Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Immigration choisie : les négriers des temps modernes. 12.07.07

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Extraits d’un article publié sur le site africamaat.

Aujourd’hui, avec le projet de loi sur « l’immigration choisie » on peut oser la comparaison avec cette période négrière où des millions et des millions d’êtres humains furent déportés et vendus…

Lorsque les Etats négriers d’Europe parvinrent à imposer aux royaumes africains leur infâme commerce entre le XV° et le milieu du XIX° siècles, leurs premières incursions furent suivies de rapts, razzias, et de la « fabrication » des « princes marchands », complices, et autres collaborateurs.

Aux plus forts moments de la traite négrière, afin de booster l’économie des plantations ainsi que l’exploitation des mines d’or dans le Nouveau Monde, l’une des techniques mises au point par les marchands fut la sélection d’hommes et de femmes valides, sains, de préférence dans la force de l’âge, c’est-à-dire choisis selon des critères bien précis afin être les plus rentables possible dans l’accomplissement des tâches auxquelles ils étaient destinés. L’option africaine s’était d’ailleurs imposée entre autres raisons pour des similitudes de climat entre le très vieux continent et les zones de production ; les Nègres trimeraient sous des températures avec lesquelles ils étaient familiarisés. On avait bien essayé avec les Amérindiens, mais ils n’étaient décidément pas assez robustes. On n’oubliera pas non plus à ce sujet, le procédé eugénique par lequel des étalons étaient particulièrement affectés à des fonctions de reproduction du « cheptel » afin d’essayer autant que faire se peut d’obtenir des individus vigoureux et résistants, aptes à pérenniser le lucre. On ne se refusa rien, même pas l’épuration ethnique.

Aujourd’hui, avec le projet de loi sur « l’immigration choisie » – bien sûr, pas par les candidats au départ – on peut oser la comparaison avec cette période négrière où des millions et des millions d’êtres humains furent déportés et vendus à l’encan dans des foires aux bestiaux pour le profit exclusif des Etats européens et de leurs sociétés privées.

Comparaison trop osée ? Pourquoi le serait-elle, puisqu’en proposant la réforme du Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers et le Droit d’Asile (CESEDA), le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy entend favoriser ce qu’il appelle « l’immigration choisie et non subie ». Désormais, l’immigration se fera sur la base d’une sélection économique et géographique du pays d’accueil, en privilégiant ce que les organisations opposées à la loi nomment « l’accueil des étrangers utiles, au détriment des autres dits jetables » …

Ainsi, le gouvernement se propose-t-il d’établir les « listes évolutives » de certains métiers susceptibles d’intéresser les patrons français (mécanique, maintenance industrielle, hôtellerie-restauration, métiers de la santé …) ; on fera également appel aux travailleurs saisonniers.
Quant aux étudiants étrangers, seuls « les meilleurs, les plus motivés, ceux qui ont un projet d’études de haut niveau » comme les titulaires de masters, auront le privilège de bénéficier d’une autorisation d’études complémentaires et de travail.

Comme on peut le constater, ce système de sélection d’un nouveau genre n’est pas très éloigné de sa version négrière. Mr Sarkozy ne s’en cache même pas : une carte de séjour « compétence et talents » sera établie pour « l’étranger susceptible de participer de façon significative et durable au développement économique ». En d’autres termes – comme au bon vieux temps de l’esclavage – seules compteront ses capacités à faire fructifier le capital. Les diplômes obtenus sans mention d’excellence seront aussi rédhibitoires qu’une dent cariée ou qu’un pied-bot à la triste époque à laquelle nous faisons référence.

Nulle place pour les moyens ou les simplement bons, la France veut prélever le meilleur de l’Afrique. Une simple fuite des cerveaux est insuffisante, non, ce qu’il faut, c’est une inondation, un déluge d’élites !!! Ainsi, les postes vacants en Afrique par exemple pourront être occupés par des immigrés économiques français souvent de moindre cru appelés pompeusement « coopérants » et autres « faiseurs de C.F.A. » qui, de toutes façons n’auraient jamais perçu de salaires aussi confortables dans l’hexagone pour la simple et bonne raison que la plupart d’entre eux n’auraient jamais pu accéder à des postes pour lesquels, de toute évidence, ils manquent de compétences. C’est largement suffisant pour des pays en voie de développement et de cette manière, on est sûr qu’ils mettront encore assez de temps à se développer, histoire de maintenir la supériorité de l’ancienne puissance coloniale et de bien faire comprendre aux inférieurs à quel point ils ont besoin d’elle.

Bien sûr, ces pratiques ne sont pas inédites, particulièrement en Afrique, « l’immigration choisie en fonction des intérêts et des besoins de la France », on connaît ! Les Tirailleurs Sénégalais en firent eux-mêmes les frais en leur temps et personne n’oublie comment ils furent remerciés à l’issue des deux guerres mondiales. Besoin de chair à canon pour essuyer les premiers tirs allemands sur le front ? Il suffisait de prélever dans la réserve africaine. Besoin de héros pour défiler sur les champs Elysée ? Les soldats français blancs ne manquent pas… enfin, il en manquait bien un peu, mais n’importe quel quidam revêtu d’un uniforme fit l’affaire du moment qu’il avait la bonne couleur. D’ailleurs, les Noirs – pour les plus chanceux – avaient été renvoyés dans leurs foyers, à moins qu’ils ne finissent massacrés à Thiaroye par certains des leurs pour avoir osé demander leurs salaires ! Depuis quand paie-t-on les esclaves ?

D’ailleurs, les Africains n’ont quant à eux aucun droit de choisir leurs immigrés : Qu’il s’agisse d’aventuriers divers, à commencer par eux qui noyautent certaines O.N.G., de coopérants aux salaires faramineux, de petites ou moyennes entreprises s’installant au détriment du travailleur et de l’économie locale, ou des grandes multinationales vampirisant les richesses nationales avec la complicité des prédateurs locaux, l’Afrique subit l’immigration. Le citoyen africain ne choisit d’ailleurs même pas ses dirigeants : il subit les dictateurs imposés et mis en place par la Françafrique que François-Xavier Verschave en son temps, n’avait cessé de dénoncer.

C’est pourquoi, certains de ces chefs d’Etat africains, comme les Présidents WADE et KONARE ont beau jeu de s’indigner et de dénoncer la loi sur « l’immigration choisie », arguant du « pillage des cerveaux » par la France ! Que font-ils pour inciter ces cerveaux à demeurer sur le territoire national au service de leur patrie ? Manque d’infrastructures (universités, laboratoires, centres de recherches, …), salaires dérisoires, en retard ou non versés, absence de protection sociale, conditions politiques coercitives (dictatures, guerres civiles, chasse aux intellectuels « dérangeants »), brossent de manière non exhaustive le tableau qui amène les forces vives de ces pays à s’exiler.

Le projet de loi est donc étudié de manière à légaliser ces pratiques ; Colbert par le Code noir, avait bien légalisé d’autres usages… Quelques points de ce texte méritent tout particulièrement que l’on s’y arrête :

1°) Suppression de la délivrance automatique d’une carte de séjour aux étrangers en situation irrégulière depuis plus de dix ans.
Cette disposition vient « s’enrichir » d’une autre complémentaire :

2°) Tout refus de titre de séjour devient un arrêté de reconduite à la frontière.

Il est clair que maintenant, les sans-papiers seront condamnés à le demeurer, car oser demander la fameuse carte revient à réserver sa place pour le retour dans le pays d’origine. Avant, on pouvait espérer, en prouvant documents à l’appui (y compris justificatifs de travail ou feuilles de soins médicaux) que l’on vivait régulièrement en France et que l’on cherchait vraiment à s’insérer honnêtement. Désormais, il faudra se cacher davantage, bien choisir son médecin et surtout, surtout, éviter à la fois l’hôpital et le travail. Comment vivre alors ? Comment subvenir à ses besoins les plus élémentaires ? Comment oser inscrire les enfants à l’école, alors que l’Etat à l’obligation de les scolariser tous sans exception quelle que soit la situation administrative de leurs parents ? Si Mr Sarkozy espère asseoir la sécurité du citoyen français et lutter contre la délinquance de cette manière, il est clair qu’il va devoir revoir sa copie avant d’obtenir son doctorat ès karcher.

3°) Restriction des modalités du regroupement familial.
Nous ne nous appesantirons pas sur les nouvelles conditions du regroupement familial tant leur iniquité confine l’ineptie. Pour résumer, le temps de mariage requis pour l’obtention de la carte de séjour pour le conjoint d’un étranger résidant en France est de trois ans. Or, la validité du titre de séjour « compétences et talents » est justement … de trois ans !!!
Une fois encore, la similitude avec l’esclavage s’impose : On sépare les familles. Que fait-on des pères et mères titulaires de masters ? Que fait-on de leurs enfants ? Il est vrai que les théories négrières étaient avérées : Une mère allaitante ou ayant ses enfants près d’elle est nettement moins efficace ; c’est pourquoi – rentabilité oblige – les nourrissons étaient séparés d’elles très souvent avant l’âge de deux mois.

Sur ce point, Mr Sarkozy a eu une absence : il a oublié de prévoir le cas des « élites » féminines, immigrées choisies, qui tomberaient amoureuses durant leur séjour, qui concevraient et mettraient leur enfant au monde en France. Pire, il semble qu’il n’ait pas prévu que certaines d’entre elles, arrivées légalement, puissent débarquer en ayant un petit clandestin sans-papiers discrètement en route dans le secret de leur intimité. Qu’adviendra-t-il alors ? Quelle place laissera-t-on au droit du sol ?
Les Français ne sont pas épargnés et leurs conjoints étrangers n’obtiendront leur nationalité qu’au bout de 4 ans (au lieu de 2 actuellement) sans préjuger des tracasseries et des lourdeurs administratives. Peut-être une façon de dire : « Avant d’aller tomber amoureux ailleurs, regardez donc à l’intérieur de nos frontières !!! » A moins que le but non avoué soit de fragiliser les couples mixtes en butte aux arcanes préfectorales et aux difficultés les premières années de leur mariage.

4°) Les critères d’appréciation du Centre pour Etudes en France (C.E.F.) revus au durcissement.
S’agissant des candidats aux études en France, outre le parcours pédagogique, les fortes motivations et la nature du diplôme, sont également évaluées d’une part les capacités financières et linguistiques et d’autre part les relations de la France avec les pays d’origine.
Là encore, nul besoin d’être grand druide pour comprendre : Les élites intellectuelles devront aussi appartenir à une élite sociale : point de bourses, point d’allocation logement étudiant et peut-être même pas le droit au resto U ! La France veut tout prendre sans laisser un centime. Pas de place pour les va-nu-pieds, auraient-ils raflé tous les prix scolaires et universitaires dans leurs pays !
Quant aux relations (bonnes, cela va de soi) avec les pays d’origine, on sait très bien ce que cela signifie. Comme au bon vieux temps de la traite, le marché est posé en ces termes aux dirigeants de ces pays : « Si vous voulez que la France accueille vos enfants privilégiés, ceux qui sont issus des familles des complices qui vous protègent et qui à leur tour sauront vous servir quand le moment sera venu, vous devez continuer à nous laisser investir chez vous et piller vos richesses. »
En conclusion, au-delà de l’incongruité de ce projet de loi, nous comprenons mal qu’il soit nécessaire d’aller piller de nouveaux cerveaux dans les pays du Sud alors de nombreuses élites, contraintes à l’exil, installées en France sont victimes ainsi que leurs enfants de discrimination à l’embauche et au logement, de marginalisation, de ghettoïsation, de racisme … de par leurs origines : médecins confirmés faisant fonction d’infirmiers (et donc sous-payés), titulaires de diplômes bac + 4 ou 5 qui se voient fermer des postes de leurs compétences, journalistes de talent contraints de renoncer aux médias audio-visuels, banquiers écartés des postes susceptibles de les mettre en contact avec le public, universitaires contraints de partir en Amérique du Nord où on leur offre une reconnaissance et de meilleures conditions de travail, etc.

D’autres immigrés ont quant à eux été choisis depuis longtemps – et apparemment jamais subis – Nous parlons des millions et des milliards de devises volées et détournées par de nombreux dirigeants africains et placées dans les banques européennes au détriment de leurs concitoyens qui subissent.

Parions sans miser gros, que d’ici quelques décennies, lorsque les victimes oseront élever la voix, négationnistes et révisionnistes issus de l’école grenouilliste, globalisant la culpabilité des Africains leur rétorqueront, que « ce sont les rois nègres qui ont vendu leurs cerveaux » .

[Source : africamaat]