Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

La gouvernance sarkozy normalise la défenestration 16.10.07

Scène de vie en passe de devenir ordinaire en France ? LibéLyon a assisté, mardi 16 octobre 2007, au déploiement en masse de gendarmes et de pompiers dans un village lyonnais, pour empêcher une famille de se jeter par la fenêtre alors que les forces de l’ordre venaient l’arrêter.

Les Ali, Albanais, ont été déboutés de leur demande d’asile par l’Ofpra, puis par la commission des recours. Mais ils sont restés dans la chambre du centre d’accueil pour demandeurs d’asiles de Fontaines Saint-Martin, ce qui n’était pas prudent. Les militants du village avaient trouvé une solution de replis, un appartement qui devait être mis à disposition samedi matin. Mais mardi, vers 7h, une enseignante a reçu un appel de Gloria, la mère. Les gendarmes frappaient à la porte. Quelques militants se sont alors rendus sur place. L’enseignante mais aussi des gens de la paroisse voisine, qui suivent la famille. Quelques gendarmes de la brigade voisine sont là, ainsi qu’un membre de la « cellule étrangers en situation irrégulière » de la gendarmerie nationale, nouvellement créée à Lyon. Visiblement rodé, ce dernier explique aux militants que le plus simple est d’ouvrir la porte, la famille ayant selon de bonnes chances d’être ensuite libérée par le juge des libertés. Une femme lui répond que le plus simple est peut-être en ce cas de ne pas l’arrêter. Elle explique que la famille est convoquée au tribunal administratif en novembre. Elle a demandé une suspension de la mesure d’éloignement et un nouvel examen de son dossier, des éléments nouveaux étant, selon leur avocat, intervenu en Albanie. A l’intérieur, les enfants hurlent. La mère répète au téléphone que si quelqu’un force la porte, elle se jettera par la fenêtre avec ses deux enfants. Après les drames récents, les gendarmes ne veulent pas prendre de risque. Ils « réfèrent ». Un officier glisse qu’il n’est « pas là de gaïté de cœur », que des dossiers l’attendent plein son bureau, « avec des délinquants plus dangereux que ceux-là ». Puis des renforts arrivent. Des pompiers, nombreux, déplient une grande bâche sous la fenêtre de la chambre, et déploient une grande échelle vers l’appartement. La famille ferme alors précipitamment ses volets, pensant que les pompiers viennent la chercher. Un sapeur fait alors un signe aux gendarmes. La situation est sécurisée, ils peuvent intervenir. La porte de la chambre est alors forcée. La famille est ensuite conduite dans une pièce voisine où des photos sont réalisées, puis les gendarmes chargent toutes les affaires de grandes valises, avant de redescendre avec tout le monde. En bas de l’immeuble, des assistantes sociales demandent l’autorisation d’embrasser la famille qu’elles ont suivie pendant plusieurs mois. D’autres résidents sont là aussi, il y a beaucoup de pleurs. Un enfant hurle. Elle a déjà vécu cette situation. C’est la plus jeune de la famille Raba, expulsée en décembre dernier, revenue, et qui habite pour l’instant dans ce centre. Quelques gendarmes détournent le regard. Un responsable de la société gestionnaire se défend curieusement, répétant : « C’est la loi, rien que la loi. On n’y peut rien ». Ol.B.

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