Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Voeux de Nicolas Sarkozy : Mais où est la rupture ? 01.01.08

Henri Guaino, dès son retour du Caire, promettait de faire du nouveau avec les voeux, annonçant sans rire « un discours très personnel » (1). À part une allocution en direct et des changements de plan, on a vu du vieux dans les voeux. Nicolas Sarkozy a commencé par le traditionnel message de solidarité à ses compatriotes, « un message de foi dans la vie et dans l’avenir ». Car « il n’y a pas de fatalité dans la vie ».

Avant de poursuivre sur le style candidat, comme s’il était toujours un peu en campagne. Premier symptôme : tacler ses prédécesseurs. Ce qui attend le nouveau président de la République ? « Une tâche immense tant la France a pris du retard sur la marche du monde. » Second signe : la reprise de ses slogans de campagne. Oui, « tout ce que j’ai dit je le ferai ». Non, « je ne vous trahirai pas ». Bref, « tout pourra devenir possible ».

L’urgence de « réformes qui attendent depuis vingt ou trente ans ».

Et le chef de l’État de parler au passé, comme si ses premiers voeux étaient les derniers. De justifier l’ouverture, sans oublier toutefois d’associer à son action François Fillon, comme il s’y efforce désormais. Puis de revenir sans le dire sur la venue du colonel Kadhafi, en décrétant l’« urgence que la France se remette à parler avec tout le monde ».

Toujours dans l’ambiguïté de la « rupture tranquille », il affirme qu’il ne croit « pas en la brutalité » et entend « tenir compte de l’exigence de dialogue social », tout en confirmant l’urgence des « réformes qui attendent depuis vingt ou trente ans ». Mais son « voeu le plus cher », le plus clair et le plus abstrait à la fois, est « que la France soit l’âme de la renaissance ».

Nicolas Sarkozy n’a donc pas révolutionné le genre très codifié de l’allocution présidentielle pré-réveillon. Rue89, avec l’INA, s’est penché sur les voeux des prédecesseurs du Président. De Pétain (alors chef de l’État) à Chirac, soixante ans de variations autour d’un classique :

1943 Pétain vous aime comme un père. Vidéo
1949 La France se reconstruit, Vincent Auriol roucoule. Vidéo
1956 L’austère René Coty et la fin des colonies. Vidéo
1967 De Gaulle et la France « tranquille ». Vidéo
1971 Pompidou s’emmêle pendant les répétitions. Vidéo
1975 Devant leur cheminée, Giscard et Anne-Aymone bûchent. Vidéo
1994 Mitterrand croit aux « forces de l’esprit ». Vidéo
1997 Chirac et le marathon des voeux. Vidéo

Source : Article de Julien Martin (Rue89) I (1) Le Canard Enchaîné N°4549 du 02 Janvier 2008 I Lire aussi : l’édito de Rue89 : Voeux de Sarkozy, une « politique de civilisation ».