Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Gitans 21.06.07

Filed under: < Douce France — eilema @ 11:43
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© Les jeunes Manouches et Gitans de Perpignan

Petite piqûre de rappel, dans l’émission 2000 Ans d’Histoire du 21.06.2007, en compagnie de Marc Bordigoni (Ethnologue, chercheur au CNRS à l’Institut d’ethnographie méditerranéenne et comparative, à la Maison des sciences de l’Homme à Aix-en-Provence), sur le statut juridique des Gitans envers qui, encore, « les préjugés ont la vie dure ».

De 1912 à 1969, une loi « absolument abominable quand on y songe » passée par Georges Clémenceau, qui visait au recensement des Gitans, leur a imposé de posséder un carnet anthropométrique. Les Gitans sont « la première part de la population française à qui l’on a imposé un papier d’identité. Et pas simplement une carte d’identité, mais un énorme carnet dans lequel figuraient les empreintes digitales des dix doigts, les photos de face, de profil. En fait, c’était une grande fiche de police, et ça contraignait les gens qui avaient ce statut de nomades à faire viser leur carnet chaque fois qu’ils se déplaçaient dans une commune. Ce qui était une manière d’organiser une sorte de contrôle judiciaire permanent sur une part de cette population. »

Aujourd’hui, « il y a des familles qui vivent de manière tout à fait sédentaire », « mais pour ceux qui voyagent, il y a cette loi de 1969 qui fait que vous êtes détenteur d’un titre de circulation, qui fait que vous avez un papier différent de l’ensemble des citoyens français. Et dans un certain nombre de cas, il est très difficile pour les voyageurs d’obtenir la carte nationale d’identité alors qu’ils peuvent obtenir un passeport et caetera. On va leur demander de porter en permanence ce carnet avec eux, carnet qu’il faut quand même faire viser, selon le statut, tous les 3 mois ou tous les deux ans auprès de la gendarmerie. Donc pareil : une population qui est toujours extrêmement sous surveillance des autorités de police. »

« La situation pour les gens du voyage en France est une situation qui ne s’améliore pas. Autrefois il était facile de s’approcher d’une ville, de trouver un délaissé industriel, de trouver un coin où se mettre à 3-4 caravanes et puis de pouvoir faire les marchés le temps qu’on était là. Maintenant dans les villes, il n’y a plus d’espaces, et donc ces lois dites Loi Besson ont prévu dès 1990 la création d’aires de stationnement. Mais 10 ans après la loi n’était toujours pas appliqué donc on refait une même loi et actuellement on a encore qu’un quart des terrains qui sont ouverts. Effectivement ça pose un problème. En France, on dit qu’on a le droit de circuler mais on n’a pas le droit de stationner ».

A la question « est-ce qu’avec la fin du nomadisme ce ne serait pas la fin des Gitans, Marc Bordigoni ? » : « Eh bien écoutez je crois que c’est le fantasme d’un certain nombre de nos autorités politiques, depuis Georges Clémenceau, et puis l’actuel Président de la République qui emplie le même type d’arguments à un siècle d’écart. On a effectivement une volonté de faire disparaître ce mode de vie, mais les familles et les individus y sont très attachés ».

Marc Bordigoni se dit « plus optimiste » que les journalistes qui enterrent déjà la population Gitane. « Eux ont cette capacité d’invention et ce désir de vivre ».

Livres : Marc Bordigoni « Les gitans » (Le cavalier bleu) / Henriette Asséo « Les tsiganes » (Gallimard) / Michèle Barbier « Laissez pleurer les chiens » (Wallada) / Vania de Gila et Claudine Suret-Canale « La prière des loups » (Wallada)