Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Le cas Kouchner 21.10.07

Filed under: < International — eilema @ 12:04

Si il est évidemment impossible de savoir exactement où la France se dirige en terme de politique internationale, nous avons en revanche à notre connaissance un certains nombre de déclarations et d’éléments préoccupants. Aujourd’hui, à défaut de prédire un avenir incertain, Le Sarkopithèque vous propose de regarder en arrière, en se penchant sur Le Cas Kouchner.

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BERNARD KOUCHNER, LE PRO-INGÉRENCE.

Rony Brauman, fondateur avec Bernard Kouchner de Médecins sans Frontières :
« Moi l’ingérence, je me suis battu contre cette idée que certains états avaient la tâche de faire régner l’ordre dans d’autres états. Pour moi c’est une re-sucée du colonialiste, c’est une espèce de néo-impérialisme moral dont les résultats sont absolument désastreux. Regardez ce qui s’est passé en Somalie, regardez ce qui c’est passé en Irak. On importe la démocratie, l’état de droit, des belles idées, et on récolte le nationalisme, la violence sectaire et les horreurs. La Somalie, 15 ans après l’intervention, est toujours dans cet état désastreux, et je pense que l’intervention n’a fait que l’enfoncer dans cet état désastreux.
On est dans une imprécision, un goût des mots et des postures. La posture, je pense que c’est le mot clé qui le caractérise. Et j’espère, parce que je ne parie pas sur la perte de mon pays, que la diplomatie va l’assagir, va le structurer, va le changer, mais pour l’instant, je suis sceptique
. »
(Good Morning Week-end, BFM, le 19 Mai 2007)

BERNARD KOUCHNER LE BELLIGÉRANT.

Δ Bernard Kouchner, qui se veut distributeur de paix à travers le monde, était favorable à l’invasion américaine en Irak : « Remplacer un régime dictatorial et assassin par une démocratie, ça ne peut que faire du bien par où ça passe ». (2003 – Le Grand Jury / RTL, Le Monde, LCI)

« Quelle peut être la psychologie d’un médecin qui manifeste une préférence stable pour la guerre ? Nous passons trop vite de Médecins du monde à « Militaires sans frontières » ». Emmanuel Todd, dans une interview accordée à Marianne

Rony Brauman, fondateur avec Bernard Kouchner de Médecins sans Frontières :
« Kouchner était un partisan de la Guerre du Golfe, et moi j’ai deux reproches à lui faire sur cette approbation de la Guerre du Golfe. Le premier, c’est d’avoir cru (ou d’avoir fait semblant de croire) que les américains partaient en guerre à Bagdad pour remplacer une dictature par une démocratie (c’est comme ça qu’il le disait, c’est comme ça qu’il le faisait croire). Donc, déjà cet acte de naïveté quand on est depuis près de 20 ans en politique, c’est coupable.
Puis la deuxième chose que je peux lui reprocher, c’est d’avoir tenu un double discours, c’est-à-dire d’avoir été beaucoup plus interventionniste quand il était aux Etats-Unis, et beaucoup moins quand il était en France, comme si il n’osait pas tout à fait assumer, devant une population massivement hostile à l’intervention, cette position. Il y a à la fois une tartufferie, une inconstance, et un sens vraiment très éloigné des réalités, de croire que la démocratie est au bout du bombardier, sur lesquels moi je suis très critique
. »
(Good Morning Week-end, BFM, le 19 Mai 2007)

Vidéo Rue89 : Kouchner Justifie la Guerre en Irak.

Δ Concernant le Darfour, il n’a pas non plus dissimulé sa soif d’action. « Certes il vaut mieux un accord politique, mais à un moment donné, il faut à employer des moyens plus déterminés, plus forts et plus puissants pour que les gens ne meurent plus » (I>Télé). Vidéo.

Δ En ce qui concerne le Rwanda, il a déclaré être partisan de la création d’une force européenne destinée à exercer une fonction préventive. Force préventive…

BERNARD KOUCHNER, L’ATLANTISTE.

Rony Brauman, fondateur avec Bernard Kouchner de Médecins sans Frontières :
« Bernard Kouchner sera l’instrument de la diplomatie voulue par Sarkozy […] Cette diplomatie, moi je le déplore, sera atlantiste. »
(Good Morning Week-end, BFM, le 19 Mai 2007)

Emmanuel Todd, dans une interview accordée à Marianne :
« Bernard Kouchner n’a fait qu’exprimer maladroitement la ligne Sarkozy, qui de fait est la ligne de Washington. Avant la présidentielle, j’avais suggéré que les Américains attendaient l’élection de Nicolas Sarkozy pour s’attaquer à l’Iran ».

SYRIE : BERNARD KOUCHNER REFUSE LE DIALOGUE.

Le journaliste Gilles Delafont, au micro de Good Morning Week-end, sur BFM, le 16 Juin 2007 : « Je dois dire que j’ai été assez surpris depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Sous Jacques Chirac, on avait une attitude française qui consistait à ne pas parler à la Syrie. […] Or moi je pense que la diplomatie, et les affaire du monde, c’est fait pour parler à ses ennemis, parce que si c’est fait pour parler à ses copains on n’a pas besoin d’être ministre. Donc, quand j’ai vu Kouchner dire qu’il ne parlerait pas à la Syrie, je trouve que c’est un mauvais départ, parce que si on ne discute pas avec Bachar El Assad je ne vois pas comment on peut résoudre le problème. Je pense qu’il faut discuter avec lui, ne serait-ce que pour taper du poing sur la table et dire ce que l’on pense, et envisager une solution qui de toute façon se fera avec la Syrie. »

BIRMANIE : BERNARD KOUCHNER ARDENT DÉFENSEUR DE TOTAL.

Bernard Kouchner est l’auteur d’un rapport très controversé qui dédouane TOTAL de ses actions en Birmanie. Lire l’article du Sarkopithèque.

DARFOUR : LA MÉCONNAISSANCE DU DOSSIER.

Bernard Kouchner procède toujours selon le même principe lorsqu’il aborde un sujet : LUI sait, LUI comprend, LUI connaît, LUI maîtrise. Systématiquement, il explique à son interlocuteur que les propos qu’il tient ne sont qu’une suite d’inepties et d’incohérences. Au-delà de l’irrespect flagrant qui transpire de cette façon d’agir, un problème majeur se pose. Celui de la vérité.

Surmédiatisé, Bernard Kouchner est souvent sollicité, et ce depuis toujours, pour rendre compte de la situation de certains pays, pour dresser un état des lieux des conflits, et de surcroît, pour proposer des solutions. C’est à cet endroit précis que le problème devient grave. En état d’auto-contemplation, il s’écoute décrire des faits qui ne sont pas avérés. Caressé par ses propres mots, flatté, il est persuadé de saisir la complexité d’une situation sans même avoir pris le temps d’en comprendre les tenants et les aboutissants.

Le Darfour est un exemple flagrant de ce travers.

Sur I>Télé, un membre de MSF annonce la couleur : « Je voudrais revenir sur ce qui a été dit [par Monsieur Kouchner] à la réunion de la Mutualité ». Cette interview montre combien la vision et l’analyse de Bernard Kouchner diffère de celle des travailleurs humanitaires sur place. « Ça n’est pas l’apocalypse qu’on est en train de décrire ». Vidéo.

Rony Brauman, fondateur avec Bernard Kouchner de Médecins sans Frontières :
« Aujourd’hui, Bernard Kouchner prône l’ingérence pour créer des corridors humanitaires au Soudan. C’est une ineptie qui est confondante. Il y a 13.000 travailleurs humanitaires au Soudan, il y a 10 agences de l’ONU, une centaine d’ONG qui sont à pied d’œuvre depuis des années. Il n’y a jamais eut un déploiement humanitaire aussi important. Et on nous parle d’un massacre sans témoin. Il y a des milliers de témoins. Alors qu’est-ce que ça veut dire un corridor humanitaire ? C’est comme si je disais dans ces locaux tiens il faudrait créer un studio de radio. Ben oui mais il y en a un déjà ! »
(Good Morning Week-end, BFM, le 19 Mai 2007)

KOSOVO : UN BILAN MITIGÉ.

Bernard Kouchner fut administrateur de la province au nom des Nations-Unies. Anna Otasevitch*, correspondante de l’agence de presse serbe Tane Young*, au micro de Good Morning Week-end, sur BFM, le 19 Mai 2007 : « On a constaté un bilan mitigé au Kosovo, de monsieur Kouchner. Il a commencé la construction des institutions mais il a échoué dans la protection des minorités. Il a laissé faire les extrémistes albanais, ce qui a provoqué l’exode des Serbes et des autres non-albanais, donc on a constaté sur le plan humanitaire une situation catastrophique. Parce que dès lors qu’il est devenu chef de l’administration onusienne, il y a 200.000 non-Serbes qui sont partis du Kosovo. En même temps, il a très bien joué la carte médiatique, il a présenté ça comme une grande réussite, il a été salué par les membres de l’ONU, mais on constate que son bilan au Kosovo est complètement contraire à ses doctrines humanitaires, à ses doctrines de droit d’ingérence, qui sont à la base du bombardement de la Yougoslavie. »

* Termes retranscrits phonétiquement

IRAN : LA BOMBE DE BERNARD KOUCHNER.

Bernard Kouchner a toujours considéré que l’humanitaire était indissociable de la politique, On considère souvent que pour mener correctement une action humanitaire, il faut parvenir à se départir de l’émotionnel. Tout au long de sa vie et de son action, Bernard Kouchner n’a jamais été de ceux-là.
Mais à un poste aussi délicat que celui qu’il occupe aujourd’hui, il serait peut-être nécessaire qu’il gagne en tempérance et en diplomatie. La déclaration sur l’Iran est un bel exemple de ces phrases à l’emporte-pièce qui pourraient coûter cher à un équilibre mondial déjà mis à mal. S’en suivront une foultitude de démentis et de « précisions du propos ». Évidemment. C’est le lot de tous les pompiers pyromanes.

Emmanuel Todd, dans une interview accordée à Marianne :
Pourquoi les Américains et Sarkozy ont-ils adopté cette stratégie de confrontation avec l’Iran ? « Les services diplomatiques américains sont parfaitement au fait de la réalité iranienne, de la montée de la démocratie et de la modernisation du pays. Mais ils veulent abattre une puissance régionale qui menace leur contrôle de la zone pétrolière. C’est un pur cynisme utilisant l’incompréhension actuelle du monde musulman. Dans le cas de Sarkozy, je pencherais plus pour l’idée d’incompétence ou de sincère ignorance, qui le conduit néanmoins à amorcer une politique extérieure contraire à la morale et à l’intérêt de la France. D’éventuelles sanctions économiques françaises contre l’Iran feraient rire les Américains qui n’ont plus d’intérêts dans ce pays, et sourire les Allemands, qui comme nous en ont beaucoup, mais semblent pour le moment plus réalistes ».

IRAK : L’INGÉRENCE POUSSÉE À SON PAROXYSME.

Un déplacement de Bernard Kouchner à l’étranger, c’est toujours une flamme qui s’allume. Ainsi en Irak, où la volonté du French Doctor de remplacer l’actuel premier ministre par un autre homme de son choix, a fait son petit effet.

Même principe sur cet exemple : Bernard-Kouchner-L’éternel-Incompris fait une déclaration, et la contredit aussi sec, en prétextant soit que ses propos ont été déformé, soit qu’il a « tout simplement »mal formulé sa phrase.

RWANDA : UN RÔLE TRÈS FLOU.

Le rôle de Bernard Kouchner sur le conflit rwandais restera à éclaircir, mais de nombreuses sources sous-entendent que l’actuel ministre aurait joué un rôle majeur à l’époque.

Il est très difficile d’interroger Kouchner au sujet du Rwanda. Son interview (Vidéo) par Jean-Pierre Elkabbach, en est un exemple frappant. Kouchner, le « j’étais-là-bas » en chef utilise les même ressorts émotionnels que d’habitude. Exercé à arracher une larme pour fédérer les gens autour d’une cause, il joue sans vergogne l’indignation, la colère, la peine et la culpabilité. Entre autre. Sa recette est simple : se montrer outré face aux questions dérangeantes, déterrer les morts (même si il dit ne pas le supporter), et faire sien le slogan de Paris Match : « Le poids des mots, le choc des photos« .

Ainsi, lorsqu’on lui parle des polémiques, il rétorque « Quand on a marché dans le sang et dans les têtes d’enfants, on n’accepte pas que les journaux disent n’importe quoi ». C’est sans doute le point de ressemblance le plus frappant entre Kouchner et Sarkozy. La gouvernance émotionnelle, qui remue les coeurs et endort les cerveaux.

Quelques Vidéos : Pour les pressés, un bref résumé du rôle de la France dans le conflit rwandais VidéoExtrait du documentaire Tuez-les TousExtrait de l’hagiographique documentaire Kigali, des images Contre un MassacreVidéo relative à l’Opération Turquoise, initiée par Kouchner, qui affirme ne pas être lié à l’échec de ce raid, ni informé du lieu où il s’est finalement déroulé.

DIVERS.

Bernard Kouchner ne connaît pas le nom du premier ministre français.

Bernard Kouchner. Raciste ? L’ami de l’autre, le citoyen du monde Bernard Kouchner est debout devant un match de foot retransmis à la télévision. Il « cherche le blanc » dans une équipe trop noire à son goût. L’extrême-droitisant Georges Frêche a été radié du parti socialiste pour de tel propos. Certes, c’était en pleine campagne… Bernard Kouchner, ou l’histoire d’une décomplexion amorcée de longue date.

Bernard Kouchner a parfois beaucoup de mal à garder son calme, et à écouter ses interlocuteurs. C’est problématique pour un diplomate « de haut rang ». Ces 3 vidéos témoignent d’excès (et d’accès) de colère, de condescendance, et d’irrespect.

Eilema, pour Le Sarkopithèque.