Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

AC Le feu demande à fadela amara de parler français 19.09.07

AC Le Feu demande à Fadela Amara de soigner son vocabulaire.

Le collectif AC le feu estime que Fadela Amara participe à une « stigmatisation » et une « dévalorisation » des jeunes sans travail en ayant intitulé son plan sur les banlieues « Tolérance zéro contre la glandouille », et lui a demandé de « parler français ».

En présentant l’esprit de son futur plan en Conseil des ministres à Strasbourg, la secrétaire d’État chargée de la politique de la ville avait affiché son « Objectif : tolérance zéro pour la glandouille ». « Le désoeuvrement d’une partie de notre jeunesse est inacceptable », avait-elle dit.

Quand elle utilise le terme « glandouille », les jeunes sans activité « passent du statut de racaille à celui de glandouilleur », s’insurge dans un communiqué AC le feu. Le collectif fondé à Clichy-sous-Bois dans la foulée des émeutes urbaines de novembre 2005 dénonce « la stigmatisation » et la « dévalorisation » faite « aux jeunes sans activité ».

« Si l’objectif de Mme Amara est d’être représentative des quartiers lorsqu’elle emploie ce langage pour le moins vulgaire et insultant, il est clair qu’elle se trompe lourdement sur l’incroyable richesse intellectuelle ou culturelle qui s’y trouve », estime AC le feu.

Dans une interview accordée au Bondy Blog, Fadela Amara revient sur l’interpellation d’AC Le Feu.

Bondy Blog : Le collectif AC-Le Feu a réagi au terme « glandouille » que vous avez employé à propos des jeunes désoeuvrés dans les banlieues. Ils trouve ce mot stigmatisant et vous invite à parler français. Que lui répondez-vous ?

Fadela Amara : AC-Le Feu est le bienvenu pour m’apprendre à parler français. Je trouverais plus intéressant que les membres de ce collectif deviennent acteurs du plan banlieues plutôt que de réagir de cette façon. Après la mort de Zyed et Bouna, à Clichy-sous-Bois, en octobre 2005, l’un des faits déclencheurs des émeutes urbaines, j’ai participé au rassemblement en leur mémoire. Mais je n’étais pas la bienvenue. AC-Le Feu a toujours combattu Ni putes ni soumises.

Bondy Blog : Pourquoi ?

Fadela Amara : Selon eux, je stigmatise les quartiers. Je ne veux pas être méchante, mais je crois qu’à un moment donné, la liberté et l’indépendance, ça coûte très cher. AC-Le Feu s’honorerait à devenir plus indépendant vis-à-vis du Parti socialiste et en particulier vis-à-vis du président du Mouvement des jeunes socialistes, Razzye Hammadi, chez qui il va chercher ses ordres. Je trouve dommage que ce soit un Beur qui dise à une Beurette qu’elle doit parler français. J’aime la confrontation des idées, mais ce que je n’admets pas, c’est l’instrumentalisation. Moi, j’ai payé cash ma liberté.

Bondy Blog : Les doléances des quartiers recueillies par AC-Le Feu ne sont pourtant pas une initiative négative.

Fadela Amara : Non, bien sûr. Toute initiative démocratique et républicaine qui émane des quartiers est positive.