Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

les dépenses de cécilia débitées au Trésor Public 04.07.07

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Cécilia Sarkozy a rendu la carte bancaire de l’Elysée. [lefigaro.fr. – 04 juillet 2007]
La carte de paiement spéciale de l’épouse du président de la République faisait l’objet d’une polémique depuis la semaine dernière.
« Personne à l’Elysée n’utilise des cartes de crédit pour des besoins personnels ». Tôt, mercredi sur RMC Info/BFM TV, le premier ministre François Fillon a souhaité coupé court à la polémique grandissante sur la carte de crédit mise à la disposition de Cécilia Sarkozy, et dont les sommes étaient directement débitées sur le compte du Trésor public ouvert à la présidence de la République, à en croire le « Canard Enchaîné » de la semaine dernière.
Mais quelques heures plus tard, on apprenait que « compte tenu de la polémique », la Première dame de France avait déjà rendu sa carte quelques jours auparavant. Confidence faite par Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. « C’est moi qui avais proposé cette carte à Cécilia Sarkozy », explique-t-elle dans les colonnes du Monde daté de jeudi. « J’estimais que c’était un moyen plus simple, plus rapide, plus moderne de répondre à ses frais professionnels classiques, tels les cadeaux protocolaires aux épouses des chefs d’Etat étrangers, les gerbes de fleurs ou les frais de représentation ».
Ce midi, le porte-parole du gouvernement a confirmé l’information. « Comme auparavant les précédentes épouses des présidents de la République, Cécilia Sarkozy a des frais de représentation », a déclaré Laurent Wauquiez, interrogé lors du compte rendu du Conseil des ministres. « Pour éviter toute polémique » et dans l’attente « d’une amélioration de la transparence du fonctionnement de l’Elysée », Cécilia Sarkozy « a rendu sa carte ».

Déjeuners de travail
Le député René Dosière (apparenté PS), spécialiste de la question du budget de l’Elysée (1), avait demandé mardi au premier ministre « à quel titre l’épouse du chef de l’Etat peut gérer l’argent public, dans la mesure où elle n’a pas d’existence juridique et qu’elle ne fait pas partie des services de la Présidence ». Et l’élu de réclamer le montant « des plafonds de dépenses et de retraits en liquide autorisés pour cette carte de paiement ». Information que n’avait pas pu obtenir le « Canard Enchaîné ».
« L’Elysée répondra dans le détail à M. Dosière, qu’il se rassure », a indiqué François Fillon, qui n’était manifestement pas au courant que la Première dame avait d’ores et déjà renoncé à l’utiliser.
La semaine dernière, l’Elysée avait assuré au « Canard Enchaîné » que « M. Sarkozy n’a pas encore utilisé sa carte et madame s’en est servie deux fois pour des déjeuners de travail. Les factures réglées étaient de 129 et 272 euros ».

(1) Auteur de « L’argent caché de l’Elysée », Seuil (2007).

Question écrite de René Dosière sur la carte bancaire de Cécilia Sarkozy [Rue89. 03/07/2007]
Texte qui paraîtra au Journal Officiel des questions écrites du mardi 3 juillet (publié le lendemain) :
« Monsieur René Dosière signale au Premier ministre que, pour la première fois dans l’histoire de la République française, l’épouse du chef de l’Etat gère des fonds publics, puisque désormais elle est titulaire d’une carte de paiement dont les sommes dépensées sont directement débitées sur le compte du Trésor public ouvert à la présidence de la République.
Cette information publiée dans le Canard Enchaîné du 27 juin 2007 a été confirmée par les services de la Présidence. Il aimerait donc savoir à quel titre l’épouse du chef de l’Etat peut gérer l’argent public dans la mesure où elle n’a pas d’existence juridique, selon les termes de la réponse à la question n°4561 publiée au Journal Officiel du 28 novembre 2006, et qu’elle ne fait pas partie des services de la Présidence. Par ailleurs, il aimerait connaître les plafonds de dépenses et de retraits en liquide autorisés pour cette carte de paiement.
Il rappelle que les sommes en cause n’étant soumises à aucun contrôle extérieur, ni de la Cour des comptes, ni du Parlement, de telles pratiques ne peuvent que susciter l’inquiétude de tous ceux que préoccupe la bonne gestion des fonds publics.
C’est pourquoi il renouvelle sa proposition de donner à l’épouse du chef de l’Etat un statut permanent lui permettant d’agir dans le respect des règles juridiques et comptables qui fondent les valeurs républicaines.
»