Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

J’ai appris à lire au président Sarkozy 23.11.07

Paris Match, qui s’est donné pour mission de magnifier à tout prix le chef de l’État, nous propose une fois de plus un article magnifique. Cette fois-ci : Dieu le Père apprend à lire. Installez-vous confortablement, et préparez vos mouchoirs ; c’est édifiant !

Il n’avait que 5 ans en 1960 mais me murmurait : « Maîtresse, je vous aime. » Non, ce n’était pas un enfant coléreux. Il était timide et détestait se tromper. Jamais je ne l’ai vu se bagarrer, même quand on se moquait de ses yeux de cocker.

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Dans la mémoire d’une institutrice, il y a des élèves pour lesquels on garde un souvenir particulier. Et ce ne sont pas forcément les plus doués. Certains ont décrit Nicolas Sarkozy comme un enfant coléreux ; moi, je me souviens d’un petit garçon très affectueux et plutôt timide. A la récréation, au lieu de se précipiter avec ses camarades dans le couloir, il attendait que la classe se vide pour se retrouver seul quelques instants avec moi. Et il me déclarait, à voix basse, très sérieux : « Maîtresse, je vous aime, vous êtes la plus belle. » Je le revois, fier comme un pape, une main dans la mienne, ses petits soldats dans l’autre, traverser le corridor jusqu’à la porte vitrée. Seule sa maman connaissait cet innocent « secret d’amour ». Elle me rapporta que, le jour où il est rentré de l’école avec sa première croix d’honneur, « Nicki », comme elle le surnommait alors, lui demanda pour récompense l’autorisation de « déjeuner au réfectoire avec la demoiselle ».

Quand je pense que j’ai remis au président sa première décoration ! Pour apprendre à compter jusqu’à 100, nous disposions dans la classe d’un boulier géant. Je suis certaine qu’il s’en souvient encore. Le calcul n’était pas son fort. Et comme il détestait se tromper, il préférait s’aider du boulier plutôt que de répondre de tête. A chaque fois que je l’interrogeais, il répétait le même rituel. Qu’il était drôle avec son crayon pointé en direction du boulier ! Un œil fermé, très concentré, il comptait et recomptait avant d’annoncer, tout fier, en redressant la tête : « Je sais. » En revanche, apprendre à lire fut un vrai bonheur pour ce petit bonhomme qui était impatient de pouvoir découvrir seul les histoires que recelaient les livres. « Le loup, la bique et les biquets » était sa préférée : il adorait la fin, quand le méchant loup, cupide, finit brûlé dans la cheminée. Il répétait : « Ils sont malins les biquets, ils sont petits mais ils sont les plus forts ! » Nous avions dans l’équipe scolaire une dame très âgée [sur la photo, premier rang, en noir] que les enfants adoraient. Chaque matin, avant que les élèves entrent en classe, elle leur répétait la même devise : « Mes enfants, n’oubliez pas, le travail c’est le bouclier du cœur ! » Nicolas prenait alors son livre, le plaquait contre son cœur et répondait : « Je prends mon bouclier, Madame ! » Il a su déchiffrer un texte quelques semaines seulement après l’anniversaire de ses 5 ans, en janvier. Entre le « ou » et le « on », il a eu du mal… Jusqu’à la fin de l’année, il m’a demandé si c’était bien « le on qui marche sur un petit pont ».

D’un tempérament perfectionniste, il se vexait facilement s’il se trompait : il était capable de refaire trois, quatre fois ses lignes d’écriture. Mais je n’appréciais pas l’ascendant que son grand frère Guillaume tentait d’avoir sur Nicolas. Je trouvais que son aîné avait un sacré toupet du haut de ses 8 ans. Tous les jours, il venait au rapport : « Est-ce que Nicolas a bien travaillé ? » Invariablement je répondais « oui » et invariablement il me reposait la question le lendemain. Jusqu’à cette fois où Guillaume m’a entendue féliciter officiellement Nicolas devant leur grand-père, venu les chercher à la sortie de l’école. Quand il avait une très bonne note, le petit Nicolas me disait : « Mon grand-père va être fier. » Il lui vouait une folle admiration. Il ne cherchait pas spécialement les compliments mais il voulait faire plaisir. Même à ses camarades. Il était toujours le premier à les consoler quand ils avaient échoué à un devoir. Ce n’est pas si courant qu’à cet âge un enfant soit prévenant avec ses copains. C’est drôle, mais je me souviens qu’ils l’appelaient « Sarko ». A moi, il rectifiait à voix basse : « Maîtresse, ils ne savent pas mais mon vrai nom c’est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. » Jamais je ne l’ai vu se bagarrer, même quand on se moquait de ses « yeux de cocker ».

Quand je l’ai retrouvé adulte, il était tout jeune maire de Neuilly. Il m’a alors confié : « Vous savez, j’ai une somme de travail gigantesque à accomplir. Je voudrais tant parvenir au même niveau que Jacques Chirac, mais je ne suis pas sûr d’y arriver. » Le 6 mai, ces mots me sont revenus… Et je l’ai rappelé aux gamins que j’assiste en tant que soutien scolaire. Ils n’en revenaient pas que j’aie appris à lire, écrire et compter au président de la République. L’occasion de leur rappeler : « Quand on fait des efforts, le travail est toujours récompensé. »