
Nicolas Sarkozy : « Amener Bigard chez le pape, c’est ça la rupture. Je me fous des critiques. À travers Bigard, j’ai montré que le peuple aussi pouvait rencontrer le pape. Et cette rupture, je la veux et je la jouerai jusqu’au bout ». (1)
Vatican : Le locataire de l’Elysée a provoqué les applaudissements des nonnes et d’une partie de l’assistance lorsqu’il martelé, sans oublier les autres « grands courants spirituels », que « les racines de la France sont essentiellement chrétiennes ». « Je m’attendais à un discours conventionnel, il a exprimé ses propres positions », se félicite le vieux cardinal jésuite Albert Vanhoye. « Il a parlé de la nécessité de la transcendance et de l’apport de l’Eglise catholique dans la société. Comme président de la République française, il ne pouvait aller plus loin. »
Dans les palais pontificaux, les propos sur la « République laïque [qui] a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle » ou « le besoin de la France d’avoir des catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient » ont en tout cas fait sensation.
Au cours de son entrevue avec Joseph Ratzinger, Nicolas Sarkozy en a profité pour lui présenter les membres de sa – toujours aussi surprenante – délégation : Henri Guaino et Max Gallo, le prêtre des banlieues Guy Gilbert (« Sarkozy, c’est mon pote ») et l’humoriste Jean-Marie Bigard. Le spécialiste des « lâchers de salopes » était aussi ému que son ami le Président : « Si je suis là, c’est parce qu’il sait que je prie dix fois par jour. Il a dit au pape que j’étais un homme bien et que je remplissais le stade de France. » La mère de Carla Bruni était, semble-t-il, dans les jardins du Vatican pendant que le Président s’entretenait avec le pape.
Sources : (1) Le Canard Enchaîné du 26 Décembre 2007 I Article d’Éric Jozsef, sur Libération.fr