Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Sarkozy le « Surmoïque » 25.10.07

http://marseilleunautreregard.files.wordpress.com/2007/06/sarko-le-sacre.jpg © David et Kiro

Michel T.*, psychiatre à Paris.

Quand Nicolas Sarkozy parle de « nettoyer au Kärcher » la Cité des 4000 à la Courneuve, on pourrait penser, à première vue, qu’il s’agit d’une pulsion aussi violente que vengeresse. C’est d’ailleurs ce que lui reprochent ses opposants politiques. Mais je ne suis pas tout à fait d’accord. Je pense au contraire que, ce faisant, il se met dans une position « surmoïque » qu’il souhaite rassurante. Bien que ses propos soient violents, il ne les pense pas ainsi. Il se voit plutôt dans le rôle de l’honnête père de famille qui est bien obligé de se transformer en père fouettard si ses enfants ne respectent pas les règles. A ses yeux, il sait où est la limite à ne pas franchir et, quand il estime qu’elle a été dépassée; il se sent autorisé à hausser le ton comme un héros antique, mi-homme, mi-dieu. Ce n’est pas du populisme, parce qu’il ne se contente pas de jouer sur les peurs du public : il se présente comme le sauveur de l’autorité perdue, comme le Père éternel de tous les Français. Vous noterez par ailleurs que, si Nicolas Sarkozy parle peu d’idéologie, en revanche, il évoque abondamment la question des religions, terme qu’il utilise toujours au pluriel. Dans son discours, il est rarement question de « spiritualité », ou même de « rites ». Ce qui le fascine, dans les religions, c’est justement cette position « surmoïque » qu’il rêve d’atteindre. Une des prérogatives des religions est de fixer la limite entre le bien et le mal. Plus que maintenir l’ordre, ce qu’il fait déjà en tant que ministre de l’Intérieur, Niolas Sarkozy rêve de fixer cette limite et d’accéder à cette position « ssurmoïque » qui n’appartient qu’aux dieux.

* Cet article est paru dans le Marianne N°434, du 13 au 19 août 2005. Beaucoup des psychiatres interrogés ne se sont prêtés à l’exercice que sous couvert d’anonymat. [Propos de Michel T., psychiatre à Paris, recueillis par F.D.]