Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Les conseils des ministres décentralisés 31.10.07

60 policiers par membre du gouvernement : les conseils des ministres décentralisés, ça coûte cher et ça pollue.

http://www.snut.fr/image.php?img=images/541.jpg © Snut

31 Octobre 2007 : Ajaccio.

Un mois après avoir inauguré cet exercice à Strasbourg, le deuxième conseil des ministres décentralisé de l’ère Sarkozy s’est déroulé mercredi à Ajaccio dans une préfecture de Corse-du-Sud transformée en camp retranché, afin d’en éloigner les nationalistes radicaux, hostiles à l’initiative, et les syndicats en colère.

Justifiée par Nicolas Sarkozy et le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez sur le thème « la Corse, c’est la République », cette délocalisation a attisé les critiques, d’abord en Corse. Plus de 1.500 policiers et gendarmes, soit près de 60 par membre du gouvernement présent, ont été mobilisés, notamment pour protéger la préfecture de Corse-du-Sud qui avait pris mercredi des allures de forteresse assiégée. Déployés tous les 5 mètres dans les avenues du centre d’Ajaccio désertées par leurs habitants excédés, les forces de l’ordre ont barré tous les accès menant au centre de la cité impériale.

Face à ce déploiement de force et à une interdiction de rassemblement autour de la préfecture, les nationalistes radicaux de Corzica nazione indipendente, de plus en plus isolés, n’ont rassemblé que quelques dizaines de militants pour dénoncer la présence du gouvernement sur l’île. « C’est la dictature », « Sarko, le peuple aura ta peau », ont lancé les manifestants au son des cornes de brume, avant d’être repoussés par quelques grenades lacrymogènes hors du périmètre interdit.

L’intersyndicale CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA et STC (Syndicat des travailleurs corses, nationaliste), qui souhaitait manifester pour dénoncer la précarité et la faiblesse des salaires en Corse, a elle aussi été contrainte de renoncer à son rassemblement au centre d’Ajaccio. A défaut de manifestation, la grogne sociale s’est matérialisée mercredi dans les aéroports d’Ajaccio et de Bastia, où les salariés de la Compagnie aérienne Corse Méditerranée (CCM) ont bloqué six vols pour protester contre l’idée, émise mardi par Nicolas Sarkozy, d’autoriser les compagnies low-cost à ouvrir des dessertes entre le continent et la Corse.

Arrivé dès mardi pour son 28e déplacement en cinq ans sur l’île de Beauté, le chef de l’Etat a réaffirmé sa volonté d’y accélérer le développement économique et sa condamnation de la violence.

Voulu par Nicolas Sarkozy comme un « symbole fort » de « l’enracinement de la Corse dans la République », ce Conseil décentralisé a également suscité des critiques hors de l’île de Beauté. Le Parti socialiste a ainsi dénoncé un « déplacement cher », qualifié de « grand Barnum », alors que les écologistes ont montré du doigt le coût élevé en carbone du déplacement des ministres et des forces de l’ordre.

A ces détracteurs, Laurent Wauquiez a assuré que le « coût écologique » de ce Conseil serait « compensé », notamment par un investissement du ministère de l’Ecologie dans un projet d’hydroélectricté au Mexique.

Nicolas Sarkozy a pour sa part promis qu’il répéterait l’expérience. « C’est moins fatigant et moins difficile de rester tranquillement dans son bureau, mais en même temps ça permet de faire avancer les dossiers », a-t-il plaidé.

Le lieu du prochain Conseil décentralisé n’a pas été dévoilé, mais le président a confié qu’il pensait à un territoire ou un département d’Outre-mer.

[Afp – Philippe Alfroy et Benjamin Sportouch – 31/10/07]