Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Parité et représentativité 05.11.07

parite.jpg © Deligne

Dans le Monde Diplomatique de Septembre 2007, Serge Halimi décortique l’art et la présidentielle manière de faire croire que la question de la parité et de la représentativité est enfin réglée…

« Premièrement,

vous suggérez que les principales inégalités qui existent sont celles entre hommes et femmes, blancs et noirs, jeunes et vieux. Et beaucoup moins les inégalités entre riches et pauvres.

Deuxièmement vous assurez la promotion de quelques femmes ou de quelques noirs dans les écoles d’élite (Sciences-Po par exemple), ou dans des positions de pouvoir.

Ensuite vous espérez que le syllogisme suivant va fonctionner : Puisque les noirs ou les femmes ou les arabes sont particulièrement défavorisés, ce qui est souvent vrai + Puisque Fadela Amara ou Harry Roselmack occupent des positions de pouvoir = Le problème des inégalités est en quelque sorte réglé.

Vous insinuez ensuite « Au fond tout est affaire de volonté. Eux ils ont pu, alors qu’ils étaient dans la situation perçue comme la plus difficile. C’est bien la preuve que chacun peut y arriver ! »

Cette technique a permis à Nicolas Sarkozy de nommer un gouvernement plus ou moins paritaire, avec des femmes, des personnes issues de l’immigration, comme on dit (un cabinet d’ailleurs tellement divers qu’il comprend même des personnalités socialistes !) Et si vous lui faite la remarque il vous dira « Ah ben oui mais regardez : dans mon cabinet il y a des gens issus des minorités, donc je me préoccupe de ce problème-là ! »

Et avec ce ministère, qu’est-ce qu’il a pris comme première mesure ? Des dispositions qui vont creuser encore les inégalités car elles ont un peu plus favorisé les riches (le bouclier fiscal, la baisse de l’impôt sur les successions, etc.).

Prenons un autre exemple : le débat sur la représentativité de l’Assemblée Nationale en France. Tout le monde a dit « Il y a 107 femmes députés : 18,5% contre 12 % avant. C’est bien. C’est pas assez, mais c’est mieux« . D’accord. On a dit « L’Assemblée Nationale compte 16 députés d’origine non-européenne. C’est pas assez, mais c’est mieux« . D’accord. En somme : c’est pas assez, mais l’Assemblée Nationale est davantage à l’image du pays. Soit. Mais qu’a-t-on oublié ? Quel chiffre ne sont jamais cités ? Ceux-ci :

Sur les 577 députés qui viennent d’être élus, l’Assemblée compte environ :

40 chefs d’entreprise, 113 cadres et ingénieurs, 11 membres des professions libérales, et 9 journalistes. L’assemblée compte seulement 1 ouvrier, et 25 employés, soit moins de 5%, alors que ces deux catégories rassemblent près de…

la moitié de la population… »

[Retranscription des propos de Serge Halimi dans l’émission Autour du Diplo, Là-bas si j’y suis, France Inter]