Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Ca commence : Paris Match ménage la « première dame » 21.12.07

En « trappant » un article qui détaillait l’abondant tableau de chasse sentimental de Carla Bruni et en publiant le portfolio d’une photographe choisie par l’Elysée, l’hebdomadaire du groupe Lagardère renforce son statut de vecteur de la communication du « Palais ». La rédaction commence à sérieusement grincer des dents.

Signé par une rédactrice en chef de Match, le portrait de Carla Bruni évoquait sa carrière de « mangeuse d’hommes » – pour reprendre le cliché en vogue ces jours-ci dans les gazettes -, et citait les noms de ses nombreux ex. Mais Paris Match ne tombera pas dans le cliché de la « redoutable séductrice », puisque l’article est passé à la trappe, comme l’a révélé Bakchich.info. Une décision que des sources internes attribuent à une prudence toute commerciale : il s’agit de ne pas froisser la jeune femme pour s’assurer l’exclusivité des premières photos « intimes » du couple.

Seize pages de portfolio: « On a cru que Sarkozy était mort »

Le même souci semble avoir guidé la rédaction en chef – qui n’a pas souhaité s’exprimer – pour la publication, sur 16 pages, d’un portfolio « exclusif » sur Nicolas Sarkozy dans son intimité. « On a cru qu’il était mort », ironise un journaliste de Match, en rappelant qu’une telle pagination est habituellement consacrée aux « nécrologies » des stars.

La photographe Bettina Rheims – auteur du portrait officiel de Jacques Chirac – a été choisie par l’Elysée et acceptée par l’hebdomadaire, pour prix de son exclusivité. La rédaction n’a pas pu la suivre dans son travail, contrairement à la tradition, pour expliquer les coulisses du reportage photo.

Ce qui donne des légendes aussi informatives que celle-ci, sur une photo de Nicolas Sarkozy fumant un cigare devant une cheminée couverte de photos:

« Mercredi 12 décembre, en fin d’après-midi, le président allume un cigare. Sur la cheminée, derrière son bureau, on aperçoit (à dr.) une photo avec son fils Louis, le jour de sa prise de fonction. A gauche, un portrait de Cécilia. »

Commentaire en interne : « Il n’y a aucune mise en perspective. Les photos sont belles, d’accord. Mais si Nicolas Sarkozy avait voulu publier un bouquin à sa gloire, il aurait pris exactement les mêmes. »

La rédaction n’a pas du tout apprécié que Match s’incline ainsi devant les exigences d’une photographe choisie par le sujet de son reportage. « Ce genre de choses se fait pour des sujets people, pas pour des sujets d’information politique », regrette une rédactrice. « Ce qui nous arrive serait impensable aux Etats-Unis, par exemple. »

La direction est traumatisée par le renvoi d’Alain Genestar

Cette publication a suscité un communiqué de la Société des journalistes de Paris Match. En « off », des journalistes décrivent une direction traumatisée par le précédent Genestar, l’ancien directeur renvoyé pour avoir publié des photos de Cécilia Sarkozy et Richard Attias. Ce qui explique, selon eux, que l’hebdo ait consenti à partager l’exclusivité « Nicolas et Carla chez Mickey » avec d’autres. Depuis le scoop censuré du JDD, chez Lagardère, l’autocensure est jugée plus efficace que la censure.

Dans le même communiqué, les journalistes s’insurgent contre le recrutement annoncé d' »une journaliste du Figaro », « dans un contexte où des membres de la rédaction sont invités à partir dans le cadre d’un plan de départs volontaires visant à réduire la masse salariale, [et] où de nombreux pigistes réguliers ne sont pas titularisés ».

La journaliste en question fut la « bonne amie » de Nicolas Sarkozy pendant l’escapade new-yorkaise de son ex-épouse. Amie proche d’Arnaud Lagardère, elle aurait été « imposée » à la rédaction de Match, selon la SDJ. Selon nos informations, elle aurait finalement décidé de rester au Figaro.