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Français : la délation est désormais rémunérée ! 12.12.07

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Villiers : la police tracte pour acheter des témoignages
Par Chloé Leprince (Rue89) – 04/12/2007

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« Plusieurs milliers d’euros ». C’est ce que promet sur des tracts la police judiciaire pour obtenir des témoignages suite aux émeutes de Villiers-le-Bel, fin novembre.

Les forces de l’ordre estiment qu’une cinquantaine d’hommes ont alors été blessés, certains policiers ayant essuyé des tirs de fusil de chasse. C’est dans le cadre de l’enquête sur ces coups de feu que la police offre une rémunération contre des témoignages anonymes. Payer ses indics n’est évidemment pas une révolution, pour la police. Sauf que, cette fois, c’est par des tracts distribués dans les boîtes aux lettres depuis le week-end dernier qu’elle recherche explicitement des témoignages moyennant rémunération.

Jean Espitalier, directeur régional de la police judiciaire de Versailles – chargé de l’enquête sur les coups de feu – a confirmé mardi à l’AFP la teneur du texte distribué à 2000 exemplaires et qui indique notamment : « Si vous disposez de renseignements, merci d’appeler le numéro vert de la brigade criminelle au: 0800 33 60 98. L’appel est gratuit et votre anonymat sera préservé. Tout élément susceptible d’orienter favorablement les enquêtes en cours pourra faire l’objet d’une rémunération ».

Pour Laurent Mucchielli, sociologue, il y a là une vraie nouveauté : « Ce procédé, qui était par définition officieux et inmesurable jusque-là, est devenu une procédure officielle. Y compris pour des émeutes, alors que, traditionellement, on rémunérait les indics plutôt pour un travail sur le crime organisé. » En choisissant cette méthode, la police enterrine en fait, du point de vue du sociologue, une dégradation du travail de terrain : « Faute de police de proximité, on ne peut plus faire d’enquête de voisinage. Quand un événement comme ces émeutes éclate, on ne sait plus où chercher. A force de délégitimer la police de proximité en la limitant à des matches de foot ou de petites interventions, nos gouvernements trahissent un véritable blocage idéologique. Du coup, il ne reste plus que le rapport de force. »

Souvent divisés, y compris sur la police de proximité, par exemple, les policiers se montrent de fait très soudés. Y compris dans les rangs syndicaux, où, visiblement marqué par l’ampleur des affrontements, l’on serre les rangs depuis la diffusion de ces tracts. L’UNSA-Police, réputé proche de l’opposition, Joaquin Masanet soutient par exemple ces tracts, comme le fait d’assumer la rémunération d’infos sur les émeutes à hauteur de plusieurs milliers d’euros (Fichier audio en écoute sur Rue89).

La PJ de Versailles, soutenait mardi que les policiers assurant la distribution des tracts n’avaient pas essuyé de réaction particulièrement hostile des habitants.

Rue89