins estimés en tout nécessaires).

- Fin avril 2007, durant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy a affiché son soutien à cet objectif, en ajoutant dans ses propositions électorales : « On ne peut pas considérer que le problème du sida s’arrête aux frontières de l’hexagone. L’accès aux médicaments n’est pas seulement une obligation morale de solidarité, c’est une obligation pour nous ».

- Le 7 juin 2007, au sommet du G8, Nicolas Sarkozy a précisé : « je me suis engagé sur l’accès universel au traitement du sida en 2010. Je me suis engagé pour que l’on fasse plus pour la santé des Africains. La France finance 10% du total des dépenses sur le Fonds sida, paludisme, tuberculose. Il n’est pas question de dire cela pour dire : « cela suffit ». Au contraire, nous sommes prêts à faire davantage ».

- Le 8 juin 2007, toujours au G8 : « Le G8 s’est engagé à financer la santé en Afrique à hauteur de 60 milliards de dollars au cours des prochaines années. Les Etats-Unis se sont engagés à financer la moitié de cette somme. Quant à la France, elle va consacrer un milliard de dollars par an à la santé en Afrique ».

 

Au vu de ces engagements, Nicolas Sarkozy doit au minimum maintenir le poids de 10% de la France dans le Fonds mondial. Cela représente 800 millions de dollars sur les 8 milliards à apporter en 2010 – soit 600 millions d’euros. La contribution française 2007 étant de 300 ME, cela implique 400 millions en 2008, 500 en 2009, afin d’arriver en 2010 à 600 millions.

Enfin, nous rappelons à Nicolas Sarkozy que, en avril 2007, après 12 mois de lobbying tous azimuts de la diplomatie française, la France a réussi à convaincre le Conseil d’Administration du Fonds d’engager comme Directeur Général son ex-ambassadeur Michel Kazatchkine. Pour ce faire, la France s’est à nouveau engagée auprès des pays pauvres et riches siégeant au Fonds mondial à augmenter considérablement sa contribution.

Les malades et les associations de lutte contre le sida sont bien conscients des contradictions budgétaires que rencontre le gouvernement. Mais la France n’en est pas devenue un pays pauvre pour autant. Les économies ne peuvent pas être réalisées sur le dos des plus faibles, ceux qui meurent du sida dans les pays en développement. Nicolas Sarkozy doit tenir ses propres engagements, et confirmer le maintien du poids de la France dans le Fonds, soit 400 millions d’euros dès 2008, sous peine de condamner à mort des centaines de milliers de malades.

[1] 10% de 1 million = 100 000 malades traités grâce à la France.

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5 Juin 2007 – NICOLAS SARKOZY PART AU G8 AVEC DES ENGAGEMENTS. LA LUTTE CONTRE LE SIDA EN REVIENDRA-T-ELLE AVEC UN FINANCEMENT ?

Ce mardi 5 juin, Act Up-Paris a été reçu par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la réunion annuelle entre le chef de l’Etat et les associations au sujet de la politique de la France durant le sommet du G8, qui va s’ouvrir demain 6 juin en Allemagne.

Lors de cette réunion, Nicolas Sarkozy s’est engagé devant les quatre principales associations françaises de lutte contre le sida à proposer directement à ses homologues du G8 de lancer des négociations sur « quel pays va payer combien » du coût de l’accès universel aux traitements du sida, que les dirigeants du G8 s’étaient engagés en 2005 à atteindre d’ici 2010.

 

La question de la traduction financière de l’engagement de 2005 est aujourd’hui brûlante. En effet, depuis que les dirigeants des pays les plus riches ont pris cet engagement vital il y a deux ans, ces derniers ne se sont pas clairement répartis leur participation à ce financement. Résultat : l’ONU relève aujourd’hui que le manque de fonds de la lutte mondiale contre le sida a doublé pendant ce temps, passant de 4 milliards en 2005 à 8 milliards en 2007 [1].

Pourtant, les sommes nécessaires représentent moins de 0,1% du PIB des pays du G8 [2]. Elles permettraient de mettre fin à une hécatombe qui a tué plus de 30 millions de personnes [3], dont 3 millions en 2006 uniquement, et qui menace d’en tuer 70 millions de plus dans les vingt prochaines années.

Nicolas Sarkozy s’était engagé durant la campagne présidentielle en déclarant « l’accès aux médicaments n’est pas seulement une obligation morale de solidarité, c’est une obligation pour nous ».

Act Up-Paris donne rendez-vous vendredi 8 juin à la clôture du sommet : nous verrons alors si Nicolas Sarkozy aura respecté ces engagements.

[1] Financing the Response to AIDS, 2006 Global AIDS Epidemic Report, UNAIDS.

[2] Selon l’OCDE le PIB du G8 est supérieur à 28 000 milliards de dollars par an ; selon l’ONUSIDA les sommes nécessaires pour juguler la pandémie s’élèvent à 22 milliards de dollars en 2008.

[3] Estimated number of adult and child deaths due to AIDS globally 1986-2006, in AIDS Epidemic Update, December 2006, UNAIDS.