Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

vacances à Malte 10.05.07

« La présidence de la République, c’est une ascèse ». Nicolas Sarkozy

Ascèse : Discipline que la volonté s’impose afin de tendre vers un idéal soit de perfection morale, soit de création artistique ou intellectuelle.

cartoon -Sarkozy en croisière

Petit retour en dépêches sur les vacances prises par le Président, pour « habiter la fonction, prendre la mesure de la gravité des charges », selon ses propres mots. À défaut d’une évoquée retraite dans une abbaye, ce fut donc un séjour écourté à Malte. Plus fastueux, sans que cela ne coûte cependant aucun euro au contribuable rassurez-vous.

Simple remarque : dans Le Figaro du 11 Mai, Anne Fulda, ex compagne de Nicolas Sarkozy, fait devoir de mémoire en refaisant l’historique des escapades fastueuses des Présidents, histoire peut-être de relativiser celle de l’actuel.

Illustration © L’internaute

Nicolas Sarkozy, comme il l’avait annoncé, a choisi de faire une brève « retraite » avant de prendre ses fonctions de chef de l’Etat le 16 mai et se trouvait mardi à bord d’un yacht au large de l’île de Malte. Accompagné de son épouse Cécilia, de leur fils Louis, 10 ans, et de quelques proches, le président-élu est arrivé lundi à bord d’un jet privé à l’aéroport international de La Valette, au lendemain de son élection à la présidence de la République.
Le yacht sur lequel il a passé la nuit a été vu mardi matin appareiller en direction de la Sicile, une croisière qui prendrait quatre heures. On ignorait s’il s’agissait de sa destination ou s’il reviendrait à Malte. Un patrouilleur de la marine maltaise était le long du yacht, « La Poleta », immatriculé en Grande-Bretagne.
Le gouvernement maltais et l’ambassade de France ignoraient la venue de Nicolas Sarkozy sur l’île, rapporte mardi le Times of Malta citant des sources gouvernementales. De l’aéroport, Nicolas Sarkozy a été conduit à bord d’une limousine Mercedes jusqu’au principal port de plaisance de Malte, près de la capitale, la marina Manoel Island. Là, il est monté à bord d’un yacht de 60 mètres amarré à côté d’un bateau appartenant au milliardaire russe Roman Abramovitch, propriétaire du club de football de Chelsea. Le navire a mouillé durant la nuit à Delimara Bay, là où s’était tenu en décembre 1989 un sommet entre le président George Bush (père) et Mikhaïl Gorbatchev.
Ce yacht appartient à l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, croit savoir le magazine Capital. Construit en 1985 par un chantier naval japonais, il a été acheté par le milliardaire breton en 2003 à une famille d’armateurs grecs pour la somme de 3,5 millions de dollars, écrit-il sur son site internet Capital.fr. Le navire comprend sept cabines et peut accueillir 12 invités en plus des 17 hommes d’équipage. Son pont supérieur possède un jacuzzi, ajoute Capital.fr, dont l’information n’a pu être confirmée auprès d’autres sources.
Alors qu’une partie de la presse le cherchait vainement en Corse, Nicolas Sarkozy a choisi de se rendre dans une autre île de la Méditerranée pour cette pause après sa victoire. Son entourage avait tenu le lieu de sa retraite secret. Quelques proches avaient laissé entendre qu’il pouvait avoir choisi l’île de Beauté. Pour certains Maltais, cette visite surprise rappelle une autre arrivée française inattendue. En route pour sa campagne d’Egypte, Napoléon avait pris l’île aux Chevaliers de Saint-Jean en 1798.
Nicolas Sarkozy avait annoncé entre les deux tours de l’élection présidentielle que, s’il était élu, il prendrait quelques jours de repos pour « habiter la fonction, prendre la mesure de la gravité des charges » pesant sur ses épaules et « prendre la distance nécessaire » avec les tourments de la campagne.
Interrogé mardi sur le repos que s’accorde le futur chef de l’Etat, Claude Guéant, son ex-directeur de campagne, a déclaré qu’il s’agissait d’un « repos laborieux ». « Ce sont des jours de repos parce que tout le monde comprend qu’une campagne électorale c’est physiquement éprouvant, mais en même temps ce sont des jours qui sont consacrés à la réflexion », a-t-il dit sur LCI. « Il faut réfléchir à la constitution du gouvernement (…) donc c’est un repos laborieux qu’il s’accorde pendant quelques jours », a-t-il ajouté.

Source : Reuters – Mardi 8 mai 2007, 11h47

Vincent Bolloré a assuré dans un communiqué que son groupe « n’a jamais eu aucune relation commerciale avec l’Etat français ». Selon le SNJ-CGT, le groupe Bolloré détient à travers une participation de 40,6% dans Euro Média Télévision la Société française de production (SFP). Le Syndicat National des Journalistes déclare dans un communiqué teinté d’ironie qu’il « n’a bien sûr rien à voir avec le rachat, au quinzième de sa valeur, de la Société Française de Production (SFP), ex-entreprise publique », et « Rien à voir non plus avec les flux de commandes publiques obligatoires qui la font fonctionner au détriment de l’outil public de France 3 et de ses salariés », rappelant au passage que le débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, le 2 mai, avait été enregistré dans un studio de la SFP.

Source : Jeudi 10 mai 2007, 16h55 – Reuters

Après les critiques de l’opposition sur les vacances luxueuses du futur président financées par l’industriel, Vincent Bolloré a assuré dans un communiqué que ce n’est pas son groupe mais lui à titre personnel qui a invité Nicolas Sarkozy. Il a également expliqué que son groupe « n’a jamais eu aucune relation commerciale avec l’Etat français ».

Source : Reuters – Jeudi 10 mai 2007, 16h55

Nicolas Sarkozy ne « voit pas la polémique ».

Nicolas Sarkozy déclare qu’il n’a pas l’intention de s’excuser après la polémique suscitée par son séjour à bord d’un yacht de luxe à Malte dès le lendemain de sa victoire présidentielle. « Je vais vous dire une chose : je n’ai pas l’intention de me cacher, je n’ai pas l’intention de mentir, je n’ai pas l’intention de m’excuser », a-t-il déclaré à des journalistes à Malte où il faisait un jogging. « J’essaie de me tenir éloigné de toutes ces polémiques (…) Je ne vois pas où il y a de la polémique », a-t-il ajouté, selon des propos diffusés par les radios françaises.
« Je serai président de la République dans huit jours. Il y a donc ces huit jours, où, théoriquement, j’aurais dû prendre du repos pour arriver aux responsabilités suprêmes (…) le plus apaisé possible. Au fond, je ne vais pas prendre huit jours, je vais en prendre deux et demi. Je pense que personne ne peut le contester », a poursuivi Nicolas Sarkozy.
« Je sais que les Français sont des gens très lucides et qui raisonnent (…) et qui savent faire la part des choses entre la polémique politicienne, la politique et la réalité », a-t-il fait valoir, revenant sur l’invitation de l’industriel Vincent Bolloré, qui a mis son yacht « Paloma » à disposition de la famille Sarkozy. « Cela fait vingt ans qu’il m’invite et vingt ans que je refuse. Vincent Bolloré est un des grands industriels français, il n’a jamais travaillé avec l’Etat, il fait honneur à l’économie française », a déclaré Nicolas Sarkozy.
« Je souhaite pour l’économie française beaucoup de Vincent Bolloré, c’est-à-dire des hommes qui sont capables d’investir pour créer des emplois. Vous savez, ce n’est pas une honte d’avoir travaillé dur, d’avoir créé un grand groupe, de donner de l’emploi. Il m’a invité sur son bateau, il aurait pu m’inviter dans une maison, je ne vois pas où est la polémique », a poursuivi le président-élu.
Pendant son séjour à Malte, Nicolas Sarkozy a expliqué avoir travaillé « plusieurs heures chaque jour », s’entretenant au téléphone au total avec « une vingtaine ou une trentaine » de chefs d’Etat et de gouvernement. Il a précisé avoir également eu un entretien avec le président et le Premier ministre de Malte et s’est dit heureux que son séjour fasse « de la publicité » à l’île. « Alors vous savez, la polémique, c’est bien peu de choses… ».

Déclarations

« Quarante-huit heures de repos pour 1.825 jours auxquels il se consacrera aux Françaises et aux Français, du plus modeste au plus important, ma foi comme pour tous les Français ça me paraît bien mérité », a déclaré à Paris Christian Estrosi, ministre délégué à l’Aménagement du territoire, à la sortie du dernier conseil des ministres. C’est gentil de nous avoir épargné le calcul.

Même Finkelkraut, pourtant pas réputé comme étant hostile à Nicolas Sarkozy, écrit dans Le Monde (11 Mai) un billet court mais ravageur intitulé « L’état de disgrâce ». On y lit « On ne peut pas se réclamer du Général De Gaulle et se comporter comme cela […] pendant 3 jours il nous a fait honte ».