Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

« Délits d’initiés massifs » au sein d’EADS 06.10.07

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La commission des finances du Sénat a auditionné l’ancien ministre des Finances Thierry Breton au lendemain des révélations d’une note préliminaire de l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui fait état de soupçons de « délits d’initiés massifs » au sein du groupe EADS en 2006. Selon le quotidien Le Figaro qui a révélé ce scandale, le ministre de l’Economie de l’époque, Thierry Breton, connaissait la situation difficile que risquait de traverser EADS.

Il s’agit pour la Commission des finances du Sénat, présidée par Jean Arthuis (UDF), de clarifier le rôle de l’Etat dans cette affaire. L’objectif est également d’éclairer le Sénat sur les conditions de la prise de participation de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) dans le capital d’EADS.

Le rôle «trouble» de la Caisse des dépôts

L’organisme public fait, en effet, figure de grand perdant dans cette affaire. En avril 2006, la CDC juge opportun, de racheter 2,25 % des actions d’EADS, revendues par Lagardère, pour un montant de 600 millions d’euros. Deux mois plus tard, Airbus annonce des retards pour la livraison de l’A380 et le titre de la maison-mère s’effondre. Ce rachat a-t-il été fait à la demande de l’Etat ? Ou bien l’organisme a-t-il décidé seul ? Dès le début de son audition, Thierry Breton a été clair : l’Etat n’a rien à se reprocher dans l’affaire EADS, en se disant « choqué » que l’État ait été accusé d’avoir joué « un rôle néfaste, mauvais ».

Si l’Etat était au courant des difficultés d’EADS, pourquoi a-t-il laissé faire la Caisse des dépôts ? Thierry Breton a souligné que la Caisse était « indépendante » de l’État. Précisant qu’il n’avait été prévenu d’un nouveau retard dans la livraison de l’A380 que « la veille » de l’annonce officielle par les dirigeants d’EADS en juin 2006, Thierry Breton a assuré qu’il « n’avait jamais donné une seule recommandation ou instruction à la CDC en ce qui concerne un achat ou une vente d’actions ». Avant d’ajouter qu’il avait été « mécontent » que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) se soit portée acheteuse d’une partie des titres cédés par le groupe Lagardère en avril 2006. « Cela pouvait donner le sentiment à la partie allemande que nous voulions contourner l’esprit du pacte interdisant à la France de monter au-dessus de sa participation indirecte de 15% dans le capital », a déclaré l’ancien ministre. Il est, en effet, interdit à l’Etat français de monter au delà de 15% du capital en vertu d’un pacte d’actionnaires conclu avec les groupes français Lagardère et allemand Daimler Chrysler en 2000.

Une note de l’APE

Thierry Breton reconnaît avoir reçu en janvier 2006 une note émanant de l’Agence des participations de l’Etat (APE) – chargée de gérer les participations de l’Etat dans les entreprises. Cette note lui suggérait de revendre les actions EADS en prévision d’un « retournement de cycle anticipé ». L’Agence des participations de l’Etat a, de son côté, récusé vendredi avoir eu connaissance des retards de l’Airbus A380 au moment où elle a recommandé à l’Etat d’étudier une cession de titres EADS. « Ecrire que l’APE aurait recommandé une cession sur la base d’informations non révélées au marché est non seulement totalement mensonger, mais grave et diffamatoire », a déclaré son directeur général Bruno Bézard devant la Commission des finances. Il précise que dans la note adressée par l’APE au ministre de l’Economie, il ne fait « à aucun moment état de difficultés » du programme A380, et s’en tient à une analyse du secteur aéronautique « en haut de cycle » s’interrogeant sur la nécessité de revoir « le niveau de la participation de l’Etat ».

L’interrogation demeure donc sur l’éventualité d’un ordre donné à la CDC de racheter les parts de Lagardère. Sur ce point, la Caisse des Dépôts a affirmé vendredi, dans un communiqué, qu’elle avait « agi de manière autonome » et sans « instruction des pouvoirs publics ». La Caisse des dépôts va devoir bientôt s’expliquer. Le mercredi 10 octobre, son directeur général, Augustin de Romanet, et le président de la commission de surveillance de la CDC, Michel Bouvard, seront à leur tour entendus par la Commission des finances du Sénat.

Le lendemain.

Le ministère des Finances a « autorisé » la Caisse des dépôts à acheter des actions du groupe aéronautique avant l’annonce des retards de l’A380. C’est une information du quotidien Le Monde. La Caisse réaffirme ne pas avoir reçu de feu vert de l’Etat pour acheter des titres au groupe Lagardère.

C’est un document en date du 12 juillet 2006 qui l’atteste. Le procès verbal de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, où l’on peut lire : « L’Etat a autorisé la Caisse des dépôts à procéder à l’acquisition » de titres d’EADS.

Thierry Breton est démenti, il avait prétendu devant la Commission des finances du Sénat, vendredi, qu’il avait eu connaissance de la transaction… par la presse.

Si le procès verbal en question précise que l’Etat n’a aucunement « demandé » à la Caisse des dépôts d’acquérir les actions cédées par Lagardère au printemps 2006, le trouble grandit tout de même sur le rôle du gouvernement de l’époque, quelques jours après le rapport de l’Autorité des marchés financiers sur des présumés délits d’initiés massifs à la tête du groupe.

Rappelons que l’action EADS avait brutalement chuté de 26% le 14 juin 2006, et que la caisse des dépôts y a perdu 200 000 euros, autant d’argent en moins pour le logement social, qu’elle finance.

Alors quelle est la responsabilité de l’Etat dans cette affaire ? L’actuelle ministre de lÉEconomie Christine Lagarde a demandé un rapport à l’inspection générale des finances, il sera rendu public jeudi prochain.

Pour sa part, la Caisse des dépôts et consignations a répété samedi qu’elle n’avait ni demandé ni reçu d’autorisation de l’Etat pour procéder à l’achat de titres EADS, vendus par le groupe Lagardère en 2006.

[Sources : RFI 06/10/07]