Le Sarkopithèque

LE SARKOPITHÈQUE A POUR BUT D’ARCHIVER PUIS DE RECOUPER LES INFORMATIONS ET RÉFLEXIONS RELATIVES AU CHEF DE L’ÉTAT, À SON GOUVERNEMENT ET À LEURS [MÉ]FAITS. Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 Mai 2007, jour de la Sainte-Prudence. Voyons-y un signe, et non un hasard.

[Silence] 30.11.07

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Le mythe d’un pays gréviste 29.11.07

Classé dans : < Emploi — eilema @ 1:22

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Article de François Doutriaux, enseignant en droit privé et consultant juridique indépendant, spécialisé en droit du travail et en droit pénal. Libération du mercredi 14 novembre 2007 – Rebonds.

La France serait une nation « grévicultrice » : le pays du « droit de paralyser » (le Figaro, 17 février 2004), qui préfère la « guerre sociale aux compromis » (le Monde, 26 mai 2003) et souffre d’une « forme d’infirmité que ne partagent pas nos voisins européens » (Christine Ockrent, les Grands Patrons, 1998) car « nul autre pays occidental ne se comporte ainsi » (l’Express, 5 juin 2003). Un bref rappel de la réalité historique et statistique de ce phénomène n’est donc pas sans intérêt.

Premier élément du mythe, la France serait un pays de grévistes. Le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève était de 4 millions en 1976, 3,5 millions en 1984, 2,1 millions en 1988, 900 000 en 2000, 1,2 million en 2005. En dehors de pics spécifiques (1982, 1995, 2001), l’ampleur et la fréquence des mouvements sociaux ne cessent de diminuer alors même que la population active ne cesse d’augmenter. La fonction publique se substitue par ailleurs progressivement aux salariés privés dans le cadre des conflits sociaux. En 1982, 2,3 millions de journées grevées étaient comptabilisées dans le secteur privé, pour 200 000 seulement dans le secteur public. En 2005, 224 000 dans le privé pour 1 million dans le public. La part du public dans les mouvements sociaux est passée de 3 % dans les années 70 à 30 % à la fin des années 80 puis à 60 % à compter du milieu des années 90.

En effet, les principales causes de cet effondrement statistique concernent les salariés du secteur privé. Ainsi de la précarisation des emplois, du chômage, de la désindustrialisation, de la désyndicalisation ou du démantèlement progressif du droit du travail. Un salarié en CDD ou en CNE va-t-il faire grève ? Les restrictions budgétaires successives et l’effritement graduel des avantages spécifiques de la fonction publique, combinés au nombre relativement important des fonctionnaires, expliquent également ce glissement. Enfin, le statut particulier des agents de l’Etat facilite l’exercice du droit de grève, de plus en plus théorique pour de nombreux salariés privés. Dans le secteur privé, les 224 000 journées de grève en 2005 représentent, à l’aune d’une population active de 16 millions de salariés, 0,01 journée par salarié et par an. Sur une carrière professionnelle de quarante années, un salarié français fera donc grève moins d’une demi-journée, un fonctionnaire moins de quatre jours. Des chiffres à comparer avec les trente-trois millions de journées non travaillées pour cause de maladie en 2005. La grève apparaît cent quarante-sept fois moins pénalisante pour notre économie que les arrêts maladies. La réalité est donc fort éloignée des phénomènes massifs souvent évoqués.

Second élément du mythe, la France recourrait davantage à la grève que ses voisins. Sur la période 1970-1990, la France est onzième sur les dix-huit pays les plus industrialisés en termes de journées non travaillées pour fait de grève. Avec 0,15 journée grevée par salarié et par an, elle est 7,6 fois moins conflictuelle que l’Italie (première), 3,2 fois moins que le Royaume-Uni (septième), 1,6 fois moins que les Etats-Unis (huitième). Sur la période récente (1990-2005), la France demeure onzième sur dix-huit, avec une conflictualité qui s’est effondrée (0,03 journée de grève par salarié et par an) et demeure toujours inférieure à la moyenne (0,04 journée grevée). Les modèles nordiques – réputés en France pour la qualité du dialogue social qui y régnerait – se situent en tête du classement : le Danemark est premier, la Norvège quatrième et la Finlande septième. Ainsi la « flexsécurité », tant vantée par les dirigeants français, semble caractérisée par un niveau de conflictualité nettement plus important. Un paradoxe qui ne semble pas intéresser les défenseurs de son introduction progressive dans notre pays. La France, en dessous de la moyenne des pays industrialisés, n’est certainement pas le berceau de la « gréviculture » décriée par nos médias et nombre de nos politiques.

Troisième élément du mythe, les grèves françaises se caractériseraient par des journées nationales destinées à paralyser l’activité économique. Sur la période 1970-1990, les conflits localisés représentaient 51,2 % des journées non travaillées pour fait de grève, loin devant les 34,9 % de conflits généralisés (propres à une profession) et les 13,9 % de journées nationales d’action. Sur la période plus récente (1990-2005), les conflits localisés représentent 85 % des grèves, pour 14 % de conflits généralisés et seulement 1 % de journées nationales ! La France est treizième sur dix-huit en termes de mobilisation des grévistes. Que pouvons-nous en conclure ? Pays le plus faiblement syndicalisé de l’Union européenne, marqué par un taux de chômage élevé et une hostilité croissante des médias à l’égard des mouvements sociaux, la France n’est pas un pays de grévistes.

Pourquoi, dans ce cas, Nicolas Sarkozy promettait-il avant son élection qu’« au bout de huit jours d’un conflit social, il y aura obligation d’organiser un vote à bulletin secret pour que la dictature d’une minorité violente ne puisse imposer sa loi sur une majorité qui veut travailler » ? Outre le caractère insultant de cette promesse à l’égard des grévistes « violents » et « dictatoriaux » et la manifeste méconnaissance dont atteste notre président en ce qui concerne le droit de la grève, quel est l’intérêt d’une telle mesure dans un pays où 98 % des conflits sociaux durent moins de deux jours ? Le droit de grève est une liberté constitutionnelle et individuelle pour chaque salarié, ce qui est incompatible avec une quelconque validation majoritaire. De plus, son exercice se heurte à la liberté du travail : aucun gréviste ne peut entraver le droit d’un salarié non gréviste de travailler sans engager sa responsabilité civile et pénale. C’est là le paradoxe fondamental de cette proposition : dans le cas d’une validation par une majorité de salariés, la « dictature » de cette majorité imposerait sa loi sur la minorité qui souhaite travailler. Et ne le pourrait plus ! Nicolas Sarkozy inaugurerait donc la première législation sociale encadrant le droit de grève dans le secteur privé, mais contrevenant simultanément à la liberté de faire grève et à celle de travailler.

La loi du 21 août 2007, relative à la grève dans les transports, ne concerne que le secteur public et se contente pour l’essentiel de reprendre le dispositif de dialogue social préexistant en l’aménageant de gadgets (l’obligation d’un préavis au préavis, dont l’utilité laisse dubitatif). Elle ne prévoit aucune réquisition, n’empêche nullement l’ensemble des salariés d’une entreprise publique de faire grève. Elle ne garantit donc en rien un quelconque service minimum. Un texte pour l’essentiel vide de tout contenu autre que purement proclamatoire, très éloigné des promesses de campagne de notre président. Telle est peut-être l’explication finale de la position actuelle de nos dirigeants quant au droit de grève : des proclamations destinées à satisfaire tant l’hostilité (réelle) des médias que celle (supposée) de la population. Ainsi alimente-t-on, sans doute à dessein, les préjugés de ses concitoyens…

http://www.liberation.fr/rebonds/291234.FR.php

 

Hortefeux touche le fond, et nous avec 27.11.07

Classé dans : < Immigration et Sans-Papiers — eilema @ 10:54
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HONTE :

Après « le bruit et l’odeur » version Jacques Chirac, voici « l’honnêteté et la propreté » version Brice Hortefeux. Chapeau l’artiste !

« Ben si vous rêvez d’une société idéale dans laquelle il n’y aurait que des citoyens honnêtes, propres ! » L’article de Rue89.

 

Paroles Sans Papiers 26.11.07

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Paroles sans papiers.

Les éditions Delcourt proposent à neuf auteurs (Mattotti, Sfar, Gipi, Jouvray, Pedrosa, Kokor, Bruno, F. Peeters et Alfred) de mettre en bande dessinée neuf témoignages de sans papiers, neuf histoires d’immigration clandestine et de vie sans identité.

A travers ces neuf récits les auteurs mettent en avant les conditions parfois absurdes dans lesquelles se retrouvent les sans papier avec, à chaque fois, au final une évidence : chaque cas est absurde, chaque cas est unique et aucun n’est comparable à l’autre.

Au péril de leur vie, Joao, Raissa, Rosalie, Brahim, Osmane et les autres, venus des quatre coins du monde, nous racontent comment il sont en arrivés à la situation qui est la leur aujourd’hui, après avoir immigré clandestinement pour diverses raisons, et n’avoir pas pu être régularisés.

Peur, honte, errance, prostitution, esclavage ordinaire, chaque témoignage met en lumière une situation de dérive et de détresse, sans apporter de jugement ni de conclusion.

Paroles sans papiers est une œuvre engagée, préfacée par Emmanuelle Béart et réalisée avec l’aide des associations Cimade et Migreurop. C’est également une œuvre aux vertus pédagogiques, puisqu’en fin d’ouvrage on peut lire un dossier complet, très détaillé, très explicatif qui apporte des informations complémentaires sur l’histoire de l’immigration en France, avec le rappel des faits depuis l’occupation de l’église St-Bernard (août 1996), un état des lieux, les coordonnées d’associations, une carte des centres de rétentions et d’autres documents témoins.

Paroles sans papiers
Collectif
Editeur : Delcourt
Dimensions : 24 x 32 cm
Quadrichromie
70 Pages – 14,95 euros
Parution : 24 octobre 2007

 

Kouchner pousse la chansonnette 24.11.07

Classé dans : < International — eilema @ 4:09

Après Kouchner Acteur, voici donc Kouchner Chanteur. Dans Courrier International, un article du Times pose son bémol sur la dite chansonnette :

CHOUX DE BRUXELLES : La diplomatie chantante de Kouchner et Steinmeier.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont conclu le conseil des ministres franco-allemand organisé le 12 novembre à Berlin en enregistrant un duo pour faire l’éloge de l’intégration en Europe. La chanson de R’nBesk qu’ils ont interprétée a été écrite par Muhabbet, un jeune chanteur germano-turc. Cette initiative surprend quelque peu le quotidien britannique. « Juste au moment où l’on commençait à s’inquiéter parce que le comportement de certains hommes politiques laissaient penser qu’ils ne saisissaient pas la gravité de certains des défis auxquels le monde est confronté, deux des diplomates européens les plus influents font quelque chose qui vous fait réaliser que, en fait, vous ne vous êtes pas fait assez de soucis. (…) A l’époque de Zhou Enlai [ministre des Affaires étrangères chinois de 1949 à 1958], la diplomatie était sans doute “le prolongement de la guerre par d’autres moyens”. Mais aujourd’hui, elle n’est plus que le prolongement de la Star Academy par d’autres moyens. » The Times (Royaume-Uni)

 

J’ai appris à lire au président Sarkozy 23.11.07

Paris Match, qui s’est donné pour mission de magnifier à tout prix le chef de l’État, nous propose une fois de plus un article magnifique. Cette fois-ci : Dieu le Père apprend à lire. Installez-vous confortablement, et préparez vos mouchoirs ; c’est édifiant !

Il n’avait que 5 ans en 1960 mais me murmurait : « Maîtresse, je vous aime. » Non, ce n’était pas un enfant coléreux. Il était timide et détestait se tromper. Jamais je ne l’ai vu se bagarrer, même quand on se moquait de ses yeux de cocker.

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Dans la mémoire d’une institutrice, il y a des élèves pour lesquels on garde un souvenir particulier. Et ce ne sont pas forcément les plus doués. Certains ont décrit Nicolas Sarkozy comme un enfant coléreux ; moi, je me souviens d’un petit garçon très affectueux et plutôt timide. A la récréation, au lieu de se précipiter avec ses camarades dans le couloir, il attendait que la classe se vide pour se retrouver seul quelques instants avec moi. Et il me déclarait, à voix basse, très sérieux : « Maîtresse, je vous aime, vous êtes la plus belle. » Je le revois, fier comme un pape, une main dans la mienne, ses petits soldats dans l’autre, traverser le corridor jusqu’à la porte vitrée. Seule sa maman connaissait cet innocent « secret d’amour ». Elle me rapporta que, le jour où il est rentré de l’école avec sa première croix d’honneur, « Nicki », comme elle le surnommait alors, lui demanda pour récompense l’autorisation de « déjeuner au réfectoire avec la demoiselle ».

Quand je pense que j’ai remis au président sa première décoration ! Pour apprendre à compter jusqu’à 100, nous disposions dans la classe d’un boulier géant. Je suis certaine qu’il s’en souvient encore. Le calcul n’était pas son fort. Et comme il détestait se tromper, il préférait s’aider du boulier plutôt que de répondre de tête. A chaque fois que je l’interrogeais, il répétait le même rituel. Qu’il était drôle avec son crayon pointé en direction du boulier ! Un œil fermé, très concentré, il comptait et recomptait avant d’annoncer, tout fier, en redressant la tête : « Je sais. » En revanche, apprendre à lire fut un vrai bonheur pour ce petit bonhomme qui était impatient de pouvoir découvrir seul les histoires que recelaient les livres. « Le loup, la bique et les biquets » était sa préférée : il adorait la fin, quand le méchant loup, cupide, finit brûlé dans la cheminée. Il répétait : « Ils sont malins les biquets, ils sont petits mais ils sont les plus forts ! » Nous avions dans l’équipe scolaire une dame très âgée [sur la photo, premier rang, en noir] que les enfants adoraient. Chaque matin, avant que les élèves entrent en classe, elle leur répétait la même devise : « Mes enfants, n’oubliez pas, le travail c’est le bouclier du cœur ! » Nicolas prenait alors son livre, le plaquait contre son cœur et répondait : « Je prends mon bouclier, Madame ! » Il a su déchiffrer un texte quelques semaines seulement après l’anniversaire de ses 5 ans, en janvier. Entre le « ou » et le « on », il a eu du mal… Jusqu’à la fin de l’année, il m’a demandé si c’était bien « le on qui marche sur un petit pont ».

D’un tempérament perfectionniste, il se vexait facilement s’il se trompait : il était capable de refaire trois, quatre fois ses lignes d’écriture. Mais je n’appréciais pas l’ascendant que son grand frère Guillaume tentait d’avoir sur Nicolas. Je trouvais que son aîné avait un sacré toupet du haut de ses 8 ans. Tous les jours, il venait au rapport : « Est-ce que Nicolas a bien travaillé ? » Invariablement je répondais « oui » et invariablement il me reposait la question le lendemain. Jusqu’à cette fois où Guillaume m’a entendue féliciter officiellement Nicolas devant leur grand-père, venu les chercher à la sortie de l’école. Quand il avait une très bonne note, le petit Nicolas me disait : « Mon grand-père va être fier. » Il lui vouait une folle admiration. Il ne cherchait pas spécialement les compliments mais il voulait faire plaisir. Même à ses camarades. Il était toujours le premier à les consoler quand ils avaient échoué à un devoir. Ce n’est pas si courant qu’à cet âge un enfant soit prévenant avec ses copains. C’est drôle, mais je me souviens qu’ils l’appelaient « Sarko ». A moi, il rectifiait à voix basse : « Maîtresse, ils ne savent pas mais mon vrai nom c’est Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. » Jamais je ne l’ai vu se bagarrer, même quand on se moquait de ses « yeux de cocker ».

Quand je l’ai retrouvé adulte, il était tout jeune maire de Neuilly. Il m’a alors confié : « Vous savez, j’ai une somme de travail gigantesque à accomplir. Je voudrais tant parvenir au même niveau que Jacques Chirac, mais je ne suis pas sûr d’y arriver. » Le 6 mai, ces mots me sont revenus… Et je l’ai rappelé aux gamins que j’assiste en tant que soutien scolaire. Ils n’en revenaient pas que j’aie appris à lire, écrire et compter au président de la République. L’occasion de leur rappeler : « Quand on fait des efforts, le travail est toujours récompensé. »

 

Le Président Distribue des Médailles 23.11.07

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Le président Nicolas Sarkozy a remis le mercredi 21 novembre à l’Elysée à son Premier ministre François Fillon les insignes de Grand croix de l’Ordre national du Mérite.
La cérémonie s’est déroulée à l’issue du Conseil des ministres dans la salle des fêtes de la présidence, en présence de l’ensemble du gouvernement. A l’exception d’un seul photographe, la presse n’y avait pas été conviée.

« C’était très amical, c’était pas du tout protocolaire », a commenté le ministre du Budget, Eric Woerth, en quittant l’Elysée. « Il (M. Fillon) la mérite à beaucoup de titres. D’abord parce que c’est un bon Premier ministre. Il la mérite aussi parce que c’est quelqu’un de profondément humain, qui tient bien son gouvernement. Franchement, il est bien et ça faisait plaisir », a poursuivi M. Woerth.

« C’est un instant très solennel », a pour sa part commenté le secrétaire d’État à l’Outre-mer, Christian Estrosi. « C’était un hommage à l’unité du gouvernement, qu’a su maintenir, préserver, dynamiser François Fillon pendant ces six mois et chacun des membres du gouvernement était heureux de partager cet instant d’émotion », a-t-il ajouté.

Cette remise de décoration est « automatique » pour tout Premier ministre en fonction depuis six mois, avait expliqué la semaine dernière le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, en annonçant la cérémonie. « Au-delà de cette règle, le président de la République souhaite remettre personnellement cette décoration au Premier ministre », avait-il ajouté.

Deux jours plus tard, le vendredi 23 novembre, Nicolas Sarkozy a décoré Beate et Arno Klarsfeld lors d’une cérémonie à l’Elysée. Le chef de l’Etat a remis les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Beate, l’épouse de Serge Klarsfeld, et celles de chevalier de l’ordre national du Mérite à son fils Arno.

M. Sarkozy a rendu hommage à l’ensemble des combats de Mme Klarsfeld, et notamment à son action pour la recherche des criminels de guerre nazis, dont certains ont opéré en France lors de la Seconde guerre mondiale. « L’Allemagne et la France ont eu la chance de vous avoir ensemble pour fille. Chacune vous doit beaucoup et conjointement encore plus », a dit le président français.

« Vous fûtes parmi les premières, si ce n’est la première, à convoquer votre pays au tribunal de son histoire et de sa mémoire », a-t-il souligné. Dans les années 1960, Beate Klarsfeld avait notamment dénoncé le passé nazi du chancelier ouest-allemand Kurt Kiesinger, qu’elle giflera même lors d’un meeting de la CDU.

Son fils, l’avocat Arno Klarsfeld, a également été décoré pour son action au côté de ses parents, notamment lors du procès de Maurice Papon. Nicolas Sarkozy l’a aussi remercié pour son travail à ses côtés, notamment dans le cadre de la mission que le ministre de l’Intérieur de l’époque lui avait confiée sur la question des enfants de sans-papiers.

Le chef de l’État a salué son « travail remarquable » sur ce sujet. « Des amis comme toi, j’en veux d’autres », a-t-il lancé.

Nicolas Sarkozy avait aussi confié à Arno Klarsfeld des missions sur l’histoire de la colonisation, et sur les SDF. Candidat aux législatives en juin dernier sous l’étiquette UMP, Arno Klarsfeld a été battu dans la 8e circonscription de Paris.

[Associated Press]

 

Travailleurs sociaux : Au Trou ! 23.11.07

Classé dans : < Douce France — eilema @ 6:03
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Communiqué de France Terre d’Asile. 21-11-2007

Garde à vue !

Arrestation à domicile, perquisition et transfert menotté vers Calais : deux intervenantes sociales de l’association France Terre d’Asile arrêtées pour complicité d’aide au séjour irrégulier en bande organisée.

La pénalisation du travail social n’est pas acceptable !

Chaque soir, sur la place du colonel Fabien dans le 19ème arrondissement à Paris et à proximité, apparaissent quelques centaines de personnes principalement originaires d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak.

Elles viennent chercher quelques nourritures de subsistance et un hébergement d’urgence, en attendant pour la plupart de trouver une route qui les amène enfin en Angleterre. C’est comme cela depuis la fermeture de Sangatte en 2002, et particulièrement depuis plus d’un an.

Dans cette cour des miracles d’un autre siècle, village éphémère quotidien de deux heures, l’action des équipes de France Terre d’Asile, en plein accord avec les services de l’Etat, consiste à repérer les probables mineurs ou personnes en état d’extrême vulnérabilité, à les mettre en urgence à l’abri, à leur donner une information sur le droit d’asile et à les mettre en garde sur les risques du passage vers l’Angleterre.

Une gageure dans la plupart des cas, mais qui permet à un cinquième de cette population de s’inscrire dans une démarche de protection en France.

Les autres, les acteurs institutionnels et associatifs le savent, repartent par le biais de multiples réseaux, où les plus forts font régner la loi des seigneurs de la misère.

En somme, le travail social réalisé à cet endroit est un pis allé à la définition cohérente d’une politique publique d’accueil et de protection, voire, si l’on épouse ce point de vue, de sécurité publique. Mais nous l’assumons.

Ainsi, quelques milliers de personnes ont transité par cette place depuis l’hiver dernier. Elles ont passé des dizaines de frontières, séjourné pour certaines d’entre elles dans les madrasas au Pakistan ou ailleurs, servi d’interprètes aux forces françaises stationnées en Afghanistan, été interpellées par la plupart des polices d’Europe, ont parfois été détenues dans les prisons européennes, iraniennes, turques. La plupart vivent dans des conditions inhumaines d’expédients divers. Sans autorisation de séjour, sans droits. Et cela dure, et rien ne change.

C’est dans ce contexte que le Parquet de Boulogne-sur-Mer a décidé, le lundi 19 novembre 2007, d’interpeller, au petit matin à Paris, deux de nos intervenantes sociales. Comme dans les fictions, pour juguler le crime, il fallait bien une arrestation à domicile, une perquisition et un transfert menotté vers Calais. (Lire la suite…)

 

La presse européenne juge les grèves 23.11.07

Classé dans : < Emploi — eilema @ 5:47

© Afp

Après plus d’une semaine de conflits dans les transports, les commentateurs de toute l’Europe ont pris leur plume. Les uns pour fustiger une “vieille France” accrochée à ses privilèges. Les autres pour comprendre ce qui se joue. (Courrier International) (Lire la suite…)

 

Nanard 22.11.07

De retour de Norvège « C’est un pays qui est intéressant parce qu’y a pas d’apparat, y a pas de pompe. Les ministres circulent en vélo, ils sont jeunes, ils ne cumulent rien du tout, ça change un peu ». C’était donc Bernard Kouchner, 68 ans, désormais ministre, au micro de Bourdin & Co, le 18 janvier 2007

Photo © Olivier Roller

 

Ouverture de la chasse aux étrangers : appels à la délation 22.11.07

Classé dans : < Immigration et Sans-Papiers — eilema @ 12:04
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Devant les appels à la délation du gouvernement, des salariés des services publics (ANPE, Assedic, DDTEFP), des membres d’associations et d’organismes de formation ont crée le :

R.E.F.I – Réseau Emploi Formation Insertion

SIGNER LA PÉTITION DU R.E.F.I.

LE BLOG DU R.E.F.I.

Trois textes réglementent désormais la chasse aux étrangers dans les services de l’emploi. [Ces fichiers étant trop imposants pour être mis intégralement en ligne, Le Sarkopithèque se propose de vous les envoyer par mail sur simple demande].

1) Décret n° 2007-801 du 11 mai 2007 relatif aux autorisations de travail délivrées à des étrangers, à la contribution spéciale due en cas d’emploi d’un étranger dépourvu d’autorisation de travail et modifiant le code du travail.
2) Circulaire Hortefeux du 4 juillet 2007 - Objet : “Vérification de l’existence des autorisations de travail préalablement à l’embauche d’un étranger ou à son inscription à l’Agence nationale pour l’emploi”
3) Lettre du 28 septembre 2007 des Directeurs généraux de l’ANPE et ASSEDIC aux directeurs régionaux – Objet : “Décret n°2007-801 relatif à la vérification des autorisations de travail des étrangers”

POURQUOI UN RÉSEAU EMPLOI FORMATION INSERTION ?

Nous sommes des salariés des services publics : ANPE, Assedic, DDTEFP, ou encore d’associations, d’organismes de formation, nous refusons de collaborer à la chasse à l’étranger qui s’est instauré dans ce pays.
Dans une ANPE du département du Rhône, l’un de nos collègues a été confronté à une situation insupportable : il devait signaler, à la police de l’Air et des Frontières, l’arrivée d’une personne étrangère qui avait été convoquée, à son insu, sur ses plages de rendez-vous.
Malaise… Heureusement, ce jour là, la personne n’est pas venue.
Depuis, nous nous parlons, nous échangeons, il n’est pas question de nous taire, nous ne voulons ni être acteur, ni complice de ce genre de situations qui nous font penser aux pires périodes de notre histoire.
Notre mission c’est l’emploi, la formation, l’insertion, ce n’est pas le contrôle des papiers des étrangers, et encore moins la délation.
Pourtant de nouveaux textes, directives risquent de multiplier ces graves atteintes à notre déontologie.
Nous avons donc décidé de nous organiser et de résister collectivement en créant :

LE RÉSEAU EMPLOI FORMATION INSERTION.

HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN,
NOUS NOUS OPPOSONS À LA DÉLATION
DES TRAVAILLEURS ET CHÔMEURS ÉTRANGERS

La chasse aux étrangers est ouverte partout : dans la rue, les quartiers, les écoles, les foyers, les administrations, les hébergements d’urgence, les entreprises… La politique du chiffre prévaut, souvent sans discernement
Les pressions s’exercent en cascade, du Président au Ministre, du Ministre aux Préfets… et la tentation s’accentue de faire participer tous les échelons institutionnels à cette course effrénée.

De l’ANPE à l’ASSEDIC :

Le Courrier et la circulaire du 4 juillet 2007, adressés aux Préfets, ne laissent aucun doute sur les intentions du Ministre. C’est bien, maintenant parmi les chômeurs qu’Hortefeux a décidé de débusquer les étrangers, pourtant en séjour régulier ! L’alibi de la lutte contre la fraude ne suffit pas à légitimer la présomption de culpabilité qui s’installe. Le personnel de l’ASSEDIC et de l’ANPE est considéré comme auxiliaires de police, leur « nouvelle mission » : envoyer à la préfecture des photocopies de toutes les cartes de séjours des étrangers venant s’inscrire.

Dans les DDTEFP :

L’inspection du travail a été placée sous l’autorité du ministère du travail et de celui de l’immigration dans le cadre d’une nouvelle infraction « le travail illégal des étrangers » qui contrairement aux dispositions actuelles du code du travail ne permet pas de rétablir dans leur droits les personnes en situation de travail. Pour contourner les résistances des agents de contrôle dans la mise en œuvre de ces orientations discriminantes déjà définies par les circulaires Sarkozy-Larcher, plusieurs DDTEFP dont celle du Rhône veulent créer une brigade volante d’agents de contrôle pour aller remplacer les collègues réfractaires à effectuer les contrôles centrés sur l’origine supposée des salariés.

Dans les associations comme Cabiria :

Les associations qui accueillent et accompagnent des migrant(e)s n’échappent pas aux pressions policières. L’association de santé communautaire Cabiria, qui effectue un travail de prévention et d’accès aux droits avec des personnes prostituées, a été récemment incitée par la police à dénoncer les personnes sans-papiers de sa connaissance. Cette démarche va évidemment à l’encontre de l’éthique et des missions pour lesquelles l’association reçoit des financements. Cabiria craint une multiplication de ces pressions policières, ce qui porterait un grave préjudice au travail d’accompagnement effectué par le milieu associatif.

Notre métier c’est l’emploi, la formation, l’insertion. Nous ne nous laisserons pas détourner de nos missions pour collaborer à cette politique obsessionnelle du chiffre en matière de lutte contre l’immigration clandestine (tellement clandestine qu’elle vient s’inscrire à l’ANPE).

Nous refusons d’appliquer toute procédure (transitoire ou définitive) visant à mettre en œuvre une loi, une circulaire discriminante, une injonction préfectorale, humiliante, vexatoire, qui stigmatise l’étranger et le fait passer pour un fraudeur potentiel.

Ces lois, ces décrets, ces circulaires sont contraires à notre éthique, notre déontologie, et ont des relents des pires périodes de notre histoire, c’est pourquoi, sur le modèle du Réseau Éducation Sans Frontière, nous appelons à la création d’un Réseau des Services de l’Emploi, de la formation, et de l’insertion :
- Pour empêcher l’application de ces directives, ces lois.. qui bafouent les droits des personnes au seul prétexte qu’elles ne sont pas de la « bonne origine »
- Pour témoigner, par tous les moyens, sa solidarité à toute personne bafouée dans ses droits, la soutenir et briser le silence en effectuant des campagnes d’information
- Pour exprimer sa solidarité et aider tout professionnel sur lequel une pression serait exercée afin qu’il applique ces directives inacceptables.
- Pour faire reconnaître le droit de désobéissance déontologique de tous les professionnels confrontés à des actions qui seraient en contradiction avec leurs missions de services au public, et dont la finalité serait le contrôle des étrangers dans le cadre des lois de l’immigration.

 

Nicolas Sarkozy au service des plus riches 22.11.07

Classé dans : < Société : Divers — eilema @ 11:21
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Dans Courrier International : Mark Steel, Journaliste pour The Independent (Royaume-Uni), se penche sur les grèves qui se déroulent en France depuis une semaine. « A voir comment le nouveau gouvernement français est déterminé à mettre fin aux privilèges non mérités, Nicolas Sarkozy doit bien connaître les individus en tête du palmarès des plus riches de France. La première place est surprenante. Vous penseriez qu’elle est occupée par un chauffeur de train lillois mal rasé, mais on trouve en fait Bernard Arnault, patron de Christian Dior, un groupe qui pèse 21 milliards de dollars. (…) Sarkozy représente les milieux d’affaires français frustrés qui veulent que leur pays soit remis entre les mains des plus riches comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, soit 1% de la population. (…) Lorsqu’un gouvernement propose de réduire les retraites, de fermer 200 tribunaux, de supprimer 11 000 postes d’enseignants et de privatiser une partie du système universitaire, il n’agit dans un soudain élan de folie mais selon un plan bien établi. »

 

Aidez le gouvernement : trouvez votre couleur de peau 22.11.07

Classé dans : < Société : Divers — eilema @ 10:56
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Communiqué de SOS Racisme :

Bonjour à tous,

Le Conseil Constitutionnel vient de décider de censurer la loi sur les statistiques ethniques. C’est une belle victoire pour notre association qui se bat depuis longtemps pour l’interdiction du recueil de données « faisant directement ou indirectement apparaître les origines raciales ou ethniques » dans le cadre d’études ayant pour finalité de mesurer « la diversité des origines, la discrimination et l’intégration ». Toutefois, nous devons continuer à nous opposer à l’INSEE et l’INED qui, se proclamant indépendants, envisagent tout de même cette statistique.

L’amendement sur les tests ADN a, lui, été conservé, les quatre réserves spécifiques émises par le Conseil Constitutionnel sont dans la même lignée que les inquiétudes soulevées par notre pétition et nous sommes très loin du dispositif prévu par le texte initial. Vidé ainsi de son contenu, nous regrettons que cet amendement, qui n’est plus qu’un symbole, n’ai pas été purement et simplement abrogé. Le conseil Constitutionnel a rempli son rôle juridique mais nous condamnons toujours moralement cet amendement. Des actions seront donc mises en place dans les jours à venir et nous comptons sur chacun d’entre vous pour continuer à se mobiliser.

Continuez à signer et faire signer la pétition www.fichepasmonpote.com

 

Pour l’arrêt des poursuites contre François Auguste 22.11.07

Classé dans : < Immigration et Sans-Papiers — eilema @ 8:00
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Pétition pour l’arrêt des poursuites contre le Conseiller Régional François Auguste : la solidarité n’est pas un délit.
Signer la Pétition en Ligne. Suivre le Déroulement du dossier.

Les faits sont les suivants : le 2 décembre 2006, sur le point d’embarquer dans un avion pour une mission qui lui avait été confiée par le Conseil régional en compagnie de son directeur d’administration, François Auguste, vice-président de la Région, a été informé par des militants du Réseau Education Sans Frontières que la famille Raba pouvait être embarquée à bord afin d’être expulsée. Il a d’abord demandé au pilote de ne pas faire décoller l’avion, puis devant son refus, il s’est adressé aux passagers très calmement. François Auguste a alors été ceinturé, emmené de force par trois policiers, et une fois hors de la carlingue, il a été mis à terre brutalement, alors même qu’il avait fait valoir son statut d’élu et qu’il ne s’est jamais débattu. Il a ensuite été emmené dans un fourgon de police et placé en garde-à-vue pendant cinq heures, avant d’être libéré sous l’effet d’une forte mobilisation militante. (Lire la suite…)

 

Jean-Pierre Pernault, ministre du 13 heures 19.11.07

Classé dans : < Medias — eilema @ 12:42

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A chaque grève son héros. En 1968, ce fut Daniel Cohn-Bendit. En novembre 2007, c’est dit, ce sera Jean-Pierre Pernaut, présentateur du 13 heures de TF1 et farouche défenseur de la veuve et de l’usager torturés par les grévistes privilégiés. Depuis lundi, Pernaut bout. Il grommelle, fait des mines et lève les sourcils. Certes, il est comme ça, Pernaut, mais tous les JT sont de la partie, accumulant les poncifs, balayant la pédagogie, relayant sans barguigner la parole gouvernementale. Au point que, chez les grévistes, on se met à virer des AG télés et journalistes. Récit d’une semaine de JT de grève.

LA GALERE.

Je suis… Je suis… Top : je suis un bâtiment de guerre, long et étroit, à un ou plusieurs rangs de rames en usage dans l’Antiquité… Je suis ? La galère, bien sûr. Les JT n’ont que ce mot-là à la bouche, entendu des dizaines de fois. Lundi, au sommaire du 20 heures de France 2, « galères en prévision ». Quelques instants plus tard, c’est « une journée galère » qui se dessine. L’image est la même mardi sur TF1 à 13 heures : « Pour demain, prophétise Pernaut, on nous annonce du mauvais temps partout avec de la neige, du froid, de la pluie et du vent, un jour de galère donc pour des millions d’usagers des transports en commun ». Tandis que son collègue PPDA débite de la « galère en perspective ». Pas raté : dans la nuit de mardi, « la galère a commencé » sur i-Télé. Chez les voyageurs, très étonnamment, c’est la galère, ainsi que la perspicace Audrey Pulvar de France 3 le remarque : « Quelle galère ! » On relèvera cette fine analyse par un anonyme jeudi de la situation des transports : « Entre le métro où c’est regalère et le train où c’est galère-galère ».

L’USAGER.

Et qui rame dans la galère ? Point de “voyageurs” ou de “passagers”, mais, systématiquement, des “usagers”, masse grondante et floue. A la télé, ils sont rois, victimes « résignées » (selon PPDA) de la grève « dure, dure surtout pour les usagers », clame David Pujadas, en ouverture du 20 heures de France 2 mardi. Et on le défend, l’usager. Ainsi Jean-Pierre Pernaut fulminant jeudi : « Troisième jour de galère pour les usagers qui, eux, n’ont pas le choix et doivent travailler jusqu’à 65 ans, et tous les matins. » Car, souligne-t-il mardi à l’appui de sa ligne éditoriale, « plusieurs sondages viennent confirmer l’hostilité des Français à cette nouvelle grève ».

Alors on tend sans cesse le micro à l’usager afin qu’il puisse, sans crainte ni honte, s’exprimer. Plaintif : « Y en a marre, on nous prend en otage, qu’ils aillent prendre l’Elysée en otage ! » (France 2, mardi à 20 heures). Revendicatif : « Faut que la France se rende compte qu’il y a des réformes qui doivent être faites » (même JT, même chaîne). Menaçant : « On va aller voir les grévistes, on va leur taper dessus » (TF1, mercredi à 20 heures). Parfois, l’usager s’organise : ainsi l’Association des usagers des gares a-t-elle eu droit à trois reportages en deux jours sur TF1 ! Emporté par son enthousiasme, PPDA annonce que l’association vient de se créer « face à cette nouvelle grève ». Et qu’importe si, dans le reportage, on apprend qu’elle existe depuis 17 ans…(1) Quand il est étudiant, l’usager devient un “antiblocage”, en opposition aux “bloqueurs”. Là aussi, il s’organise contre les grévistes, désignés par Jean-Pierre Pernaut sous le patibulaire vocable d’« individus » (qui ont bien mérité une volée de CRS à matraque). Chez l’antibloqueur, en revanche, «les points de vue sont nuancés » (Pernaut, toujours). Et « les étudiants distribuent des tracts, qu’on soit de gauche ou de droite ». Pas grave si l’un d’eux, interrogé par la suite, est encarté à l’UNI, le très droitiste syndicat étudiant.

LA DEBROUILLE.

Surtout, l’usager est débrouillard. A chaque édition de chaque JT, une nuée de sujets sur « mon usager, mon plan B » ou, variante, « la famille Usager s’organise ». Dimanche soir sur France 2, on filme une femme qui achète des mandarines sur un marché. Commentaire du journaliste : « Le plein de vitamines avant une semaine qui s’annonce très sportive. » Lundi et mardi, les JT alternent les reportages entre vélo, fidèle compagnon de l’usager, et covoiturage. Mercredi soir, dans un même élan, tous nos courageux usagers dorment dans les endroits les plus hétéroclites : les salariés d’un hôtel à l’hôtel (« largesse d’un patron compréhensif » pour TF1 et « l’hôtelier sympa Bruno qui accorde une faveur à son personnel » sur France 2), des infirmières à l’hôpital, et, trouvaille de la Deux, des employés d’une agence d’événementiel… dans une yourte sur le toit du bureau. Ils en sont tellement contents chez France 2, de leur yourte, qu’ils y sont revenus jeudi !

QUELLE GREVE ?

Au fait, c’est quoi, cette grève ? Qui ne s’est informé que devant les JT de la semaine n’en a aucune idée. Les journaux s’entament tous par un sujet sur le trafic, poursuivent avec nos usagers usés, quelques réactions gouvernementales ou syndicales de pure forme, mais d’explication du mouvement, point. Ou si peu. Ou si mal. Outil favori : la comparaison. Lundi soir, France 2 aligne un chauffeur de la RATP face à une conductrice d’une société privée à Rennes. Laquelle juge que « les conditions de la RATP en conduite et en stress sont pires que les nôtres ». Sauf que Pujadas a d’emblée planté le décor : les deux « font le même travail ». Le même soir, PPDA fait son pervers. « Revenons sur les revendications des grévistes », susurre-t-il avant de balancer un sujet en forme de foutage de gueule qui compare les cheminots d’aujourd’hui avec ceux du début du siècle dernier, à grands renforts d’images en noir et blanc de charbon qu’on enfourne dans la bête humaine ! Le lendemain, c’est un conducteur de la RATP que suit TF1. Son salaire ? 2 300 euros. La Une le donne en brut, ça fait plus.

PORTE-PAROLE.

« La mobilisation syndicale se heurte à la volonté très claire du gouvernement de créer un système plus équitable de retraites, c’était dans le programme de Nicolas Sarkozy, il a été élu en partie pour ça. » Non, ce n’est pas du François Fillon, ni même du Xavier Bertrand, mais du Jean-Pierre Pernaut, ministre du 13 heures de TF1. Ça suinte de tous les sujets, de la hiérarchisation des JT, des mots choisis : la télé roule contre la grève. « La France peut-elle être réformée ? » se désespère Laurent Delahousse dimanche sur France 2. Quant à l’ineffable Jean-Marc Sylvestre, mercredi à 13 heures sur TF1, il sait : « Les syndicats ont compris que l’opinion publique ne les suivrait pas dans leur opposition systématique à une réforme in-con-tour-nable. » Et celle-là : « Notre obsession, c’est que les usagers soient le moins pénalisés par cette grève. » Non, cette fois, ce n’est pas un aveu de PPDA, de Pujadas, ni même de Pernaut, c’est du Fillon. Depuis une semaine, des millions de téléspectateurs – cinq millions pour Pujadas, sept millions pour Pernaut, près de dix millions pour PPDA – entendent les JT et le gouvernement leur parler le même langage en stéréo.

Article de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts publié sur Libération.fr : http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/291977.FR.php

(1) Un article et des vidéos autour de cette association et de l’utilisation qu’en font les médias sur le site d’Arrêt sur Images http://arretsurimages.net/post/2007/11/15/Les-usagers-en-colere-du-pain-beni-pour-le-20h-de-TF1

 

Universités en Danger 19.11.07

Classé dans : < Education — eilema @ 10:43

« Il faut mettre en forme les esprits des enseignants pour qu’ils adhèrent aux objectifs de l’économie ».

« L’enseignement supérieur doit être pensé comme un prestataire de service éducatif ».

Bruxelles, 1989, Table ronde des industriels européens [Rapport sur l'enseignement supérieur]

À l’heure où les médias se contentent de ridiculiser le mouvement étudiant, saluons – une fois n’est pas coutume – le louable travail de L’Autre Campagne, qui nous propose un film didactique sur la réforme des Universités. Genèse, enjeux, causes et conséquences : le vrai visage d’une privatisation qui ne dit pas son nom, et qui a trouvé cela bien plus joli – et beaucoup moins inquiétant – de se faire appeler autonomie.

Ce film est découpé en quatre volets. Pour visionner les 3 autres parties, vous pouvez vous rendre sur les sites de L’Autre Campagne, ou de Sauvons la Recherche.

 

 

Universités, le grand soir / Réfutations II
Un film de L’Autre campagne et Sauvons la recherche Paris. Réalisation : Thomas Lacoste (68′).

Avec par ordre d’apparition :
Christian de Montlibert, sociologue, professeur émérite à l’Université Marc Bloch de Strasbourg (CRESS), directeur de publication de la revue Regards sociologiques et président de l’Association des amis d’Abdelmalek Sayad. Auteur de Savoir à vendre : l’enseignement supérieur et la recherche en danger (Raisons d’agir, 2005) ;
Christophe Charle, historien, professeur à l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et à l’Institut d’étude politiques de Paris, membre de l’Institut universitaire de France, directeur de l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (IHMC-CNRS-ENS) et président l’Association de réflexion sur les enseignements supérieurs et la recherche (ARESER) ;
Jacqueline Heinen, sociologue, professeure à l’Université de Versailles, présidente du Conseil d’administration de la CP-CNU (Conférence permanente du Conseil national des universités), membre du laboratoire Printemps (CNRS) et co-directrice de la revue Cahiers du Genre ;
Eric Herbert, physicien, post-doc au Laboratoire ondes et acoustiques (LOA-ESPCI) à l’Université Denis Diderot – Paris VII ;
Sophie Pochic, sociologue, chargée de recherche au CNRS, Centre Maurice Halbwachs (EHESS-ENS) et membre du Conseil d’administration de Sauvons la recherche Paris ;
Daniel Steinmetz, chimiste, ingénieur de recherche au Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse, élu au Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS-CGT) et au Conseil d’administration du CNRS ;
Bernard Convert, sociologue, chargé de recherche au CNRS au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (CLERSE) à l’Université de Lille I. Auteur de Les impasses de la démocratisation scolaire : Sur une prétendue crise des vocations scientifiques (Raisons d’agir, 2006) ; Hélène Combes, politiste, chargée de recherche au CNRS (CRPS) à l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne) et membre Sauvons la recherche Paris ;
René Bagorski, conseiller confédéral CGT chargé des activités de la formation initiale et continue ;
Frédéric Neyrat, sociologue, maître de conférences à l’Université de Limoge (GRESOC) et membre de l’ARESER. Co-auteur de Universitas Calamitatum, Le livre noir des réformes universitaires (Editions du Croquant, 2003) et Pour l’éducation permanente (Syllepse, 2005).”

Pour soutenir cette initiative et les futurs opus de la série “Réfutations” vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) paiement en ligne www.lautrecampagne.org ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

Toute demande d’information sur le film doit être adressée à :
gdebregeas@gmail.com, jerome.bourdieu@ens.fr, Sophie.Pochic@ens.fr

 

Sarkozy, éternel Antigréviste 18.11.07

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14 Avril 1976, Nicolas Sarkozy prend la tête d’un mini défilé antigrévistes organisé par des étudiants de droite.

Sources : PCF

 

Le cheminot : responsable de tous les maux 18.11.07

Classé dans : < Emploi — eilema @ 7:03

 Christine Grunnet / Reuters

La recette de la basse manoeuvre présidentielle est toujours la même : Pour affaiblir jusqu’au point de non-retour ce qu’il reste d’une cohésion déjà largement mise à mal par le dernier passage aux urnes : montez les français les uns contre les autres ; après avoir bien divisé le pays, pointez du doigt le coupable – il en faut un – des maux de “tous les français”. Laissez frémir.

La méthode, pourtant grossière, semble hélas fonctionner à merveille. Alors c’était donc lui, le privilégié ? Le cheminot ?

« Etait-il opportun, au moment où l’on demande aux cheminots de se serrer la ceinture, que le Président de la République augmente son propre salaire de 206% ? Comment justifier ces “efforts” au moment ou Total , qui refuse de faire le moindre geste pour atténuer les effets de la hausse du prix du baril, annonce des bénéfices semestriels de 9 milliards d’euros ? Quand les retraites chapeaux de certains grands patrons – autre régime de retraite très spécial ! – atteignent plusieurs millions d’euros ? Quand le Sénat repousse à 2011 d’éventuelles cotisations sociales sur les stock options ? – exonération qui au passage font perdre plus de 3 milliards d’euros de recette par an ? 

Que valent, en effet, les 1300€ mensuels de retraite d’un cheminot, fut-elle prise à 50 ou a 55 ans, au regard du chèque de 7,7 millions d’euros que le Trésor, au nom du bouclier fiscal, a restitué à une riche veuve actionnaire des Galeries Lafayette ?

La réforme des régimes spéciaux de retraite permettra d’économiser 200 millions d’euros par an. Le bouclier fiscal va permettre à quelques milliers de contribuables les plus aisés d’économiser 300 millions d’euros d’impôts. Où est la logique, où est l’équité ? »

[Extrait de l'article de Laurent Neumann, Marianne, semaine du 17 au 23 novembre 2007]

 

Ni 140%, ni 172%, mais 206% 18.11.07

Nouveau calcul de l’augmentation de salaire de Nicolas Sarkozy par le député René Dosière. Il passerait de 6.806 € bruts à 20.858 €, soit 206 % d’augmentation

[Article La Dépêche]

 

Sarkozy annonce aux Echos le nom de leur patron 18.11.07

Classé dans : < Medias — eilema @ 3:09

Article Publié par Lors d’une rencontre à l’Elysée avec des journalistes du quotidien, le Président a annoncé la nomination de Nicolas Beytout.

Vendredi soir, Palais de l’Elysée. En pleine semaine de grève, le président de la République reçoit le directeur de la rédaction Erik Izraelewicz des Échos, et quelques membres de la rédaction en chef du journal. Ceux-ci s’attendent à ce que le Président discute de la semaine sociale, du pouvoir d’achat…

Mais très vite, ce dernier met la discussion sur un terrain plus sensible, pour ses visiteurs: le rachat du premier quotidien économique français par le milliardaire Bernard Arnault, une opération contre laquelle ceux-ci se battent depuis le début de l’été.

Erik Izraelewicz et ses collègues n’en croient pas leurs oreilles. D’un ton cassant, Nicolas Sarkozy leur déclare qu’ils sont idiots de refuser le rachat, qui a été annoncé le 5 septembre: Bernard Arnault, leur explique le président, est un homme très bien, et “il va investir” dans leur journal… (Lire la suite…)

 

Sarkozy, un mec qui en a 17.11.07

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“En avoir ou pas, telle est la question que semble poser Nicolas Sarkozy, depuis sa prise de fonctions, hérissant d’hostilité ceux qui n’ont pas envie d’être charmés. C’est l’un des principaux risques du sarkozysme : la surenchère de virilité sans fin. Et si “les petits mecs” se rebellaient ? Nicolas Sarkozy a perçu le risque. Il a recommandé à ses ministres de ne surtout pas humilier, d’éviter tout triomphalisme, de prendre modèle sur le “chouchou”, Xavier Bertrand. Mais Sarkozy ne tient pas longtemps la pause. Une gouaille, une moquerie, une lueur de supériorité dans le regard, une façon de se dresser sur la pointe des pieds, de rappeler qui commande et mieux que tout le monde…”.

Article de Nicolas Domenach, Marianne, Semaine du 17 au 23 novembre 2007

 

Otages et avantages sont dans un métro 14.11.07

Classé dans : < Emploi — eilema @ 11:27

Petit billet du Courrier International.

La grève à la SNCF et à la RATP contre la réforme des régimes spéciaux de retraite paralyse une bonne partie des transports en France et dans le métro parisien. Au gouvernement qui prône une supposée égalité avec “40 ans [de cotisations] pour tous les salariés”, les grévistes ont beau jeu de rappeler les 15 milliards de cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés au début du quinquennat de Sarkozy.
Dessin de Barrigue paru dans Le Matin (Lausanne)

 

Nicolas Sarkozy, c’est “Badinguet” ou “Foutriquet” ? 13.11.07

Classé dans : < Histoire Et Mémoire — eilema @ 11:15
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Article de

Une comparaison en vogue fait de Nicolas Sarkozy la projection de Napoléon III, cet autocrate populiste dans le sillage duquel prospéra une bourgeoisie financière avide et qui, par orgueil et bêtise, précipita en 1870 le pays dans le désastre militaire de Sedan. Passons sur le décalage historique : l’appétit d’enrichissement d’une nouvelle classe possédante, avec Guizot en gourou des marchés, est plus à mettre au compte de la Monarchie de Juillet que du Second Empire. En fait, le livre que Georges Valance vient de consacrer à Adolphe Thiers (1) suggère moins d’analogies avec “Badinguet”, le surnom de l’empereur, qu’avec “Foutriquet”, le sobriquet attribué par les Communards à l’objet de cette captivante biographie.

La figure de Nicolas Sarkozy, 23e président de la République, souvent se superpose dans l’esprit du lecteur à celle du deuxième que fut Adolphe Thiers. Mêmes origines socialement déclassées à cause d’un père défaillant, semblable désir de revanche pour s’imposer aux élites de son temps, commune inclination à la jouissance sans complexes des avantages que procurent l’argent, leurs petites tailles respectives, leurs dandinements nerveux partagés, ne décourageant pas non plus les télescopages d’images. Et quand Henri Heine écrit de Thiers que “par sa familiarité avec des chevaliers d’industrie sans convictions, il s’est lui-même attiré tous les bruits malicieux qui rongent sa réputation“, on se dit que le grand écrivain allemand voit loin. La Revue des deux mondes pourrait republier à l’identique l’article qui décrit Thiers de la sorte : “il se flatte, il se mire, tout part de sa personne, tout y revient aboutir.” (Lire la suite…)

 

Elle est belle la France de demain… 13.11.07

Classé dans : < Education, < Exactions Policières — eilema @ 9:40
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Université de Nanterre, un exemple affligeant de l’effet de la politique Sarkozy : diviser pour mieux régner.

Deux camps d’étudiants, peu importe de savoir si l’un ou l’autre a tort ou raison. Certains veulent aller en cours, les autres bloquent l’entrée de l’Université. Sur la demande du Président de la faculté, les CRS chargent. Les “bloqueurs” finissent sous les coups de matraques… et les applaudissements de leurs “camarades”.

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Pékin 2008 10.11.07

Classé dans : < Droits De l'Homme — eilema @ 2:56
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Communiqué d’Amnesty International du Jeudi 1er novembre 2007 à l’adresse de M. Jacques Rogge, président du Comité international olympique :

En avril 2001, M.Liu Jingmin, vice président du comité de candidature de la capitale chinoise aux Jeux olympiques de 2008 avait affirmé : « En confiant à Pékin l’organisation des Jeux vous contribuerez au développement des droits humains ». Monsieur le président du comité international olympique, vous vous êtes engagé à intervenir si la situation des droits humains en Chine ne vous convenait pas.

Malgré quelques réformes, la Chine n’a pas tenu sa promesse et les violations des droits humains perdurent et s’aggravent : recours persistant à la peine de mort et à la “rééducation par le travail”, emprisonnement, torture et harcèlement des défenseurs des droits fondamentaux, parmi lesquels des journalistes et des avocats, censure des médias et d’Internet, expulsions forcées, répression des minorités ouïghoure et tibétaine, des mouvements religieux ou spirituels.

Je connais votre engagement pour que rayonnent les valeurs universelles de l’olympisme. C’est pourquoi je vous serais reconnaissant de bien vouloir user de votre influence auprès des autorités chinoises pour que les Jeux de 2008 ne soient pas ternis par des atteintes aux droits humains et pour que la Chine respecte les principes éthiques fondamentaux et universels de la Charte olympique qu’elle a signée.

 

Les petits coups de ciseaux de Bernard Arnault 10.11.07

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Médias : les petits coups de ciseaux de Bernard Arnault. [Article d'Augustin Scalbert I Rue89 I 09 Novembre]

Contrairement à ce qu’il affirme, le repreneur des Echos n’hésite pas à faire pression sur les journalistes.

L’interview de Bernard Arnault sur RTL, « ça nous a fait hurler! », relate une journaliste de La Tribune. Même s’il décroche rarement lui-même son téléphone, ses collaborateurs n’hésitent pas à faire pression sur des journalistes ou à sucrer des budgets publicitaires. Voire à caviarder ou trapper des articles, comme c’est arrivé plusieurs fois à La Tribune.

Le patron de LVMH a pourtant affirmé jeudi matin sur RTL que pendant les quinze années où il a possédé le titre, les journalistes du quotidien « ont été parfaitement libres » vis-à-vis des pouvoirs économiques et politiques. Bernard Arnault, 58 ans, contrôle LVMH, leader mondial du luxe avec 64 marques de mode ou d’alcool. Il est le deuxième actionnaire de Carrefour, numéro 2 planétaire de la grande distribution (9,1% du capital avec le fonds américain Colony Capital). Le conseil d’administration de son groupe comprend notamment Arnaud Lagardère et Albert Frère, premier actionnaire privé de Total, de Suez et de Lafarge.

Quant au directeur général de LVMH, Nicolas Bazire, il fut directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon et est resté très proche de Nicolas Sarkozy… dont Bernard Arnault a été le témoin de mariage. Et comme dans tout bon western, le milliardaire a un ennemi juré : François Pinault, le fondateur du groupe PPR.

Articles réécrits, titres adoucis, crises de colère et coups de fil après parution…

Ce décor étant posé, peut-on considérer que « le fait que les journalistes soient indépendants (…), c’est une évidence », comme il l’affirme ?

Ce n’est pas évident du tout, non. En témoignent les nombreuses grèves et motions de défiance des journalistes, sur lesquelles Arnault n’a pas été invité à s’exprimer sur RTL. Pendant ces quinze dernières années, des articles sur des sociétés d’Arnault, de ses amis ou de son ennemi ont été allègrement réécrits. Et parmi ceux qui ont passé ce filtre, certains ont suscité l’ire de l’actionnaire.

Au milieu des années 90, un entrefilet un peu critique sur un livre signé Nicolas Sarkozy et un papier racontant les malheurs des petits actionnaires d’Eurotunnel ont mis Bernard Arnault dans une rage folle. Il a pris son téléphone pour dire à un dirigeant tout le mal qu’il pensait de ces parutions. (Lire la suite…)

 

Ibrahim a été expulsé 10.11.07

Classé dans : < Immigration et Sans-Papiers — eilema @ 11:57
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9 novembre 2007 : le prénom d’Ibrahim, jeune kurde de 21 ans, vient allonger la longue Liste des expulsés, tenue par Réseau Éducation Sans Frontière.

Il a été expulsé à midi, sans que soient pris en compte les risques qui pèsent sur lui en Turquie.

Lettre au président de la République par les lycéens du lycée de Thorigny après l’expulsion de leur camarade Ibrahim Arpaci

Monsieur le Président de la République,

Nous, lycéens du lycée AUGUSTE PERDONNET de Thorigny-sur-Marne exprimons notre vive inquiétude, quant à la situation de notre camarade, Ibrahim ARPACI, expulsé aujourd’hui par le vol de 12h35.
Bien qu‘Ibrahim ait déposé un recours, auprès de la Commission des Recours, comme le prouve un accusé de réception du 10 octobre 2007, nous savons qu’il a été entravé et embarqué, contre son gré malgré la présence de 150 personnes à l’aéroport ce matin.
Le 22 octobre vous avez demandé aux enseignants de lire la lettre d’un jeune homme de 17 ans arrêté pour fait de résistance.
Nous vous demandons aujourd’hui de faire lire dans tous les établissements de Seine et Marne la lettre d’un jeune homme de 21 ans menacé par le gouvernement de son pays. Cette lettre prouve à l’évidence son engagement et ce qu’il risque en Turquie.
Nous vous demandons respectueusement de mettre toute votre célérité pour obtenir le retour d Ibrahim en France afin qu’il puisse y continuer ses études, vivre en paix et en liberté dans le pays où il réside depuis 2005.

(Lien vers la Demande d’asile politique d’Ibrahim ARPACI)

 

Papa à Dakar : L’insultant discours 09.11.07

http://www.agoravox.fr/IMG/afrique_sarkozy-2.jpg © Dominique Goubelle

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« Des sentences définitives et globalisantes à forte teneur culturaliste » Le Monde

« Un extravagant et incohérent débordement d’arrogance paternaliste » Marianne

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BHL, notre national-philosophe de bas étage, convient que le discours de Dakar est un discours raciste. Mais il excuse cet état de fait de manière singulière : à ses yeux, c’est celui qui a écrit ce discours, et non celui qui l’a prononcé, qui est un homme raciste. Étrange lecture de l’association Guaino-Sarkozy, pourtant unis par l’encre et le vitriol…

Qui peut imaginer que notre intempestif Président n’assume pas la lecture de ces lignes honteuses, si ce n’est BHL ? Et ceux, peut-être, qui contre vents et marées refusent obstinément d’admettre que le chef de l’État a des idées aussi douteuses que l’est sa vision de l’Afrique et des Africains.

Anne-Cécile Robert, journaliste au Monde Diplomatique souligne que « Henri Guaino ambitionnait d’écrire pour Nicolas Sarkozy un discours de l’envergure de celui du Général de Gaulle à Brazzaville à la fin de la deuxième guerre mondiale. » Et de conclure : « Là on est vraiment loin du compte, et on se demande ou Guaino est allé chercher ses références. Plus personne n’ose dire des trucs pareils depuis au moins 50 ans ! »

Le discours de Dakar renferme à lui seul toutes les inclinaisons racistes de Nicolas Sarkozy. Il transpire la condescendance, le mépris. En cela, et en cela seulement, Nicolas Sarkozy et Guaino ont réussi : ce discours à l’Université Cheikh Anta Diop est historique.

Vous trouverez ci-dessous le discours intégral de Nicolas Sarkozy à Dakar, suivi de certaines réactions qu’il a sucité. Note : le discours vient du site officiel de l’Élysée. Les passages écrits en bleu ont été doublement validés par des enregistrements radiophoniques ou audiovisuels.

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier d’abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Permettez-moi de remercier l’université de Dakar qui me permet pour la première fois de m’adresser à l’élite de la jeunesse africaine en tant que Président de la République française.

Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte. J’aime l’Afrique, je respecte et j’aime les Africains. (Lire la suite…)

 

Il n’en rate pas une ! 09.11.07

Classé dans : < International — eilema @ 12:20

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Condi Rice “Américaine venue d’ailleurs” : la bourde de Sarkozy.

Si ça avait été dit par Chirac, on aurait appelé ça une grosse gaffe. Venant de Nicolas Sarkozy, en pleine lune de miel américaine, c’est passé pour une petite maladresse.

Mardi, devant le French-American Business Council à Washington, le président français a cité Condoleezza Rice au milieu d’une liste de personnalités qui ne seraient pas complètement américaines. « Ça fait plus de vingt ans que votre ministre des Affaires étrangères est un Américain venu d’ailleurs ». Peu de temps auparavant, devant la communauté française, il parlait de son amour pour l’Amérique, dotée depuis vingt-et-un ans d’un ministre des Affaires étrangères qui n’est « pas américain du canal historique », accordant la paternité de l’expression à Rama Yade. Déjà, le 21 septembre dernier, il avait inclus la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice parmi des « Américains de l’extérieur ».

Passons sur la question arithmétique (Madeleine Albright, la première de la liste, a été nommée en 1997) pour creuser ce “canal historique”. Madeleine Albright est effectivement née en République tchèque. Les parents de Colin Powell, né à New York, sont des immigrés jamaïcains. Mais les parents, grands-parents et arrière grands-parents de Condoleezza Rice sont des Américains d’Alabama. Le président français voulait probablement faire valoir que les trois derniers chefs de la diplomatie américaine ne sont pas des “white males” (hommes blancs), contrairement à leurs 63 prédécesseurs.

Condoleezza Rice est la première à y être sensible, c’est sans doute la raison pour laquelle le Département d’Etat n’a pas réagi à la boulette. George W. Bush, fils de président, petit-fils de sénateur, a aussi toujours été très sensible aux carrières de ceux qui se sont faits tous seuls. Il a toujours parlé avec fascination du parcours de son ancien ministre de la Justice, Alberto Gonzales, premier hispanique à ce poste, fils d’immigrés qui a grandi dans un trois pièces avec sept frères et soeurs.

Nicolas Sarkozy, fils d’immigrant hongrois, partage cette fascination.

Dans son interview à CBS, il a confié que son père craignait que son nom, Sarkozy, ne soit un handicap en France et qu’il pensait qu’il aurait plus de chances de réussir aux Etats-Unis. Lorsque Arnold Schwarzenegger avait été élu gouverneur de Californie, en 2003, chacun s’attardait sur la reconversion politique du Terminator; Nicolas Sarkozy s’était d’abord montré impressionné par l’élection d’un immigrant autrichien dans le plus grand état américain.

Quand il part à l’étranger, le chef de l’Etat français se compose des délégations vitrine. Le New York Times a bien noté qu’il était venu à Washington « sans épouse mais avec des femmes pour refléter la diversité de son cabinet ». Dans la délégation, on compte ainsi Rachida Dati et la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, d’origine sénégalaise, Rama Yade, « que M. Sarkozy appelle sa Condi Rice ».

Ironiquement, les deux femmes noires diffèrent sur un point. Rama Yade dit s’être laissée convaincre par Nicolas Sarkozy parce qu’il soutient la discrimination positive. Condoleezza Rice, qui, contrairement à Rama Yade, en a bénéficié, est bien plus ambiguë sur le sujet et a soutenu le gouvernement Bush lorsqu’il a combattu l”affirmative action” appliquée par l’université du Michigan.

[Par Guillemette Faure♥Rue89♥08/11/2007]

 

Fillon se plaint de ne pas faire suffisamment de terrain 08.11.07

Quand Fillon se plaint de ne pas faire suffisamment de terrain.

Le Premier ministre, François Fillon, s’est plaint de ne pas aller sur le terrain aussi souvent qu’il le voudrait en raison de l’omniprésence du président Nicolas Sarkozy. Cette remarque, glissée mercredi matin dans les couloirs de la radio Europe 1, a été qualifiée d’humoristique par le Premier ministre, sur son blog.« On me reprochait d’être trop absent des médias et aujourd’hui, par la magie d’Internet, me voici en vedette ! Merci à tous les internautes qui font du buzz autour de la petite vidéo tournée hier à Europe 1 », peut-on lire jeudi sur www.blog-fillon.com. « Eh oui, un Premier ministre, ça peut aussi avoir un peu d’humour, et parler de façon décontractée avec un journaliste, en sortant d’un studio de radio où il a parlé de sujets sérieux », ajoute le chef du gouvernement.

Cette mise au point répond à une vidéo diffusée sur le site internet d’Europe 1, qui montre François Fillon filmé dans les couloirs de la station, dont il était mercredi matin l’invité de la matinale. Le directeur de la rédaction, Benoît Duquesne, lui demande s’il n’a pas envie d’aller lui-même sur le terrain, à l’image du président Nicolas Sarkozy.

« La réponse, elle est double », répond François Fillon. « Une fois sur deux, j’ai envie d’y aller moi-même et c’est trop tard, ce qui était le cas des pêcheurs ». « Et puis souvent, le problème c’est que lui, il ne veut pas », ajoute-t-il à propos du chef de l’Etat.

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[Article : Le Monde | 08.11.07]