Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

« Ouverture » et « Rassemblement » 15.10.07

Hélène, pour Le Sarkopithèque.

En fait, le mot ouverture est un mot « inventé » par la gauche en 1988. C’est du moins ce que nous rappelle le vieil article de Henri Boyer intitulé Ouverture et rassemblement. Deux mots-slogans en 1988 ?, dans la revue Mots (n°22, 1990 ; archives disponibles sur le site persee.fr).

C’était le mot de Mitterrand pour appeler à l’ouverture vers le centre, notamment vers le Parti Socialiste Unifié (PSU) de M. Rocard qui symbolisait la gauche centriste. Mais, semble-t-il, Mitterrand envisageait également de séduire la droite modérée. C’est le très mitterrandiste Jospin qui appelle sur France inter le 7 mai 1988 le PS à s’ouvrir aux anciens communistes mais aussi radicaux de gauche et gaullistes de gauche (1). Il y eut dans le premier gouverment de Mitterrand après sa réélection en 1988, 8 ministres dit « d’ouverture ».

C’est fascinant, l’histoire radote. Comme aujourd’hui, le mot « ouverture » avait beaucoup énervé dans le camp du socialisme et au sein du PSU lui-même. Le 11 mai 1988, le PSU fait une déclaration officielle dans laquelle il se demande si « l’ouverture » dont parle leur leader ne serait pas « qu’une manipulation de mots masquant mal une manipulation bien plus grave : celle qui consiste à exclure à gauche pour accueillir à droite ». Inversez gauche et droite dans cette phrase et vous aurez, je pense, le sentiment de Mr Devedjan, le grand déçu de la distribution des postes gouvernementaux.

Comme aujourd’hui au sein du PS (F. Hollande notamment), des voix se sont élevées en 1988 au sein du PSU contre la politique d’ouverture. François Léotard en parlait comme d’une escroquerie. Cette opinion était relayée par les jeunes centristes (les Jeunes démocrates sociaux) en la personne de B. Stasi. Je cite (cela vous rappelle-t-il quelque chose ?) :
« L’ouverture est l’essence même d’une politique, et nous en voulons à ceux, qui par leurs pratiques, ont perverti ce thème et galvaudé ce mot. L’ouverture n’a rien à voir avec ces tentatives de débauchages de personnalité, avec ces appels au ralliement […], avec ces manoeuvres, combinaisons, astuces subalternes pour confronter des majorités incertaines. C’est une caricature d’ouverture, pour ne pas dire une imposture ».

Surprenant non ? Qu’en conclure ? Sarkozy, en termes de tactique politique, a eu raison, semble-t-il, de ne pas être partisan et de piocher les bonnes idées à gauche. Mitterrand, en effet, est un modèle inépuisable en art politique. Simplement, l’élève a dépassé le maître : Sarkozy, dans sa politique d’ouverture est allé chercher directement des personnalités du PS, le parti qu’il affrontait quelques jours auparavant. L’histoire se répète mais ne se ressemble pas…

Hélène.

[Sources : Article Ouverture et Rassemblement ♥(1) cf. p. 9 de l’article]