Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

Entre le Coeur et la Raison 08.05.07

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La biographie de Cécilia Sarkozy, Entre le coeur et la raison, de Valérie Domain, chef des informations du magazine Gala a été interdite de publication. Selon le Canard Enchaîné du 16 novembre 2005, qui a révélé l’affaire, Vincent Barbare, responsable des éditions First, qui devaient publier l’ouvrage le 24 novembre 2005, a été, le 9 novembre, « convié avec une ferme courtoisie » à un entretien avec Nicolas Sarkozy (qui avait déjà porté plainte contre l’AFP et France soir au sujet des révélations sur sa nouvelle compagne), place Beauvau. « Le premier flic de France (…) l’a menacé de foudres judiciaires et variées. Une entrevue radicale puisque, en sortant du bureau, l’éditeur prenait cette grande décision : le bouquin sur Cécilia ne sortira pas le 24 novembre », ironisait l’hebdomadaire satirique. 25 000 exemplaires étaient déjà imprimés.

L’écriture du livre, débuté en juin alors que Cécilia Sarkozy avait déjà quitté son mari, avait été conduite en collaboration avec cette dernière. Il devait retracer sa jeunesse, son précédent mariage avec l’animateur de télévision Jacques Martin, sa rencontre avec Nicolas Sarkozy, leur séparation et la rencontre avec le publicitaire Richard Attias, avec qui elle vivait à l’époque, entre Paris et New York.

Deux versions des événements s’affrontent alors. La première est celle de Cécilia Sarkozy, qui, dans une interview du Parisien publiée vendredi 18 novembre 2005, indique qu’elle n’a jamais pu relire les épreuves, et que c’est elle qui a alerté son mari sur la sortie du livre. « Je ne souhaite pas que ma vie privée soit médiatisée », a-t-elle affirmé, désireuse de « ne plus voir évoquer ces questions de vie privée ». La seconde est celle de Valérie Domain, qui a répliqué qu’au contraire, Cécilia Sarkozy connaissait parfaitement le contenu de son livre, « qui n’a rien de sulfureux ». Elle aurait eu plusieurs entretiens au cours de ces derniers mois avec Cécilia Sarkozy. Cécilia Sarkozy affirme de son côté ne l’avoir croisé qu’une demi-heure. La journaliste comptait alors engager une procédure judiciaire pour que son livre soit publié au plus vite et avait « mis son manuscrit en sécurité ».

Plus tard, Claude Durand, PDG des éditions Fayard, surnommé « le Parrain », décide de braver l’interdit en publiant le livre, réécrit sous forme de fiction. Cécilia y apparaît désormais sous le nom de « Célia Michaut-Cordier, épouse d’un homme politique influent ». « Une femme quitte un homme pour un autre. Homme de pouvoir, cet autre la voit à son tour lui échapper pour un troisième. Dès lors, il n’a de cesse de la reconquérir » résume l’auteur. L’information, révélée par le Monde daté du 3 février, n’évoque pas les pressions subies par l’éditeur pour revenir sur sa décision.

Démenties par Claude Durand, elles sont néanmoins énumérées dans le Nouvel Observateur : début janvier, un très proche collaborateur d’Arnaud Lagardère, propriétaire du groupe Hachette, a tenté de proposer à l’éditeur (Fayard est une filiale d’Hachette Livres), de racheter les droits de l’ouvrage pour que ce dernier ne passe pas à l’acte. Le prix de cette étrange proposition, mais qu’on estime très élevé, n’a pas été dévoilé. Claude Durand, qui fut l’agent mondial de Soljenitsine, l’éditeur de Mitterrand, le découvreur de Gabriel Garcia Marquez, n’a pas cédé.

Le 26 janvier, Arnaud Lagardère a même déjeuné en tête à tête avec lui pour le convaincre à nouveau d’oublier ce livre. En vain. Ce dernier a expliqué, selon des sources internes au groupe Hachette, que la convocation par Nicolas Sarkozy du directeur des éditions First pour lui conseiller de ne pas publier la biographie de Cécilia Sarkozy, l’avait profondément choqué en tant qu’éditeur. Après avoir rencontré Valérie Domain, il lui a proposé de transformer sa biographie en roman, en changeant les identités. Juridiquement, les services du ministère de l’Intérieur, ont réfléchi à une contre-attaque. Mais comment attaquer une œuvre de fiction dans laquelle aucun nom réel n’apparaît. La formule « toute ressemblance avec…  » protège l’éditeur. Seule méthode pour enterrer le livre : ne pas en parler.

Sources : Article du Nouvel Observateur I Article de L’Express