Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Jacques Marseille 15.05.07

« L’historien économiste préféré de Sarkozy, des médias et du Medef ». On lui doit de nombreuses phrases d’anthologie, comme : « La France est fondamentalement bonapartiste dans ses gènes. Elle a besoin d’un homme fort, autoritaire, populaire, qui prenne des décisions. »

Extraits du procès imaginaire de Jacques Marseille par le Plan B (Article Original) :

À l’université d’été, j’ai rencontré Guillaume Sarkozy, président de l’Union des industries textiles. Il m’a mis en rapport avec son frère Nico [ndlr : Nicolas Sarkozy]. Depuis, je conseille ce dernier tout en gardant un œil sur l’autre Nicolas – Baverez – lequel se pousse du col pour être l’unique économiste thatchérien squattant la télé.

Le procureur : Chaque fois que l’accusé vante le travail, c’est pour enrichir le capital. Il juge extravagant le traitement des fonctionnaires, mais la plupart d’entre eux ne sont pas, comme lui, simultanément éditorialistes associés au Point, bonimenteurs permanents du petit écran et auteurs couverts d’euros. Car son traitement de professeur à temps plein, payé par le contribuable, ne lui suffit pas. Résultat : ses étudiants ne doivent pas le voir souvent, sauf s’ils le regardent à la télé utiliser à son profit leurs travaux de recherche.

Le procureur : [d’une voix très dépitée] Mouais, admettons… Reste que l’accusé, qui abhorre les cumuls et les avantages acquis, s’en goinfre.

L’accusé : Vous confirmez tout ce que j’ai écrit [Il prend à nouveau la pose et se cite.] : « Nous avons toujours détesté l’argent, l’entreprise, la richesse ; nous avons une forte tradition catholique et une forte tradition marxiste, et les deux diabolisent l’économie de marché. La pauvreté, c’est essentiellement subjectif. C’est la psychologie individuelle qui en est largement responsable. » La termite populiste semble gagner les tribunaux, trop laxistes pour les délinquants, assistés, fonctionnaires ; trop sévères envers les entrepreneurs qui travaillent dur et paient trop d’impôts.

Le procureur : François Pinault n’a pas réglé d’impôt sur la fortune en 1997. [Il sourit, content de son effet.] Quant au prévenu, il vient d’être condamné par les prud’hommes pour n’avoir pas payé les charges sociales d’une de ses employées. Et comment a-t-il réagi ? Je le cite [Il se rengorge et déclame, tel Marseille lisant du Marseille.] : « Cette femme était employée en free-lance. Elle venait quand elle voulait, elle avait la clé des bureaux, elle n’avait aucune contrainte. » Aucune en effet, si ce n’est celle de travailler pour un patron très entreprenant, surtout avec ses employées, hé, hé.

L’accusé : Vous me faites un odieux procès de Moscou ! Votre cour aimerait m’enfermer dans un camp. Mais les penseurs les plus divers saluent mes analyses. L’UDF Jean-Louis Bourlanges a adoré mon livre sur le colonialisme, le socialiste Jacques Julliard recommande mes chroniques du Point ; le chevènemento-sarkozyste Max Gallo ne cesse de rendre hommage à mes travaux. Et le monarchiste Stéphane Bern s’est pâmé : « J’adore ce qu’il écrit. Je trouve ça passionnant. »

Le procureur : Va-t-il nous débiter tout son press-book ? Car, parmi ses zélateurs, il y a aussi [il récite] le mensuel L’Histoire (qui appartient aussi à Pinault) Christine Ockrent, Yves Calvi, l’émission de France Inter « Rue des entrepreneurs »…

L’accusé [qui l’interrompt] : Et n’oubliez pas Libération, qui m’a consacré deux pages d’« entretien ». Certains de mes amis ont cru que les questions, à vrai dire très sucrées, de ce quotidien de gauche dont je déplorerai la disparition prochaine, avaient été dictées par mon attachée de presse [Il rit.]. Toutefois, l’affrontement ne m’effraie pas. J’ai ainsi croisé le sabre avec Alain Duhamel sur le thème : « Faut-il que le sang coule pour que la France se réforme ? »

Article : Le Plan B n°4 (octobre-novembre 2006) I Photo © Éric Garault

 

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